‹ Des Œdèmes Vaso-Moteurs à la FaceChapitre 16 sur 23 · CR · texte numérisé non relu

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qu'il y eut successivement un coup sur le front, une chute, une piqûre de moustique à la joue et, toutes les fois, les œdèmes atteignirent une grande intensité. Des traumatismes produisirent aussi de telles tuméfactions aux membres supérieurs etinférieurs. Celles-ci avaient alors la même tendance envahissante et remontaient jusqu'au coude ou à l'épaule.

Et, chez cet homme de soixante-dix ans, la maladie présente encore les mêmes allures qu'autrefois, mais avec moins de fréquence des œdèmes de la face. Cependant, depuis cinq ans, les tuméfactions pharyngées et laryngées avaient fait défaut lorsque le 4 septembre, dans l'après-midi, elles survinrent sans cause connue. Au bout d'un quart d'heure, la trachéotomie semblait nécessaire ; 1l semblait même qu'on ne püt tenter aucune scarificalion. Le malade faisait d'extrèmes efforts d'inspiration : six heures plus tard, il n'existait plus rien de ces phénomènes qui avaient si fort inquiété l'entourage du malade.

Alors se développa un œdème du visage qui envahit d'abord les lèvres, gagna ensuite les joues, les paupières etenfin le front. OEdème du pénis et du scrotum. Durée de l'attaque : quatre Jours.

Les parties œdématiées n'étaient nullement sensibles à la pression etne causaient au malade qu'une sensation désagréable et pénible de tension. Leur couleur pâle les distinguait du reste de la peau. Elles ne présentaient pas de limites abruptes et se confondaient au contraire insensiblement avec les partiessaines.

Le malade est en proie depuis des années à des crises de vomissements périodiques. Elles surviennent depuis l’âge de vingt-six ans {ous les quatre à six semaines environ. Il semble que les indigestions, le surmenage, le refroidissement ont une influence sur leur apparition. Leur approche est annoncée par des douleurs, leur durée varie de trois à vingt-quatre heures, leur fréquence entre cinq et trente attaques. Soif ardente que rien ne peut calmer, car le malade vomit tout. Lorsque l'accès tire à sa fin, les douleurs abdominales diminuent, puis disparaissent complètement. Le malade s'endort. A son réveil, il est bien portant et l'appétit revient,

rer L'auteur cite dans le même article une autre observalon où le tableau clinique est semblable au précédent. Il s’agit d’une femme anémique et délicate. L'œdème des paupières élait particulièrement intense.

Observation XVI. — Trad. de Widovitz. Jahrh. f. Kinderfhelk.

Henri H... jeune garçon âgé de six ans. A eu jusqu'à l'âge de trois ans des convulsions passagères qui survenaient le matin: Tous les organes sont normaux. Crâne un peu hydrocéphale. Rien à l'examen des urines.

Après une promenade en traîneau vers le milieu de janvier de cette année, grand émoi des parents: le visage de l'enfant présente une tuméfaction énorme qui le rend méconnaissable. Cet

œædème s'étend d’une joue à l’autre et descend à environ 4 centimètres au-dessous du menton. L'enfant est amené dans une chambre chaude. Au bout d'une demi-heure de séjour dans la pièce, la tuméfaction disparut. Depuis cette époque, l'œdème facial se reproduit toutes les fois qu'il fait froid, Il présente alors les mêmes caractères et est d'autant plus net que l'enfant se sera tenu tranquille comme dans une promenade en traîneau. Parfois on note de l'’æœdème des doigts. Les parties œdématiées

sont le siège de démangeaisons.

Observation XVII. — Trad. de Rabits-Bey, Wien. med. Wochens,

Léonidas P..., seize ans, originaire de Constantinople. S’est amusé la veille, En se levant, sent une chaleur anormale au visage, En même temps, il se rend compte d'une sensation de tension autour des yeux et s'aperçoit que ses paupières supérieures sont gonflées. Il vient me voir l'après-midi et je constate à mon tour que la peau des paupières supérieures et inférieures est gonflée. Toutes deux forment de chaque côté des tumeurs,

SUR 4 En

de sorte qu'on ne voit de la cornée qu'une bande de 2 à 3 millimètres de large. Je constate également de l'æœdème aux mains et aux cuisses, Le pouls, la température, la respiration sont normaux. Constipation. Appétit diminué. Rien aux organes internes. Pas de troubles généraux, aucun malaise sauf la sensation de tension dans les parties enflées. Urine normale.

L’auteur fait le diagnostic d’ « anémie aiguë ». Pourtant il rappelle dans son article une autre observalion, publiée par Bergmann, dans le même journal en 1895. Il s'agit d'une mère et de son enfant qui ont eu les mêmes manifestations œdémateuses du côté du visage, des mains et des bras à quelques jours d’intervalle et qui arrivent ensemble à l'hôpital.

