PRONOSTIC
Tous les observateurs qui ont écrit sur la bronchoj pneumonie ont été frappés de la gravité qu'elle pré- ! sente et du chiffre énorme qu'atteint la mortalité par t cette affection. Et la comparaison si naturelle que l'on i a établi entre la broncho-pneumonie et la pneumonie llobaire fait encore ressortir davantage cette différence. INous nous sommes déjà expliqué sur les conditions anattomiques qui rendent compte de cette différence dans lia marche et surtout dans la terminaison de ces deux tespèces de pneumonie; mais il y a lieu également de lfaire intervenir ici les conditions étiologiques. Souvent en effet, la broncho-pneumonie est secondaire et lia gravité de la maladie principale, les altérations du ssang qui lui correspondent retentiront sur la complication pulmonaire et s'opposeront à une marche régu- Uière et bénigne de la phlegmasie pulmonaire. Quelcquefuis il semblera que c'est le contraire ' qui se [produit, ainsi par exemple lorsque la broncho-pneuimonie se développe au début d'une éruption de rougeole, celle-ci pâlit, s'éteint ou prend une teinte violaccée ou bleuâtre, et une terminaison fatale est alors [presque inévitable.
Cette influence de la maladie génératrice est telle cque la mortalité de la broncho-pneumonie n'est pas lia même dans toutes les affections. C'est dans la rou-
geôle et dans la diphthérie que le pronostic est le plus grave, plus que dans la coqueluche, et dans celle-ci plus que dans la variole (Vulpian). Dans la scarlatine, dans l'érysipèle, dans l'état puerpéral les broncho-pneumonies comportent le pronostic le plus sévère. Dans le rhumatisme articulaire aigu, la bronchopneumonie n'existe pas comme unique complication et il est difficile de dégager sa part de responsabilité dans les accidents graves et même mortels qui peuvent survenir; M. Vulpian lui attache une grande importance : « La pneumonie rhumatismale, dit-il, bien plus encore que les affections du cœur, indique une grande tendance à la diffusion viscérale des manifestations du rhumatisme ; et, à ce point de vue, son pronostic a une gravité d'un ordre particulier » (1). 11 est inutile d'insister sur la gravité des bronchopneumonies qui surviennent à une période avancée des affections cardiaques, dans le cours de la maladie de Bright, de l'albuminurie scarlatineuse, du cancer, de la cirrhose, de l'athrepsie, etc.; il importe alors fort peu que la broncho-pneumonie soit on non latente ; elle accompagne plutôt qu'elle ne produit la termi naison fatale.
Le jeune âge a la plus grande influence non seulement su»r la genèse et sur la forme de la maladie, .mais encore sur sa gravité. La broncho-pneumonie est plus grave chez les enfants au-dessous de deux ans qu'à un âge plus avancé.
Enfin la gravité dépendra souvent de l'état antérieur du malade, du milieu dans lequel il se trouve plongé et souvent de l'influence épidémique. Le pro-
(1) Vulpian. Loc. cit., p, 84.
nostic se trouvera également assombri par la constatation de lésions étendues, par l'apparition de symptômes graves, prostration considérable, apnée, hébétude, sécheresse de la langue avec fuliginosités, délire, convulsions, etc.
Nous ne reviendrons pas ici sur l'influence que la broncho-pneumonie peut avoir sur la marche et le développement de la tuberculose.