ALr.E!\rAGlVE
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ministre du gtaiid-diic tic Bade, l'élablissoiiKMil des assemblées nationales en Piusse, divisées comme elles l'étaient en plusieurs sections, aurait augmenté les obstacles qui existaient déjà en si grande quantité.
Sur tous ces faits incontestables et pendant (|uc TextcnsioM do l'association de douane se développe toujours, il nous parait injuste de reprocber au gouvernement de la Prusse d'avoir jusqu'ici différé l'accomplissement de sa promesse. S'il est vrai, conmie on en parle secrètement, que le loi actuel a un jeu double à jouer contre les influences russes et autricbiennes, contre un parti assez fort en Prusse, contre des capitalistes des villes qui ont su s'approprier les rentes de pres(jue tous les biens-fonds considérables, et (jue, nonobstant tous ces nouveaux sujets d'bésilalion, il y a toujours un progrès visible, on en pourrait donc conclure (pie l'intention se trouve toujours d'introduire le système constitutionnel; et à l'appui de cette supposition on verra peut-être bientôt paraître des ordonnances pour amoindrir la sévérité des censeurs sur la presse et pour concilier les esprits de toute part. Il y a donc des raisons à ne rien précipiter.
Un jugement impartial pourrait être conçu à peu près dans ces termes :
Que pendant toute cette époque, qui doit être considérée presque comme un état de minorité dans lequel s'est placé le peuple allemand quand il a souffert
trompons clans l'asseilion qui vient d'êlre faiu ; mais du moins il est certain que les principes d'après lesquels l'idée fut réalisée ont été posés par M. Ntbenius dans son mémoire lithographie en iSkj.
rétablissement de cette forme politique que lui a présentée le congrès de Vienne, le gouvernement prussien a agi comme un parent bienveillant, un peu absolu à la vérité, mais, à peu d'exceptions près, toujours équitable et ayant à cœur l'intérêt de son pupille. Or ce pupille a grandi beaucoup dans ce dernier temps, et il commence à s'en apercevoir lui-même. En grandissant il a examiné attentivement toutes les opérations et tous les procédés du tuteur, en pesant surtout bien les motifs. Quant aux autres préposés qui ont bien voulu diriger ses petites affaires, pendant sa minorité, et il n'y a pas de doute qu'un chacun ait ses actions placées à juste titre dans le compte qui sera rendu un jour, quoique généreux et modéré au dernier point, cependant le pupille a pris acte des manières qu'on a employées à son égard. Que l'arrangement final soit de nature à le disposer à l'oubli du passé!
On pourrait bien continuer cette allégorie encore très loin sans s'écarter de la simple vérité; mais nous ajouterons seulement, pour excuser le pupille de sa prétendue inactivité, qu'il n'a jamais cessé de bien cultiver son esprit pendant tout le temps que tout autre domaine lui a été défendu. Quand la boucbe lui a été fermée, il s'est consolé avec le proverbe assez significatif : gedanken sind zoUfrey, c'est-à-dire aux pensées il n'y a pas de droits de douanes ni d'entraves. Son plan pour l'avenir étant bientôt fixé, comme nous l'espérons, il se déclarera majeur avec modération, dignité et fermeté.
Quant aux éclaircissements sur le développement des notioîv; dominantes en philosophie, nous allons
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en parler. D'abord nous confirmons ce qu'ont dit M. Guizot et M. de Cazalès, ([ue la classe qui s'occupe d'investigations profondes en politique, en religion et en toute matière scientifique, \ est sans doute beaucoup plus grande qu'ailleurs. Dans aucun pays il ne se trouve tant d'universités, tant de savants et tant déjeunes gens qui étudient. L'institution particulière de ces universités est telle, qu'il y a beaucoup plus desavants, connus comme auteurs, que de professeurs, parce qu'à l'ordinaire on ue s'élève point à la place de professeur sans se faire connaître en qualité de docteur enseignant^ par des ouvrages. Le nombre des étudiants qui assistent aux leçons, ainsi que les revenus de ceux qui enseignent, dépendent en grande partie de la renommée que ceux-ci se sont faite, et de l'accueil favorable que trouvent leurs leçons parmi les étudiants. La classe qui se voue aux lettres est ainsi, généralement parlant, portée, et par son ambition et par son intérêt, ta chercher en tout la vérité, qui à la longue obtient toujours le prix, quand, au contraire, dans d'autres pays que nous connaissons, l'avancement à la chaire de professeui", aussi bien que le salaire reçu, sont des dous du gouvernement, sans concurrence du public. Aussi, chez quelques gouvernements allemands, et par suite d'un esprit réactionnaire qui plane d'un œil avide sur tout ce qu'il y a de libéral, on vient d'observer qu'on a voulu se défaire des docteurs privés (privât docenten] dès qu'on s'est aperçu de l'effet de cette institution. Néanmoins les savants et la science exercent toujours une in-
!i Privât docentcn.
