‹ Des dentsChapitre 27 sur 33 · partie · texte numérisé non relu

partie

Les dents pourvues de racines véritables, seniblables sous ce rapport à celles de l’homme, sort pourvues d’une cavité intérieure, évasée dans Ja couronne, mais plus ou moinsrétrécie dans la racine, et terminée par une ouverture à Pextrémité de celle-ci. Cette cavité chez les animaux comme chez l'homme, emprisonne et serre étroitement la papille, de manière à mettre des entraves successivement croissantes à son action.

Les dents des mammifères ont encore été justement distinguées en s’mples, composées et demicomposées ou mixtes. | |

Les dents simples sont celles qui, semblables aux dents de l’homme n’offrent aucune anfractuosité de leur surface extérieure et qui ont leur couronne formée d’un noyau régulier d'ivoire revêtu d'une couche non sinueuse « dr nl

Les dents composées, au contraire, présentent de

telles sinuosités dans leur surfaceextérieure, qu’elles paraissent réellement formées par plusieurs dents

accolées ensemble ét qu’on ne peut pas les scier en travers sans DR fois chacune des

substances qui les confposent. Les anfractuosités de la surface des dents comjosées sont comblées par une substance, particulière aux dents des mamimnifères, sur laquelie je reviendrai plus loin , le cément.

Les dents composées ont une cavité papillaire autant de fois subdivisée que la dent présente ellemême de parties accoltes et réunies parle cément. Leur papille offre lamême configuration; elle résulte réellement d’un certain nombre de papilles secondaires réunies ensemble par une base commune. Voici durestela description qu’en donne Cuvier pour la dent mâchelière de l'éléphant. « Il a (le gerrne) dans chaque animal une figure propre. Pour se représenter celui de l'éléphant, en particulier, qu’on se figure que du fond de la capsule, prise pour base, partent des espèces de p'tits murs tous parallèles, tous transverses, et se reudant vers la partie du sac prète à sortir de lalvéole. .

‘Ces petits murs n’adhèrent qu’au fond de la capsule; leur extrémité opposée, où , si l’on veut, leur sommet, est libre de toute adhérence.

Ce sommet libre est beaucoup plus mince que la base; on pourrait l’appeler leur tranchant; il est de plus RNA TIIRES fendu sur sa largeur en plusieurs pointes ou dentelures }lus aigues.

La substance de ces petits murs est molle, trans-

parenle, très vasculaire et parait tenir beaucoup de la nature de la g latine, elle devient dure, blanche et opaque dans l'esprit de vin. »

Les deats demi-composées sont celles dont les reliefs ne pénètrent que jusqu'à une certaine profondeur et dont la base est simple. :

Les dents molaires de l’homme penvent nousdonner une idée fort bonne de ce que sont les dents composées des animaux ; les molair:s de homme ont la racine composée et la couronn : simple , les dents composées de: animaux ont. au contraire, la courunne composée et la racine simple. Supposez une grosse molaire de l’homme dont les racines seraient recouvertes d'émail, et réunies ensemble par du cément, vous aurez la dent composée des autres mammifères.

Les dents des mammifères différent de celles de l’homme sous le rapport de la conformation de leur couronne, autant que leur genre de nourriture diflère du sien. Etudiées sous ce point de vue elles fournissent des caractèr :s zooloziques fort nombreux et fort importans, sur lesquels les zool :gistes modernes, et particulièrement M. Blainville, ont insisté avec raison. Qu'il me suffise de dire dés à présent, que L:s dents des mammif-ressont d'autant plus remarquables par la saillie, par la disposition pointues et tranchantes à la fo's d: leurs cuspides, ‘;ue ces animaux sont plus carnassi 18 et plus feroces ; ct qu’au contraire cllessont d’a itantpluséla:gieset plus platesàleur surface, quel’animal est plus porté vers la

nourriture végétale. Les dents de l’homme tiennent le milieu entre ces organisations opposées, auisi est-il destiné à vivre à la lois de sub tances végétales et de substances animales. La différence de conformat'on de la partie triturante des dents est telle dans ces animaux, et elle est si bien en rapport avec leur g°nre de nourriture, que le cheval, par exemple, doit le genre de nourriture et les h.bitudes sont aussi éloignés que possible de ceux des animaux carnassiers, ton seuleinent n’a plus les dents effrayantes de c s derniers sous le rapport des pointes et des tranchans de leurs saillies; mais encore, au licu de cuspides, a des eufoncemens sur la couronn: de certaines dents.

