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sur la micro-polyadénopathie considérée comme indice de T. profonde chez les enfants. Il conclut en disant que tout malade atteint d'une tuberculose locale présente infailliblement l'adénopathie souscutanée généralisée. Souvent cette adénopathie affirme cliniquement sa nature T. par une suppuration ou une caséification d'un ou plusieurs ganglions plus ou moins éloignés du siège de la T. locale avérée. *
Si l’un de ces enfants, porteur de la micro-polyadénopathie ayant joui jusque-là d'une bonne santé apparente et n'ayant présenté aucune manifestation clinique d’une T. quelconque, vient à succomber à une rougeole, coqueluche ou broncho-pneumonie, toujours on trouve des ganglions bronchiques médiastinaux, mésentériques, etc.
La fréquence de cette polyadénopathie n’a rien qui doive nous étonner si l'on réfléchit combien parla fragilité de leurs tissus de revêtement, combien par l’activité énorme et nécessaire à la croissance de leur circulation lymphatique et de ses bouches absorbantes, les enfants sont exposés à tout instant à la pénétration des bacilles répandus dans l'air ambiant, sur les objets qui les entourent, et dans les aliments plus ou moins mal préparés, surtout dans le lait infect et infecté dont on remplit si souvent les biberons et qu'ils absorbent chaque jour.
Le professeur Grancher a rapporté aussi de nombreux exemples de cette polyadénite T.Mirinescu et Pascal ont, dans leurs thèses, développé des idées de leurs maîtres sur cette tuberculose lymphatique primitive.
Mais où est la porte d'entrée du bacille dans cette infection du système lymphatique chez les enfants? Elles sont nombreuses, il est vrai, et peuvent passer inaperçues. Ce sont : la carie dentaire, la gorge et tout l'appareil lymphatique amygdalien et périamygdalien, le cuir chevelu recouvert de gourmes nullement nécessaires comme exutoires, quoi queen pensent les mères; ce sont les végétations adénoïdes du naso-pahrynx (1), peut-être elles aussi T.; ce sont ces écoulements d'oreilles interminables ; ce sont, chez le nouveau-né, la plaie ombilicale, les plaies de vésicatoire, les plaies d'érythème, les croûtes de l'impétigo, les plaies de la vaccination ; certaines plaies fréquentes au talon et aux malléoles, etc. Ces portes d'entrée cutanées peuvent
(1) PILLIET. Soc. anat., 1892.
être fermées depuis longtemps et l'infection du système lymphatique continuer néanmoins. Jouet (1) a, en effet, rapporté chez l'adulte de = nombreux cas de lymphangite et d'adénites tardives après une plaie cutanée cicatrisée depuis longtemps.
Toujours est-il qu’à l'autopsie, on ne trouve rien dans les viscères, Ce ou intestins.
. L'expérimentation a montré à Cornet (2) età Dobroklowsk y(3) que l'agent pathogène peut traverser une muqueuse restée gaine, . comme celle du poumon et de l'intestin.
- Ces faits de tuberculose lymphatique primitive ont déjà été vus par Rhénnée puisqu'il dit: la T. peut commencer par les ganglions | Iymphatiques et le poumon fes n'être que postérieurement atteint (4). . Quinquaud dit aussi: « Un homme jeune encore, à la suite de oc (soldats, SRE RS présente une augmentation de volume des ganglions, le-plus souvent les cervicaux, parois les inguinaux et axillaires. Ilse fait une tuberculose primitive des ganglions; des mois se passent sans grand changement dans la santé générale, puis tôt ou tard apparaît de l'amaigrissement, de la pâleur, et le malade meurt après un temps variable. À l’autopsie on trouve de la T. lymphatique et parfois quelques granulations récentes dans le poumon. La lésion ganglionnaire a précédé évidemment la lésion granulique. »
Dans la thèse de Dodin on trouve signalés des faits analogues.
Depuis, bon nombre d'observations identiques ont été relatées
(Leblond{(5), Rillietet Barthez, Sanné, Weigert, Biddert).
+ Quelquefois cette T. lymphatique primitive est localisée aux ganglions inguinaux, ce qui l'ait penser à une origine fessière ou génitale les érythèmes de ces régions étant fréquents chez les enfants.
On peut supposer que l'enfant dès sa naissance, est contagionné par le sang de sa mèrv, cela évite de rechercher toute autre porte d'entrée, mais les fois de tuberculose éongénitale sont bien peu nombreux.
(1) Jouer. Thèse de Paris, 1886.
(2) CORNET. Tuberculose des ganglions sans lésions des muqueuses. Centralblatt für chirurg., n° 29, p. 2, 1889.
(3) DoBRoKLOWSKY. Annales de l'Institut Pasteur, 1890.
(4) LAENNEC. Traité de l'auseultation médiate.
(5) LEBLOND. Recherches sur une phtisie particulière à l'enfance, Paris, 1884.
Pascal signale dans sa thèse une sorte d'infection par voie ascendante des ganglions, ce sont successivement ceux de laine, du mésentère, du médiastin qui sont pris dans le cas de micropolyadénopathie infantile. Tandis que dans le cas de polyadénopathie strumeuse les ‘ganglions sont très volumineux et l'affection commence par les ganglions sous-maxillaires et parotidiens, puis le cou, le médiastin et enfin la région inguino-crurale suivant ainsi une marche descendante (Bazin).
La méningite T. que l’on observe souvent comme complication de ces polyadénites s'explique par la localisation des granulations T, autour des vaisseaux de la pie-mère, c'est-à-dire dans leur gaines lymphatiques (His, Axel Key, Retzius, ete.). Girode n’a-t-il pas rapporté un cas de tuberculose aiguë ganglionnaire et méningitique ?
Le système ganglionnaire jouit donc d’une autonomie plus grande qu’on ne le croit généralement et on ne voit pas pourquoi à priori on lui refuserait la possibilité d’être envahi d’émblée par le T. puisqu'il l'est bien par le cancer qui est pourtant dans les ganglions l'affection secondaire par excellence. Dans le cas de syphilis héréditaire on a décrit aussi une polyadénite généralisée chez les enfants sans lésions viscérales (1). Chez eux encore on a décrit une fièvre ganglionnaire aiguë, dans laquelle les ganglions deviennent gonflés pendant quelques jours, puis tout rentre dans l’ordre sans qu'il y ait eu de porte d'entrée apparente [Stark (2), Neumann (3)]. L
Les recherches récentes ont encore insisté sur la fréquence du bacille de la T. dans le système ganglionnaire. Babès (4) a examiné avec soin toutes les hypertrophies des ganglions lymphatiques, qu'on trouve presque constamment à l’autopsie des enfants morts de n'importe quelle maladie et il a trouvé presque constamment des tubercules et des bacilles isolés ét enfermés dans des cellules : géantes.
Pizzini (5) par ses expériences a montré que le bacille de la T. existe plus fréquemment qu'on ne le croit généralement dans l’organisme de l’homme sain et en particulier dans les ganglions.
DoYEnN. Archives générales de médecine, juin 1888.
(2) STARK. Jarhbusehe für Kinderhkéilkunde, 1890.
(3) NEUMANN. Berlin. hlinische Wochenschrift, 28 décemibre 1891. (