‹ Des Différentes Formes d'Ostéo-Arthrites Tuberculeuses De Leur TraitementChapitre 3 sur 55 · AUS +: AUS · texte numérisé non relu

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‘Dans les inoculations au niveau de la verge par circoncision, l’adénite n’a jamais manqué, elle s'est montrée au niveau de l’aine occupant à la fois les deux côtés. Les tumeurs formées à ce niveau étaient volumineuses, acquérant ainsi une importance prédominante sur la lésion initiale. Dans le cas où le traitement n'a pas été institué à temps, on les a vues s’abcéder puis donner lieu à une ulcération. Dans deux cas où la date de leur début a été notée elles ont apparu six semaines après l’opération, chez le malade de Eve, deux mois après chez le malade d'Elsenberg. Mais cet envahissement peut être tardif, car dans le cas de Lefèvre où la lymphangite était nettement développée, on ne trouvait encore aucun ganglion ni épitrochléen, ni - axillaire au onzième mois de l'affection.

Pas de ganglions non plus dans le cas de M. Verneuil malgré la: longue durée de l'affection et malgré l’abeès du dos de la main. A plus forte raison ne doit-on rien trouver dans les cas où le mal se borne au T. initial, comme dans la 2° observation de M. Raymond et celle de M. Verchère. Ici, en effet, il n'y a pas trace de lymphangite un an après le début dans un cas, deux ans après dans l’autre.

M. Lefèvre fait en outre remarquer que la lymphangite T.nodulaire n’est pas un intermédiaire nécessaire entre la lésion initiale et le ganglion, on la voit manquer dans les cas de Raymond, Holstet Tscherning.

Quand l'attention est attirée sur l'existence de ces ganglions dans les lésions T. chirurgicales, on les retrouve et nous les avons souvent vues nous-même chez des petits malades à l’hôpital Trousseau.

Les ganglions paraissent donc jouer par rapport à l'infection le rôle de cran d'arrêt ou de barrière au niveau de laquelle tout envahissement s'arrête, au moins pour un moment. Mais cette barrière n'est pas infranchissable car d’autres lésions T. apparaissent et sont dues très probablement à la propagation par la voie lymphatique. Chez le malade de M. Verneuil il se développe un abcès ossifluent ; un abcès T.sternal et un autre rétro-mammaire sont mentionnés par Martin de Magny et Leser,un abcès mastoïdien chez l’enfant circoncis dont l'observation est rapportée par Elsenborg. Lehmann rapporte six cas de méningite T. Enfin, la T. pulmonaire peut être la conséquence ultime de l'invasion du bacille.

Dans la T. cutanée expérimentale le rôle du système lymphatique

est aussi évident. Villemin, après avoir inoculé un lapin soit à l'oreille, soit. à l’aisselle, soit à l’aine, a observé les mêmes phéno: mênes généraux, et l’adénite précédant la poussée T, généralisée, Colin a rapporté des expériences du même genre et aussi démons: tratives: | 1 :

Mais chez l'animal comme chez l'homme l'infection peut se borner aux premiersstadeset aux premières voies lymphatiques et la guérison survenir spontanément. Schmitt, dans sa thèse sur la tuberculose expérimentale, insiste sur ce fait. Parfois, dit-il, la seconde moitié du processus, la phase de généralisation manque et tout se borne, au développement des lésions locales: Les plaies d’inoculation après. s'être fermées pendant quelques, jours, se rouvrent, s’ulcèrent, il se

“produit à leur niveau une tumeur d’un volume plus ou*moïins considérable qui se ramollit, laisse échapper une matière caséeuse plus ou moins abondante, un ou deux ganglions rattachés au lieu d’inoculation se prennent, augmentent de volume, deviennent douloureux ou même ne semblent le siège d'aucune douleur. Pendant ce temps, les animaux ne présentent aucune manifestation générale morbide. Puis, après quelques jours, quelques semaines même, les ganglions diminuent, la suppuration: se tarit, la plaie se ferme, il ne reste à ce niveau qu'une induration fibro-cartilagineuse qui peut persister indéfiniment ou disparaître à la longue ou encore se charger de sels calcaires et les viscères restent absolument intacts: Pourquoi cette infection ne se propage-t-elle pas? N'est-il pas naturel de répondre que c'est l'organisme qui a résisté, ou qu’il y a des variétés bénignes d'infections, comme nous chercherons à le démontrer cliniquement plus loin. |

