OBSERVATIONS COMPLÈTES OU RÉSUMÉES
Obs. 1. — Scapulalgie vaccinale supputée et ouverte; une série d'injections. Guérison parfaite (Perlis, loc. cit.). — F..., André, âgé de 6 mois. Antécédents héréditaires, nuls. Antécédents personnels ; venu à terme, très bonne santé avant la vaccination. Vacciné en juin 1891 ; les vésicules prirent bientôt un aspect anormal, et se mirent à suppurer. Le 7 août, en enlevant la dernière croûte d'une vésicule, la mère vit que le bras et l'épaule étaient gros. Le 9 août, un abcès fût incisé et il s'établit une fistule qui donna beaucoup. Pendant ce temps, l'épaule augmentait de volume, les mouvements s'embarrassaient et devenaient douloureux, l'état général s'altérait.
19 octobre 1891. — Li'enfanl est amené à la consultation des Enfants-Malades. L'épaule est arrondie, la peau tendue et parcourue de petites veines, la pression est extrêmement douloureuse. Les mouvements sont gênés. Il existe à la face antérieure et vers le tiers supérieur du bras une fistule. Circonférence de l'épaule droite malade, 18 cent., de l'épaule gauche, 15 cent. 1/2. On injecte 50 gouttes de solution de chlorure de zinc en 6 piqûres autour de l'articulation.
2 novembre. L'enfant n'a guère souffert; très peu de pus par la fistule. La douleur à la pression a beaucoup diminué. Circonférence de l'épaule malade, 16 cent, au lieu de 18 cent.
Le 23. Circonférence de l'éuaule, 15 cent. 1/2, pareille des deux côtés; la fistule est cicatrisée. Les mouvements commencent à revenir.
Le 30. L'enfant se sert de son bras. On obtient facilement l'adduction à l'angle droit. L'état général a totalement changé.
6 avril. L'enfant se sert parfaitement et même de préférence de son bras droit. Les mouvements sont normaux en apparence, en réalité, l'omoplate suit l'humérus au delà de l'angle droit, mais sa mobilité masque l'ankylose légère.
10 octobre. L'enfant se porte parfaitement; il se sert toujours de son bras. Guérison parfaite.
(Il est évident que nous ne considérons pas cette arthrite suppurée comme une 0. A. T.)
Obs. 2. —0. A. T. du coude non suppurée. Guérison (Planche II). — Eugénie Ch..., 13 ans 1/2. L'affection a débuté il y a trois ans après un traumatisme, l""' grattage en 1888. Actuellement (1890) l'olécràne est encadré par deux bourrelets de fongosités, mouvements limités et douloureux, etc.
Observations.
En mai 1891, traitement par la méthode sclérogène. Quatre séances d'injections. Guérison rapide, disparition ûei fongosités En juin les mouvements sont commencés. Depuis ils ont augmenté progressivement d'étendue. En mars 1893 la guérison s'est maintenue et les mouvements sont normaux. (Voir à la fin de ce travail les dessins faits d'après photographies. Pi. II.)
Obs. 3. — O.A.T. du coude droit supputée et non ouverte. Récidive tardive. — René B..., âgé de 4 ans 1/2, salle Giraldès, n° 10. Sa mère a eu une O.A.T. du coude guérie par ankylose. Le début de la maladie date de 4 mois seulement, le traitement consista en pointes de feu sur la région.
Etat actuel. — Fongosités entre l'olécràne et l'épicondyle, autour de la tète radiale, autour de l'épitrochlée. Ace niveau abcès communiquant avec l'articulation. Ganglion axillaire. Atrophie musculaire. Mouvements limités et douloureux. Mobilité latérale.
20 juillet 1891. Injection de ZnCI à la périphérie des fongosités. Ponction do l'abcès au trocart et lavage à l'eau stérilisée.
Réaction. Dureté des fongosités.
Le 28. L'abcès s'est reproduit en partie. Apparition d'un 2e abcès derrière le précédent. Tous deux sont lavés. Compression, gouttière plâtrée.
10 août. Il s'est formé un trajet fistuleux au niveau de l'abcès. Incision. Grattage de foyer osseux.
Le 30. La plaie est presque guérie.
12 septembre. Trois points restent fistuleux pendant longtemps et nécessitent un deuxième grattage. En novembre, la suppuration disparaît, l'enfant est massé, électrisé et les mouvements sont revenus en grande partie d'une façon étonnante.
l^" mars 1893. Récidive. Deux trajets fistuleux sont reparus depuis quelques jours, mais ils seront facilement traités par un petit curetage articulaire.
Obs. 4. — O.A.T. suppurée et ouverte du coude. Guérison (Personnelle). — Enfant âgée de 12 ans. Entre salle Giraldés le 15 mars 1892. La lésion date de 5 mois et a évolué progressivement vers la suppuration.
A l'entrée de la malade on note un gonflement énorme de la région du coude au niveau de l'épicondyle et empiétant sur la face postérieure du coude.
11 est dû à un abcès volumineux encadré de fongosités qui se prolongent en arrière. Les mouvements articulaires sont douloureux, mais assez bien conservés. Rien à la partie interne de l'articulation. Pas de craquements articulaires dans les mouvements. Rien dans les vicsères.
18 mars. Incision de l'abcès qui est vidé. Grattage d'un petit point osseux huméral, injection de ZnCl. tout autour des fongosités. A partir de ce moment celles-ci disparaissent en totalité.
La plaie guérit rapidement en 15 jours et les mouvements réapparaissent très vite. L'enfant sortit complètement guérie en juillet. Nous avons eu des nouvelles de la malade depuis sa sortie de l'hôpital^ la guérison s'est maintenue.
Obs. 5. — Tuberculose suppurée du coude. Quatre séries d'injec-
Méthode sclérogène pure ou combinée.
iio7is. Troubles passagers dans la sphère du nerf cubital. Guérison avec anhylose partielle (Perlis). — L... Pnul, 3 ans. A 15 mois, l'enfant a eu une première fois mai au coude gauche pendant quelque temps, mais le mal a disparu complètement,
En mars 1891, un abcès froid survient au niveau du cubitus, à 4 cent, du sommet de l'olécràne ; il est considéré comme indépendant de l'articulation ; ouverture, grattage, pansement avec de la glycérine créosotée, l'abcès se trouve en bonne voie de cicatrisation, lorsque le coude gauche se met à augmenter rapidement de volume en juillet 1891 ; en quelques semaines on se trouve en présence d'une tumeur blanche de mauvaise allure. Le coude est déformé, la peau rouge, le pli du coude complètement effacé et tout mouvement impossible.
2 séries d'injections sont faites au mois d'août et un mois plus tard, la peau est normale, le coude a bien diminué, mais les progrès paraissent arrêtés. Le cubitus est tuméfié dans son 1/3 supérieur.
17 septembre. Grand nombre de piqûres, réaction beaucoup plus intense que les premières fois, suivie au bout de 6 jours d'un changement considérable, le coude peut être fléchi à 135" et l'enfant a de la tendance à se servir de sa main.
9 novembre. 10 injections de II gouttes sur le cubitus. Dans l'espace d'un mois, la circonférence du coude perd 3 cent, la listule se cicatrise et l'on peut fléchir le coude à angle aigu sous chloroforme. A partir de ce moment, depuis un an, la guérison s'est maintenue, mais les mouvements imprimés, le massage, l'électrisalion des muscles atrophiés ne sont pas arrivés à rendre au membre toute sa mobilité; actuellement l'enfant qui arrivait, il y a quelques mois, à embrasser à grand'peine le dos puis la paume de sa main, réussit à saisir le lobule de son oreille gauche ; il est vrai qu'il sait admirablement se servir du poignet et de l'épaule pour suppléer aux mouvements du coude. Il se sert volontiers du liras gauche et on lui apprend à manger de la main gauche. Le coude est très |)cu déformé, le cubitus un peu plus gros que celui du côté sain; la peau est absolument normale. Il y a une élévation de température du coude, faihle, mais appréciable à la main. Notons un accident curieux survenu il y a un an : on janvier 1892, le petit doigt et l'annulaire se sont fléchis graduellement; l'extension en était rendue impossible par la douleur. Rien d'anormal ne fut constaté au niveau de la portion épilrochléenne du nerf cubital ; la sensibilité ne parait pas avoir été intéressée, car le petit malade criait à la plus légère piqûre, comme c'était d'ailleurs son habitude à un simple examen. La contracture des llécliisseiirs disparut au bout de deux mois et fut remplacée par une parésie de ces muscles qui ne dura également que deux ou trois mois, il n'y en a plus de trace actuellement.
