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lésion osseuse nous dit-on. Ollier et Kœnig admettent cette forme comme assez fréquente. Or, nous avons vu que le chirurgien de l’hôpital Trousseau les considère au contraire comme très rares ; presque toujours d’après ses recherches anatomo-pathologiques il existe un foyer osseux, aussi pour le déceler recommande-t-il non pas de scier les épiphyses, mais de les couper avec de fort couteaux.
Au point de vue microscopique on trouve dans les fongosités de la synoviale trois variétés de nodules T. d’après Chandelux (1).
1° Le nodule embryonnaire représentant le tubercule dans sa forme la plus élémentaire. Il est composé de cellules montrant une active pullulation sur leur marge, tandis qu’au centre ces cellules sont déjà envahies par les granulations de graisse libre qui RE une dégénérescence avancée:
2 Le follicule de Kôster est formé par une ‘cellule géante à prolongements rameux autour de laquelle sont étagées des cellules épithéliales, elles-mêmes entourées d'une auréole inflammatoire dans laquelle se forment des follicules secondaires disposés en couronne autour du follicule primitif. Cette forme de tuberculose est essentiellement dégénérative et aboutit à la production de grosses masses caséeuses.
3° Le nodule de Friedlander a pour caractéristique d’être isolé des follicules voisins, sa bande dégénérative s'étend lentement. C’est la plus torpide et la moins extensive des formes tuberculeuses; c'est celle qui favorise le plus les tendances fibro-formatives des tissus et qui se prête le mieux au processus curatif.
Au point de vue de l’évolution des différents nodules, Chandelux distingue : 1° la synovite à nodules embryonnaires isolés et confluents; 2° la synovite avec nodules à tendance fibro-caséeuse ; 3° la synovite à éruption discrète et à très lente extension.
Pour Chandeluxiln'y aurait pas, en ce qui concerneles fongosités articulaires de processus histogénique différent, pour les cas où il se développe des tubercules élémentaires, et pour ceux où il se forme des nodules visibles à l'œil nu. Les seconds ne sont qu'un degré plus élevé, une phase plus avancée de l'évolution des premiers, ils arrivent au sein du tissu végétant de la synoviale transformée en tissu em-
(1) CHANDELUX. Des synovites fongueuses, th. agrég., 1883.
pire
bryonnaire où muqueux. Le long des vaisseaux et dans l'intervalle des capillaires, se développent les nodules appendus comme des fruits aux ramifications d'une grappe. Les follicules élémentaires agminés constituent par leur ensemble les grains tuberculeux visibles à l'œil nu.
Casaubon (1) a attiré l'attention sur ce fait qu'il existe quelquefois des nodules pseudo T. dans les synovites articulaires, etil en rapporte deux exemples. Dans le 1° cas la synoviale et l'articulation astragalo-calcanéenne présentaient de petites élevures semi-transparentes qui, au moment de l'opération furent prises pour des granulations grises. L'examen histologique montra qu'il s'agissait de lobules
‘adipeux. Dans l’autre cas, dans l'intérieur des fongosités, des amas
de leucocytes simulaient des granulations.
Enfin, Kœnig (2) décrit une forme de synovite tubéreuse qui serait le point de départ de certains corps étrangers articulaires. Ils siègent surtout au niveau du genou, paraissent s'implanter sur le tissu fibreux de la synoviale. Ils sont formés de tissu fibreux au tubercules en voie de dégénérescence. M. Coudray avec rapporté a Congrès de chirurgie (1891), plusieurs observations qui semblent se rapprocher des cas de Kœnig.
Quand on trouve une synoviale atteinte d'hyperplasie fibro-plastique et graisseuse, on peut affirmer que c’est une forme de synovite T. en voie de guérison. M. Nicaise (3) en a rapporté tout récemment un exemple, mais dans un cas où il y avait en méme temps des lésions osseuses. Polosson a bien décrit celle des fongosités qui sont destinées à passer à l’état fibreux, elles sont surtout vasculaires. Cette organisation fibreuse périphérique se produit évidemment quand les lésions de la synoviale sont discrètes et à marche lente; mais il est évident qu'ici les tissus caséeux se vidant tout naturellement dans l’articulation, la maladie s'aggrave plus facilement au lieu de s'éteindre par élimination au dehors de son principe infectieux.
Arrivé au terme de cette longue étude anatomo-pathologique que nous n'avons entreprise que pour en déduire des faits pratiques et
(1) CASAUBON. Thèse. Paris, 1883.
(2) Kæn1G. Tuberculose des os et des articulations, p. 24.
(3) Nicaïse. Arthrite T. avec hyperplastie fibro-plastique et graisseuse de la synoviale. Revue chirurgie, octobre 1892. :
thérapeutiques, il faut donc conclure, c'est-à-dire établir une elassilication chirurgicale qui peut-être la suivante. Ilexiste donc dans le cas d'O. À. T. deux grandes classes : 1° Celle dans laquelle une ou les deux épiphyses sont totalement envahies par la T., c’est la forme miliaire ou infiltrée de Nélaton; c’est la forme totale. 2° Dans la 29 une partie seulement d'une ou des deux épiphyses est malade ; c’est la forme partielle. Celle-ci comprend alors plusieurs variétés, quand le foyer siège au centre de l'épiphyse ellé est partielle et centrale, quand le foyer ‘T. siège à la périphérie de l’épiphyse, elle est partielle et périphérique c'est-à-dire corticale..
Voici le tableau qui résume cette. shpeicanion chisursieale des
O. À. T. non suppurées :
Ire Forme. — Formes intra-articulaires.
ire CLASSE. — Épiphysite totale. (infiltration. miliaire d’une ou des: deux épis
physes).
RER : artielle et centrale. :
2e ne lu ppmiloputi ele (euc \ par 4 nent) paitielle ét’ périphérique, ©est-à- dire PRÉ ENCLIE corticale pans ou- en oE
Ile Forme, — Formes péri ou extra-articulaires.
1e CLASSE. — Point de départ: osseux juxta-articulaire ou.- Péniestique : 2e CLASSE:— Point de départ dans les parties molles (gommes T - du tissu cel lulaire sous-cutané ou hygroma T., etc. {
Cette classification pratique a pour nous son importance, car c’est d’après les différents degrés de la lésion qu ’il faut j juger de Aou tunité de tel. ou tel traitement. o
Aussi. croyons-nous que c’est à tort que le siège ët l'étendue dés lésions est.souvent laissé de côté dans les discussions sur les différents traitements. Certes dans ces conditions on complique la question,mais cela importe peu, car il faut tenir compte dès faits.
D'autre part, au point de vue pratique, dans le cas de synovite articulaire T..le chirurgien peut se trouver en présence de trois formes chirurgicales bien nettes comme Arnaud (1) l'admet. 2
1° C’est la forme miliaire, caractérisée par la présence de granulations PAUSE sans jte Ko bob
(1) ARNAUD. Rev chirurq., 1883.
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