Toutes les espèces de dents que l’on rencontre chez l’homme appartiennent é zalement aux autres mammilères ; mais elles n’y sont pas toujours disposées les unes par rapport aux autres de la même manière : le nombre même des :'ents de chaque espéce varie suivant les familles.Je ne puis que donner ici un aperçu Liès général de ce fait ; plus loin on verra jusqu’à quel point il est confirmé par les détails particuliers. Du reste la détermination des dents des mammifères est un point souvent fort difficile , et qui demande l'attention toute entière des zoologistes.

Les dents des mammifères sont comme celles de l'homme, essenti1l ment constituées d'ivoire et d’émail. L’ivoire, comme chez l'homme, y forme la

partie essentielle, centrale, et l'émail la partie corticale de la couronne. L’ivoire enfin y est formé de couches conceniriques, et l'émail de fibres perpendiculaires ou obliques procédant de la surface extérieure de l’ivoire par. une extrémité. Mais à ces deux substances essentielles des dents chez les mammifères, il s’en ajoute une troisième q ‘on appelle le cément, et que Tenon avait nommée coricul osseux. On trouve, en outre chez les animaux qui rous occupent, ctte cristallisation calcuire confuse , sorte de tirtre interne que MM.Rousseau et Desmoulins ont appelée substance pou lingoïde et que j'ai «écrite à l’occasion des dents de l’homme.

Le cément appartient uniquement aux dents composées et demi composées des mammifères: il est tout-à-fait étranger aux deuts simp'es. Il est placé entre les divisions de cesdents, dontil remplit et comble les interstices. Le cément est la moins dure des trois substances dentaires; il se dissout plus difficilement dans lés acides et noïrcit plus vite au feu que émail.

Le cément est tellement abondant dans certaines dents, dans les machelières de léléphant par ex mple, qu forme la moitié environ de leur masse : il n’a aucune organisation; c’est une sorte de tartre cristallisé sur la à dut auivact Tenon, ilest produit par l’ossification de la membrane interne du follicule, membrane qui, d’après lui, :t:ussi d’après Cuvier:t Bichat, vie t comme je l'ai dit pius laut

passer en se réfléchissant sur la papille, et sous laquelle la dent se développerait primitivement. Suivant Blake e! Cuvier, au contraire, cette substance est formée par le même organe q 1e l'émail et aprés lui.

Quoiqu'il en soit lanilyse de cette substance prise sur lesdentsd'uncabiais a fournilesrésultatssuivans: mitiére animale 43,01; phosphate de chaux 52,9; carbonate de chaux 4,05.

Le follicule des dents des mammifères est disposé comme celui de Phomme. Du moins, il faut convenir que la description qu’on donne de ce follicule dans l'anatomie humaine a été faite surtout d’après l'examen de celui des grands animaux, du bœuf et deléléphant.

J'ai peu de choses à ajouter à ce que j'ai dit précédemment au sujet de la formation embryonaire des dents de l’homme; les dents des animaux ont un développement premier, absolument idertique; seulement à une époque à laquelle chez l'homme la dent possède tous les élémens qui doivent la composer, chez les mammilères, souvent une troisième substance se forme en dehors des deux premières, les masque et {eur épargue le frottement et l'usure auxquels elles seraient immédiatement soumises sans cette circonstance.

Lesdentsdes mammifères ne sont pas toutes semblables entr'elles sous le rapport du terine de leur accroissement; dans toutes, c’est bien, comme chez Fhomm:, par addition successive:de couches à lin-

térieur des premières formées que l’accroissement a lieu ; mais dan: les unes cetaccroissement est tontà-fait borné, comme chez l’homme, tandis que chez les autres il continue pendant toute la vie.

Les dents dont l'accroissement est borné , sont les plus communes chez les mammifères; les autres constituent réellement l'exception.

Les dents qui s’accroissent indéfiniment, sont presque toujours des canines ou des incisives; rarement on voit une molaire pré-enter ce remarquable caractère. Du reste, on conçoit parfaitement cette circonstance, c’est aux dents molaires, qu’à été attribuée la trituration des alimens, par conséquent, il était nécessaire que leur écartement restàt toujours proportionné à l’écartement desmächoires, afin qu’elles pussent se correspondre continuellement. Les canines et les incisives dont les fonctions sont relatives à la division des alimens pouvaient sans inconvénient acquérir de grandes dimensions; il y a plus, ces d'mensions pouvaient devenir utiles.

nécessaires même par suite de la destination nouvelle donnée à ces dents.

