‹ Des délits et des peinesChapitre 37 sur 75 · QUE LE CHA1IMEMT DOIT ÊTRE INÉVITABLE. - DES GRACES · texte numérisé non relu

QUE LE CHA1IMEMT DOIT ÊTRE INÉVITABLE. - DES GRACES

Ce n’est pas la rigueur du supplice qui préviiuit le plus siirenient les crimes, c’est la certitude du châtiment, c’est le zèle vigilant du magistrat, et cette sévérité inllexiblc, qui n’est une vertu dans un juge, que lorsque les lois sont douces. La perspective d’un châtiment modéré, mais inévitable, fera toujours une impression plus forte que la crainte vague d’un supplice terrible, auprès duquel se présente quelque espoir d’impunité.

L’homme tremble à l’idée des maux les plus légers, lorsqu’il voit l’impossibilité de s’y soustraire ; au lieu que l’espérance, cette douce fille du ciel, qui souvent nous tient lieu de tous les biens, éloigne sans cesse l’idée des tourments les plus cruels, pour peu qu’elle soit soutenue par l’exemple de l’impunité, que la faiblesse ou l’amour de l’or n’accorde que trop souvent.

Quelquefois on s’abstient de punir un délit peu important, lorsque l’otfensé le pardonne. C’est un acte de bienfaisance, mais un acte contraire au bien public. Un particulier peut bien ne pas exiger la réparation du tort qu’on lui a fait ; mais le pardon qu’il accorde ne peut détruire la nécessité de l’exemple.

Le droit de punir n’appartient à aucun citoyen en pai’ticulier ; il appartient aux lois, qui sont l’organe de la volonté de tous. Un citoyen otfensé peut renoncer à sa portion de ce droit, mais il n’a aucun pouvoir sur celles des autres.

Quand les peines seront devenues moins affreuses, la clémence et le pardon seront moins nécessaires. Heureuse la nation qui ne leur donnerait plus le nom de vertus ! La clémence, que l’on a vue dans quelques souverains tenir lieu des autres qualités qui leur manquaient pour remplir les devoirs du trône, devrait être bannie d’une législation sage, où les peines seraient douces, où l’on rendrait la justice aved des formes promptes et régulières.

Cette vérité ne semblera dure qu’à ceux qui vivent soumis aux désordres d’une jurisprudence criminelle qui rend les grâces et le pardon nécessaires en raison

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