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flueuce (i'aiJlanl pins giaiide et universelle, (jue non* seulement les hommes, même parmi les classes inférieures, mais aussi les femmes, s'occupent plus de la lecture qu'ailleurs, ce qui est assez à remarquer comme ayant une grande influence sur la civilisation allemande. En même temps il faut avouer que la littérature allemande n'a jamais élé signalée par des frivolités. Les savants, auquel le peuple accorde généralement sa confiance, non-seulement on les voit assez souvent nommés députés et même présidents de Chambres, mais encore, cequi parait prouver qu'ils jouissent en même temps de la considération des souveiains, ils sont parfois appelés au ministère ; ils sont presfjue toujoins décorés, ou portent des litres de conseillers privés ou de cour *, etc. D'un autre côté, il est vrai qu'à mesure que ces cajoleries d'en haut se nuiltiplient , la confiance du public se perd ; car une fois que par leur conduite, dans la vie et dans la science, les savants ne se sont plus montrés dignes de la même confiance, d'après le jugement de la grande majorité des hommes de bien , jugement qui est presque toujours préparé ou confirmé pai- les feuilles critiques ou revues littéraires dont l'Allemagne abonde, les grands'croix ne peuvent plus soutenir un caractère perdu. La nation entière est déjà parvenue à un tel degré de lumières, qu'elle n'est pas facilement entraînée par des phrases ou par des déclamations. Les idées fausses ou luiisibles ne tiennent pas longtemps contre l'esprit universellement éclairé. Et quant aux actes de rigueur
(l ] Gcheime Ralh, Hof I\ath.
L*ALLEM\C^fK. j/ll
nu d'injustice qu'on exerce quel(jucr()i.s envers les savants distingués, loin d'être des moyens propres à détourner les esprits de leurs croyances, ils les y confirment davantage. Du reste, et comme un résultat naturel de cet heureux état d'enseignement public en Allemagne, les habitants fondent en général leur croyance plus sur la raison que sur l'imagination '. A 'out cela on peut ajouter que les Allemands sont heureusement échappés à un autre défaut, qui, selon M.Guizot, s'attache aux Italiens^ : « H leur manque la foi, dit-il, la foi dans la vérité.» Certes, les Allemands ont cette foi; mais, pour la bien conserver, ils marchent avec prudence vers la véiité. 11 s'agit plutôt pour eux de savoir si, lors du moment de la réalisation de leurs vœux, ceux auxcjuels ils s'adresseront aojiront de bonne foi!
Ayant dit autant des savants Allemands et de la tendance philosophique du peuple, il faut bien aussi tacher de donner un aperçu des croyances qui, en ces matières, ont quelque apparence de prévaloir chez ce peuple, aussi persévérant dans ses recherches de la vérité et aussi inébranlable dans sa conviction, si elle n'est pas changée par une opinion plus correcte.
Qu'un grand nombre de systèmes philosophiques
(i) Cependant on peut voir dans l'ouvrage de M. Ahrens sur le Droit naturel, page /pA, qu'il a cru < les universités d'Allemagne déjà viciées par les gouvernements au point de n'être plus (pie des pures machines politiques, attachées dans leurs parties principales au rnnage du gouvernement.» M. Ahrens est lui-même né Allemand, et il doit être bien informé. Donc, s'il en est ainsi, que les Allemands se tiennent pour avertis !