Obs. 6. — • Tuberculose non supputée du coude à marche rapide. Une série d'injections. Amélioration (Perms). — L..., Eugénie, 5 ans 1/2. Tulterculose grave dans la famille. L'enfant fait un premier séjour àl'hôpital, de mars à mai 1891, pour une ostéite tuberculeuse du gril métacarpien ; le mal est à évolution rapide, quatre métacarpiens sont envahis. Grattage, cicatrisation.
Le 12 juin 1891, l'enfant revient avec une arthrite du coude du même côté
Observations.
(droit), arthrite qui a la même marciie que celle que l'on avait constatée à la main. Le coude est fort douloureux, volumineux mais non suppuré comme l'était le gril métacarpien. Une angine diphtéritiqne vient à ce moment compliquer la situation et rend tout traitement actif de l'arthrite impossible. A la fin d'août, l'enfant est guéri de la diphtérie, le coude pendant ce temps a beaucoup empiré.
Fin août. Une série d'injections de chlorure de zinc. En septembre la diminution de la tnmeur est sensible, l'enfant commence à se servir de sa main ; en octobre le coude indolent est ankylosé dans l'extension ; il est facilement mis à angle droit sous chloroforme ; l'enfant a été suivie pendant un mois encore ; le coude n'a pas changé pendant ce temps ; il est encore indolent, tuméfié et un peu chaud.
Obs. 7. — Tuberculose suppurée du coude. Une série d'injections. Amélioration (Perlis). — V..., Marie, 8 ans. Arthrite tuberculeuse du coude droit depuis près d'un an, traitée sans succès par les pointes de feu.
Août 1891. Le coude est tuméfié, très chaud, partout douloureux à la pression. Un abcès gros comme une amande se trouve en arrière de l'épicondyle. Le ganglion épitrochléen est volumineux et dur, les ganglions axillaires droits sont plus gros que les ganglions gauches. Les mouvements sont limités pour la flexion à 90°, pour l'extension à 140 ; la supination est très limitée- Fin août 1891. Une série d'injeciions autour de l'articulation. Quinze jours après on constate la disparition presque complète de la sensibilité à la pression, l'abcès paraît résorbé et le volume du coude a visiblement diminué. Décembre 1891. Pas de nouveau progrès; l'enfant est perdue de vue.
Obs. 8. -- Tuberculose non suppurée du coude ; 2 séries d'injections de chlorure de zinc ; amélioration très passagère. Injection de Luton. Guérison depuis deux mois (Perlis). — G..., Camille, 6 ans. A l'âge de 3 ans l'enfant a eu une ostéite tuberculeuse du deuxième métatarsien, rapidement guérie à la suite d'un grattage. L'enfant est amenée à la consultation un mois environ après le début d'une arthrite du coude droit. L''articulation est tuméfiée et chaude, le cubitus très épaissi dans l'étendue de 3 cent. Les mouvements de flexion et d'extension sont limités.
14 mai 1892. l'"^ série d'injeciions : 10 piqûres de IV gouttes. Tuméfaction consécutive notable ; la circonférence du coude au niveau du bec de l'olécrâne est de 18 cent, contre 15 du côté sain ; l'enfant a beaucoup souffert ; au bout d'un mois le volume du coude a bien diminué, le bras est maintenu fléchi, mais les choses restent ainsi sans nouveau progrès pendant quinze jours.
Fin juin. 2e série d'injections : 10 piqûres de II gouttes seulement à cause de l'intensité de la réaction consécutive à la première injection. Etat stalionnaire pendant deux mois, puis aggravation rapide.
Le coude est tuméfié, les mouvements impossibles, immobilisation dans l'extension, de plus l'état général, jusqu'alors bon, change visiblement ; à la fin de
Méthode sclérogène pure ou combinée.
septembre l'enfant ne se nourrit plus, maigrit, souffre du coude au moindre contact et finit par s'aliter.
5 octobre 1892. Une injection de Luton dans la fesse (0,75 centigr. d'une solution d'acéto-phosphate de cuivre à 1 0/0 dans de la glycérine). A la suite de cette injection l'enfant est bien souffrante pendant trois jours, sans sommeil, agitée, se plaignant de la fesse, mais ne s'occupant plus de son coude. Au bout (le luiit jours un mieux sensible se manifeste; vingt jours après l'injection, l'enfant est complètement changée, il reprend de la nourriture, le coude gagne quelques mouvements petit à petit.
Fin novembre. L'enfant fléchit spontanément à angle droit et se sert volontiers de son membre.
Décembre 1892. Le mieux s'accentue encore, l'extension est complète, la flexion spontanée à angle droit, la flexion imprimée à angle aigu. Le coude est toujours un peu plus gros et plus chaud que celui du côté sain.
Obs. 9. — Tuberculose du coude; une série d'injections; pas d'amélioration (Perlis). — M'"" l..., 32 ans. atteinte d'une arthrite du coude gauche consécutive à une entorse ; plusieurs poussées aiguës. Depuis six mois, augmentation notable du volume du coude, douleurs insupportables, tuméfaction des parties voisines. Petit abcès froid, gros comme une amande, derrière l'épicondyle. Le coude est fléchi à angle obtus, immobile.
2 mars. 6 injections de IV gouttes. Douleurs très vives, tuméfaction énorme du coude et de l'avant-bras, oîdème de la main, mais cette réaction calmée, il n'y a aucun résultat, sauf une diminution de la sensibilité qui ne dure pas. Deux mois après, on applique un appareil de Suchard. Dès le lendemain, les douleurs diminuent; au bout d'un mois, la malade ne souffre plus. Quand on enlève l'appareil après six semaines, le coude est presque indolent, ankylosé à angle droit.
Obs. 10. (Résumée.) — 0. A. T. du coude non supputée. Guérison. (Malade de M. Prengrueber.) Note due à l'obligeance de M. Thévenard, interne du service. — Jeune femme, 25 ans environ. Arthrite tuberculeuse du coude, aflection du coude datant de plusieurs mois. Fongosités abondantes en arrière et en dedans. Douleurs, impotence fonctionnelle absolue. Cinq, séances d'injection de chlorure de zinc au 1/50 de 4 piqûres à chaque fois de 2 gouttes chacune, l'"'^ piqûre, 25 février 1892. Réaction violente, rougeur et chaleur de la région, douleurs aiguës qui durent 2 jours environ. 39° tempér. Les autres séances ont été faites de 3 semaines en 3 semaines. La réaction diminuait à chaque séance d'injection.
Revue le 14 juillet. Coude complètement guéri, plus de fongosités, les mouvements ont reparu en grande partie.
Obs. 11. — O.A.T. supputée du coude. Guérison (David). — Le Moal (François), 21 ans, matelot, entre à l'hôpital le 25 janvier 1892 pour arthrite
Observations.
Ju coude droit. Aucun antécédent héréditaire. Deux entrées antérieures à l'iiôpital pour pleuro-pneumonie et bronchite. On constate au niveau de l'olécràne droit, une petite tumeur mal limitée, empâtée, rouge, avec fausse fluctuation. Premier traitement par les émollients et la cautérisation ponctuée. Dans les premiers jours d'avril, on incise la tumeur et on reconnaît une carie de l'olécràne. Traitement par le grattage, le drainage et pansement à la vaseline iodoformée.
Jusqu'au 21 juillet la région est incisée et grattée à différentes reprises, sans amélioration.
Le 21 juillet, le malade est chloroformisé. L'olécràne et la cavité coronoïde sont évidés à la curette tranchante. Pansement antiseptique. Le bras est immobilisé dans la flexion à angle droit.
Les jours suivants, la plaie se cicatrise lentement. Le stylet dénote toujours de la dénudation osseuse. Les tissus sont excessivement mous : la suppuration est très abondante.
Le 21 août, on commence à entourer la face postérieure de l'articulation par des injections de chlorure de zinc. On débute ce jour-là par II gouttes. Pansement avec vaseline iodolormée et ouate.
Les 23, 25, 27, 29 et 31, injections de VI gouttes.
Le 2 septembre, les tissus sont beaucoup plus formes. La cicatrice marche à grands pas. On n'a plus au stylet de contact osseux. Septième injection de V gouttes.
