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breuses observations reproduites par Topinard dans sa monographie (4). Sans parler des faits de Friedreich, qui constituent une affection particulière, distincte du tabes, on relève dans cet ouvrage deux cas de scoliose chez des ataxiques. Mais tout indique qu'il ne s’agissait pas là du tabes
vulgaire, et nous n’avons par conséquent pas à en tenir compte.
Sclérose en plaques.
Les déviations vertébrales appartiennent-elles parfois aux manifestations de la sclérose en plaques ? Nous trouvons dans la monographie de Bourneville et Guérard (2) deux observations qui tendraient à le démontrer.
L'une appartient à Valentiner (3). Il s’agit d’une femme chez laquelle débutent, à l’âge de 17 ans, les symptômes d’une sclérose en plaques. Celleci évolue suivant la formecérébro-spinale et se termine par la mort à l’âge de 24 ans. Dans le courant du mois qui précède la mort, on note un « affaiblissement des muscles extenseurs du dos, à droite, d’où scoliose vers la droite ». On peut se demander si ce n’est pas la présence même de la scoliose qui a fait conclure à l'existence de cet affaiblissement musculaire. Il est probable que celui-ci n’a pas été constaté par l'examen direct.
L'autre observation est celle du docteur Pennock, empruntée à The American Journal of the med. Science. Les premiers symptômes de la maladie dataient de 24 ans, quand le malade succomba à une tuberculose pulmonaire intercurrente. L’autopsie montre, conformément au diagnostic, une sclérose en plaques de la moelle, avec intégrité du cerveau. Nous relevons, dans le compte-rendu de l’autopsie, les détails suivants : « Corps bien constitué, très légèrement émacié... Incurvation spinale latérale gauche à
(1) Topinard, Ataxie locomotrice, 1864 (obs. 210, empruntée à Dujardin-Beaumetz et 215).
(2) Deutsche Klinik, 1856, n° 14.
(3) De la sclérose en plaques, etc.
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convexité antérieure depuis la 7° vertèbre cervicale jusqu’à la 2 ou 3° dorsale. 26
« Squelette. — Toute la colonne vertébrale est très ramollie : le scalpel coupe facilement les vertèbres. Mème état des trochanters, des rotules, de la tête du tibia et des os du tarse. À l'extrémité inférieure du sacrum, apophyse épineuse, probablement celle de la dernière vertèbre sacrée, se projetant en arrière, jusqu’à un quart de pouce de la peau ».
Tout isolées qu’elles sont, ces observations sont intéressantes. Elles prouvent qu’on doit examiner attentivement le rachis des sujets atteints de sclérose en plaques. Il est probable que lattention une fois fixée sur ce point, de nouveaux cas surgiraient. Cependant les déviations liées à cette affection cérébro-spinale sont, à n’en pas douter, relativement rares ; incomparablement moins fréquentes que celles de la syringomyélie, par exemple. En effet nous avons examiné le rachis de dix malades affectés de sclérose en plaques sans rencontrer ni scoliose, ni autre déformation vertébrale manifeste. Il est évident qu’une semblable série négative n’aurait pu résulter d’investigations portant sur le même nombre de syringomyéliques pris au hasard. ;
Pathogénie. — Nous avons vu que Valentiner invoquait, pour expliquer la scoliose, une parésie musculaire unilatérale des extenseurs du rachis. MM. Bourneville et Guérard croient plutôt à un trouble de nutrition des os.
Maladies spinales ne s'accompagnant pas de déviations vertébrales.
On peut dire que la plupart des maladies de la moelle épinière peuvent, dans une mesure variable, engendrer des déviations vertébrales et surtout
des scolioses. À l’énumération faite précédemment 1l faudrait joindre la-
Sie trophie musculaire progressive, que Jasinski (4) aurait vue s'accompagner d’une scoliose, Nous n’avons pu nous procurer le travail de cet auteur.
À part la sclérose en plaques, dans laquelle la scoliose paraît d’ailleurs ètre au moins fort rare, les affections médullaires énumérées s’accompaynent toutes de lésions systématisées, bilatérales, sensiblement symétriques. Certains cas de syringomyélie font toutefois exception.
Notons l’absence de toute déviation dans la sclérose latérale amyotrophique ; nous avons pu nous-même constater cette absence dans deux cas bien nets.
(1) R. Jasinski, Des sçolioses névropathiques, Przeglad lekarski, 1890, nos 7 et 8 (anal. in Revue d'orthopédie).