Histoire des sciences médicales. Daremberg
*2. Nous croyons utile, dans un intérêt général, de citer ici ses propres paroles. (( (Juoi([ue la chirurgie en général, dit-il, se soit beaucoup perfectionnée
En lisant Fauchard, on reconnaît un observateur doué d’une grande habileté manuelle, ce qui n’ôte rien à ses qualités d’érudit.
Nous le voyons traiter toutes les parties de l’art dentaire, s’associer au mouvement scientifique de son époque, prendre part aux discussions des anatomistes, s’occuper des origines des vaisseaux « nourriciers et nerveux » qui se rendent aux dents, admettre la vascularisation de ces dernières et, après examen à la loupe, considérer l’émail, avec H. de Laliire \ comme une production cornée. Il nous parle de la gouttière fœtale, renfermant de petits utricules, formés d’une membrane très vasculaire, qu’il nomme chorion; il admet avec Winslow% contrairement aux idées régnantes, que la dent s’accroît par sa partie interne; ce qui amène tardivement l’oblitération
dans ces derniers temps ; qu’on ait fait d’importantes découvertes dans l’anatomie et 'dans la manière d’opérer, et qu’on ait mis au jour quantité d’observations savantes et curieuses, les dentistes n’y trouvent pourtant pas encore, à beaucoup près, des secours suffisants pour les guider dans toutes leurs opérations.
« Les auteurs qui ont écrit de l’anatomie, des maladies et des opérations cbirurgiques , n’ont, en parlant des dents, traité que très superficiellement de la bouche, et seulement pour ne pas paraître rien omettre de ce qui pouvait entrer dans l’exécution de leurs svstèmes.
« On ne connaît au reste ni cours publics, ni cours particulier de chirurgie, où la théorie des maladies des dents soit amplement enseignée, et où l’on puisse s’instruire à fond de la pratique de cet art, si nécessaire à la guérison de ces maladies et de celles qui surviennent aux parties dont les dents sont environnées.
« Les plus célèbres chirurgiens ayant abandonné cette partie de l’art, ou du moins l’ayant peu cultivée, leur négligence a été cause que des gens sans théorie et sans expérience s’en sont emparés, et la pratiquent au hasard, n’ayant ni principes, ni méthode. Ce n’est que depuis environ 1700 que la Ville de Paris a ouvert les yeux sur cet abus et que l’on fait subir un examen à ceux qui se destinent à l’art dentaire. » (P. Fauchard, le Ghirurg.-dent., t. I, p. 9 et 12).