(a) Cours d'Histoire, page "î'j.
soient, déjà tombés, cela ne prouve rien contre celte tendance de la nation. Quelqu'un qui s'est un peu familiarisé avec 1 iiisloiie de la philosophie, a dû observer, qu'en toutes les doctrines qui se sont attiré l'attention publique, il y a eu toujours quelque chose de vrai, quoique dans le développement qui s'ensuivit, l'auteur de la doctrine, ou ses disciples, se sont parfois arrêtés à mi-chemin , sans déduire les conséquences de la vérité trouvée, à tous les besoins de l'humanité, ou bien s'étant trompés eux-mêmes dans une seule déduction de leurs principes, ils ont donné à leur philosophie une fausse dh^ection qui a arrêté sa marche et empêché de trouver aucune application. Surtout c'est faute de méthode bien établie que les philosophes ont été forcés de recommencer tant de fois leurs investigations. Tantôt ils ont cru pouvoir déduire, d'une manière synthétique, des éclaircissements satisfaisants sur l'existence et les relations entre les objets qui attirent le plus l'attention de l'homme pensant, savoir : sur Dieu, sur la création en général et sur l'homme lui-même dans tous ses rapports, d'un seul principe métaphysique, et dès lors ils se sont plongés dans un idéalisme vague dont le développement s'évaporait souvent dans le néant ou dans des cercles vicieux. Tantôt, rejetant toute synthèse, ilsrecommencentpar une analyse, mais se trompant au point de départ, ou, s'ils ont enfin découvert que ce n'est que dans l'esprit même de l'homme (jue toute science philosophique peut trouver sa source, ils quittent trop tôt leurs recherches analytiques pour s'élever dans les légions métaphysiques, comme le fit Descartes, ou ils contestent même à l'esprit de s'é-
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lever dans les sphères transcendantes, comme le fit le célèbre Kant, après avoir établi de nouveau le droit de la raison. Le moment est pourtant venu ensuite où, après une recherche toute nouvelle en psychologie, l'analyse tendra et aboutira à la synthèse, qui, à son tour, s'appuiera sur l'analyse complétée, afin que toutes deux forment chacune la base solide de la philosophie.
Fichte en avait déjà établi le fondement sur la psychologie; il cherchait à pénétrer dans la science du moi, et y crut avoir trouvé la source unique de l'activité et la manifestation de son essence même. Cependant ce système restait trop exclusif pour répondre à toutes les questions auxquelles la philosophie a toujours cherché à donner une solution. 11 lui fut impossible d'expliquer par cet idéalisme la nature et le monde extérieur, encore moins l'origine et la base du droit. Schelling l'entreprit le premier, en s'élevant plus haut et en tâchant d'embrasser à la fois le réel et l'idéal, et l'esprit et la nature, en réunissant tout dans l'être absolu de Dieu. Mais en posant celte doctrine, et en relevant l'étude sur l'origine de la nature, depuis longtemps négligée à cause de l'abaissement dans lequel elle avait été tenue par les systèmes des matérialistes aussi bien que par l'idéalisme pur, il s'occupa peu de l'esprit, qui ne fut pas rendu assez distinct de la nature. La psychologie s'effaçait ainsi peu à peu dans la physiologie générale, et sa doctrine métaphysique de psychologie du sens universel amenait à sa suite celle du somnambulisme, du magnétisme dit animal et de la clairvoyance. Hegel alors tenta de remédier à cette philosophie trop poétique,
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et recommença l'étude de l'esprit dans ses phénomènes. Il se proposa de déterminer les différents degrés du développement de l'espril sous le rapport de la pensée, pour préparer ainsi l'inlelligence à s'élever successivement au savoir absolu de Dieu, comme [)rincipe de toute science. Mais étant arrivé, par une déduction mal conçue, en développant sa phénoménologie, à avancer que la natuie aboutit à l'esprit comme à sa conclusion, il ouvrit un large champ à l'imagination après l'avoir fermé à l'intelligence. Concevoir comment la nature pourrait se développer au j)oint de devenir esprit, était impossible sans adopter des hypothèses matérialistes; mais pour y échapper, Hegel divisa l'esprit selon les trois ordres successifs qu'il aurait à parcourir, et prétendit que l'esprit se manifestait d'abord comme subjectif, ensuite comme objectif e\. enfin comme absolu, termes correspondants à ceux d'esprit naturel, de conscience et en dernier lieu d'esprit libre qui se détermine par luimême. En d'autres termes encore : les rêves, le magnétisme démontrent l'esprit subjectif; les différentes sphères de l'existence sociale depuis la propriété jusqu'à l'état et à l'histoire du monde sont comprises par l'esprit objectif; et l'esprit absolu enfin se manifeste dans la religion, l'art et la philosophie. Le but de tout développement était atteint quand le savoir absolu avait été obtenu par la philosophie.