Ilest clair que les dents dont laccroissement duretoute la vie devaient avoir toutela vielesmovens de produire l'émail, et que par conséquent e'les devaient sous ce rapport différer des dents de Phomme. Ces dents sont réduites à une partie qui représente exactement, la couronne de la dent humaine. Pour perinettre son allongement continuel sans changer ses caractères, il fallait la maintenir

dans les mêmes rapport: avec les parties qui secrétent livoire et l'émail, c'est aussi ce qui a eu lieu. -

Tout a été dit précédemment dans l’histoire des

ents de l’homme, sur À s cases qui rend ‘nt très- Hmité l'accroissement des dents ordinaires ; entrons ici dans quelques d ‘tails sur | accroissement illimité e certaiucs dents d's mammifères.

Les rongeurs, les pachid ‘rmes et les cétacés sont à peu-près les seuls mammifères qui aient d s dents jouissant de la propricté de s’accroilre pendant toute la vie : ces dents sont de la classe de celles qui n’ont pas de racines, et qui sont creusées intérieurement d'une cavité conique. Leur papille conique également, est appuyée sur le fond de Valvéole par sa large base, et reçoit de ce côté ses vaisseaux et ses avrfs. Il résulle de là que les couches de matière éburné: secrétées à la surface de la papille ne peuvent jamais lembrasser, parce quele ford de l'alvéole offre de la résistance de ce côté que la papille n'est jamäis pressée dans le point par'où lui viconent ses élémens nutritifs}, qu’elle possède toujours la même activité vitale, et qu'il n’y a pas de raisin pour qu'elle ne continue pas à secréler 1ou— jours de la matière dentaire.

Lorsque leslents ont acquis un développement déjà avancé, et qu’elles ont séjourné un certain tems dans leurs foll.cules, chez les animaux mamrniferes comme chez l’homme, elles se portent au-dehors,

leur éruption ‘a lieu, ét la dentitions s’accomplit. L'époque à laquelle cette éruption arrive, le mode suivant lequel les dents sont remplacées quand elles doivent l'être, tout cela n’est pas connu d'une mamière parfaite, et c'est ici, surtout, qu'on sent combien il importait de prendre, dans lanatomie hnmaince un point de dpart bien fixe et bien connu,

L'éruption des dents des mammiféres commençe comme chez l’homme, eu avant, et procède de ce point vers la partie postérieure. |

Les dents des animaux se divisent d’aillexrs, sous le rapport de leur durée, en dents temporaires et en dents permanentes; comme chez l’homme, aucune ne persiste pendant toute la vie; celles qui ont pris l'animal au début de sa carrière ne l’accompagnent pas jusqu’à la fin; et réciproquement, celles qu’il emporte au tombeau avec lai, presque jamais il ne les avait pas en venant au mord. Mais comment se succèdnt, dans les animaux quinous occupent, les premicres et les secondes dents? C’est là un point fort important à fixer. Chez la plupart des mammiféres, c’est d : bas en haut que la successioh a lieu, comme chez l'homme; ch z d'autres, leléphant, par exemple, c’est d'arrièreen avant, comme Pa'lus l'a d'montré.

Da reste, que la succession des dents te fasse suivant un mode ou suivaut un autre, toujours est-il que la dent primitive est successivéhent détruite par atroph'e, à mesure que la dent secondaire prend de l'accroissement. Les anthropolomistes ont attribué principalement à la pression dela racine par la dent

secondaire la chûte de la ®. primitive; J'ai professé l'opinion, plus haut, que c'est à la destruction des vaisseaux de eeite dent que la chûte doit être attribuée. Cette manière de voir est la seule que confirme l'anatomie comparée. En effet, chez l'éléphant, les dents se succèdent d’arrière en avant, la deut qui va paraître ne presse pas sur la racine de celles dont la chüûte est prochaine, et cependant les phénomènes que l'on observe chez l’homme, s’accomplissent aussi chez ce gigantesque mammifère, comme Cuvier l'avait remarqué. mAh ne

