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La malade fait remonter sa maladie actuelle à un coup qu'elle s'est donnée il y a plusieurs années contre l'angle d’une porte. A la suite de cet accident elle eut une ecchymose des paupières et de la région Jugale droite ; huit jours plus tard, toute enflure et toute coloration avaient disparu. Un mois aprés environ, elle s’aperçut d'une tuméfaction sur la joue droite. Peu de temps après le pourtour de l'œil droit enfla ; les paupièpes étaient fortement tuméfiées, légèrement rosées. La joue gauche enfla de même, puis enfin les paupières du même côté; la malade sentait une légère démangeaison et croyait avoir de l'eau dans les paupières. La tumeur atteignit son maximum au bout de trois heures, diminua, puis la rougeur et les symptômes subjectifs disparurent aussi, Dans l'espace d'un jour tous ces phénomènes avaient évolué. Mais ils se reproduisirent pendant les trois Jours qui suivirent. Puis un mois s'écoula sans aucune nouvelle tuméfaction. Depuis cette époque, le mal récidiva et sans cause, malgré des essais thérapeutiques. Une seule fois se produisit une interruplion de deux mois.
Actuellement l'æœdème se produit presque journellement. M. P... se réveille le matin vers cinq ou six heures après avoir bien dormi. Les paupières sont enflées. Elle se lève, a des vertiges, des bourdonnements d'oreilles, de la céphalée et tout s’obscurcit devant ses yeux. Ces phénomènes l'obligent à se remettre au lit pendant quelques minutes, après lesquelles toutes les sensations subjectives disparaissent complètement, Les paupières sont quelquefois enflées à un tel point que la malade peut à peine ouvrir les yeux. Leur coloration, qui est habituellement rosée le matin, disparait dans la Journée, Le soir toute trace d’ædème ou de rougeur a disparu.
Observation XV.— Strübing, trad. de la Zertsch. f. kl. med., 1885.
M. Sch.… soixante-dix ans, professeur dans un lycée. N'a fait aucune maladie jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans. A cette époque il se refroidit un soir, sent de la douleur à la déglutition
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qui au bout d'une ou deux heures, devient extrêmement vive, puis survient de l'enrouement et une dyspnée qui, en très peu de temps, est fort pénible. Le malade avait la sensation d'un obstacle siégeant dans son larynx et qui menaçait à bref délai de le priver d'air. Cet état d’extrème dyspnée dura environ une demi-heure, puis les phénomènes allérent en décroissant peu à peu et, dans la nuit qui suivit, disparurent complètement. Le lendemain matin la respiration était redevenue complètement libre. Mais on constata alors une tuméfaction de la lèvre inférieure qui resta stationnaire pendant plusieurs heures. Puis la lèvre supérieure, les joues et les paupières furent successivement envahies et à un point tel que le visage était complètement déformé. Sous cette forme très accentuée, les œdèmes persistèrent plusieurs heures. Puis ils disparurent peu à peu et, au bout de trois jours le visage avait repris son aspect normal.
Le malade resta longtemps sans avoir d'attaque semblable. Mais il remarqua, par contre, que sous l'influence d'un traumatisme la région correspondante enfla fortement, à un point qui lui sembla anormal pour les conditions dans lesquelles il s'était produit.
Des tuméfactions apparurent pendant les années qui suivirent mais assez rarement. Habituellement, l'œdème apparaissait d'abord à la face, à une moitié du front ou bien à une joue, passait ensuite de l’autre côté, atteignait les paupières et enfin envahissait les lèvres, descendant jusqu'au voisinage du cou. Survenaient alors de la dyspnée et de la dysphagie. Le malade croyait parfois qu'il allait étouffer. D'autres fois la marche était inverse. Les troubles de la déglutition apparaissaient les premiers, puis survenaient ceux de la phonation et de la respiration.
Partant des limites du cou, là tuméfaction envahissait les lèvres, les joues, les paupières et enfin le front. Une fois ou deux on eut de l'ædème du pénis et du scrotum. Dans les cas légers le cycle durait d'un à deux jours ; dans les cas graves de trois à quatre jours.
Parfois, l’éruption de ces tuméfactions œdémateuses se rattachait à des traumatismes qui avaient atteint la figure, C'est ainsi