Voilà donc cette doctrine absolue et tout-à-fail arbitiaire, enseignée dans la cliaiie de philosophie à Berlin, qui veut être considérée comme la première del'Âllemagne. Cette doctrine transporta toute science et toute vie dans riiisloire. Si vous lui demandez une
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science tic l'esprit ou de riiomme, il vous fera le tableau (le son développement; si vous cherchez une doctrine morale ou une doctrine de l'art, de la religion, il vous donnera une explication de différents principes ou de dogmes qui ont été adoptés en ces matières; rien de plus élevé au-delà : l'avenir n'auiait donc aucune autre mission ])hilosophique <\\ie de comprendre le passé.
La politique et la théocratie s'emparèrent avec avidité de cette doctrine si favorable à l'absolutisme. La philosophie// V.r^/f^;u/ plus rien pour être compris de la raison ; dans sa prétendue position absolue, elle décréta en déduisant ses arrêts des faits histoi iques. Cet essor donné, on commença à fouiller le passé dans tous les débris on il était enseveli. Après avoir tiré toutes les anciennes coutumes, les anciennes idées et même les anciens meubles de l'oubli et de la poussière dont ils étaient couveits par le temps, d'abord pour les examiner, il n'y avait ensuite plus qu'un ])as à faire pour leur donner une valeur intrinsèque beaucoup au-dessus de ce qui était produit à présent. Enfin le mouvement rétrograde fut érigé en principe philosophique, appliqué avec une arrogance dogmatique à tous les objets de la vie humaine; il exigeait une foi implicite, à laquelle 1 imagination et tout ce qui peut l'exalter prêta son aideaux dépens de la raison\
(i) M. Ahrens, Cours de lho:t riainnl ou Philoso/,!iu /'u Droit, pag. jS'i, njoule ce qui suit : < La scolastique qui, clans le nioyeii-âge résultait de la soumission de la philosophie à la théologie et à l'autorité ecclésiastique, tend à se reproduire aujourd'hui comme scolastique politique par l'enchanieMieiit de toutes les sciences spécii-
lO
JNéanmoins celte doctrine, en tant qu'elle fut adaptée aux vues religieuses, a usurpé le nom de rationalisme^ et par cette fausse appellation, bien des gens sont aujourd'hui portés à déconsidérer la raison en matière de religion.
If.lives, morales et politiques, dans lesquelles la liberté d'espriteslleplus nécessaire au sjsîème politique des gouvernements. Cette analogie est devenu frappante en Prusse par le système philosophique de Hegel. IN^ous sommes loin d'accuser Hegel d'avoiraccommodé son système aux exigences politiques. C'est le gouvernement de Berlin qui a cru trouver dans le système de Hegel une doctrine plus en harmonie avec ses vues politiques, et qui a fait tous ses efforts pour le répandre par les moyens extérieurs, en l'imposant aux collèges, aux gymnases, et en favorisant ostensiblement ses partisans. La philosophie de Hegel est devenue ainsi, par le fait, la philosophie d'état de Prusse. Les discipies se plaisent souvent à comparer leur maître à Aristote; pour que la comparaison fût plus exacte, il faudrait au moins le mettre en parallèle avec Aristote tel que le moyen-àge le connaissait, avec l'Aristote exploité au profit des doctrines ecclésiastiques. Mais il y a dpJH bien des signes qui portent à croire que le pouvoir politique se sera Iromné sur le prétendu Aristote moderne , comme l'autorité ecclésiastique s'était, au fond, fait illusion sur les services réels qu'Aristote pouvait lui rendie. La philosophie de Hegel était une doctrine trop rigoureuse pour ne pas l''orlifier l'esprit et répandre partout, à uu plus haut degré, l'activité intellectuelle avec la liberté, qui se laisse rarement bannir des hauteurs de la spéculation. Plus qu'aucune autre philosophie, elle a contribué à la transformation philosophique du christianisme. Le célèbre ouvrage du docteur Strauss, La vie de Jésus-Christ , qui sort de l'école, quoique quelques chefs le renient aujourd'hui, justifie les prévisions que plusieurs écrivains avaient manifestées longtemps auparavant sur le véritable «r-prit du système par rapport à la religion et au christianisme. »
Hegel est mort à présent, et Schelling vient d'être appelé à la chaire de philosophie de Berlin. On est attentif en Allemagne quel en sera le résultat.