Observation XVIII. — Trad. de Widovitz, loc. cit.

Oscar B..., jeune garçon âgé de huit ans, d'aspect un peu anémique, mais bien constitué Sa mère a toujours eu une excellente santé. Son père est un peu névropathe. L'enfant n'a jamais été malade, Mais, il y a deuxans, survint sans malaise préalable une enflure des doigts de la main gauche, par un temps très froid. Depuis cette époque, on a noté à pareille occasion de l'œdème des joues et des doigts des deux mains.

État actuel : les phénomènes précédemment signalés présentent ence moment une telle intensité que l'enfant peut à peine plier ses doigts et que l'œdème de la face donne à son visage un aspect tout à fait méconnaissable. Les parties œdématiées sont pâles et assez nettement circonscrites des parties avoisinantes. A chaque attaque l’on peut constater que l'intensité de l'œdème est en rapport avec l’abaissement de la température extérieure et en raison inverse de la durée du séjour que l'enfant a fait hors de la maison,

Rien au cœur,

Urines : Pas d'albumine. Quantité 1250 centimètres cubes.

Densité 1014.

Observation XIX — ‘Trad. de Max Josef, Wien. med. Presse,

K. W..., jeune garçon de cinq ans, arrive dans ma policlinique, le 9 mai 1888. Depuis deux ans, toutes les fois, dit sa mère, qu'il sort lorsqu'il fait froid ou qu'il fait du vent, survient un œdème circonscrit à la peau du visage et des mains. Dès qu'il sort par un tel temps, ces tuméfactions se font instantanément, mais elles disparaissent au bout de 10 à 15 minutes dans la température d'une chambre chaude. Il faut noter que les œædèmes n'apparaissent qu'aux endroits non couverts et que si l'enfant met des gants, les mains sont épargnées, le visage seul est atteint.

L'hiver dernier, une hémoglobinurie paroxystique est venue s'associer à la maladie. Le malade a des frissons, les extrémités froides, et rend une urine dans laquelle les analyses chimique et microscopique ont révélé une grande quantité d’hémoglobine. Cette hémoglobinurie est certainement secondaire à l'œdème, car on note beaucoup plus souvent ce dernier chez notre malade, et, lorsqu'il survient de l’hémoglobinurie, c’est qu'il a toujours déjà fait son apparition. Il est probable que l'impression du froid a produit l’æœdème de la peau, qu'il s'est fait alors là une désagrégation des globules rouges et que l'hémoglobine seule s’est éliminée par les reins. Toutes les manifestations disparaissent si le malade, porté au lit, transpire convenablement.

La mère attribuait le mal à un abus du vin de Tokay.

Observation XX. — Trad. de Max Josef, loc. cil., 1890.

M. [..., mécanicien, trente-sept ans. Remarque depuis quatre ans des tuméfactions qui se produisent en différentes régions, mais surtout à la face, aux lèvres, au menton et à la paupière

supérieure. Ces œdèmes apparaissaient assez soudainement et disparaissaient plus ou moins vite dans l'espace d’une à vingtquatre heures, Le malade dit que la première fois l'œdème apparut en même temps qu'une attaque de rhumatisme articulaire aigu qui frappa le genou et le poignet.

C'était un alcoolique. Son état fut amélioré par la suppression de l'alcool.

Cette observation est un bel exemple de la complexité des œdèmes vaso-moteurs. L'auteur diagnostique un œdème aigu circonserit, mais cet œdème a coïncidé une fois avec un rhumatisme articulaire aigu et a fait son apparition chez un homme, dont le système nerveux est plus ou moins touché par l'abus de l’acool.

Observation XXI. — Elliot, Medical Record, 1£9x.

Homme âgé de quarante-neuf ans, fort et vigoureux ayant toujours joui d’une excellente santé. Il y a neuf mois, alternatives de diarrhée et de constipation. Un mois après, tuméfaction du volume d’un œuf sur les pieds. Elle dure vingt-quatre heures. Mais plus remarquables sont des poussées d'œdème qui se font sur le visage. Les lèvres ont l'aspect de saucisses. Coïncidant avec ces poussées œdémateuses, on note de l'urlicaire vulgaire sur tout le corps L'endroit qui se tuméfiait était le siège d'une certaine gêne et de prurit. Cet homme était un alcoolique et son état fut amélioré par la suppression de l'alcool.

Observation XXII. — Rapin, /?ev. med. Suisse. Rom.

M. S..., vingt-cinq ans. Réglée à treize ans. Mariée à dixneuf ans. Pas d'enfants. Père mort subitement à cinquante-trois ans. Mère morte à soixante-trois ans, de pleurésie. Ni frères, ni sœurs.

