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DÉVELOPPEMENT DES MAXILLAIRES ET DES FOLLICULES DENTAIRES

§ 1 . - PÉRIODE FŒTAIÆ-

Premiei* moisi. — Chez le fœtus à terme, les deux parties constituantes des maxillaires supérieur et inférieur, douées d’une certaine élasticité due à l’interposition d’un lîbrocartilage, sont, ainsi que nous l’avons vu plus haut, creusées de cavités ouvertes où se trouvent logées les pulpes dentaires et les dents en voie de formation.

Ces cryptes, disposées suivant une ligne ondulée, sont d’autant moins complètes qu’on les considère en un point plus éloigné de la symphyse ; aux extrémités, les arcades osseuses n’offrent même aucune dépression indiquant le futur emplacement des dents permanentes \ A ce moment, l’orifice de chaque crypte représente assez exactement la figure que dou" nerait une section faite au collet de chaque dent correspondante.

Ainsi, pour la région antérieure, nous aurons des alvéoles : de forme triangulaire , à base externe , pour les incisives centrales et les canines ; à base interne, pour les incisives latérales; de forme quadrangulaire, pour les molaires.

A la mâchoire inférieure, la base de ces derniers alvéoles repose sur un sillon contenant le nerf dentaire inférieur et l’artère correspondante, particularité qui, jusqu’à un certain

j. Rousseau. — Dissertation sur la première et la deuxième dentition. Paris, 18^0.

point, peut expliquer la prédisposition aux troubles nerveux qu’on observe chez les enfants au moment de la dentition.

Le nerf et l’artère pénètrent dans l’intérieur du maxillaire par une ouverture, orifice du canal dentaire inférieur, située de chaque côté, à égale distance de l’angle de la mâchoire et

Fig. 7 et 8. — MACHOIRE d’ün fœtds de neuf mois,

l.es dents ont été enlevées et placées en regard pour mieux faire saisir les rapports existant entre la forme des dents et l'ouverture des alvéoles.

A. Alvéoles des incisives. — B. Alvéoles des canines. — G. Alvéoles delà 2® molaire temporaire et de la première permanente. — M. Trou mentonnier. — I. Orifice du canal dentaire inférieur. — M. I. Direction du canal dentaire inférieur.

de la cloison qui sépare encore incomplètement la seconde molaire temporaire de la première permanente. Ce canal vient aboutir à la face externe, au niveau de la cloison qui sépare la canine de la première molaire, trou mentonnier., traversant ainsi, suivant une diagonale m, i, la branche

horizontale du maxillaire iiilérieur, diagonale qui représente la direction suivant laquelle se disposeront les dents.

En arrière de l’alvéole de la première molaire se voit une large cavité ouverle qui se trouve, du moins pour la partie la plus reculée, à la mâchoire supérieure, à peine délimitée par des parois naissantes; on aperçoit cependant de petites pointes osseuses, rudiments de la cloison qui divisera la cavité en deux cryptes distinctes et séparera ainsi la pulpe de la deuxième molaire temporaire de la pulpe de la première molaire permanente. Cette division se fait ordinairement un peu plus tôt à la mâchoire inférieure qu’à la mâchoire supérieure ^

A cette période, l’apophyse articulaire de la mâchoire inférieure s’élève à peine au-dessus du niveau du bord alvéolaire, tandis que l’angle se projette en bas, au-dessous du niveau général du bord inférieur de la mâchoire.. L’apophyse coronoïde forme un angle de 45® avec le bord alvéolaire, son ascension commençant à la limite antérieure de l’alvéole de la première molaire permanente. A la mâchoire supérieure, l’apophyse zygomatique se projette en dehors, au niveau du bord antérieur de la grande cavité ouverte de la deuxième

molaire temporaire.

A la mâchoire supérieure, le bord alvéolaire interne ne descend que très peu au-dessous du niveau de la voûte palatine, bien que les alvéoles soient très profonds. L’antre d’Higlimore n’est alors représenté que par une légère dépression, sur la paroi externe de la cavité nasale, tandis que les cavités alvéolaires vont jusqu’à la base de l’orbite, dont elles ne sont séparées que par une très mince lamelle osseuse. Les dents temporaires sont, à cette période, en partie formées; les inci-

1. Tomes. — Traité de la chirurgie dentaire (1873). Trad. Darii.

sives centrales ont la plus grande partie de leur couronne durcie, la calcification s’étant même avancée jusqu’à la base (le la pulpe dentaire ; pour les canines, la pointe seule est calcifuie, laissant la pulpe s’étendre à une petite distance audessous ; la surface triturante des premières molaires est complète, sauf l’émail qui, à ce moment, n’a pas encore atteint plus de la moitié de son épaisseur. La deuxième molaire temporaire est représentée par une série de tubercules disposés circulairement, la partie centrale de la couronne n’étant pas encore calcifiée.

Si, à ce moment, on enlève avec un scalpel la partie interne du maxillaire, on peut apercevoir, sur des pièces préparées à cet effet, la matrice dentaire sous forme d’une poire, dont Viter dentis formerait la queue, ainsi que l’a démontré Rousseau ^

DeniKième mois. — L’ossifi cation envahit la ligne de jonction dont nous avons parlé plus haut, et les incisives centrales s’inclinent alors l’une vers l’autre, de façon à ])révenir la séparation qui serait le résultat de cet accroissement.

A la mâchoire supérieure, peu de changements; cependant ' le maxillaire est plus volumineux et les alvéoles plus profonds. La crypte de la pulpe de la première molaire permanente n’est pas encore pourvue de sa partie postérieure.

A la mâchoire inférieure, la branche montante s’est développée rapidement, l’angle a diminué et s’est rapproché de l’angle droit; enfin, des additions de tissu osseux au bord libre des alvéoles sont venues augmenter la hauteur du maxillaire, et cependant la cloison qui sépare la pre-

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