Le 4 et le 6. Injection de VIII gouttes. Peu de jours après la cicatrisation est complète, les mouvements du bras, encore restreints, ne sont pas douloureux.
Le 28. Le malade a fait la veille, malgré défense, des molivements violents avec son bras. On constate ce matin l'ouverture d'un petit trajet tistuleux au-dessous de la pointe de l'olécràne. Il en sort une gouttelette de liquide huileux. Incision du trajet au bistouri.
Le 29 et le 1" octobre on fait une injection de X gouttes.
Les 4, 6, 8, injections de XII gouttes, en triangle autour de l'incision.
Aujourd'hui 12 octobre, la cicatrisation est presque complète. Les tissus environnants sont pres((ue indurés. Ceux où ont été laites les premières injections reprennent peu à peu leur consistance normale. Au moment où a été commencée la deuxième série d'injections, le bras, après chacune d'elles, a été entouré de ouate et immobilisé dans une écharpe de Mayor. Les injections ont été douloureuses, et les douleurs ont duré parfois plus de douze heures.
Actuellement les mouvements sont indolores. La flexion se l'ait dans une assez grande étendue, puisque le malade porte sans aucune difficultés la main droite sur l'épaule opposée et derrière sa tête. L'extension est plus restreinte, mais elle lend chaque jour à se développer davantage.
Ous. 12. — 0. A. T. suppurée du poignet. Guérison. Quénu. Société de cliir., 1892, p. 378. — Malade âgée de 68 ans. Dislocation des articulations du carpe par destruction des ligaments, fongosilés, trajets flstuleux, suppuration abondante à la face dorsale.
Méthode sclérogène pure ou combinée.
L'all'eclion datait de 18 mois. Avant de faire l'ainpulation M. Qiiémi essaie les injeclions de M. Lannelongue.
On (it 5 séances d'injection à un mois d'intervalle. En octobre, le gontli'nient et la suppuration disparaissent. Cicatrisation complète en décembre. Actuellement plus de douleurs. Gène fonctionnelle. Les lésions T. sont guéries, mais le membre est impotent.
Obs. 13. — Arthrite tuberculeuse du poignet droit traitée par des injections de chlorure de zinc chez un sujet atteint de coxo-iuberculose double et d'arthinte tuberculeuse du coude gauche. Guérison. Observation due à l'extrême obligeance de M. Ménard, chirurgien de l'hôpital maritime de Berck-sur-Mer. — D. V..., garçon, 8 ans, venu à Berck en mai 1892.
Cet enfant est atteint d'une coxo-tuberculose double, d'une arthrite tuberculeuse du coude gauche et d'une tuberculose du poignet droit.
Ces arthrites sont apparues dans Tordre suivant: Après une scarlatine survenue en janvier 1891, les premiers symptômes de la coxalgie gauche se sont montrés en juin 1891 ; ceux de la coxalgie droite en octobre de la même année.
L'arthrite du coude gauche n^a été reconnue qu'au mom'ent de l'arrivée à Berck ; l'arthrite du poignet durait déjà depuis le mois d'octobre 1891.
Nous ne voulons insister ici que sur l'arlhrite du poignet. 11 suffit pour le reste de dire que les deux coxalgies, toutes deux compliquées d'une ascension notable du grand trochanter et d'abcès en juillet 1892, sont aujourd'hui en voie de guérison. Les abcès sont résorbés à la suite de ponctions répétées. L'arthrite du coude paraît aujourd'hui guérie à la suite d'une immobilisation prolongée. L'état général misérable au commencement du séjour à Berck est devenu excellent depuis.
Lorsque j'ai vu le malade pour la première fois, le poignet droit était le siège d'une tuméfaction accentuée surtout sur la peau dorsale. Cette tuméfaction, dont le volume rappelait celui de la moitié d'un œuf de poule, recouvrait le carpe et envahissait au-dessus l'avant-bras et au-dessous le métacarpe. Sa consistance mollasse sans fluctuation proprement dite, étant celle des fongosités.
Ayant à me préoccuper d'abord des coxalgies et ne jugeant pas à propos de faire subir à un pareil malade plusieurs opérations rapprochées, je me suis contenté d'abord d'immobiliser le poignet sur une gouttière en gutta percha jusqu'au mois d'août.
Le 9 août 181^2, je pratique dans le poignet une série d'injections pour lesquelles j'ai employé 2 grammes de solution de cblorure de zinc au dixième. Le poignet était en quelque sorte infiltré du côté de sa face dorsale et sur ses parties latérales par la solution de chlorure de zinc. L'opération est faite sous le chloroforme. La douleur consécutive est extrêmement vive et dure deux jours. Ensuite elle se calme progressivement. Un épanchement sanguin considérable sous la peau se produit spontanément après l'opération et recouvre le poignet la plus grande partie du dos du métacarpe et le tiers inférieur de l'avant-bras en arrière. Aucune réaction fébrile ne se produit.
Au bout de quinze jours l'épanchement sanguin est ponctionné avec un trocart et vidé complètement. La cavité de l'hématome est lavée avec une solution
Observations
phéniquée. Enfin j'injecte quelques grammes de naphtol camphre qui sont abandonnés dans la cavité. La plaie de la ponction est fermée avec le oollodion.
Quatre jours plus tard la collection s'ouvre par l'orifice de la ponction, je la vide de nouveau et je fais un nouveau lavage phéniqué. La suppuration consécutive est nulle, mais la petite plaie met 15 à 20 jours à se fermer.
Dès cette époque l'amélioration du poignet était très sensible la douleur était devenue à peu près nulle, les fongosités semblent avoir disparu complètement. Cependant dans le courant de novembre quatre petits abcès se collectent lentement sans aucune douleur, un directement sur le dos du poignet, un sur l'avantbras, deux sur le dos du carpe.
Le 28 décembre 1892, ces abcès sont traités par l'incision et le curettage en une seule séance, le malade étant endormi; seul l'abcès situé au niveau du poignet est en rapport avec un os malade, la curette extrait à son niveau de petits grumeaux osseux plutôt qu'un véritable séquestre. Les trois autres abcès exclusivement sous-cutanés sont réunis par première intention sauf la place d'un très petit drain. Au bout de huit jours leur cicatrisation est complète l'abcès en rapport avec le poignet laissé ouvert et bourré de gaze iodoformée s'est cicatrisé en moins d'un mois sans laisser aucune fistule.
Actuellement on ne trouve aucune trace de fongosités dans le poignet, on ne découvre aucun point douloureux. Les mouvements de flexion et d'extension sont possibles quoique faibles, les muscles de l'avant-bras étaient profondément atrophiés; les mouvements de flexion et d'extension des doigts sont partiellement possibles, les deux dernières phalanges de chaque doigt se fléchissent et s'étendent; la première phalange seule ne peut se fléchir.
Le poignet sera maintenu immobilisé pendant quelques mois, avant de permettre à l'enfant d'en reprendre l'usage.
Mais dès maintenant la guérison n'est plus qu'une question de temps. Les fongosités ont disparu depuis plus de trois mois, les petits abcès qui se sont produits contiennent un pus épais, crémeux, mais pas de fongosités.
Nous avons observé des abcès semblables sur d'autres malades soumis à la méthode des injections de chlorure de zinc Ils nous ont paru être en rapport plutôt avec les injections elles-mêmes,, la plupart du moins, qu'avec l'aft'ection tuberculeuse.
Obs. 14. — Ostéo-arthrite tuberculeuse du poignet droit non suppurée. — Guérison par sclérose (Coudray). — M"" Lepl..., 12 ans. Rougeole en août 1891 et pendant le cours de cette affection, douleur légère dans le poignet droit. Il y aurait eu en même temps des douleurs dans les deux poignets au moment de la rougeole, puis gonflement très marqué du poignet droit. Immobilisation très relative avec une attelle en bois, quatre vésicatoires. État actuel, 26 décembre 1891 : notable gonflement du poignet qui a perdu sa forme ; il est devenu arrondi, le gonflement siège surtout un peu au-dessous du poignet sur la face dorsale. Il existe sur cette face dorsale une masse fongueuse aplatie qui s'étend depuis le niveau transversal de deux centimètres au-dessus de l'interligne, à l'extrémité postérieure des métacarpiens. Masse
Méthode sclérogène pure ou combinée.
très molle située entre les tendons existant aussi en dehors au niveau de l'interligne, mais en avant les fongosités ne sont pas apparentes. Os : le radius, à son extrémité inférieure, est manifestement augmenté de volume et douloureux; le cubitus parait sain; les os du carpe ne sont pas douloureux. Altitude : main en flexion légère. Mouvements : flexion possible, extension nulle, la main peut à peine être redressée. Amaigrissement de l'avant-bras.