ET aS a

Elle se plaint de deux sortes de maux ; des enflures locales et des crises gastro-intestinales.

A l’âge de sept à huit ans, tuméfactions éphémères en divers endroits du corps. Notamment à la face, aux paupières, aux lèvres. L’enflure, de la grandeur de la paume de la main, commençait par un sentiment de tension. Elle mettait une demi- Journée pour arriver à son maximum d'intensité, restait stationnaire le même temps et décroissait ensuite régulièrement.

Les crises gastro-intestinales datent aussi de l'enfance. Elles se montraient en moyenne chaque semaine, affectant quelque fois comme certaines migraines une périodicité hebdomadaire, apparaissant par exemple tous les lundis ou tous les samedis. Envies de vomir et vomissements. Envies de dormir telles, que la malade s'endort effectivement entre chaque vomissement.

Les enflures et les crises gastro-intestinales, sans paraître en rapport direct, sans alterner régulièrement, coïneident quelquefois, ou se succèdent de près, ce qui fait dire à la malade dans ce dernier cas que l’enflure lui est rentrée dans le ventre,

En 1880, au cours d’une grossesse, enflure de la gorge et dysphagie. La malade dit que, depuis le début de sa grossesse, la figure était souvent enflée et que la pression du doigt y laissait son empreinte,

En janvier 1885, enflures et crises abdominales à peu près aussi fréquentes qu'autrefois. L'enflure commence par un petit point d'induration qui s'étend rapidement sur une grande surface. ,

Tirage. Légère dysphagie. Noix vomique au moment des enflures. Parfois la malade a'la sensation d’un gonflement intérieur de l'estomac. Fréquemment aussi, enflures des extré-

mités.

L'auteur faisait de cette observation un type d'urticaire massive. N’en est-ce pas un aussi net de la ma:

ladie de Quincke ?

MS TE ef

Observation XXII. — Rapin, loc. cit.

Une dame consulte l’auteur pour une enflure qui avait envahi la. moitié supérieure du front ets’étendait en nappe sous forme d'une plaque indurée, de coloration rosée limitée par un bord en relief. Elle s'était aperçue de cet état à son réveil. Le lende-

main, tout avait disparu.

Observation XXIV. — Milton, Ædinburg. med. Journal.

Fille de vingt ans fortement constituée. Elle portait sur le front une large plaque dure allant d'une tempe à l’autre et empiétant sur les paupières. L’affection durait depuis dix-huit mois avec des alternatives de rémission et de rechutes, L'éruption disparaissait et reparaissait presque instantanément. Elle était modérément prurigineuse et gênait surtout par la sensation de tension des téguments. La menstruation n'exerçait aucune in-

fluence sur le retour du gonflement.

Observation XXV. — Negel de Jassy, Presse médicale, 1884. Anasarque.

L'auteur a observé une femme de quarante jans, présentant cependant dans ses antécédents quelques manifestations d’impaludisme et quelques douleurs dans les jointures, mais à part cela d'assez forte constitution. Il y a dix ans, en se baignant comme d'habitude dans une rivière, sans s'en apercevoir, elle est devenue gonflée de tout le corps, de sorte qu'on a été obligé de la faire retirer de l’eau. Elle accusait en même temps des démangeaisons et une cuisson généralisées. Quelque temps après elle a eu des troubles gastriques, vomissements, douleurs d'estomac, ballonnement du ventre. Pendant sept ans consécutifs l’ædème du corps n’a pas reparu et ce n’est qu’en 188: qu'il est revenu pour la seconde fois, etc.

La malade affirme que ce même gonflement apparaît sous

l'influence de l'air froid ou par le simple contact d’un corps froid. En sortant elle n’a de gonflé que les oreilles ou le nez si elle n'a pas pris la précaution de les recouvrir.

A l'examen des urines : pas d’albumine ni de sucre.

Observation XXVI. — Trad. de Riehl, Loc, cuil.

A. R, mécanicien, trente-trois ans. N'a jamais été malade. N'a pas eu de syphilis. Dans sa famille, il n'y a ni maladies nerveuses, ni maladies cutanées, J

Il y a trois ans, huit Jours après son mariage, apparut, à la suite de faligues physiques et peut-être aussi d’un courant d’air, un œdème de la joue gauche. Il mit d'un à trois jours pour s'installer, persista pendant deux jours, puis disparut. Mais il réapparut au même endroit quinze jours après pour se répéter depuis cette époque à des intervalles presque réguliers. Il y a environ deux ans et demi,la joue droite tomba malade et depuis environ un an la peau de cette région resta un peu gonflée après la disparition de l'œdème. Celui-ci apparaît sans phénomènes concomitants, sans douleur, accompagné seulement d’une légère sensation de tension. Jamais de maux d’estomac ou d’intestin. Son enfant qui a deux ans est bien portante.