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En traçant ainsi brièvement l'histoire de la philosophie en Allemagne, nous nous sommes bien aj)erçus, non-seulement de la difficulté d'en donner une idée assez claire à tous ceux auxquels cette étude n'est pas déjà familière; mais aussi de l'objection à laquelle nous nous exposons de la part des politiciens en généra], qui n'admettent point peut-être assez de compétence à la philosophie en matière de politique, et qui se trouvent choqués d'en voir des détails dans une brochure de cette nature. Mais convaincuscomme nous le sommes, avec miss Martineau, que de nos jours a la politique est la morale*, » et que c'est faute de philosophie que la politique ne se laisse pas diriger par la morale ou plutôt par son expression positive, le droit naturel, nous avons cru à propos de faire entrevoir par ce récit abrégé comment, à côté de l'état politique en Allemagne, les doctrines philosophiques, erronées ou justes, ont pris et prennent toujours, même sans que nous nous en apercevions, un ascendant dominateur sur l'esprit et sur la direction générale du siècle. Il importe donc d'en avoir une idée correcte et juste ! Qu'on ne s'imagine plus que l'homme de notre siècle se laissera conduire sans raisonner. Il lui est impossible de se soustraire aux recherches qu'il est poussé à faire malgré lui, sur luimême d'abord, ensuite sur ses rapports avec le monde, et enfin sur la source commune de tout. 11 veut comparer ce qu'on lui en a appris comme matière de foi, avec les explications données; et si l'ex-
(i) Piilidcs (ire momls, Society io America by miss Mar(incaii.
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plicalion ne lui païaîl pas claire ou juste, ses doutes le poussent plus loin. Malheureux dans cette situation d'incertitude, il est facile à entraîner tantôt à une extrémité, tantôt à une autre. C'est une affaire de tempérament chez quelrpies -uns, si ces doutes portent à des excès, à un dégoût périodique pour toute recherche, ou à la résolution de commencer l'investigation avec plus d'exactitude. C'est dans cette dernière résolution que les Allemands n'ont jamais failli. Le Sapere audax des anciens paraît être leur devise favorite, et par là, la philosophie est encore une fois relevée connue science progressive par les efforts de KcirlChr. Fr. Kraiise. Déjà, en 1828, il commença à développer ses idées, connue Vrival docenteîi,hi \\\niversité de Gottingue; puis fut appelé à la chaire philosophique à Berlin, où il était près de monter quand il en fut rejeté par une intrigue des francs-macons qu'il avait irrités. La persécution semble l'avoir suivi depuis jusqu'à sa mort; mais il profita de son isolement pour porter son génie universel sur presque tous les objets de connaissance humaine. En Allemagne, la préoccupation de la philosophie de Hegel et l'esprit absolu de celte doctrine, soutenu pai- des gens en place, fermèrent pour un instant l'entrée à la doctrine de Krause ; niais son discij)le, M. H. Ahrens, actuellement professeur à Bruxelles, l'a exposée en français dans des ouvrages élaborés', auxquels nous avons déjà renvové le lecteui', qui certainement ne
(1} Cours (le j^hilusophit-, u*" vui. Pails, i83G cl iS'jS, Drot khaiis et Avenarius, suivie d'un Cours de droit naturel, on Philoso[/hic de droit. l'aris, i8'i<).
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sont pas assez comuis, ou ((iii jJtMit-rli-e sont rejt !('s sans avoir été lus, par i\uc j)r(';vention quelcoïKjuc. F.n Allemagne, depuis la mort de lteij;cl, la docirine de Krause est ressuscilée, et, à en juger d'après ses nombreux seclaleurs, les éloges qu'on en fait d'un cùlé dans les revues indépendantes, et le peu de résistance (|ui s'est montrée de l'autre dans les ciitiques qu'on a dirigées contre elle, il y a toute apparence (ju'elle prendra le dessus, et comme celle philosophie ne laisse rien à désirei" et rend une raison complète de tout ce qu'on veut avoir résolu, elle se répandra probablement et saura prendre sur les esprits un ascendant durable.
En voici les éléments ou la synthèse philosophique, que nous avons tirés, ainsi que l'aperçu historique qui précède, principalement des ouvrages de M. Ahrens et d'un résumé que nous supj^osons avoir été fait sous ses veux :