26 décembre. 10 piqûres de 2 gouttes de la solution au 10", 4 sur le radius, 1 sur l'articulation radio-cubitale du côté du cubitus. Les piqûres sont surtout faites sur la face dorsale, 2 sur la face palmaire.
Le 27. Gonflement occupant toute la région dorsale du poignet descendant sur le carpe et jusqu'à la partie moyenne du métacarpe d'aspect œdémateux ; mais dureté profonde, peu de douleur.
Le 29. Gonflement encore très marqué ; rougeur à la face antérieure du radius; sensibilité un peu partout, surtout au niveau du radius.
2 janvier. Le gonflement a notablement diminué, la rougeur a disparu, l'œdème presque nul; la douleur devenue minime. Compression avec l'amadou et les bandelettes.
Le 15. Gonflement presque nul, il reste seulement une petite tuméfaction sur l'interligne dorsale, la douleur a complètement disparu sur le radius. Compression. Le poignet a une tendance à la flexion. Petit appareil plâtré.
l"^'' février. Plus de douleur, le gonflement fongueux dorsal a disparu, mobilité de l'extrémité inférieure du cubitus.
Depuis lors la petite malade dont l'état local est resté parfait a été soumise à l'électricité et au massage. Les mouvements ont gagné en étendue. Mouvements provoqués, faits avec prudence et progressivement.
En janvier 1893, guérison confirmée. Mouvements assez étendus.
Obs. 15. — Tuberculose du poignet gauche non suppurée. — Gué-, rison (Coudray). — D... Garçon, 19 mois. Vu le 2 février 1891. Début apparent il y a 2 mois. Gonflement du poignet sans douleur; s'est servi de la main jusqu'à ce moment. Etat local : main en flexion marquée, gonflement accusé du poignet surtout dans la région carpienne, tuméfaction limitée au niveau de la 2" rangée du carpe plus près du bord externe que du bord interne, fausse fluctuation due sans doute à des fongosités très molles plutôt qu'à un abcès. Les os de l'avant-bras ne paraissent pas intéressés. En résumé les lésions semblent être les suivantes : du côté du carpe, ostéite avec fongosités surtout carpiennes et fongosités des gaines des extenseurs.
6 février. Chloroforme. Injections au chlorure de zinc, 7 piqûres de la solution au 1/10, 12 à 14 gouttes en tout. 2 sur l'extrémité inférieure du radius, une au niveau de l'articulation radio-cubitale inférieure, 1 sur le cubitus, 3 sur la face dorsale du carpe.
Le 8. Gonflement assez considérable du dos de la main et de l'avant-bras, sorte d'œdème dur ne laissant pas l'empreinte des doigts; l'articulation est maintenue par un appareil plâtré.
Le 12. Le gonflement a persisté : l'appareil malgré l'absence de pression a déterminé des phlyctônes.
14. La tnméfaction dure, œdémateuse persiste dans la région dorsale du métacarpe. Tnméfaction fluctuante de la face dorsale du carpe et du poignet sans rougeur de la peau. On pense qu'il s'agit d'un épanchement sanguin. Compression ouatée.
Le 18. Fluctuation moins étendue; gonflement diminué, compression avec atnadou et diachylon.
22 mars. La compression a été renouvelée tous les 4 ou 5 jours néanmoins la fluctuation persiste encore au niveau des gaines dorsales au-dessus du poignet.
Le 31. Incision du foyer et grattage. On trouve un liquide bématique avec caillots ainsi qu'un bloc caséeux. Drainage.
!<'>■ mai. Cicatrisation à peu près complète, cependant il persiste toujours une petite fistule.
l""!' juillet. Cette fistule ne s'étant pas fermée par les moyens ordinaires (teinture d'iode et nitrate d'argent), on enlève à la curette tranchante les tissus qui limitent un petit foyer de 1 cent. 1/2 de profondeur, au fond duquel on ne trouve pas d'os malade. Tout le reste de l'articulation est dur et résistant. La guérison complète semble devoir s'eflectuer en quelques semaines.
En novembre 1892 la guérison était parfaite car les mouvement étaient presque normaux.
Obs. 16. — 0. A. T. suppurée de poignet droit. Mor't de T. pulmonaire avant que le traiternerit par la méthode de sclérogène ait pu agir sur la T. articulaire. — Jeanne Dubois, rue Binou, âgée de 14 ans. Malade du servive de M. Logroux. Entrée cbez M. Legroux pour une bronchite avec laryngite qui durait depuis environ un an. Crachats abondants. Ostéoarthiite tuberculeuse du poignet droit. Le début de cette affection remonterait à environ 3 mois d'après ce que dit la malade. Depuis l'entrée à l'hôpital M. Legroux a appliqué à 4 reprises des pointes de feu sur la face dorsale du poignet. Le poignet n'a pas été comprimé ni complètement immobilisé.
Toute la région du poignet est le siège d'un gonflement beaucoup plus manjué en arrière qu'en avant et qui s'étend en arrière depuis le niveau de la tête du cubitus en haut, jusqu'à l'extrémité supérieure du métacarpe en bas et même sur les métacarpiens.
En avant la partie supérieure de la paume de la main est le siège d'un empâtement profond, et le gonflement remonte jusqu'à 4 centimètres au-dessus du pli du poignet. Sur la face dorsale on sent une masse volumineuse, mollasse, mais non fluctuante, formée de fongosités sans collection purulente apparente. En avant à la partie supérieure des 2 gaines des fléchisseurs on sent aussi des masses mollasses formées par des fongosités. Amaigrissement considérable des masses musculaires du bras et de l'avant-bras. Mouvements des doigts conservés mais sans aucune force. Ni la flexion, ni l'extension ne sont complètes. Les mouvements de la main sur l'avant-bras sont abolis. Mouvements anormaux de
Méthode sclérogène pure ou combinée.
liiloralité Irèa étendus. Toute la région de l'avant bras semble tuméfiée du côté du [joignot surtout du côté du radius. Les ganglions épitrochléens et axillaires sont à peine sensibles.
10 décembre. Injection de chlorure de zinc au 10«; 5 à la partie dorsale; 2 en haut; 3 en bas ; 3 à la lace antérieure dont 2 en dehors et i en dedans.
Le 18. Réaction intense, gonflement, rougeur, dilatation du réseau veineux sous-culané.
Le 22. Les fongosilés de la face dorsale de la main se sont abcédées ; fluctuation des plus nettes, ponction par aspiration, compression.
11 novembre. Malgré la compression continue exercée sur le poignet depuis la ponction, la cavité de l'abcès est remplie de nouveau, mais, cette fois-ci non plus d'un liquide purulent, mais d'une sérosité sanguinolente. On retrouve des caillots dans la cavité ; depuis état satisfaisant.
L'état pulmonaire s'aggrave et emporte le malade.
L'articulation du poignet présentait àl'autopsie tous les caractères d'une O.A.T. nous dirons cependant qu'il y avait peu de liquide interstitiel et que tous les tissus injectés étaient secs, adhérents entre eux grâce à du tissu cellulaire résistant.
Obs. 17. — 0. A. T. suppurée du poignet. Guérisnn (Lannelongue). — Le nommé F... Joseph, âgé de 11 ans. Entré le 26 juin 1891. Salle Giraldès, lit n° 41 bis. Ostéo-arlhrite tuberculeuse du poignet droit suppurée et non ouverte. Père et mère bien portants. Deux sœurs mortes de la rougeole. Le pelit malade a eu aussi la rougeole à 9 ans. Peu de jours après la guérison de celte atl'ection on remarque un gonflement du poignet droit, gonflement limité alors à une portion seulement de la face dorsale. Ce gontlement n'a fait que s'étendre depuis, mais il n'aurait été accompagné de douleur qu'il y a un mois environ. C'est à ce moment que souffrant beaucoup il a dû cesser tout travail.
