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CHAPITRE IV

ÉTIOLOGIE.

L'étude détaillée que nous avons faite de la nature et de la pathogénie des diverses formes de ramollissement nous évitera d'être long au sujet de l'étiologie ; cependant nous devons résumer en quelques mots les causes du ramollissement, insister sur les affections qui prédisposent à cette maladie ; réunir, en un mot, les données qui sont dispersées dans notre travail.

Nous croyons pouvoir diviser les causes du ramollissement cérébral en (A) causes prédisposantes et en (B) causes déterminantes.

A. Causes prédisposantes . — Cet ordre de causes comprend certainement celles qui sont le mieux connues et qui offrent le plus d'importance au point de vue de la genèse du ramollissement.

Il est un certain nombre de ces causes prédisposantes qui peuvent se rapporter à des maladies générales. D'autres, au contraire, peuvent recevoir le nom de locales, et favorisent aussi le développement de l'encépbalomalacie .

Le rhumatisme est une des maladies générales qu'il est le plus important de considérer au point de vue de l'étiologie du ramollissement cérébral. Cette maladie, en effet, en produisant des affections cardiaques, des endocardites végétantes, qui favorisent à leur tour la production de caillots dans les cavités gauches de l'organe central de la circulation, pourra devenir une source d'embolie ; c'est en particulier ce qui arrive chez

l'adulte, où le ramollissement cérébral est si souvent accompagné d'affections cardiaques de nature rhumatismale. C'est peut-être aussi au rhumatisme qu'il faudrait rapporter, dans certains cas, les altérations de l'aorte et des gros vaisseaux.

Plusieurs autres maladies générales, telles que le cancer, la tuberculisation, l'état puerpéral, bref, toutes les maladies qui peuvent amener à leur suite un état inopexique, peuvent être considérées comme des causes prédisposantes du ramollissement cérébral. Nous avons insisté plus haut sur l'influence des cachexies sur la coagulation spontanée du sang, désignée généralement sous le nom d'inopexie. Pour ce qui concerne, en particulier, l'état puerpéral, il semble résulter des observations de M. Simpson ' que le ramollissement aurait souvent une cause embolique. Le point de départ serait une endocardite végétante liée au rhumatisme puerpéral.

Quant aux productions tuberculeuses et cancéreuses développées dans les organes centraux de l'innervation, elles peuvent, par leur voisinage, amener une modification de la consistance du tissu. Mais il n'est pas démontré qu'il s'agisse là du ramollissement cérébral tel que nous l'avons compris. Nous en dirons autant des productions syphilitiques.

Une des causes générales les plus importantes, une de celles que l'on ne peut s'empêcher de rapprocher des précédentes, est la vieillesse. Nous avons déjà insisté sur la fréquence du ramollissement à un âge avancé de la vie. Il se passe, en effet, presque toujours, et presque fatalement chez le vieillard, des modifications importantes dans les artères. La dégénérescence

^ Obslelric Works, t. II, p. 67, 70.

athéromateuse des artères, qui pourrait presque, vu sa fréquence à un âge avancé, être nommée physiologique, amène dans le cerveau comme dans les autres organes des troubles nutritifs. Le cerveau subit souvent une certaine atrophie ; ses artères, rétrécies par l'athérome, perdent leur élasticité, ne peuvent plus suffire au jeu régulier de la circulation et sont alors facilement obstruées par thrombose ou par embolie.

Le simple trouble nutritif suffit aussi, dans certains cas, pour amener la nécrobiose cérébrale, sans qu'une oblitération complète soit toujours nécessaire. Aussi attachons-nous une importance capitale à la vieillesse ; c'est à cet âge par conséquent que l'on rencontrera le plus grand nombre de ramollissements.

On doit rapprocher de la vieillesse ralcoohsmc, qui amène quelquefois dans les artères et dans les capillaires les altérations athéromateuses dont nous venons de parler ; dans ce cas, peut-on dire, on a, sous l'influence de l'alcool, une vieillesse anticipée.

Les maladies locales qui prédisposent au ramollissement cérébral sont surtout les affections cardiaques, les endocardites et les caillots des cavités gauches du cœur, que nous avons presque toujours pu rapporter aux maladies générales citées ci-dessus ; il faut y ajouter encore les anévrysmes de l'aorte ou des artères du cou, qui peuvent favoriser la production de caillots et devenir des sources d'embolies.

B. Les causes déterminantes sont assez obscures ; il suffit quelquefois d'une émotion vive, d'une chute, d'un accès de toux ou de vomissement pour favoriser la migration de caillots ou de particules athéromateuses dans la circulation. Mais comme le ramollissement débute souvent brusquement, sans qu'aucune cause déterminante ait pu être signalée, nous ne nous étendrons pas

plus longtemps sur elles, non plus que sur un certain nombre de causes banales qui ont été avancées par bien des auteurs au sujet du ramollissement comme au sujet de toutes les autres maladies.

Nous devons cependant ajouter que l'influence des températures extrêmes (froid, chaud) ne paraît pas être sans influence sur le développement du ramollissement encéphalique.

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