Le nombre des remplacemens des dents n’est pas

limité chez les mammifères comme chez l’homme ; que'quesuns dont ladentition est bien connue sous ce rapport, entre autres l'éléphant , suivant Corse, changenthuit fois de molaires, Au reste à priort, on conçoitquelerenouvellementdesdentsdoitêtre calculé d’après les usages qu’en font les animaux, et d'après la carrière plus ou moins longue qu'ils doivent parcourir. La nature, en effet, ne possède que deux manières d’assurer des dents à un animal: les renouveler par d’autres lorsqu’elles sont usées, ou bien les alonger continuellement vers la base à mesure qu'elles s’usent par l'extrémité opposée:

. Quelques précautions que la nature ait prises pour rendre les dents dures et résistantes, quelque soit le soin avec lequel elle a déposé l'émail sur le sommet de la couronne de ces ostéides, ils sont altaquésavec le temps, comme je l'ai dit, et détruits plusou moins complètement parles frottemens.C’est

ici surtout que le régime re toute son influence

sur les dents; car ce qui use le plus ces parties, ce sont les frottemensexercés .ure lesen sens contrai-

re, de dehors en dedans, comme chez les ruminans, ou d'avant en arritre comme chez les rongeurs. La percussiondeleurscouronnesde hauten bas,comme cela a lieu dans la mastication'ordinaire,n’assuie les qu’une médiocre action; aussi les animaux herbivores ou granivores, les broyeurs par excellence, usent-ils beaucoup leurs dents,tandisque les carnassiersles conservent jointues ettranchantes jusqu’à la fin de leur vie. L'influence du frottement sur la destruction des dents par u-ure est telle que chez Vaë qui a les dents supérieures et inférieures de largeur inégales, suivant Desmoulins, et qui broie ses alimens d’arrière en avant comme les rongeurs, la rangée dentaire la plus étroite trace à la longue un sillon sur la plus large. Souvent aussi il reste sur les dents des lignes qui indiquent dans quel sens le frottement se fait habituellement , lignes transversales chez les ruminans, antéro-postérieures chez les rongeurs.

Un autre phénomène non moins curieux sous le rapport de la p'ysiologie des dents est celui-ci : on sait qu'une meule pour servir utilement à l'usage auquel elle est destinée, a besoin d’être inégale ; et que pour la rétablir dans cet état, quand elle a servi pendant quelque temps et que les frottemens en ont usé les aspérités, on sait dis-je, que le meunier la rep que; eh bien ‘1: m'me chose arrive spontanément aux dents molaires, véritables meu-

les buccales des grands mammifères. La couronne de ces dents, en effet, est formée de substance d'inégale dureté, d’inégale résistance aux frottemens ; le premier effet de ceux-ci est le rasement de toutes les aspérités originelles de la dent, mais quand les choses en sont venues à ce point, les parties éburnées de la couronne moins résistantes que les parties formées de cément, moins surtout que celles qui sont revêtues d’émail, sont détruites plus promptement que les autres, de nouvellesinégalités se forment, qui succèdent aux premitres, et les dents se repiquent d’elles-mêmes suivant toute la rigueur de l’expression. On concoit toute l’importance sous ce dernier rapport de l'intrication des trois substances des dents composées; et l’on comprend également bien pourquoi les dents composées sont toujours des molaires.

Les incisives des rongeurs sont usées beaucoup plus en arrière qu’en avant,ettoujours tranchantes, parce que garnies d’un émail plus épais et plus dur en avant, leur détrition est plus facile en arrière.

Certains animaux usent leursdents inégalement, plus dans un sens que dans les autres, ce qui peut aider à mettre celles-ci en position ; l'éléphant use plus ses dents en avant qu’en arrière.

Mais parmi les applications qu'on a faites à la pratique de la m:rche progressive de lusure des dents des animaux, il n’y en a pas de plus belle à la fois et de plus util:, que celle de la quelle on a déduit les moyens propres à reconnaitre l’age du

cheval. C'est particulièment à T'enon que nous devons ce qu’on sait à cet égard : chez cet animal, dit Cuvier., les incisives de lit se montrent au bout de quinze jours; les quatre du milieu ou les pinces, tombent à trente mois , les quatre suivantes à quarante-deux, et les quatre externes ou les coins à cinquante- quatre.

