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réalisant ainsi par cette voie quelque peu détournée, les conditions mécaniques qui suppléeront à l’insuffisange de leur contraction pour rendre plus difficile le cours de la lymphe et provoquer l’œdème lymphatique.
En résumé l’œdème syphilitique, comme l’œdème
rhumatismal, est bien un œdème lymphatique, sans qu'il soit nécessaire de prouver davantage l'existence de ce dernier. Mais nous voulons encore insister sur la parenté des œdèmes rhumatismaux et syphilitiques, M. le Professeur Teisster, dans une clinique de l'Hôtel Dieu, déjà citée, insistait sur quatre caractères cliniques communs et constants dans toutes ces manifestations œdémateuses : 1° La limilation ; 2° la dureté ; 3° le début brusque; 4 la disparition rapide, et sur une pathogénie univoque : 1° frouble vaso-moteur ; 2° intoxication. Il indiquait aussi que ces œdèmes lymphatiques pouvaient passer à l’état chronique, mais qu'on retrouverait toujours néanmoins: 1° La brusquerie du début; 2° la limitation ; 3° la rénitence. «Ils (ces œdèmes) sont au rhumatisme chronique ce que l’æœdème aigu est à l'infection aiguë. C’est vous dire que je penche vers l’origine névro-vaso-motrice de ces œdèmes. La douleur prémonitoire de l'épanchement exsudatif semble le prouver. La participation du système nerveux n’est pas douteuse. Peut-être s'agit-1l d’une répercussion de l’action toxique sur le nerf, »
La face constituera encore un lieu de moindre résistance, s'il n'intervient ailleurs des conditions, qui feront d’une autre région un terrain préparé à l’œdème. C'est toujours le territoire vaso-moteur sensible par excellence, mais c’est de plus ici le territoire riche en
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lymphatiques qui doit payer son tribut aux œdèmes qui s’y rattachent. Elle sera alors envahie d’une façon particulièrement intense par ces œdèmes généralisés à tout le système ou, au contraire, elle pourra être seule frappée par l’œdème lymphatique syphilitique parce qu'elle seule aura réalisé des conditions suffisantes pour permettre au phénomène d'évoluer. Nous ne devons pas donner 101 l’anatomie du système lymphatique de la face et montrer quelle est son ampleur. Mais nous voudrions en donner une idée à l’aide d’une observation clinique En 1898, Hallopeau présentait à la Société française de dermatologie une malade qui était atteinte d'une déformation vraiment monstrueuse de la face. Le front, les paupières, le nez, les joues, les lèvres, les oreilles mêmes, en un mot la face tout entière présentait un énorme boursouflement qui donnait à l’ensemble un aspect hideux. C'était le système Iymphatique qui avait réalisé ces déformations. Le diagnostic était difficile. Il fut établi grâce à l’énorme volume de la rate, aux hypertrophies ganglionnaires, à l'examen du sang, etc. C'était une lymphadénie qui avait provoqué cette lymphodernne considérable, à la faveur du riche réseau lymphatique de la face, sur lequel nous n'insisterons pas autrement.
Observation V, — Jamieson. Ædimbh. med, Journal, 1883.
M" X .., vieille dame âgée de soixante ans, gouvernante à la campagne. Aucune maladie antérieure.
Il y a sept ans, sans cause extérieure particulière, elle a été prise de douleurs rhumatismales dans la nuque et dans l'épaule.
Te MO Depuis, ces douleurs se sont répétées fréquemment, mais les parties malades étaient à chaque attaque peu gonflées et celles-ci disparaissaient assez rapidement.
Bientôt les douleurs se localisèrent à droite dans l'articulation du poignet. L'articulation enfla et devint chaude. Le gonflement s’étendit aux doigts. Les articulations du pied ne tardèrent pas à se prendre de façon analogue. Le pied droit était plus atteint que le gauche. En 1880, la main gaudhe fut atteinte à son tour, mais légèrement; au printemps 1882, ce fut le tour du genou droit, et six mois plus tard, celui du genou gauche, Les articulations malades étaient fortement enflées et raides.
A la même époque et pendant que les phénomènes articulaires s’installaient, la malade fut atteinte par une singulière affection. La face était le siège de gonflements œdémateux sous-cutanés qui apparaissaient soudainement et à des intervalles très réguliers. L'affection siégeait surtout aux paupières, très souvent aussi aux lèvres, D'abord, l'œdème ne faisait son apparition que toutes les quatre semaines, puis il survint tous les huit jours et presque toujours le dimanche. Il s’annonçait par une légère céphalée, un peu de fièvre et une légère sensation de tension dans l'œil. La tuméfaction débutait à l'angle externe de l'œil et atteignait, en vingt-quatre heures, les deux paupières, de telle sorte que l'œil se trouvait complètement recouvert. En trois à cinq jours, elle avait à nouveau disparu, sans avoir occasionné de douleurs notables. Les lèvres, les joues et le menton furent atteints de la sorte, parfois même l'œdème s'étendit jusqu’au cou.