Dans les cas que nous avons eus en vue précédemment il's’agissait de T. cutanée par plaies cutanées venus du dehors. Dans quelques cas de T. osseuse et articulaire, M. Prioleau a rapporté plusieurs observations de lymphangite partant des fistules cutanées déterminée par ces lésions. D'autre part, MM: Hallopeau et Goupil ont décrit des cas de lymphangiectasie suppurative d'origine T. apparaissant autour d'une extrémité osseuse et succédant probablement à des lésions osseuses. Jeanselme et Crosnier avaient aussi attiré l’attention sur l’inoculation de la peau par des foyers profonds.

- Mais les observations. d'O:: A. T. consécutives à des lésions T.

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cutanées ou à la suite de plaies articulaires ne sont pas fréquentes. Middeïldorf (1) a rapporté un cas d’O. A. T. à la suite de plaie du genou et où l'amputation fut nécessaire. Cela nous donne à penser qu'avant lantisepsie l’inoculation des articulations par les instruments a dû être fréquente en chirurgie.

. Doyen a publié à la Société anatomique une observation de ie de la main puis lymphangite et abcès de la bourse olécrânienne et par propagation directe synovite T. et lésion T. des extrémités articulaires du coude. L'amputation fut également nécessaire.

-Wahl (2) a rapporté une observation d'un enfant eczémateux qui couchait avec un phtisique. Les vésicules d’eczéma étaient pleines de bacilles et ont engendré une coxalgie chez l'enfant.

L'observation de Tuffier est également intéressante, il nous suffit d’en rapporter le titre que voici : Contusion multiple, plaie contuse de la région postéro-interne du cou-de-pied droit, ulcération T., puis synovite T. des gaines des péroniers et des fléchisseurs, O. A. T. tibio-tarsienne. Extirpation de l’astragale ; guérison.

J'ai eu l’occasion d'examiner un malade chez lequel une morsure du doigt détermina une O. A. T. phalango-phalanginienne, non dou-

teuse avec infection généralisée chronique consécutive.

Le cas précédent de Wahl nous rappelle que dans un mémoire nous avons attribué à la suppuration des vésicatoires la suppuration autrefois observée de certains rhumatismes articulaires purs, la propagation des microbes pyogènes se faisant par les voies lymphatiques. Bouillaud en effet en rapporte de nombreux exemples. Or, l'observation de Wahl nous oblige à nous demander si certains cas d'arthrites rhumatismales ne deviennent pas des O. A. T. par infection bacillaire des plaies produites par les nombreux vésicatoires que l’on applique si souvent pour cette lésion articulaire primitivement simple ou rhumatismale.

Au niveau de l'intestin, Andral fut le premier à signaler des trafnées moniliformes qui sillonnent le mésentère et dont le point de départ est une ulcération intestinale. « Ce n'était pas une matière étrangère qui était contenue dans leur intérieur, c’étaient leurs parois elles-

try MIDDELDORF. Fortschritte der Medizin, 1886. (2) WAHL. Sem. méd., 12 mai 1886.

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mêmes qui, épaissies et indurées d'espace en espace, produisaient par intervalles des renflements plus ou moins prononcés. Ces vaisseaux tantôt se perdaient dans le mésentère au bout d’un certain trajet et tantôt pouvaient être poursuivis jusqu’à des glandes lymphatiques tuméfiées et tuberculeuses. » Cruveilhier cite dans son Anatomie pathologique un fait de lymphangite T. mésentérique partant d’une portion de l'intestin qui paraissait saine.