Dans la nuit de Noël survint de la dysphagie et de la dyspnée. Les phénomènes reparurent encore deux fois et durèrent chaque fois un Jour.

Notre homme est fort, bien nourri, le teint du visage est normal, A l'examen on constate sur les deux joues une tumeur symétrique, de consistance demi-molle et gardant l'empreinte du doigt. L’œdème, légèrement rosé, s'étend sans limite précise depuis l’orbite jusqu’au sillon naso-labial d’une part et d’autre part jusqu’à l'articulation temporo-maxillaire et jusqu’au menton. Rien à l’examen des organes internes. Pas de fièvre. Ni albumine, n1 sucre dans les urines,

Deux jours après leur début. tous ces phénomènes œdémateux avaient disparu, mais la peau des joues paraissait sensiblement

épaissie, dans la région zygomatique. La sensibilité était normale. Elle n’était nullement douloureuse. Le périoste n'était

pas épaissi.

Observation XXVII inédite), prise dans le service de M. le médecin-major Benoit, répétiteur à l'Ecole.

Maladie de Quincke chez un jeune soldat, ayant évolué en (rois jours, œdème de la face, des jambes et du poumon.

Le nommé François D..., maître d'études avant son arrivée au corps, actuellement soldat au 158° ligne en garnison à Lyon, entre à l'hôpital militaire Desgenettes le 21 novembre 1897 avec le diagnostic : « œdème de la face et des jambes ».

C'est un homme de taille moyenne, bien constitué et habituellement bien portant. Il aurait eu une méningite dans son enfance (?). A l’âge de douze ans, à la suite d’ingestion d'eau glacée (?) il aurait eu des accidents de péritonite ayant évolué en quinze jours (?), Pas de rhumatisme, pas de syphilis. Dans sa famille il n'y a pas de maladies nerveuses ; personne n'a présenté des accidents analogues aux siens,

20 novembre, — A son réveil, le malade s'aperçoit que sa figure et ses jambes sont enflées. Examiné à la visite il est envoyé à l'hôpital.

21 novembre. — Je malade parait abattu. Ce qui frappe. immédiatement, c'est un œdème considérable ayant envahi toute la face. Les paupières sont gonflées des deux côtés, les lèvres sont fortement tuméfiées. Le front et les joues sont également infiltrés. En découvrant le malade, on note que les jambes sont également œdématées.

Depuis son arrivée à l'hôpital, le malade tousse beaucoup mais 1l crache à peine. Son expectoralion est sans caractères particuliers. Il respire difficilement. A l’auscultation, on constate en effet en arrière aux deux bases des quantités de râles fins, crépitants. Les vibrations sont presque abolies, la sonorité un peu diminuée.

Rien à l'examen du cœur. Aucun signe d’asystolie.

Le malade est constipé. Rien au foie.

Examen des urines : pas d’albumine. Pas de sucre. Urines rares.

La température oscille autour de 37 degrés.

En présence de ces symptômes et de l'intégrité des appareils circulatoires, rénal et hépatique, M. le médecin-major Benoît pose le diagnostic d’œdème vaso-moteur de la face, des jambes et du poumon. Le malade est mis néanmoins au régime lacté.

24 novembre. — Le malade a bien dormi. L'œdème des jambes a sensiblement diminué. Mais il persiste encore nettement à la face. Les urines rares la veille sont revenues à leur quantité normale. Elles sont claires, et ne contiennent pas d’albumine. On entend encore à l'auscultation des deux bases, les râles fins d'œdème pulmonaire. On continue le régime lacté.

23 novembre. — Le malade se sent beaucoup mieux, respire plus facilement, ne tousse plus. L'æœdème des jambes a disparu, mais celui de la face persiste encore autour du nez. A l’auscultation, les signes d'œdème pulmonaire ont disparu. Le malade qui prend 3 litres de lait par jour émet des urines claires et abondantes.

Quantité en vingt-quatre heures, 2 lit. 500.

Densité 1,o10. Urée, 0,005 par litre.

Toujours pas d’albumine.

24 novembre, — Le malade est examiné avec soin dans un service voisin au point de vue de son état nerveux. On ne découvre rien de particulier. Son champ visuel a une amplitude normale des deux côtés.

L'œdème de la face persiste encore autour du nez.

On supprime le régime lacté et on alimente le malade.

25 novembre.— Le soldat guéri ne se plaint que d’un peu de faiblesse dans les jambes. On le garde encore à l'hôpital.

30 novembre, — Exeat. Retourne à son régiment,

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