Les coins de remplacement ne croissent pas : aussi vite que les autres incisives, et c’est surtout par elles qu’on connaît l’âge du cheval. |

Elles ne débordent presque pas la mächoire.Il y a à leur milieu un creux rempli d’un tartre noirâtre; les bords s’usent à mesure que la dent sort de la gencive et frotte contre son oppsée; il va donc toujours en diminuant depuis cinquante quatre mois jusqu’à huit ans, ou il s’efface entièrement.

Le creux des autres incisives s’efface beaucoup plustôt que celui des coins; on ne juge plus alors de VPâge que par la longu: ur Le incisives, qui croissent Te

La première arrière molaire parail à onze mois, et la seconde à vingt; à trente deux mois les deux premières molaires KE lait, tombent ; la troisième à trois ans, et ce n’est qu'à cinq ou six ans que la dernière arrière-molaire se montre.

Les deux premières molaires, de chaque mâchoire, et de chaque côté, paraissent à huit Jours; la suivante à Vinst ; ; la complémentaire, ou petite molaire antérieure à cinq ou six mois.

Les molaires de lait soit plus longues d’avant en

arrière que celles de remplarement, et celles-ci perdent elles-mêmes de leur dimension dans ce sens, à mesure que les arrière-molaires sortent et les pressent ; de façon que les dents des très-jeunes chevaux ont une couronne oblongue, tandis que celles des vieux sont carrées. - |

En résumé, le cheval a, comme la plupart des ruminans, trois molaires de lait et trois arrière-molaires; les premières sont plus étroites que celles qui les remplacent, mais de même figure, sauf que la dernière molaire inférieure ressemble davantage à la dernière arrière-nulaire.

. Quant à la succession, il faut aussi remarquer que la troisième molaire de remplacement sort après les deux premières ariière-molaires, et même après la troisième, si l’on en juge par le degré.d'usure.

Chez les quadrumanes, les dents sont à très-peu de choses près, disposées comme chez l’homme ; le nombre en est exactement le même, il n’y a qu’une exception rare à ceite régle, exceplion qui porte sur une pelite molaire que quelques espèces présententen plus(Æ/ouate, Atrles, Sajous, Saimiis). Les dents des quadrumanes sont disposées exactement comme celles de homme à une seule exception près, qui porte sur le Ouistiti dont l'arcade dentaire est terminée en arrière par une petite molaire.

Toutefois déjà on conimence dans les singes à voir se perdre quelques-uns des caractères les puls tranché; des cents de l’homme; leurs cuspides, dans certaines espèces de makis surtout, qui sout

un peu carnassières, deviennent plus développés ; la canine est plus pointue et un peu plusélevée que les dents voisines. |

L'ordre des mamrniferes insectivores, forme, sous le rapport des dents, le passage naturel des quadrumanes aux carnivores. Les individus qui le composent ont un nombre de dents qui peut varier de 28 à 44. La Céphalote du Pérou est dans le premier cas, et la taupe dans le second. Entre ces deux extrême , il y a de nombreuses variétés.

Les différences des dents des insectivores peuvent porter sur les incisives et les molaires, mais jamais sur les canines; on en trouve toujours deux à chaque mâchoire.

Les cuspides sont plus développés chez les insectivores que chezles quadrumanes;la Musaraignemême est fort remarquab'e sous ce rapport; elle a une quatrième fausse mo'aire dont la couronne s'élève en une lame tranchante comme celle de la carnassière des animaux de l’ordre suivant.

Les incisives des insectivores sont très-développées chez certains sujets; on en trouve trois chez la musaruigne ; d'autres, les mégadermes et les Ta:hie:s n'en ont pas du tout. |

Les min fères carnivores ont entre eux beaucoup d’analigie sous le rapport de leur système den'aire. Ils ue di fèrent que par leurs molaires; tou; ont douze incisives et quatre canines.

Les molaires des carnivores sunt divisées en deux

classes, les fausses et les cernas'ières tuherculuses. Les fausses molaires sont grandes ct à plusieurs racines; les carnassières supérieures ont trois lobes et un talon mousse en dedans; les carnassières iuférieures ont deux lobes pointus et tranchans sans aucun talon. |

Les esptces du genre chat sont celles qui forment le typeeu quelque sorte de cet ordre sous le rapportdes dents. Les ours sont au contraireles moins b'en partagés ; aussi ne se nourrissent-ils de chairs que par pécessité.Leurcarnassière est petite, son lobeantérieur est presque effacé. Leurs tuberculeuses sont striées comme chezles rongeurs. Les Phoques ont 4 ou 6 incisives en haut et 4 en bas; leur: canines sont trés pointues ; L'urs mâchelières au nombre de 20, 22 ou 24 soit tranchantes ou couiques; dernière disposition qui peut être considérée comme une transition aux dents des célacées.