Etat actuel. — Eu arriére ce gonllement convexe dans tous les sens du poignet est très accusé. Il elface les plis normaux de la peau et ne permet pas de reconnaître même quand la main est en pronation, la saillie de l'extrémité inférieure du radius. La limite supérieure correspondant au 1/4 inférieur des os de l'avantbras est marquée par un bourrelet qui fait sur les parties voisines une saillie de un demi-centimètre au moins. Sa limite inférieure située à l'union du 1/3 supérieur du métacarpe avec son 1/3 moyen est formé par un bourrelet qui surplombe le métacarpe de plus d'un centimètre. Dans toute cette étendue la peau est soulevée par de très abondantes fongosités qui la distendent fortement ; les fongosités remplissent de môme les gaines synoviales des tendons extenseurs. Elles sont très molles et en voie de s'alicéder.
En avant, la limite supérieure des fongosités est à peu près la même, mais le gonflement qu'efle détermine descend dans toute la paume de la main. L'éminence hypolhénar ne dépasse pas le plan de la partie moyenne de cette région. L'éminence thénar ne fait qu'une saillie à peine accusée; main en forme de battoir. De plus au niveau du poignet prés du bord externe se trouve un abcès du volume d'une noix, aplati mais manifestement fluctuant.
Observations.
Les berds du poignet sont très élargis ou pour mieux dire n'existent pas à proprement parler, le gonflemenl ayant donné à l'ensemble de la région une foime cylindiiijue dans la(|uelie il est difticile de faire la part de ce qui appartient aux faces antérieures, postérieures et latérales. Douleur à la pression surtout accusée au niveau de l'extrémité inférieure du radius et particulièrement dans les points qui correspondent à l'abcès ci-dessus mentionné.
Le malade ne peut faire lui-même aucun mouvement si peu accentué que ce soit de la main sur l'avant-bras. Les mouvenieiils provoqués n'ont pour ainsi dire pas de limite aussi bien dans le sens latéral que dans celui de la flexion ou de l'extension. Mouvements des doigts perdus, pas de flexion. Pas de ganglion épitrocbléen. Les ganglions de l'aisselle sont engorgés, nombreux, variables comme volume d'un gros pois à un gros baricot. Les ganglions axiUaires du côté oppose sont également pris; l'un d'eux est [)articulierement énorme, comparable à une très grosse amande.
Les régions caiotidienne, sus-claviculaire et la partie inferieuie de la région parotidienne des deux cotés sont également remplies de ganglions, tous durs et nettement séparables les uns des autres, mais assez nombreux pour ne laisser presque entre eux aucun espace. Ils glissent facilement soûs les téguments et sur les tissus sous-jacenls. On trouve enlin derrière la parotide, au niveau de l'angle de la mâchoire, une cicalrice provenant d'une ancienne gomme tuberculeuse ulcérée.
2 juillet. Ponction de l'abcès, lavage à l'eau stérilisée. Injections de ZnCl solution au 1/10; 6 en arrière; 3 sur le bourrelet supérieur; 3 sur le bourrelet inférieur; 3 en avant sur le côté interne près de l'interligne radio-carpien.
Le 18. Sur la face dorsale du carpe existe encore une petite masse un peu molle plus grosse qu'une pièce de deux francs, la consistance est plus nette.
lu octobre. Il existe sur la face dorsale en dedans et en haut un point fluctuant gros comme une noisette remarqué depuis 8 jours. Incision, pus. Sur la face antérieure se montre un gonflement de même volume, mais moins nettement fluctuant.
Le 20. Réunion de l'abcès incisé. Incision du petit abcès antérieur dont le volume était égal à celui d'une noisette environ et qui se trouvait manifestement fluctuant.
Le 27. Il reste une fistulelte au niveau de l'ouverture du petit abcès.
3 novembre. Cicatrisation complète.
Le 18. Il s'est formé un nouveau petit abcès semblable comme volume et comme forme aux précédents, très superficiel.
Le 25. L'abcès s'est ouvert spontanément ; pansement iodoformé.
25 décembre. Du côté de la face dorsale on sent les gaines synoviales transformées qui sont plus grosses et plus dures; du côté de la face palmaire on ne sent rien que l'adhérence de la peau aux parties profondes dont le volume a seu-" lemcnt diminué.
Les muscles de l'avant-bras sont encore un peu mous, mais ils tendent à prendre leur consistance normale. 11 en est de même des muscles de la main qui est en voie de perdre la forme de battoir qu'elle présentait jusqu'ici. La main exécute
Méthode sclérôgène pure ou combinée.
sur l'avant-bras les mouvements de flexion presque jusqu'à l'angle droit, dans rartii'iilation radio-carpienne et dans la medio-carpienne. Revu en janvier 1893. La guérison se maintient (V. Pl. III).
Obs. 18. — 0. A. T. du poignet suppurée et ouverte .Guérison. (Lannelongue). — La nommée Ph..., Loonline, faubourg St-Antoine, 187, âgée de 24 ans. Lésions multiples du poignet et du carpe avec ulcérations de la face dorsale suppurantes, avec abcès delà face palmaire du poignet ouvert et suppurant. La main est en flexion très accusée ; il existe une véritable subluxation du poignet en avant, et un gonllement très saillant à la face dorsale. L'avant-bras, les éminences thénar et hypolhénar sont très aliopliiées. Le poignet n'a aucun mouvement, on voit des cicatrices multiples résultant des dernières opérations qui ont été pratiquées à l'hôpital St-Lonis (grattage des os).
Ici les injections ne peuvent avoir d'autres effets que d'aider le traitement chirurgical; cureltage des trajets fistuleux qui présentent des fongosités multiples et suppurantes.
14 décembre 1891. Injections de ZnCl. Face dorsale 6 ; 3 en haut, 3 en bas; face palmaire 7 ; 4 en haut, 3 en bas.
20 janvier 1892. Ablation des séquestres par deux incision;', l'une antérieure et l'autre ■postérieure.
2 mars. Actuellement il y a quelques mouvements dans l'articulation, atrophie toujours très marquée des nmscles. Electrisation.
5juillet. Etat général aussi bon que possible, l'avaut-bras malade est revenu presque au même volume que le membre sain, plus trace de listules, les mouvemenls reviennent petit à petil, le malade peut saisir et tenir n'importe quel objet avec la main malade.
Obs. 19. — O.A. T. des et 5« métacarpiens. Guérisou (Personnelle). — M..., âgée de 12 ans. Père et mére bien portants. L'anémie de reniant s'est accentuée l'année dernière au moment de l'apparition des règles. Bronchite au mois de janvier 1891.
Début. — La main droite, au mois d'avril 1891, présente vers la partie supérieure du 4'' métacarpien une petite tumeur qui s'est développée peu à peu sans cause appréciable.
État actuel, 24 lévrier 181)2.— On constate au niveau de la partie médiane des 4^ et 5* métacarpiens, une grosseur du volume d'un œuf de pigeon surélevée de 2 centimètres, au centre se trouve un abcès. Fongosités sur tout le pourtour de cet abcès. Les articulations du carpe avec le métacarpe sont saines. Le point osseux le plus douloureux siège au niveau du milieu du 4" métacarpien, atrophie des muscles de la face dorsale de l'avant-bras.
■ 24 février 1892. 10 injections de 3 gouttes chacune, sur toute la périphérie, sous le chloroforme. Réaction assez marquée.
27 mars. Un petit épanchement qui était sanguin a été ponctionné et on en retire à peu près dèux seringues de Pi'avaz d'un liquide sanguinolent et brunâtre. Depuis, la guérison est survenue et s'est maintenue.
Observations.
Obs. 20. — O.A. T. suppiirée du poignet. Guérison (Bilhaut). — Enfant âgée de 22 mois. La face dorsale de la main est occupée par une tumeur fluctuante et longueuse. Injection de naplitol campiiré etd'acide lactique. Grattage du foyer osseux. Etat stationnaire. Injection de ZnCI en deux piqûres Réaction viveà partir de ce moment. Guérison rapide. Les mouvements articulaires reviennent peu à peu et sont presque normaux 4 mois après l'injeclion,
Obs. 2L — (Résumée). — Spina-venlosa ulcéré. Abcès sous-cutané de Vuvant-bras. Amélioration (Personnelle). — E. L..., âgé de 3 ans. La lésion date de deux mois. Le doigt est énorme, tuméfié, fongueux. Les fongosités ont envahi la synoviale du tendon fléchisseur.
Le 21 mars 181)2. 1''' séance d'injection qui détermine une vive réaction. Celle-ci se calme les jours suivants. Mais la suppuration ne tarit pas. Grattage de foyers osseux le 20 avril. A partir de ce moment. Amélioration progressive.
En juin il persiste encore une petite fistule mais la guérison est certaine. L'enfant n'a pu être suivi.