Depuis. beaucoup d’observateurs, Corwell, Forster, Klebs, Neraud. Cornil, Virchow, Colin, signalèrent des faits analogues, et Girode dans sa thèse insiste sur les granulations de la face péritonéale de l'intestin qui semblent dessiner des traînées lymphangitiques. « C’est, dit-il, sous le péritoine que les troncs lymphatiques tuberculeux sont surtout apparents, on les voit naître le plus souvent du pourtour des plaques noirâtres qui correspondent aux ulcérations. Les troncs lymphatiques sont plus souvent flexueux que rectilignes. La forme noueuse est la règle; le vaisseau atteint présente de distance en distance des granulations séparées par des intervalles que marque seulement une raie blanche correspondant au lymphatique. Ailleurs tout le conduit distendu par une matière jaune prend une apparence cylindroïde et forme un relief très sensible. En déchirant les points les plus saillants, on donne issue à une substance caséeuse, friable. |

Au point de vue chirurgical Aldibert (1) a étudié cette tuberculose ganglionnaire du mésentère, car elle a donné lieu à quelques interventions opératoires. Cette tuberculose ganglionnaire se présente sous deux aspects différents : tantôt ce sont des masses du vo- Jume du poing ou même d’une tête d'enfant, constituées par l’agglomération de plusieurs ganglions caséeux fondus ensemble et constituant une tumeur unique. Tantôt au contraire, un grand nombre de ganglions sont envahis par la T. mais ils restent petits et isolés et ils ne constituent jamais ces blocs volumineux de la variété précédente.

Étudions maintenant le rôle du système lymphatique quand l'in-

fection se fait par les voies pulmonaires ou quand les lésions pulmonaires sont secondaires.

(1) ALDIBERT. Des traitements de la péritonite tuberculeuse par la laparotomie. Thèse. Paris, 1892. RASE

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Au niveau du poumon, Hérard et Cornil, Lepine ont étudié dans la plèvre viscérale des cordonsnoueux lymphangites T. L'infection TE. peut être limitée aux ganglions, aussi maintenant nous sommes bien loin des idées de Louis qui prétendait que chaque fois qu ’il existait des tubercules dans un organe il y en avait dans le poumon ce qui impliquait que la T. du poumon était toujours primitive, après l’âge de 15 ans.

Le développement des voies collatérales dans la circulation Iym- phatique et les rapports de contiguïté des ganglions engorgés nous permettent de comprendre comment ils peuvent devenir malades sans que les organes dont ils dérivent soient affectés. Parrot cependant et son élève Hervouet (1), prétendaient que les lésions des ganglions sont toujours subordonnées à celles des organes dont elles dérivent et qu ln y à pas d' adénopathie sans altération similaire du tissu avec lequel le ganglion est en relation fonctionnelle. D' ailleurs, Laënnee, Leblond, Rilliet et Barthez, Andral, Weigert et Biedert admettent les adénopathies trachéo- bronéhiques ét mésentériques primitives € avec infection secondaire des organes d' où ces ganglions tirent leurs vaisseaux efférents.

. M. Quinquaud (2) examinant les rapports de la T. pulmonaire ‘avec les adénopathies je signale des cas où la manifestation pulmopaire est consécutive à l’adénopathie.

Bar ety, dans sa thèse remarquable, a mis en relief la situation exacte des ganglions lésés. Sanchez Toledo (3) a bien montré les ‘rapports entre les adénites axillaires T. et la T. pulmonaire. Ce sont peut-être les adhérences pleurales quisont ici la voie de propagation : peut- être en effet, contiennent-elles des ly mphatiques néoformés, comme M. Poirier en a décrit dans des adhérences péri- -utérines. ; Ces lymphatiques néolormés seraient dans ce cas le siège de ces lymphangites allant des ganglions axillaires aux lymphatiques de la plèvre et du poumon.

Mais iln'y a pas que les ganglions tributaires d'un point infecté qui sont envahis par le bacille. M. Legroux, en effet, fit au congrès, . pour l'étude de la je (1888), une communication bien intéressante

(1) HERVOUET. Des adénapathies similaires. Thèse. Paris, 1877. (2) QuiNQUuAUD. Th. agrégation, 1833.

(3) SANCHEZ ToLEDo. Thèse. Paris, 1889,

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