DÉTERMINÉ LA ROTATION DE LA MÉDIANE DU MÊME COTÉ
{Coll. 2)crs.)
Sur cette pièce, l’incisive latérale gauche de la mâchoire supérieure, qui se trouve située en avant de l’incisive centrale qu’elle recouvre de deux millimètres, a amené, chez cotte dernière, un mouvement de rotation de plus de trois millimètres; et même, chose remarquable, le bord contigu médian lui-même s’est trouvé, dans ce mouvement, projeté en avant du rebord homologue de la dent symétrique.
Cette pièce montre aussi l’incisive latérale en avance, comme évolution, sur l’incisive centrale. Ainsi donc nous sommes en droit de renverser les théories jusqu’ici admises et de dire non
pas que révolution tardive de la dent est une cause de rotation, mais que le fait de la rotation amène le relard de l’éruption ; cet exemple est d’autant plus frappant que, sur cette même pièce, la petite incisive latérale droite fait défaut.
Si donc nous n’avions eu à examiner cette anomalie qu’après l’éruption, ou mieux encore à l’âge adulte, nous aurions ’eu : à droite, une dent régulièrement située, avec évolution normale dans un emplacement suffisant ; à gauche, une dent en rotation axile, â évolution tardive, dans un espace restreint, avec éruption précoce de la petite incisive.
Fig. 20. — Rotatiox axile de 180*^.
Incisive latérale GAncuE,
[CoU. pers.)
Fig. 27. — Rotation axile de 180".
Incisive latérale gauche.
[Coll, pers.)
qui serait encore venue empiéter sur l’espace réservé à l’incisive médiane, relardant d’autant plus l’évolution de cette dernière qu’elle en exagère la rotation, c’est-à-dire un nouvel exemple venant ajouter aux apparences de réalité des théories généralement admises, mais insuffisantes pour expliquer, par exemple, la rotation de 180 degrés d’une petite incisive.
Ainsi donc, ce qui ressort nettement de tout ce que nous
venons de voir, c’est que cette anomalie doit être envisagée comme congénitale et non comme acquise, c’est-à-dire comme le résultat de la transformation d’une disposition normale en une autre anormale, par le seul fait d’un manque déplacé. La figure 27, nous montrant l’incisive médiane droite en rotation et en arrêt d’évolution chez un sujet d’au
moins quarante ans, est encore une preuve nouvelle à ajouter à celles que nous venons de donner.
Fig. 28. — Rotation de l’incisive médiane droite avec incurvation de la racine.
Déviation latérale de la petite incisive et absence de la canine.
■' {Coll, 'pers.)
Nous ne saurions non plus expliquer autrement cette prélérence des canines pour la rotation ; nous n’avons plus, en effet, ici à invoquer ni l’atrésie du maxillaire ni la forme de la dent, qui est cylindroïde. Dans. ces cas, les canines évolueront en dehors de l’arcade et généralement dans une direction régulière ; la résorption de la dent temporaire ne peut être invoquée, puisque cette dernière marche plus vile que l’évolution de la dent et que même la persislance de cette dernière amènerait aussitôt une rotation en sens inverse.
A la mâchoire inférieure, ces anomalies sont plus rares. Les deuxièmes petites molaires y semblent cependant plus par- * ticulièrement disposées, et les cas de rotation sont tellement fréquents pour ces dents, que l’on serait tenté de leur retirer tout caractère d’anomalie. Ici encore, nous ne pouvons invoquer ni le manque de place, ni l’extraction prématurée, ni la forme, ni la persistance des racines caduques, maisbien l’évolution anormale de la dent, celte dent évoluant dans un espace toujours supérieur à celui qu’elle doit occuper normalement.
Pour les incisives du bas, la forme méplate de leurs racines est une cause de régularité, ou pour mieux dire de retour à l’état normal en raison des pressions latérales qu’elles
— no
supportent. Si cependant la dent évoluait en dehors de l’arcade, nous la verrions se placer en rotation, décrivant un arc de 90% la racine occupant le moins de place possible et se trouvant à plat à la face antérieure, réduisant d’autant la saillie du maxillaire, c’est-à-dire que son petit arc serait perpendiculaire à la direction de l’arcade.