Obs. 22. — Spina-venlosa ulcéré. Guérison lente (Personnelle). — Léontine T..., âgée de 6 ans 1/2. L'affection date d'un ans. L'index gauche est énorme. Les mouvements, entre les phalanges, sont nuls et Irès douloureux.
Le 15 mars 1892, 1''^ injection qui détermine deux eschares quoique la solution soit à 1/20. Réaction très vive qui détermine une augmentation momentanée de la suppuraiion. A partir de ce moment, le doigt alla en diminuant progressivement.
En juillet, il n'y avait plus qu'une petite fistule.
Obs. 23. — Spina-venlosa ulcéré et fistuleux. Guérison lente (Personnelle).— M. G..., âgée de 3 ans. Spina-ventosa de l'annulaire datant de trois mois et siégeant sur l'annulaire, au niveau de la l'"^ et de la 2« phalange. Le 31 mars 1892. Séance d'injection qui détermine un gonllement très marqué et augmente la suppuration. Le 12 avril, formation d'un petit abcès au-devant de la l''" phalange. Incision, grattage. Amélioration évidente à partir de ce moment.
En juillet, il y avait cependant encore une petite fistule, insignifiante il est vrai.
Obs. 24. — Ostéite T. dumétacarpe. Deux séries d'injections. Deux grattages. Guérison (Perlis). — L... Georges, 7 ans. Depuis avril 1890, tuméfaction considérable du dos de la main, abcès du volume d'un œuf de poule. Traitements divers y compris un grattage de juillet en octobre 1891, sans succès notable.
12 octobre 1891. — Première série d'injection : 7 piqûres de IV g. Réaction très vive suivie d'une amélioration rapide. Extraction de petits séquestres.
1er octobre 1892. Deuxième série d'injections : 5 piqûres de IV g. L'amélioration continue mais il persiste une listuletle jusciu'en juillet 1892, quand l'extraction d'un dernier séquestre amène la guérison définitive.
16 novembre 1892. L'enfant est revu, la guérison se maintient parfaite. Il
Méthode sclérogène pure ou combinée.
y a, au niveau du 1" et du 2« métacarpien, deux petites cicatrices solides, blanches.
Obs. 25. — Ostéite suppurée du 4^ métacarpien. Une série d'injections. Amélioration très rapide (Perlis). — L... Maria, 6 ans. Tout le dos de la main gauche est tuméfié. Au niveau du quatrième métacarpien se trouve une ulcération et une fistule conduisant sur l'os dénudé.
30 septembre 1891. Une série d'injections : 4 piqûres de IV g. sur l'os autour de l'ulcération. Au bout de huit jours la tuméfaction diminue notablement et, au bout de trois semaines, la tuméfaction a presque disparu et l'ulcération est presque complètement cicatrisée. L'enfant n'a pas été revu depuis.
Obs. 26. — Spina-ventosa. Une série d'injections. Amélioration passagère; Amputation (Perlis). — A... Maurice, 2 ans. Spina-ventosa de l'index gauche traité dès le début (depuis 9 mois) par des pointes de feu. Au moment où l'enfant se présente à l'hôpital, la phalange seule est atteinte. Les articulations voisines sont indemnes.
Le 10 novembre 1891, on fait une séance de 4 injections de II gouttes chacune aux quatre points cardinaux de la phalange. Réaction très modérée. Au bout de huit jours la circonférence diminue d'un demi-centimètre, mais bientôt l'état du doigt empire rapidement et l'amputation est faite le 18 février 1892.
Obs. 27. — Spina-ventosa. Une série d'injections. Aggravation. Amputation (Perlis). — D... Cécile, 10 ans et den)i. Spina-ventosa du médius avec arthrite suppurée de l'articulation métacarpo-phalangienne datant de quatre mois.
10 novembre 1891. 6 injections de II g. chacune. Douleurs très vives pendant six heures. Les jours suivants augmentation rapide du volume du doigt et de l'étendue de l'ulcération. Amputation le 23 novembre.
Obs. 27 bis. — Mal de Pott lombaire, guérison (Coudray). — ■ Bulletin méd., 1891, p. 735 et 824. Garçon de 13 ans. Gibbosité lombaire, faiblesse dans les jambes. Le l'^r août 1881, 6 piqûres; disparition rapide d"es douleurs; le 3 septembre, 3 piqûres du côté droit du rachis ; le 18 ociobre, toute douleur a disparue, corset plâtré, marche.
Octobre 1892, c'est-à-dire un an après, la marche est facile, le garçon travaille toute la journée à un métier pénible.
Obs. 28. (Résumée). — Mal de Pott cervical fistuleu.x, traité par la méthode sclérogène et Varlhrectomie. Accident opératoire. Mort. — Léonie L... âgée de 15 ans. Entrée le 14 juin 1891. Salle Giraldès, n» 31, mal de Pott de In région cervicale, datant de 3 ans. Plusieurs trajets fistuleux donne issue à une assez grande quantité de pus.
Le 15 février 1892. Grattage de la face postérieure du rachis. Pendant l'opération plusieurs fragments osseux cariés volumineux et irréguliers sont enlevés assez difficilement. Hémorrhagie abondante. Au réveil engourdissement général
Observations.
de la malaiie. Congestion violacée de la face à gauche, dyspnée très grande et mort le même jour.
A l'autopsie on trouve un hémalorachis abondant ; la dure-mère rachidienne a été déchirée par un fragment osseux la moelle déviée à ce niveau et entourée de débris caséeux ne parait pas lésée.
Obs. 29. — Mal de Pott lombaire avec abcès par congestion. Quatre Séries d'injections. Amélioration rapide, persistance d'une fistule iliaque (Perlis). — M..., Lucienne, 3 ans et demi. Le grand-père, le père et quatre frères et sœurs sont morts de tuberculose pulmonaire ou méningée; Lucienne, née à huit mois, élevée dans de mauvaises conditions, présente, dès l'âge de 2 ans et demi, une petite gibbosité lombaire avec abcès ouvert spontanément dans l'aine; elle est traitée par l'inimobilisation simple sur une claie d'osier; la gibbosité au niveau des deux premières vertèbres lombaires augmente un peu, l'empâtement des parties molles s'étend, la pression sur les apophyses est fort douloureuse et la suppuration abondante. L'état général est médiocre ; l'enfant peut marcher, avec une certaine hésitation.
A partir du 5 octobre 1891, 4 séries d'injections de 6, 6, 8 et 4 piqûres sont pratiquées dans l'espace de deux mois et demi, donnant lieu chaque fois à une réaction assez vive. Au bout d'un mois, toute sensibilité à la pression a disparu, ainsi que l'empâtement ; au bout de deux mois, le mal de Pott paraît guéri, l'enfant marche et son état général s'est beaucoup amélioré. La sui)puration, notablement accrue après les deux premières injections, diminue ensuite au point de ne nécessiter qu'un pansement tous les huit jours et encore ne contientil que peu de pus. Actuellement, en décembre 1892, l'enfant marche très bien, mais la fistule n'esi pas tarie. Il n'y a pas de trace de sensibilité au niveau delà gibbosité qui est d'ailleurs très petite.
Obs. 30. — Mal de Polt, au début. Deux séances d'injection (le 18 février et le 3 mars 1892). Guérison (Desguins). — Il s'agit ici d'un enfant de 6 ans, Léopold C..., le même qui, au mois d'octobre précédent, avait été traité avec succès pour une gonarthrocace. On nous l'amène le 15 février 1892. Le mal de Pott est déjà bien caractérisé. L'affection siège au niveau des 3« et 4" vertèbres dorsales. La saillie des apophyses épineuses manifestement exagérée, s'accompagne d'im empâtement îles tissus' voisins avec vascularisation veineuse. La région est très sensible à l'exploration et les moindres mouvements du tronc provoquent de vives souffrances. L'enfant, qui en a conscience, garde dans son lit, une immobilité complète.
Le 18, nous pratiquons, de chaque coté de la colonne vertébrale 2 injections de 4 gouttes, en passant, au moyen d'une longue aiguille entre les côtes, de manière à atteindre le corps des vertèbres. Cette injection est faite sous l'anesthésie chloroformique. La douleur des piqûres, assez intense le premier jour, sembla dissipée le lendemain. Mémo les douleurs antérieures étaient diminuées. Dès le surlendemain la douleur avait totalement disparu et l'enfant libre de ses mouvements, commence à jouer au lit. La réaction fébrile avait été nulle.
