‹ Des Différentes Formes d'Ostéo-Arthrites Tuberculeuses De Leur TraitementChapitre 6 sur 55 · ND OT · texte numérisé non relu

ND OT

La moelle des os est donc primitivement du tissu lymphatique qui, outre ces éléments leucocytiques, contient, il est vrai, d’autres cellules spéciales telles quedes cellules à noyaux bourgeonnant, des myéloplaxes etavec l'âge des vésicules adipeuses. En un mot, comme tout le système conjonctif c’est un territoire de système lymphatique. Et comme « la moelle baigne l'os complètement », suivant l'expression de Ranvier, il ne faut pas s'étonner de voir le bacille T'. se localiser soit au centre de l'os dans la moelle du tissu spongieux, soit sous le périoste dans cette couche ostéogène, c'est-à-dire médullisée, qui est reliée à la moelle osseuse cervicale par le tissu médullaire contenu dans les canaux de Havers. Nous verrons plus loin que les lésions macroscopiques et microscopiques que présente cette moelle d'après les recherches de Ranvier, Lannelongue, Kiener et Poulet, sont prédominantes dans la T. osseuse.

La tuberculose osseuse ou ostéo-tuberculose n’est donc qu'une manifestation de l'infection T. de l'appareil lymphatique. En clinique, en effet, nous notons bien souvent chez les enfants surtout un foyer de tuberculose osseuse et à une bien grande distance, un ou plusieurs foyers de T. ganglionnaire. Il est fréquent même, ainsi que nous l'avons observé souvent, de voir apparaître des ganglions T. à distance dans le cours d’une tuberculose osseuse. La réciproque, c’est-à-dire l'apparition d'une ostéo-tuberculose dans le cours d’une adénite, est plus rare, ce qui indique que l’ostéo-tuberculose est une infection plus profonde et plus complète du système lymphatique par le bacille T.

Et puisque neuf fois sur dix les ostéo-arthrites tuberculeuses sont concentrées à un foyer osseux de T'. il est donc logique de conclure (étant donné que les synoviales articulaires font évidemmment partie du grand système lympathique) que la tuberculose articulaire, soit primitive, soit secondaire, n'est qu'une localisation de l'infection bacillaire du système lymphatique. Le rôle de celui-ci est donc énorme dans l'infection bacillaire de l'organisme.

Voici résumée l'observation qui nous a suggéré l'idée de faire rentrer la T. osseuse et articulaire dans le cadre de la T. lymphatique.

OBSERVATION. — Infection tuberculeuse adëna-osseuse. — Homme âgé de 26 ans, toujours bien portant jusqu'à son mariage en 1888. Conditions hygiéniques assez bonnes. Mariage avec une femme atteinte de tubercülose pulmonaire. À partir de ce moment, ils font de la tuberculose à deux,

Re

en ménage, la femme continue sa tuberculose pulmonaire à forme chronique. Quant au mari, il présente tout d’abord des adénites sous-maxillaires, puis sterno-mastoïdiennes et il vient me consulter en juin 1891 pour une ostéite tuberculeuse du sternum au niveau de la première articulation sternale, entre le manche et la poignée, A la percussion de la partie médiane et antérieure du thorax on trouve de la matité, à l’auscultation la respiration est inégale à droite et à gauche. En somme, l’adénopathie trachéo-bronchique est évidente, eL c'est par propagalion directe des ganglions de la mammaire interne, par la voie lymphatique, et par contiguité que s’est développée l’ostéo-arthrite tuberculeuse de la 1re articulation sterno-sternale.

Mort de la femme en janvier 1892.

Depuis, l’état du mari parait s'être amélioré. Les lésions des ganglions et du sternum sont guéries par un traitement local (grattage) et par un traitement général intense.

Il ne faut cependant pas exagérer et être absolu, car les vaisseaux sanguins sont aussi une voie facile de transmission. bes recherches de Kiener (1) ont montré que le produit tuberculeux ne se développe guère que sur un terrain très vasculaire. Ce n’est que plus tard dans l’évolution du tubercule que les vaisseaux s’oblitéreront par des production néoplasiques de même nature que celles qui les environnent,.

Hanot insiste, dans sa thèse d'agrégation, sur ce fait que le néoplasme T.se greffe sur les conduits vasculaires à la manière d’une plante parasite sur le tronc d'un arbre. Les bacilles sémblent donc élire domicile autour des vaisseaux qu'ils pénétrent à un moment donné. Aussi l’idée que le sang roule des bacilles fut bien vite émise. Le professeur Verneuil (2) faisait en 1877 une large part à la contusion pour l’éclosion des manitestations T. Les expériences de Max Schuller surlesarthrites T. traumatiques sont bien connues. Bau mgarten, Arndt, Durand-Fardelont noté la présence de bacille dans les glomérules du rein dans lé cas d'infection tuburculense.

Au congrès pour l'étude de la T., de Souza a également attiré l'attention sur l'infection bacillaire du sang,

Pour Weigert la voie sanguine est celle par laquelle naît la dé généralisée. Primitivement ie bacille ne pénètre dans les vaisseaux sanguins qu'à travers leurs PAIOIS dé dehors en dedans, et, sauf la

(1) KTENE£R. Des rapports de l’inflammation et de la tuberculose. Société médicale des hôpitaux, 1883. /

(2) VEeRNeUIL. Tuberculose d’origine uso Revue mensuelle &e médecine et chirurgie, 1877, p. 49. : s

Jr tion dl faut que la lumière 1 ces vaisseaux Ne See Or, sous l'influence des foyers T. des vaisseaux, ceux-Ci “SORT re et ne peuvent permettre au virus après l’effraction de

plus nds traverser, c'est pourquoi chez eux la FAT eNIee est très. fréquente. Une fois dans le sang, le virus peut déterminer

d'emblée d'une grande quantité de virus dans les vaisseaux sanguins, ce virus provenant ordinairement d’un ancien foyer. : <

NS sr 4? 4 a a RENE à 1 VAS 3 ps RUE : ÿ, £ Sr f

Page 1