‹ Des Œdèmes Vaso-Moteurs à la FaceChapitre 21 sur 23 · LAON · texte numérisé non relu

LAON

Pas de fièvre. Les taches rouges sur les joues sont un peu plus chaudes que le reste de la peau, La sensibilité est normale, La malade n'accuse qu'une certaine sensation de tension.

Rien à signaler à l'examen des organes thoraciques et abdominaux.

Le sujet se plaint surtout d'être défiguré.

Au mois d'octobre de l’année dernière il fut admis en traitement dans la clinique de M. Lassar, puis soigné par l’électrothérapie chez M. Meyer. On appliqua des courants continus sur les parties tuméfiées du visage en songeant surtout aux effets qu'on était en droit d'attendre de leur grand pouvoir électrolytique. Le résultat est en ce moment satisfaisant. Je viens de revoir la malade : la fente palpébrale est revenue presqu’à ses dimensions normales, les tuméfactions des paupières sont fortement diminuées. Le sillon naso-labial est nettement accusé des deux côtés. Les joues sont encore fortement enflées, mais ne sont plus aussi dures qu'elles l’étaient avant. Mais malheureusement il est impossible de juger de la valeur du traitement dans son ensemble, parce que la face se trouve en ce moment sous le coup d’une de ces poussées œdémateuses et, cette fois-ci, surtout du côté gauche,

‘ Le professeur Lassar, qui a traité cette malade, comme le dit l’auteur, disait dans une communication faite à son sujet: « Il faut remarquer qu'une malade. que M. Lourdau présentait dans la précédente séance comme atteinte de myxœædème et qui montrait un œdème chronique de la face, avait eu plus de douze fois de ces sortes de tuméfactions érysipéliformes de la face exemptes de fièvre et se distinguant bien de l'érysipèle par l’absence de tout trouble de l’état général. Elles s’accompagnent de transsudation lymphatique collatérale qui, en général, est résorbée rapidement. Mais si les attaques se succèdent trop rapidement, l'appareil

2 III — de résorption perd peu à peu de son activité el l'œdème chronique se constitue, Et je dis que, malgré l'assertion récente de Bourneville et Bricou de l'influence des érysipèles sur la production du myxœdème, que tout n’est pas myxœdème dans Les centaines de cas qui en ont été publiés jusqu'ici. Je ne reconnais comme tel qu'un complexus no avec cachexie générale, myxämie, désordre nerveux profond, formant un tableau clinique absolument inattaquable et incontestable, et non pas ces æœdèmes chroniques survenus à la suite de tuméfactions œdémateuses chez des individus qui peuvent être anémiés ou déprimés par la misère ou

la maladie. »

Observation XXIX. — Trad. de Lassar, {Berl, klin. Wock., 1887).

Wilhelm S...., quarante-trois ans. Gardien à la prison militaire. Il est atteint d'une tuméfaction persistante du visage. Son père a soixante-quinze ans. Sa mère en a soixante-seize. Tous deux bien portants. Un frère du malade a été tué dans la campagne de 1866, mais un autre frère est poitrinaire depuis un an. Une sœur bien portante.

Rien à signaler dans l'enfance. Dans la campagne de 1866, il a été atteint d'une plaie par arme à feu. Le projectile pénétra dans les parties molles par l'angle supérieur de l'épaule gauche et fut extrait à droite sur le bord antérieur du sterno-cléidomastoïdien entre la.mastoïde et la clavicule. Aux cicatrices qui persistent, on peut d’ailleurs encore reconnaître le trajet qu’a fait la balle. Cependant il faut rejeter toute relation entre son ædème facial qui n’est apparu que plus tard et des lésions nerveuses possibles ayant occasionné des froubles vaso-moteurs. Le malade a été examiné à ce point de vue à différentes reprises et tout particulièrement par M. Remack, quia constaté et affirmé que la balle n'avait lésé aucun nerf. D'ailleurs, l'affection n’est loca-

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lisée à aucun territoire nerveux déterminé et son évolution se prononce contre cette manière de voir.

En 1870 apparut une éruption prurigineuse à l'angle droit de la bouche. Elle fut accompagnée d'une violente tuméfaction du visage avec forte sensation de chaleur locale, Elle disparut en huit ou dix jours, mais pour réapparaître à nouveau depuis environ toutes les quatre ou six semaines. Les accès partaient alors le plus souvent de la région palpébrale inférieure pour s'étendre de là au reste du visage. Chaque attaque laissait après elle un épaisissement toujours plus notable du tissu cellulaire et ces reliquats ajoutés les uns aux autres conduisaient peu à peu à une transformation grotesque du visage. Lorsqu'on nota pour la première fois l’état dans lequel se trouvait le malade, le visage était totalement déformé, rond comme un boulet de canon, le tout au grand détriment du malade qui se plaignait non seulement d’une sensation de gêne intolérable, mais encore d'être défiguré. Avant et pendant l'accès le malade accusait de violents maux de tête dans'la région frontale. Nous possédons une photographie faite à ce moment : tous les traits et plis normaux sont effacés; on ne voit que le nez, la bouche et les yeux, et encore ceux-ci ne sontils marqués que par les tumeurs considérables que forment les paupières supérieures et inférieures.

S..... est un homme grand, bien bâti, bien musclé. Crâne mésocéphale symétrique. La peau du visage a un aspect un peu cuivré. La figure totalement tuméfiée l’est pourtant plus à droite qu'à gauche, La peau est lisse, brillante, sans plis, les paupières supérieures et inférieures forment des tumeurs proéminentes, les joues pendent comme des sacs, la droite descendant plus bas que la gauche. Le sillon nasolabial est effacé, totalement à droite, encore visible à gauche. La tuméfaction est moins accusée au menton et au nez. Par contre, les oreilles sont notablement enflées. Nulle part on ne peut plisser la peau. Elle ne garde pas l'empreinte du doigt. Mais les tumeurs.que forment les paupières sont au contraire mollasses, on peut les faire disparaître, mais elles reviennent immédiatement dès que cesse la pression, La sensibilité du visage est comme obscurcie,

à AA

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