LETTRES SER LE LIVRE DES DÉI ITS ET ORS PEINES
esclaves de tant d’erreurs. Je date de cinq ans l’époque de ma conversion à la philosophie^ et je la dois à la lecture des Lettre» Persanes.
Le second ouvrage qui acheva la révolution dans mon esprit, est celui de M. Helvétius. C’est lui qui m’a poussé avec force dans le chemin de la vérité, et qui a le premier réveillé mon attention sur l’aveuglement et les malheurs de l’humanité. Je dois à la lecture de VEsprit une grande partie de mes idées...
M. le comte Firmiani nous est revenu à Milan depuis quelques jours, mais il est très-occupé, et je n’ai pas pu le voir encore. Il a protégé mon livre, et c’est à lui que je dois ma tranquillité.
Je vous enverrai incessamment quelques explications des endroits que vous avez trouvés obscurs, et que je ne prétends pas justifier, parce que je n’ai pas écrit pour n’être pas entendu. Je vous prie instamment de m’envoyer vos observations et celles de vos amis, pour que j’en profite dans une sixième édition. Communiquez-moi surtout le résultat de vos conversations sur mon livre avec M. Diderot. Je désire vivement de savoir quelle impression j’ai faite sur cette âme sublime...
J’ai l’honneur d’être, etc.
Beccaria.