‹ Des délits et des peinesChapitre 48 sur 75 · DIVISION DES DÉLITS · texte numérisé non relu

DIVISION DES DÉLITS

Il y a des crimes qui tendent directement à la destruction de la société ou de ceux qui la représentent. D’autres attaquent le citoyen dans sa vie, dans ses biens ou dans son honneur. D’autres enfin sont des actions contraires à ce que la loi prescrit ou défend, dans la vue du bien public.

Toute action qui n’est pas comprise dans l’une de ces classes, ne peut être regardée comme un crime, ni punie comme tel, que par ceux qui y trouvent leur intérêt particulier.

C’est pour n’avoir pas su poser ces limites, qu’on voit chez toutes les nations les lois en opposition avec la morale, et souvent en opposition avec elles-mêmes. L’homme de bien est exposé aux peines les plus sévères. Les mots de vice et de vertu ne sont que des sons vagues. L’existence du citoyen est entourée d’incertitude ; et les corps politiques tombent dans une léthargie funeste, qui les conduit insensiblement à leur ruine.

Chaque citoyen peut faire tout ce qui n’est pas contraire aux lois, sans craindre d’autres inconvénients que ceux qui peuvent résulter de son action en elle-même. Ce dogme politique devrait être gravé dans l’esprit des peuples, proclamé par les magistrats suprêmes, et protégé par les lois. Sans ce dogme sacré, toute société légitime ne peut subsister longtemps, parce que c’est la

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