Chez les Marsupia rx, les uns, les Sarigues et les Dasyures, ont «des incisives fort petites aux deux mâchoires, des canines foit longues, des arrière-molaires hérissé sde pointes, et enfin tous les caractères des carnassiers insectivores (ont ils partagent, en effet, le régime; les auties, les Phulangers sont pourvus en bas de deux incisives pointues, tranchaïites, couchées en avant, tandis qu’en haut, ils en ont six plus petites. Les canines de ces derniers sont trés longues en haut, muisen bas elles sont si petites qu’elles sont souvent cachées par la gencive, et qu’elles disparaissent quelquelois; ceux-ci, les Kanguroos, w’out plus

de canines supérieures et ont leurs incisives moyennes égales aux autres ; ceux-là , les Koals, ont à la mAchoire infér e :re deux longues incisives sans casine*, et à lamächo re ‘upérieure deux longues incisives moyennes, que'ques petites sur les côtés, et deux petites canines. Les derniers, les Phascolômes, sont de vé ritables rongeurs sous le rapport de leurs dents. \ | | |

Chezles Rongeurs on ne rencontre pas de canines, Les incisives sont au nombre de quatre, deux à chaque màchoire, séparées des molaires par un espace vide, Ges dentssontlonsues, fortes, du genre de celles qui croissent indéfiniment, et plus couvertes d’émail en avant qu’en arrière. Il résulte de cette deruière disposition que ces incisives restent tranchantes pendant toute la vie, malgré la destruction qui réculte des frottemens, car l'usure les atteint toujours uu peu plus en arrière qu’en avant. Les molaires sont fort irrésalières sur leur sommet et les inéyalités terminales forment généralenent des lignes disposées transversalement comme chez les éléphans.

Les mammiféres appelés édentés ne sont pas tout à fait privés de dents conunelcurnoml'indique: ils n’ont pas d'incisives, et tou, excepté le Paresseux manqüent de canines. L'Ornithorinque, les Pansolins el l’Echidpé sont Les seuls qui soieat tout à fuit privés de dents.

Les canines du Paresseux;sont plus longues, que ses molaires et poiulues. |

Les mâchelières desanimaux de cet ordre sont en ii nbre très variable, les Priodontes en ont ce 98 à 50

en hautet 48 en bas; il est d’ailleurs remarquable que chez tous les Éd, excepté les {atons qui en ont 16 à chaque mâchoire, les mâcheliéres sont plus nombreuses en haut qu’en bas.

Les mâchelières des édentés sont presque tout à faiteylindaiques. Ce sont des cylindres plus où moins parfaits, simples ou accolés deux à deux et formés quelquelois d’une seule substance. Leur accroissement est illimité comme celui des incisives des rongeurs; eLen effet, on conçoit parfaitement qu'il puisse en être ainsi; car le tube cylindrique de ces dents ne peut pas embrasser la papille beaucoup plus que les

cavités coniques de celles des rongeurs.

L'Ornithorinque n’a pas de dents véritables, 1l à des parties cornées qui en tienuent lieu. Leur forme est carrée, suivant M. Blainville. Il y en a quatre semblables à chaque mâchoire, Elles sont a platies. La baseenest irrégulière et mouléesur le fond del’alvéole. Les Proboscidiens n'ont pas d’incisives proprement dites. A leur place, à la mâchoire supérieure, sont implantées leurs énormes défenses, dents sans racines et susceptibles d’un accroissement illimité. Leurs molaires sont peu nombreuses ; il y en à tanièt quatre , tantôt huit, quelquefois douze. Cuvier dit que dans tous les éléphans qu'il a examinés ilen a trouvé trois, une antérieure sur le point de tomber, une myenneitrés belle, et'une postirieure rudimentaire; de sorte qu’à vrai dire l'éléphant n’a que deux molaires à chaque mâchoire. Ces énormesdents

ort la fignre quadrilaterc ; L'ur couronne est relevée à sa face iilurante par des crêtes transversales et parallèles réunies par du cément. Ces crêtes sor.t dente'é s quai d la dent n’est pas trop usée; chez les vieux prohoscidiens elles présentent des figures lozangiques variables dans l'éléphant d’Afr'que, des rubans étroits et fest nés dans l'éléphant des Fndes.

