‹ Des différentes espèces de néphritesChapitre 20 sur 31 · INFLAMMATIONS CONSÉCUTIVES A LA NÉPHRITE ALBUMINEUSE · texte numérisé non relu

INFLAMMATIONS CONSÉCUTIVES A LA NÉPHRITE ALBUMINEUSE

Les nombreuses inflammations qui font partie du cortège symptomatique des néphrites albumineuses se localisent essentiellement sur les séreuses et sur le poumon; nous ne tenons compte ici que des inflammations consécutives à la néphrite.

Les bronchites et l’œdème du poumon propres à la maladie de Bright sont si communs au début, ou dans le cours de la maladie, qu’ils font partie intégrante de ses symptômes.

La pleurésie, la péricardite, la péritonite, sont moins fréquentes, mais s’observent assez souvent dans le cours de la maladie, ou comme des accidents qui viennent précipiter la terminaison fatale.

Le relevé des autopsies de Frerichs donne les chiffres suivants, sur 292 cas :

Pneumonie 27 fois.

Pleurésie • . . . . 35

Péritonite 33

Péricardite 13

Les \U\ autopsies de Rosenstein donnent :

Pneumonie 20 fois.

Pleurésie 19

Péritonite 10

Péricardite 5

Inflammation du médiaslin. 3

Ces affections ne diffèrent pas anatomiquement, dans la maladie de Briglit, de ce qu’elles sont dans leurs formes aiguës. Ainsi ce sont des pneumonies fibrineuses, lobaires, des pleurésies, des péricardites, des péritonites séro-fibrineuses, quelquefois avec un exsudât hémorrhagique entre les fausses membranes. Ces différentes inflammations des séreuses sont quelquefois même simultanées ; elles peuvent succéder à l’inflammation aiguë des organes quelles recouvrent. L’autopsie de Brunetti (p. 50) montrait réunies une pleurésie double, une péritonite et une congestion hémorrhagique du gros intestin.

La cause de ces complications doit être cherchée dans l’altération profonde du sang et dans l’état de l’organisme tout entier, aussi bien que dans les congestions et dans les obstacles mécaniques à la circulation sanguine.

Les symptômes de ces inflammations aiguës et très-étendues, par exemple, lorsque les deux plèvres sont enflammées à la fois, ne se caractérisent pas par une expression réactionnelle fébrile et douloureuse comparable à ce qui a lieu dans les mêmes affections idiopathiques. Ce fait commun à toute inflammmation secondaire trouve là son application bien frappante. On observera pendant la vie des pleurésies presque latentes qui peuvent guérir, avec lesquelles le malade vivra longtemps, et qui à l’autopsie ne diffèrent pas de la pleurésie aiguë ordinaire. Les symptômes généraux de la péricardite peuvent de même être latents; mais les symptômes- locaux fournis par l’examen direct seront toujours suffisants pour assurer le diagnostic, et si la fièvre ne se manifeste pas par des symptômes inflammatoires, elle échappera difficilement au clinicien qui tient un compte exact de l’élévation de la température, de l’état du pouls et delà dépression des forces.

La péritonite est une complication ultime qui détermine rapidement la mort quand elle est généralisée.

La pneumonie des albuminuriques peut, comme celle des diabétiques, se terminer par la suppuration et la gangrène. Jaccoud insiste, d’après une observation de Rosenstein, sur les différences que présenta l’urine dans un de ces cas comparé avec ceux de la pneumonie aiguë idiopathique, la densité de l’urine resta sensiblement la môme, c’est-à-dire au-des-

— lin —

sons (le la normale; l’urée conserva le minimum qui caractérise la période ultime de la néphrite, bien que la quantité des urines eût diminué, tandis que la' quantité des chlorures resta à peu près normale. Tous les caractères de l’urine notés dans ce fait sont opposés à ce qui se passe dans les pneumonies aiguës. La terminaison mortelle arriva par suppuration et œdème du poumon le septième jour.

HÉMORRHAGIES DANS LES NÉPHRITES ALBUMINEUSES.

Pour compléter ce qui a trait aux accidents déterminés par les altérations du système circulatoire dans les néphrites albumineuses, nous devons dire un mot des hémorrhagies. Elles sont fréquentes dans les diverses espèces de néphrite albumineuse, et elles se manifestent par des 'hémorrhagies cérébrales, arachnoïdiennes, par des épistaxis, des hémoptysies, des métrorrhagies, des hémorrhagies intestinales, du purpura, etc. Pellégrino-Lévy (1) a analysé sous ce rapport les observations de Bright, Rayer, Graves, Johnson, Avrard, Blot, Tardieu, Charcot, Pidoux, etc.

L’hémorrhagie figure 14 fois sur les 406 cas de Frerichs et Rosenstein.

D’un autre côté, en examinant indistinctement les malades morts •d’hémorrhagie cérébrale, on trouve très-souvent des lésions rénales, et surtout les atrophies avec condensation du rein. Ainsi, sur 75 victimes d’apoplexie examinées à l’amphithéâtre de l’hôpital Saint-George, 31 avaient les reins dans un état granuleux caractérisé (Dickinson) (2). Sur 36 cas d’apoplexie fatale avec autopsie, Thomas Jones (3) a trouvé 29 l’ois les reins très-malades; 24 avaient les reins petits, granuleux avec diminution de la substance corticale. Dans ces deux séries de faits, il s’agit très-probablement uniquement de néphrites interstitielles chroniques, avec alhérome des artères rénales, lésions qu’il était facile de prévoir dans des casd’hé-

(1) Élude sur quelques hémorrhagies liées à la néphrite albumineuse, thèse de Paris, 1864.

(2) Loc. cil., p. 133.

(3) Papers on A pop le xy (British med. Journal, 1862).

morrhagies cérébrales si souvent dues à la même lésion des artères du cerveau. On peut même affirmer d’avance qu’on trouverait des lésions analogues du rein chez les personnes mortes d’un ramollissement cérébral.

En somme, les hémorrhagies survenant dans le cours de la néphrite albumineuse reconnaissent des causes multiples : 1° les altérations des vaisseaux et du cœur, l’athérome artériel et l’hypertrophie cardiaque; 2° l’augmentation de la pression sanguine, à quelque cause qu’on l’attribue (embarras de la circulation rénale et périphérique) ; 3° la diminution de l’albumine et delà fibrine du sang.

Symptomatologie propre s» eliague variété

«le néplirite nllmmineiise.

Nous venons d’exposer d’une façon générale le moyen de reconnaître l’albumine et les principaux symptômes, tels qu’hvdropisies, urémie, affections du cœur, des yeux, des poumons, inflammations et hémorrhagies qui sont liés à son passage dans l’urine. Nous allons maintenant passer en revue les symptômes propres àchacune des variétés de néphritealbumineuse. C’est à propos de chacune d’elles que nous ferons son diagnostic et son pronostic, points essentiels qui ne se prêtent pas à des considérations générales, car ils varient avec chaque vavariété étiologique et symptomatologique d’albuminurie, de même qu’avec chacun des nombreux accidents que nous avons décrits dans le paragraphe précédent.

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