‹ Des déviations angulaires consécutives à la résection et à l'arthrectomie du genou chez l'enfantChapitre 24 sur 51 · CREER · texte numérisé non relu

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la flexion. Dans d’autres, celle-ci résidera dans l’ablation, au cours de l'opération, d’une partie d’un des cartilages épiphysaires. Il rapporte un cas de ce genre bien net.

Le cartilage du fémur avait été entamé et presque complètement enlevé dans son tiers postérieur, chez une fille de 9 ans. Elle fut retrouvée, plus tard, avec une ankylose en forte flexion résultant de Paccroissement inégal du fémur, ce qui rejetait le tibia en bas et en arrière. Cette déviation augmenta malgré l’application d'appareils immobilisateurs.

Ollier pense, cependant, que les cas de ce genre ne sont pas les plus fréquents et attribue, dans la grande majorité des cas, les déviations consécutives à l’absence longtemps prolongée de soudure osseuse, surtout quand la section a porté sur des os depuis longtemps atrophiés, et il fait jouer un rôle important au poids du corps et à laction des fléchisseurs.

Neugebauer (1) admet aussi la théorie de la surcharge inégale des cartilages de conjugaison comme cause de l'inégalité de croissance et de la flexion. Aussi celle-ci peut-elle survenir malgré l’emploi de moyens de fixation des os comme la suture. En outre, elle serait favorisée par l’altération des cartilages épiphysaires préexistante à l’opération et qui se traduit souvent par une flexion épiphysaire simulant une subluxation du tibia. Quand après la résection la flexion a commencé à se produire, elle augmente ensuite sous l'influence de la marche par le mécanisme indiqué par Kœnig et Paschen.

Hofa (2) combat l’opinion de Kænig et Paschen, en

(1) Neugebauer, — Deutsch, Zeitsch. f. Chir., Bd XXIX, 1889, p. 379. (2) Hoffa. — Arch, f. klin. Chir., Bd XXXIT, 1885, p. 763.

M rcies

rappelant d’abord les objections de Bidder : une compres sion modérée et passagère des cartilages, comme elle a lieu dans la marche, ne pourrait guère empêcher la production d’os par le cartilage épiphysaire. En outre, on a vu se produire des flexions chez des enfants où les cartilages avaient été sûrement enlevés pendant l'opération et aussi, quoique plus rarement, chez des adultes. Ipsen a rapporté deux cas où les cartilages furent enlevés et malgré cela la flexion se produisit. Hoffa rapporte un cas de flexion assez forte (140°) chez une femme de 60 ans réséquée du genou. La flexion se produisit, bien que la malade ait constamment gardé le lit, mais elle avait quitté tout appareil au bout de deux mois.

Hoffa cite encore un cas de Riedel où, chez un enfant, il se produisit une flexion considérable après résection du genou. On dut, quatre ans après, faire une résection cunéiforme, et on ne trouva pas trace des cartilages de conjugaison. Ils n'avaient cependant pas été enlevés par la première opération et malgré leur absence la flexion survint. Riedel pense qu’ils avaient été détruits par la maladie. Hoffa croit plutôt, avec Kænig, qu’ils se sont ossifiés dans le temps qui a séparé les deux opérations.

Hoffa pense que la théorie des anomalies de croissance ne peut expliquer que les cas où la flexion se produit seulement au bout d’un long espace de temps, plusieurs années, ce qui n’est pas le cas ordinaire. Elle ne pourrait expliquer les cas où la flexion s’est produite assez rapidement après l’opération, déjà même pendant le séjour du malade à l’hôpital. D’après Hoffa, la flexion ne se produirait jamais après un long espace de temps, mais commencerait dès que le malade est sorti de l’hôpital et augmenterait surtout lorsqu'on enlève trop tôt les appa-

reils de soutien. Aussi Hoffa croit-il en trouver la cause dans la surcharge des jambes par le poids du corps, surtout si le membre a été placé primitivement dans une position un peu fléchie. Il accorde, en outre, un rôle important à l’action des fléchisseurs.

Lorsqu’après la résection, l’ankylose osseuse a été obtenue, les fléchisseurs ne peuvent plus agir. Mais Hoffa croit que, lorsque le membre est guéri dans la rectitude et consolidé par une ankylose osseuse, il conservera à l'avenir sa position.

Les objections de Hoffa, contre la théorie de Kænig et Paschen, n’ont pas une grande valeur (Gross) (1). La com: pression inégale des cartilages répétée pendant plusieurs heures par jour peut exercer une influence suffisante sur leur partie postérieure pour en diminuer le fonctionne. ment.

Les faits de Riedel et Ipsen ne sont pas suffisamment démonstratifs. Dans le cas de Riedel, les cartilages ont pu, soit s’ossifier, soit disparaître sous l’influence de la maladie avant la deuxième résection, mais après l’établissement de la flexion. Dans les cas de Ipsen, où la flexion s’est produite malgré l’ablation des cartilages lors de la résection, elle peut résulter de l'absence de consolidation osseuse, pour une cause quelconque, avec rétraction des fléchisseurs (Gross) (2).

Dans certains cas, la cause de la déviation est facile à indiquer et celle-ci peut presque être prévue d’avance. Il suffit de nous reporter aux expériences d’Ollier, sur les fonctions du cartilage de conjugaison. Nous savons que,

(1) Gross. — Neuvième Congrès de Chirurgre, 1895, p. 128. (2) Gross, — Loc, cil.

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