Tous les autres pachydermes offrent des dents de caractères beaucoup plus variés que celles des Probscidiens. Leursincisives sont simples et tran“hantes le plus souvent. Leurs canines sont tantôt sem'lables aux cauinesordiuaires, et La itôt elles offrent Papparence de défenses redoutables; q'elquefois elles manquent tout à fait. Leurs moliures ont une surface large, irrégulière et sont bie 1 disposées pour broyer.

Le chevalen particulier à 6 incisives en hant el6 en bas; ila { canines et 26 molaires, 14eu haut etr2 en bas.

Les iacisivesont ceci de remirquable qi'el e> forment une courbe demi-circulure très régulière sur les jeunes chevaux. Celles du milieu portent le nom de pinces; celles qui les touchent sont apjrelées miloyennes ; les dernières sout les coins ; toutes ont leur couronne creusée d'uue cavité où entonnoir,

dout la base correspond à l'extrémité libre de la dent et dans laquelle s’'accumule un tartre noirâtre. Cetle cavité et la partie de la deut dans laq elle elle est creusée s’effacent graduellement sous l'influence des frottemens, comme je l'ai déja indiqué. Les canines portent le nom de crochets; elles s’'émoussent avec l’âge; la jument, chose rem irquable, n’en a que

rarement. Les molaires sont prismatiques et marquéesde saillies irrégulières en forme de croissant sur leur face triturante.

Chez les Ruminans, il n’y a d'incisives qu’à la mi. choire inférieure, ct elles ÿ sont au nombre de 8. Les canines Wei ki le plus souvent , excepté dans quelques genres, les chameaux, les lamas et les chevrotains. Le cerf w’en a qu’à la mâchoire supérieure, Les molaires sont formées de doubles croissans paralléles, leur face triturante offre des arêtes longitudinales qui sont promptement détruites par les frottemens.

Efin les cétacés sont de tous les mamnifères ceux qui sont les mieux partagés sous le rapport du nombre des dents; certains dauphins en ont jusqu'à 180 ou 190; il est vrai que par opposition et comme pour compenser cette sorte d'excès l’kypero: don n’en n’a que deux, le n1rval deux encore ou même une svule, et la baleine aucune.

Les incis ves manqnent chez la plupart des c 'tacés , le dugong en a presque seul, et les a très-développées; les carines manquent tout-à-fait, les molaires s nt co 1iques «t pointues pour l1 plupart; celles du | mentin sut aplaties à leur surface trituranle, et surmontées de deux collines transverses comme chez certains pachydermes, le £ap:r en par. ticuli r.

Dans la baleine il n’y a pas de dents véritables,mais elles sont rem,lacées par des productions cornées

qui constituent les fanons. Les fanons s’insérent sur la concavité du palais et se portent de là perpendiculairement'en bas dans l’intérieur de la bouche;ils sonttrès-nombreux!: onen comple jusqu’à mille dans la baleine franche, et il y en a.qui ont quinze pieds de haut. Chäque fanon A ro do une couche de fibres cornées ; ils sont revétus de deux lames cornées aussi, mais plus minces, plus serrées et dont lesfibres sont moins apparentes : ces fibres sortent d’entre leslames,et forment une frange libre sur tout le bord inférieur et interne du fanon, d’où il résulte que ces franges garnissent toute la partie latérale du palais qui est au-dessus de la langue, et qui se trouve par là entièrement velue, | Les fanons sont insérés dans un follicule de lagen. cixe, dans lequel la membrane muqueuse est trèse Cure

Les fanons, comme on le voit, sont eh plus analogues aux poils qu'aux dents; mais s’il n'existe pas Se dents à la mâchoire supérieure dela baleine; les observations de M. Geoffroy-Saint-Hilaire ont démontré qu’on en rencontre chez le fœtus à la màchoire inférieure , das la rigole que présente cet os. Ces dents ont paru à M. Blainville simples et coniques comme celles des cachalots.

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