Méthode sclérogêne pure ou combinée.
Suivant notre recommandation on nous le ramena huit jours plus tard et nous pûmes constater que le gonflement et la vascularisation avaient disparu. La douleur n'avait pas reparu. Restait seulement la saillie anormale des apophyses.
Nous fîmes pour toute garantie, le 3 mars, une séance d'injection semblable à la première, suivie comme celle-ci d'une douleur assez intense le premier jour, mais exempte également de toute réaction t'ébrile.
Le 7 mars, l'enfant devant nous quitter définitivement, nous lui mîmes, toujours par prudence, un léger corset plâtré, que nous enlevâmes trois semaines plus tard.
Nous crûmes, à partir de ce moment pouvoir considérer notre petit malade comme guéri, En effet, la saillie des apophyses épineuses témoigne seule de l'existence passée de la lésion. La pression des vertèbres et leur percussion ne détermine aucune douleur.
La guérison s'est maintenue jusqu'à ce jour.
Obs. 31. — Mal de Pott suppuré. Guérison (David). — Le Roy (Joseph), âgé de 22 ans, entre dans le service, le 2 mars 1892. Il se plaint de vives douleurs dans la fesse droite. Le long de la colonne vertébrale on trouve une tumeur fluctuante i[ni s'étend de la crête iliaque au coccyx. La percussion des dernières vertèbres lombaires et des vertèbres sacrées est douloureuse. La marche et les mouvements de flexion du corps sont extrêmement pénibles. Pas d'antécédents héréditaires, rien du côté des poumons.
La tumeur d'abord ponctionnée et injectée d'éther iodoformé, est quelques jours après incisée. Il sort une abondante quantité de pus grumeleux, couleur chocolat. On met un drain et on fait un pansement antiseptique, en même temps qu'on institue un traitement tonique et anti-tuberculeux.
A la fin du mois de mai, le malade se plaint de douleurs violentes dans l'aine droite. La région est le siège d'un empâtement marqué. On a, au toucher, une sensation nette de fluctuation, en dedans et un peu au-dessous de l'épine iliaque antérieure et supérieure. L'incision donne issue à une grande quantité de pus. Un béniqué pénètre de quinze centimètres dans la fosse iliaque, vers la région lombaire. Lavages et pansements bichlorurés.
Les jours suivants, aucune amélioration ne se produit. l ia plaie inguinale et la plaie lombaire suppurent abondamment. La température est élevée surtout le le soir.
Le 11 juin, on constate par la plaie lombaire, un décollement de la peau de deux centimètres environ de largeur, et remontant sur une longueur de dix centimètres parallèlement à la colonne vertébrale. On fait une contre-incision à l'extrémité de ce trajet et la plaie est drainée dans toute son étendue.
Aucun changement favorable ne se manifeste dans l'état général ou dans l'état local du m,ilade durant les semaines qui suivent. L'amaigrissement et la faiblesse sont extrêmes, l'appétit est à peu près nul. Les plaies lombaire et inguinale, laissent écouler une très grande quantité de pus. Le stylet ne donne pai de sensation osseuse, mais la pression des apophyses épineuses des dernières vertèbres lombaires est douloureuse.
Observations.
On décide alors de traiter le malade par la méthode sclérogène.
14 août. Première injection de II gouttes de chlorure de zinc. L'aiguille est enfoncée au niveau de la cinquième vertèbre lombaire entre l'orilire su[)érieur du trajet et la colonne vertébrale.
16. Deuxième injection de II gouttes un peu au-dessous de la précédente.
Le 19. Troisième injection de IV gouttes entre l'orifice inférieur du trajet et la colonne vertébrale.
Le 21. Quatrième injection de V gouttes en dehors de l'orifico supérieur.
Le 23. Cinquième injection de VI gouttes en dehors de rorifice inférieur. Le drain est sectionné, la partie inférieure est seule laissée en place.
Le 25. La suppuration est un peu moins abondante ; sixième injection de 6 gouttes en dedans de l'orifice supérieur.
Le 27. La suppuration a diminué, l'orifice inférieur donne seul issue à une petite quantité de pus. La sonde ne remonte plus qu'à 4 ou 5 centimètres dans le trajet. Le reste est formé par du tissu dur, sclérosé. La plaie de l'ouverture supérieure bourgeonne et a bon aspect. On fait une septième injection de 6 gouttes en dedans et vers le milieu du trajet.
Le 29. Huitième injection de VII gouttes en dehors de la plaie inférieure.
Le 31. Neuvième injection de VIII gouttes en dehors et vers le milieu du trajet.
2 septembre. Dixième injection de VIII gouttes en dedans de la plaie inférieure.
Le 4. La suppuration a complètement cessé par l'orilice supérieur dont la plaie est cicatrisée.
Le 10. Le trajet qui réunissait les deux plaies lombaires est entièrement comblé. L'oritice inférieur bourgeonne et a bon aspect, les bords ne sont pas décollés. La suppui'ation de la plaie inguinale est moins abondante. Bien que chez lui les injections fussent parfois très douloureuses et qu'il en souffrit douze, vingt-quatre et même trente-six heures, le malade dit se sentir beaucoup plus fort et n'avoir plus aucune douleur à la région lombaire. Il se tourne du reste seul maintenant dans son lit pour qu'on le panse et se lève dans la salle. Le teint se colore, l'appétit revient.
Le 20. Aucune douleur à la région lombaire, même à la pression. A la place du trajet on sent comme un cordon dur. La plaie inférieure èst à peu près complètement cicatrisée. La plaie inguinale ne donne plus issue qu'à une très faible quantité de pus très clair. Le malade sort et marche dans les cours à l'aide de béquilles. Etat général très satisfaisant.
Obs.32 (Résumée). — Sacro-coxo-tuberculose avec abcès symptomatique. Guérison (Lannelongue). — Marins F..., âgé de 8 ans. Affection datant d'un an environ. L'abcès paraît s'être développé récemment, il dépend manifestement de l'articulation. Il est ponctionné, lavé à l'eau stérilisée, le 27 juillet 1891. Injection de ZnCl surtout le pourtour. Induration très nette des parties précédemment fongueuses. L'abcès cependant se reforme et augmente même de volume. Il est incisé, le foyer osseux est gratté en septembre. En novembre guérison complète. L'enfant, en attendant son départ pour Berck, meurt de diphtérie. A l'autopsie : toute l'articulation est entourée de tissu
Méthode sclérogène pure ou combinée.
fibreux très remarquable, il existait cependant encore un petit foyer T. en haut, mais il était complètement entouré de tissu sclérosé.
Obs. 33. — Coxo-tubcrculose non suppurée. Guérison (Lannelongue). — Ch. W. âgé de 9 ans 1/2. Affection datant de 2 ans.
Actuellement l'enfant présente tous les signes d'une coxo-tulierculose sansabcès. Le 12 septembre 1891, 7 injections de ZnCI sont faites en arrière du col au-dessus du grand trochanter que l'on contourne. Une est faite en dedans à travers les adducteurs, l'aiguille étant dirigée vers la cavité articulaire.
Réaction douloureuse assez vive. L'enfant est soumis à l'extension continue.
Le 25 septembre. L'articulation est bien moins douloureuse.
En novembre. L'état est tel que l'enfant commence à marcher facilement. Il part pour Berk le 15 janvier.
Revu en février 1893. La guérison s'est maintenue, mais l'ankylose de la hanche est très marquée. L'enfant marche néanmoins assez facilement et sans béquille.
Obs. 34. (Résumé.) — Coxo-tubercidose i^uppurée. Guérison (Lannelongue). — ]\Iarguerite G..., âgée de 9 ans. Entre le 31 juillet 1891. Afièction datant d'un an environ. Aciuellement on trouve un abcès volumineux au-devant du grand trochanter.
Cet abcès est lavé, et autour de lui on fait des injections de ZnCl jusque sur la tête fémorale en contournant exactement le bord postérieur et le bord supérieur du grand trochanter.
Le liquide de l'abcès se reproduit. Il est incisé et à la curette tranchante, on enlève la moitié supérieure du col fémoral et de la tète complètement sacrifiée. Grattage de l'acélabulum.
A partir de ce moment amélioration évidente et progressive. 2« grattage d'une fistule en septembre. 3" grattage de cette même fistule en novembre. 4e grattage en mai, mais bien moins important que les précédents.