La même anomalie se rencontre pour les petites molaires
Fig. 29. — Rotation axile de 90“ des secondes petites molaires de chaque côté.
{Coll. 2Jers.)
supérieures et surtout pour la deuxième petite molaire. Ces anomalies, bien qu’assez fréquentes au début pour cette dent, se réduisent assez souvent dans la suite pour les mêmes raisons que nous avons signalées plus haut, à moins toutefois que le grand diamètre de la dent ne se trouve exactement dans la direction de l’arcade dentaire, auquel cas la dent ne sera sollicitée dans aucun sens par la poussée (rà à tergo) qui tend toujours à porter les dents en avant. Mais, si cet arc de cercle dépasse 90% la dent subira cette force, et dans ce cas le résultat ne sera plus la réduction, mais bien l’exagération de la difformité ; la face interne sera devenue externe, la face postérieure sera antérieure ; il y aura une rotation de 180®. G^est, du reste^ le cas d’un grand nombre de deuxièmes
petites molaires observées par nous, anomalies dont nous
Fig. 50. — Rotation axile de 180" d’une seconde petite molaire gauche.
{Coll, pers.)
avons recueilli les moulages et dont la ligure 29 nous montre une reproduction.
Aux différents exemples cpie nous venons d’énumérer il convient d’ajouter ceux que nous avons recueillis dans le musée de ramphithéâtre des hôpitaux.
975. Première petite molaire gauche en rotation de 90® ; la face externe est devenue postérieure. — Seconde petite molaire droite, également en rotation de 90®, mais de sens inverse ; la face externe est devenue antérieure.
N® 889. Toutes les dents existent et sont normalement situées ; la seconde petite molaire gauche présente seule une anomalie, elle est en rotation de 190®, la face externe est devenue interne.
N® 1090. Déjà décrit. Voir page 64.
N® 1194. Déjà décrit. Voir page 64.
N® 1851. Déjà décrit. Voir page 64.
iS'o 1745. Tête d’enfant; la table externe, enlevée, laisse voir, à la mâchoire inférieure, les deux incisives médianes permanentes en rotation incen-~ trique médiane.
^6. — Émergence.
Cette anomalie caractérisée, soit par une élongation, soit par un raccourcissement relatif de l’organe, est beaucoup moins fréquente que les différents types que nous venons de passer en revue.
h’émePgencc anormale lie constitLuint pas, à elle seule,
une difformilé trop choquante, la réduction n’en est que rarement demandée: aussi n’est-ce que lorsqu’elle se présente comme complication d’autres anomalies qu’on cherche à en obtenir la réduction.
L’anomalie par émergence peut être simple ou compliquée : simple, si la dent occupe sa place normale sur l’arcade dentaire; compliquée, si elle accompagne l’une des anomalies que nous venons d’étudier.
L’émergence peut encore être dite primitive ou consécutive : primitive, si aucune cause extérieure appréciable ne vient expliquer la condition vicieuse de l’organe, et si nous sommes obligé d’en rechercher l’origine dans un développement anormal du follicule; consécutive, si elle a son origine dans une cause mécadique quelconque même éloignée, telle qu’extradions intempestives amenant l’inclinaison de deux dents voisines qui sont venues s’opposer à l’élongation normale, ou l’absence d’une dent antagoniste permettant un allongement amormal ; ou bien encore des tentatives de réduction, mal dirigées, ainsi que cela peut se voir dans l’observation XXXl, que nous reproduisons plus loin.
Nous ne ferons que signaler le cas où l’élongation porte sur la totalité des dents.
En parlant de l’élongation partielle, nous avons voulu ne rien omettre dans l’étude de la question qui nous occupe et montrer que cette anomalie, d’un aspect particulier, est encore justiciable du traitement que nous préconisons.