Cornil et Ranvier. Traité (l'histologie, p. 54G
cieiiseté avec laquelle il a mis à ma disposition toutes les ressources de son laboratoire, pour les recherches expérimentales que j'ai entreprises sur cette matière.
Cependant, d’après les nombreux sujets qu’il m’a été donné de revoir, et qui ne présentent rien d’anormal, après des traitements qui remontent aujourd’hui à plus de vingt ans, je crois être en droit d’afflrmer, soit au point de vue de la solidité des dents, soit au point de vue de leur élongation, que les alvéoles, résorbés partiellement sous l’action du traitement, se reforment ; que les dents, replacées dans leur position physiologique normale, acquièrent, en retrouvant des rapports pour lesquels elles avaient été créées, une force et une durée qu’elles n’auraient certainement pas eues dans la position vicieuse qu’elles occupaient.
Durée du traitement. — La durée du traitement dépend d’abord de l’âge du sujet, de sa constitution, de son état de santé, et de certaines dispositions locales dont le diagnostic est difficile, dans un grand nombre de cas. Lorsque les dents antagonistes feront obstacle au retour des dents dans leur position vicieuse primitive, ainsi que cela se voit dans la rétroversion, le traitement, après la réduction, sera de courte durée. Dans le cas contraire, c’est-à-dire dans l’antéversion, où il faudra avoir recours à des moyens mécaniques, à des appareils dits de maintien, le' traitement sera plus long et l’application de ces appareils devra toujours excéder la durée de la réduction. La réduction en effet répond à l’élargissement consécutif de l’alvéole, phénomène relativement rapide, et destiné à ne pas durer, tandis que le maintien de la réduction est subordonné à l’établissement de couches osseuses nouvelles. C’est précisément ce pbéno-
mène d’ossification complémentaire de l’alvéole qui exige le plus de temps, et est soumis aux plus grandes irrégularités de durée ; tant qu’il ne se sera pas produit, avec tous les caractères de solidité suffisante, la dent, évoluant dans cet alvéole incomplètement redressé, tendra à reprendre sa position première.
Tout ce qui vient d’étre dit devra être pris en considération avant de déterminer le mode de traitement. On devra tenir compte également, au point de vue clinique, de la susceptibilité à l’irritation et à la douleur, du nombre et de la condition des dents à déplacer, du volume de ces organes, de leurs anomalies morphologiques, de l’étendue et de la forme de la portion alvéolaire du maxillaire et, enfin, de la configuration de la même portion chez les parents. Ainsi, chaque cas présentera sa particularité et le traitement devra être varié en conséquence.