‹ Des délits et des peinesChapitre 22 sur 75 · DES SERMENTS · texte numérisé non relu

DES SERMENTS

C’est encore une contradiction entre les lois et les sentiments naturels, que d’exiger d’un accusé le serment de dire la vérité, lorsqu’il a le plus grand intérêt à la taire ; comme si l’homme pouvait jurer de bonne foi qu’il va contribuer à sa propre destruction! comme» si, le plus souvent, la voix de l'intérêt n’étouffait pas dans le cœur humain celle de la religion!

L’histoire de tous les siècles prouve que ce don sacré du ciel est la chose dont on abuse le plus. Et comment les scélérats la respecteront-ils, si elle est tous les jours, outragée par les hommes que l’on regarde comme les plus sages et les plus vertueux !

Les motifs que la religion oppose à la crainte des tourments et à l’amour de la vie sont presque toujours trop faibles, parce qu’ils ne frappent pas les sens. Les choses du ciel sont soumises à des lois toutes différentes de celles de la terre. Pourquoi compromettre ces lois les unes avec les autres? Pourquoi placer l’homme dans l’affreiisf! alternative d’offenser Dieu, ou de se perdre lui-mérne? C’est ne laisser à l’accusé que le choix d’être mauvais chrétien, ou martyr du serment. On détruit ainsi toute la force des sentiments religieux, unique soutien de l’honnêteté dans le cœur de la plupart des hommes; et peu à peu les serments ne sont plus qu une simple formalité sans conséquence.

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