DEUXIÈME PÉRIODE
D'Arsitote à Galien.
Aristote, ce génie supérieur, dont les connaïssances anatomiques ont été si extraordinsires pour l'époque à laquelle il vivait ,est le premier qui att consacré un long chapitre à l'étude des dents. C’est lui aussi qui le premivr les a considérées d’une mamère un peu large, philosophique, et a fait ressortir leurs ca:actères dans les différentes classes d’animaux.
Ce chapit e renferme sans doute beauconp d’erreurs gressiéres; mais On ne le t ouvera pas moins dig re d’atteution, si l’on veut se rappel r qril a été écrit 350 ans avaut l’ere chrétiennc. P ur mieux faire apprécier les p ogiès qre cette partie de Panatomi : a faits de uis lui, je crois qu'il ne srra pas iuultile d’en présenter ici un aperçu sénéral :
Aristote dit que les dents présentent des difié-
rences tranchées de l’homme aux animaux et dans les divers genres de ceux-ci entr eux.
Tous les animaux vivipares , à sang rouse, ont des dents, mais tous n’en ont poiat également aux d'ux
ER, Les animaux à cornes n’ont pas de dents sur le devant de la mâchoire. supérieure, etilen est qui sont dans le même cas, quoique sans cornes, par exemple, le chameau. Il est des animaux qui ont des dents saillantes en dehors, comme le porc mâle. Chez les uns( lion, panthère, chien), les dents sont en forme de scie ; chez les autres, planes ( cheval, bæuf). Aucun animal n’a en mème temps de dents saillantes et de cornes, et aucun de ceux qui out les dents en forme de scie n’a ni dents saillintes nicornes, ( Aristote appelait dents saillautes, par exemple, les défenses: de l'éléphant.)
Ordinairement les dents de devant sont aiguës et celles du fond larges; cepndant toutes les dents du phoque sont en forme de scie : il semble que c’est parct qu'il fait la nuance des quadrupédes aux poissons, qui Lous ont les dents ainsi faites.
Aucun des animaux, dont } je viens de parler, n'a une double rangée de dents à la même mâchoire; c-pendant, s'il en faut croire Ctesias, il existe, dans les Indes ,; un animal, nommé Martichore, qui en à une triple rangée, ætc.
Aristote cousidérait positivement comme des denis les défenses de l'éléphant. Il dit qu'il n'y a que le: dents de devant qui changent dans l’homme, que l&3 molaires ne tombent chez aucun animal connu, que le porc nc perd aucune dent, que l'age de
beaucoup d'animaux se reconnaît aux dents, qu’elles deviennent noirâtres à mesure qu'elles vieillissent, et que cependant l’âge les blanchit , par exception, chez le cheval.
Comme Hippocrate, Aristote pense que ceux qui ont beaucoup de dents jouissent ordinairement d’une vie plus longue, et que ceux qui les ont moins nombreuses etécartées vivent communément moins. Les animaux qui ont les dents en forme de scie ont généralement une bouche fort grande.
L'homme, dit Aristote, a plus de dents que la femme, et cette particularité s’observe aussi sur Îles femelles de quelques animaux ( les brebis, les chévres, les truies ). On conçoit difficilement qu'une erreur pareille ait pu échapper à cet anatonnste , à moins que le texte ait été altéré, ou bien, comme le pensent quelques auteurs, qu’il wait récllement pas disséqué et qu'il wait été que lhistorien des connaissances anatomiques de son époque.
Il considère le bec des oiseaux comme la représentation de leurs dents, et comme analogue aux cornes et aux ongles, et cependant, par une sorte de contradiction, il dit que les dents sont de même pature que les OS (oc de ODOYTES KATA TYY TU)Y og8wy EtGt ousw): il indique toutefois, comme différence, la Ficulté que les dents ont de se reproduire.
Depuis Aristote jusqu’à .Galien, lanatornie des dents, n’a fait que bien peu de progrés : il est cependant problable qu’Æerophile et Érasistrate , ces deux gloires de l'École d’Alexand vie, n'auront
pas laissé ce sujetsans y jeter quelque lumière ; mais le résultat de L'urs travaux n'est pas arrivé jusqu’à nous. I faut dire aussi qu’a en juzer par ce que dit Ce!se sur les maladies de ces organes et les opérains qu’on pratiquait sur eux, et par le conseil que dunne Arch'gène de les perforer avec un petit trépan, d ns le cas de douleurs violentes , il est évident qu’on s'était occupé de leur structure et qu’on avait fait faire quelques pas à leur anatomie.
Arétée donne une mesure de sus connaissances sur la structure desdents, quand il lit que dieu seul connaît la cause des douleurs de deits.
+ Pline, plus historien qu’anatomiste, le compilateur universel , le narrateur de fablés, ainsi que l’out appelé quelques auteurs, n’est pas all, sur l'anatomie des dents, plus loin qu’Aristote; 1l a ajouté seulement quelques erreurs de plus et beaucoup d’onecdotes plus ou moins absurdes. Il dit, par exemple, que les dents de l’homme renferment un virus malfaisant , ct que leur morsure pourrait tucr des animaux faibles. Pur lui, la circonstance de la présence de deux dents canines au côté droit de la mâchoire supérieure est un présage de succés et de fortune. Il rapporte encore que les soldats de l'armée de Germauicus César , eampée en Germanie, perdireut toutes leurs dents pour avoir bu penrlant deux ans de l’eau douce d’une fontaine. Il ‘cite un assez grand nombre de variétés de forme obse vées sur les dents de l'homme, et il parle à ce cuict d'Hercule, qui, s’il faut l'en croire, avait une
triple rangée de dents; du fils de Prusias, dont l'histoire est si connue, et des nommés Curius et Papyrius , qui sout nés avec des dents, eLqui, pour cela, ont reçu le surnom de dentati ; il parle aussi de dents dév: loppées au jalais , ete.
Arislote avait dit que les animaux, qui ruminent et qui n'ont pas de deuts en furme de délenses audevaut de la mâchoire supérieure, avaient tous des cornes, par une serie de compeusation ; mais Pline lui obecteavec raison l’exemple de la biche, qui n’a ui ls unes, ni les autres.