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PREMIÈRE PÉRIODE

Temps indéterminés de l'Égypte, de la Chine et de la Grèce jusqu'à Aristote.

Au rapport d'Hérodote, dès lcs temps les plus reculés, chez les Egyptiens, Part du dentiste, et par conséquent l'anatomie des dents, élail réservé à une caste particulière qui leur donnait exclusivement ses soins.

Dans un rapport sur l'examen d’une momie, que M. V'illeteau a communiqué à M. Sylvestre de Sacy, on lit que les dents paraissaient usées de vieillesse etavoir perdu leur tranchant, mais qu’elles étaient toutes conservées et qu’elles ne paraïssaient pas avoir

‘1 été pâtées. Il ajoute que c'est même eucore aujourd’hui une chose très-remarquable en E’ypte, que les naturels de ce pays aienttous de trés-belles dents et les conservent telles jusqu’à l’âge le plus avancé.

Voilà à peu prés à quoi se réduisent toutés mes recherches sur les prétendues connaissances anatomiques dessavans de l'Égypte, ce vieux berceau des sciences humaines, et encore a-t-il fallu les demander à des tombes muettes, à des cadavres momifiés! = Les temps indéterminés de la Chine ne m'ont ‘pas éclairé davantage: et, en effet, ést-il étonnant que des hommes qui regardaient comme une cruauté inouic l'ouverture des corps morts, el pour qui les ossemens humains étaient ün spectacle d’effroi et d’horrear, n’aient rien laissé sur le su'et qui m’occupe? Je dois constater cependant qu'ils ont classé les animaux d’après leurs caractères extérieurs, et que les dents leur ont beaucoup servi dans ces premières ébauches de divisions zoologiques.

Je n’ai non plus, pour Îe sujet en question, rien de précis à emprunter aux premières annales de la Grèce; le temps a tout détruit et tout ce que je trouve de plus remarquable dans cette lon gue série de siècles, c’est la définition philosophique qu’Homère donne des dents : J1 les appelle de petites barrières imposées, par la nature, aux écarts de la langueet aux abus de la parole. Est-il besoin de constater qu'Erasistrate parle d’un odon'agogue en plomb qui était suspendu au temple d'Apolln , pour indiquer qu’il ne fallait arracher que les dents

tellement ébranlées qu’lies ne pussent résister à un iostrument si laible ?

I faut arriver aux phil-oplie; grecs pour trouver u ques indices de conn ussa 1ces réelles sur Les dents, et voir dansles ouvrages di pocrate l’ensemble des idées qu'ils s’en étaiut formées. Disons pou: tant qu'il e:t bien extraordivaire qu”4lcmaeon de Crotunne ; qi connaiss it la trompe de l'oreille moyenne, que Demncrite,qui disséquat le cerveau pour y découvrir le siég : de lafol e, qu'Empcdocle enfin, qui, au ra port de Plutarqu?, avait trouvé, daus le temporal , une construction en forme de limaçou, n'aient pas eu plus de connaissances positives sur 4es dents, q'ie c. Îles que nous a transmises le médecin de Cos. Voyons douc.ce qu'en dit ce dernier. mue,

H ppocrite a dit: Frig'dlum inim'e:um ossibus, d'ntibus,nervis, cerebro, dorsal: meluil ©: dum vero amicum. Quelques aiteurs out ar: ué de cet aphorisme qu'Hippocrate distinsuait les dents des os; mais cette conséquence est-il : bien rigoureuse? [l'est plus probable qu’il a voulu indiquer par laque les dents, parmilesos, reçoivent part'culièrement uneinflueuce fun-ste de l’action du froid et pas autre chose : du reste, il lève lui-mêne tout doute à cet égard, car il appelle positivement, dans liutres aphorismes, les dents c'es os.

Il à particuliérement insisté sur les phénonèues de la dentition, surles accidens qu’«lle dét:rmine, sur les sigres que les dentsfourmisseut dans Quelquesma-

ladies : ce qu'il en dit de plus remarquable , au point de vue anatomique, c'e-t que leurs germes se développent dans le fœtus. Il appelle Les dents de sagesse dppononpes et partage l'opinion que d’autres auteurs ont soutenue après lui , savoir que les dents nombreuses sont un signe de longévilé ; voici da rest: son propre Lexte : Or LA poGuot mheugoucs odovtas excuse. Il pense aussi que leur agacement, venant chez la femmeenceinte, est un symptôme de superfétation.

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