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de la tête) engendre une cyphose cervicale. La tête se trouve ainsi portée en avant, d’où un déplacement du centre de gravité dans le même sens. Pour compenser ce déplacement, la tête s’étend fortement sur le cou etde plus il se produit : 1° une lordose dorsale ; 2° une exagération légère de la
courbure dorso-lombaire.
Lordose.
Fait paradoxal, que Duchenne a mis en évidence et clairement expliqué, une paralysie symétrique des muscles moteurs du rachis lombaire produit la lordose, aussi bien lorsque cette paralysie atteint les extenseurs, que lorsqu'elle frappe les fléchisseurs, leurs antagonistes ; seulement le mécanisme de la déviation diffère, ainsi que sa forme, dans lun et l’autre cas.
A l'état normal, dans la station debout, l’équilibre du rachis lombaire est assuré par la contraction simultanée de ces deux groupes antagonistes. Supposons une paralysie des fléchisseurs, c’est-à-dire des muscles dela paroi abdominale antérieure ; l’ensellure lombaire physiologique s’exagère ; le centre de gravité se trouverait rejeté trop en arrière si le bassin, s’inclinant sur les cuisses, ne le ramenait en avant. Dans cette variété, grâce à ce mouvement de bascule du bassin, les apophyses dorsales les plus postérieures sont ramenées suffisamment en avant pour que la verticale tombant de ces apophyses ne passe pas en arrière du sacrum, mais bien par cet os ou en avant de lui.
Supposons, au contraire, une paralysie bilatérale des extenseurs lombaires, c’est-à-dire des muscles spinaux lombaires. La partie supérieure du tronc tend naturellement à basculer en avant, entrainée par les fléchisseurs lombaires prépondérants. Mais pour contrebalancer l’action de ces derniers, le centre de gravité du corps se porte instinctivement en arrière, et l’équilibre de la partie supérieure du tronc sur sa partie inférieure est obtenu par la lutte entre deux puissances, luné passive, &’est le poids du trone
— Al —
qui tend à entrainer celui-ci en arrière, l’autre active, c’est la contraction
des muscles abdominaux. Pour que la verticale abaissée du centre de gravité ne tombe pas en arrière de la base de sustentation du corps, il faut que les cuisses s'étendent fortement sur le bassin. Dans cette variété de lordose paralytique, le fil à plomb tombant des apophyses dorsales les plus saillantes passe à une certaine distance en arrière du sacrum, contrairement à ce qu'on observe dans la paralysie des fléchisseurs. Cette forme de lordose est habituelle dans beaucoup de myopathies primitives, qui intéressent les masses sacro-lombaires.
Scoliose.
Si la lordose et la cyphose ont été observées surtout, sinon même ex- «<lusivement, à la suite de lésions paralytiques, la scoliose, au contraire, est plutôt le résultat d'une contracture. Il existe pourtant des scolioses par
paralysie.
A. — Scoliose par contracture.
Il s’agit toujours ou presque toujours de contractures hystériques. Du-
-chenne (4), qui en a observé et décrit plusieurs cas, ne dit pas que chez
ses sujets l'hystérie fût en cause, mais il note que les malades attribuaient les phénomènes à un travail forcé ou à une chute. On ne connaissait pas encore à cette époque lhystéro-traumatisme, il est probable que les faits rapportés par Duchenne se rapportent à cette étiologie. 11 en est de même
-Fune observation de Landry (2). Enfin Grancher (3), Duret (4), Hirt (5).
incriminent nettement la névrose.
(1) Loc. cit., p. 149.
(2) Landry, Moniteur des hôpilaux, 2 juillet 1855.
(3) In th. de Besson, Dévialion de la laille d’origine réflexe (Paris, 1888).
(4) Duret, Déformation de la région lombaire de nature newro-musculaire. Cypho-scoliose hystérique. Nouvelle iconographie de la Salpétrière, 1888, p. 191, 2 fig.
(5) Hirt, Manuel de pathologie nerveuse. Traduct, franc. Voir les fig. 133 et 134. HALLION