Observation VI. — (Thèse de Colleville, Zhumatisme.)
T..., Élisa, trente-trois ans. Entre, le 28 octobre 1884, à l'hôpital.
Pas d'antécédents héréditaires. Elle-même n'a éprouvé que des indispositions légères.
Il y a quatre ans, elle fut prise en une nuit d'un œdème de la
L'RFRAS
moitié droite de la face avec rougeur et douleurs lancinantes. sans frisson, ni fièvre, Durée, quinze jours,
Trois semaines après, douleurs dans l'index et le pouce.
Presque tous les matins depuis un an, paupières bouffies. Cet ædème disparaît en quelques heures.
Il y a cinq à six jours, gonflement énorme des paupières qui étaient chaudes et rouges. On craignait une conjonctivite purulente et on signa son admission en chirurgie. On constate alors un chémosis séreux assez considérable, qu'on a été sur le point de sacrifier, mais qui disparut rapidement en deux ou trois jours. I] n'y avait pas de sécrétion purulente, mais écoulement de sérosilé transparente.
1" novembre. — On transporte la malade dans le service de M. Sevestre. Il ne reste plus le matin que la bouffissure légère et habituelle des paupières.
Pas d’albumine.
12 novembre. — Plaque d'œdème rouge, chaude, un peu douloureuse à la tempe gauche. Elle dure deux jours et disparaît.
18 novembre. — Gonflement douloureux des paupières qui sont rosées. Léger chémosis séreux,
0 novembre. — La malade sort de l'hôpital n'ayant plus d'œdème,
Elle n'a jamais eu d'albumine dans les urines.
Un mois après, — Nouveau séjour de la malade à l'hôpital pour des accidents analogues, améliorés par le salicylate de
soude,
Observation VII — M. Fernet fin thèse Léger, Rhumatisme).
Il s’agit d'un homme de vingt ans, de constitution chétive. Un de ses frères plus jeune que lui a eu, il y a un an, un rhumatisme articulaire aigu généralisé. Le malade, étant resté couché toute une nuit près d’une fenêtre fermée, est pris de torticolis, Quelques jours après, il est pris de douleurs et de plaques rouges sur les jambes. Il eut une deuxième éruption semblable
sur les genoux, la figure et les bras.
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Le 3 avril, le malade entre à l'hôpital, les éruptions sont encore visibles sous forme de taches ecchymoliques. Douleurs dans les genoux et la main droite. Épanchement dans le genou gauche, la pression des articulations est pénible.
Fièvre très modérée, pouls à 90 degrés. Souffle léger à la base du cœur, à
4 avril. — Douleurs rhumatismales dans les @paules et le cou-de-pied gauche. Éruptions sur les membres.
5 avril. — Sur le front apparaît une large plaque œdémateuse ovoïde, grande comme la moitié de la main ; elle garde l’empreinte du doigt.
6 avril — Les éruptions sont devenues ecchymotiques. OEdème étendu à toute la face du côté droit. Les paupières très gonflées ne peuvent s'écarter l’une de l’autre. A l'angle de la mâchoire, tumeur œdémateuse développée. Les jours suivants, éruptions papuleuses et purpuriques sur la peau et sur les muqueuses,
15 avril, — Les paupières des deux côtés sont le siège d'un ædème assez considérable qui empêche presque complètement leur écartement. Cet œdème est indolent. I] paraît primitif, car il ne s’est fait aucune éruption sur les paupières. La commissure externe des deux côtés est ulcérée. Épanchement dans les deux genoux.
16 et 17 avril. — OEdème de la verge et du prépuce qui disparaît le lendemain. L’œdème de la face disparaît enfin à son tour et le malade sort guéri, après une nouvelle poussée rhumatismale, dans les premiers jours du mois de mai.
Observation VIII (résumée), — M. Fernet, 1hid.
‘Homme de trente-sept ans, estampeur. Entre à Saint-Antoine, dans le service de M. Xavier Richard. A eu trois attaques de rhumatisme articulaire aigu. La première à douze ans. Il avait été sondé pour un catarrhe vésical; l'attaque se produisit lemême jour.
Deuxième attaque, il y a deux ans. Mais le malade présente