A partir de ce moment, guérison complète. L'enfant marche en juin et il va à Berk, le 16 juillet.
Obs. 35. — Coxo-tuberculose non suppurée. Guérison (Coudray. (Congrès de Marseille. Bulletin méd., 1891, p. 884). — Coxo-tuberculose droite sans abcès chez une petite fille de trois ans. Le 18 août 1891, je fais 7 piqûres de 2 gouttes au IIIQ", 3 sur la face postérieure et le bord inférieur du col en rasant le grand trochanter, 1 en avant du bord antérieur du grand trochanter, 3 sur l'os iliaque. Huit jours après, le 25, on constate un gonflement manifeste de la région postérieure de l'articulation. Le bord supérieur et postérieur du grand trochanter sont effacés, à peine distincts. Dans la profondeur les doigts perçoivent une saillie dure, résistante, convexe.
Le 15 septembre, cette doublure dure de l'articulation persiste. A signaler le fait noté plusieurs fois par M. Lannelongue et par moi, pour nombre d'autres cas au point de vue delà sensibilité, c'est que cette enfant, qui avant les piqûres
Observations.
souffrait fréquemment à l'occasion des petits mouvements qu'elle pouvait faire, ne souffrait plus. Le 31 décembre plaque d'hyperostose sur l'os iliaque au-dessus du grand Iroclianler — la marche est permise. En août 1892 la guérison semble définitive.
Obs. 36. — Coxo-tuherculose ouverte suppurée ; S séries d'injections. Guérison en apparence complète pendant six mois. Récidive ; 2 séries d'injections ; amélioration (Peblis). — C..., Camille, 12 ans, atteint de syphilis héréditaire qui s'est manifestée par des éruptions sur toute la surface du corps, des rhagades labiales, une rhinite rebelle à toute sorte de traitement et guérie enfin par « une potion ». L'enfant est d'ailleurs fort bien portant depuis l'âge de 7 ans. En décembre 1890, on découvre p^r hasard l'existence d'un volumineux abcès crural externe à la hanche droite ; l'enfant ne s'était pas plaint jusqu'alors: une coxalgie est diagnostiquée, l'enfant est maintenu au repos, l'abcès incisé en février 1891 ; il est en effet d'origine articulaire.
A ce moment l'enfant ne sait plus marcher qu'en boitant et l'empâtement des parties molles péri articulaires augmente.
Depuis février jusqu'en octobre 1891, la coxalgie s'accentue lentement; en octobre 1891 on se trouve en présence d'une coxo-tuberculo,-e à la deuxième période, avec allongement apparent, rotation en dehors, flexion légère et abduction; la ilexion va à peine jusqu'à un angle de 135», l'extension proprement dite est impossible de même que l'adduction. Toute la région est douloureuse à la pression.
La fistule a 12 cent, de long, et pénètre dans l'articulation.
5 octobre 1891. l^^ série d'injection de IV g. Douleurs toute la journée ; quinze jours après lechangement est réellement étonnant. Camille peutmarcher sans boiter, peut même sauter sur le pied droit. L'attitude est complètement corrigée; la fistule ne donne presque plus de pus Cependant il y a encore de la douleur à la pression et les mouvements ne se font pas sans quelque sensibilité.
Le 26. 2" série d'injeclions, 5 piqûres de II g. Douleurs pendant 2 heures; en novembre la fistule est cicatrisée solidement.
14 décembre. 3^ série d'injections, 8 piqûres de VI g., à cause des points douloureux périarticulaires A la fin du mois l'enfant paraît guéri.
Pendant six mois il va à l'école, se porte à merveille, marche bien.
Nous le voyons en avril 1892. Le processus tuberculeux paraît bien éteint; il faut un examen attentif pour trouver unf dilTérence entre les deux articulations. La longueur des membres est pareille, dans le décubitus, les malléoles, les genoux, les cuisses se touchent très exactement, les épines iliaques étant au même niveau.
Ses mouvements sont très étendus : l'extension est complète, le membre est porté en arrière aussi loin et avec la même facilité que le membre inférieur sain ; la flexion dépasse un peu l'angle droit, l'aliducîtiou se fait 3 45°. Il y a une faible atrophie du mollet et des muscles de lacuisse, à peine 1 cent. La cicatrice crurale est toute petite, blanche, à peine enfoncée et parait tout à fait solide.
Méthode sclérogène pure ou combinée.
A cette époque, l'enfant présente, autour de la bouche, des plaques lichénoides et des ulcérations linéaires qui cèdent rapidement à l'emploi de l'iodure de potassium.
Le Iraitenient spécifique (sirop de Giberl) a été continué pendant un temps fort long et sans aucun succès pendant l'évolution de l'arlhrite.
En juin 1892, Camille recommence à traîner quelquefois la jambe, se tient souvent hanché ; en juillet il ne marche plus et nous le retrouvons avec tous les signes de la coxalgie à la deuxième période, cette fois inlinement plus douloureuse qu'en 1891.
13 juillet. 4" série d'injections, 14 piqûres, 0,75 cenlig. de solution, sur toutes les faces de l'articulation y compris la face interne.
L'amélioration ne se fait pas attendre, l'attitude se corrige et la douleur diminue beaucoup, mais l'impotence est absolue, ce qui n'existait pas à la première attaque. En même temps l'enfant présente quelques synifitômes cérébraux; bizarreries d'humeur, ininlelligence, céphalalgie; l'étal général, qui a toujours été excellent, baisse. L'iodure de potassium fait disparaître ces phénomènes en quelques jours, mais il n'a aucune action sur la marche de l'arthrite. L'amélioration ne dure pas et en octobre 1892, l'enfant ne peut toujours pas faire le moindre mouvement, la douleurala pression est revenue et il y a de l'ailduclion du membre. L'extension continue n'a pas été interrompue depuis le mois de juillet.
12 octobre. 5" série d'injcclions : 14 piqûres, 0,50 centigr. de solution.
La réaction est moins intense que les fois précédentes. Au bout de dix jours l'attitude est corrigée, l'indolence est absolue à la pression. A ce moment, la fistule, fermée defiuis un an, s'est rouverte et une quantité considérable de pus et de matières caséeuses s'en écoule pendant quelques jours. Grattage, glycérine créosotée.
Décembre 1892. L'enfant va très bien au point de vue de l'état général, la hanche est indolente, l'attitude bonne, mais l'impotence est toujours absolue ; les mouvements im|irimés sont possibles dans une très faible mesure. La récidive est donc plus grave que la première attaque.
Obs. .37. — Coxo-tuberculose peu suppurée. Une série d'injections. Amélioration passagère. Cessation immédiate de la douleur (Perlis). — B..., André, 10 ans 1/2 allié depuis quatre mois, atteint d'une coxo tid)erculose excessivement doidoureuse. La cuisse droite est fléchie sur le bassin à angle presque droit, l'abduction et la rotation en dehors sont notables. Aussitôt après l'admission de l'enfant à l'hôpilal on l'immobilise dans une gouttière de Bonnet avec extension continue, et au bout de dix jours, les douleurs spontanées diminuent notablement, l'attitude étant parfaitement corrigée. Mais il est toujours impossible d'imprimer le moindre mouvement à la jointure sans provoquer de grands cris, la pression même légère est insu|)portable.
2 octobre 1891. Une série d'injections : 6 piqûres de IV g. La réaction est modérée. Le surlendemain on constate nettement des indurations au niveau des piqûres et la sensibilité diminue.
Observations.
Le 9. Sept jours après l'injeclion, la douleur spontanée a disparu complètement, les mouvements sont possibles dans tous les sens mais dans une faible étendue sans provoquer la douleur; la pression forte est douloureuse. A partir de ce moment l'enfant n'a plus souffert, mais au bout de quelques semaines la lète fémorale commence à se luxer en arrière malgré l'extension, puis un vaste abcès par congestion se développe et après de longs mois de trailomcnl l'enfant est acluellemenl à Berck-sur-Mer avec un raccourcissement considérable et nullement guéri.
Obs. 38. — Coxo-tiiberculose bilatérale. Une série d'injeclions pour chaque articulaiion. Amélioration. Mort de péritonite tuberculeuse (Perlis). — J..., René, 6 ans 1/2, enlaclié de tuberculose héréditaire, boitant delà hanche gauche depuis l'âge de un an, alité depuis l'âge de 4 ans 1/2, immobilisé sur une claie d'osier ;i 5 ans 1/2 ; un vaste abcès froid est incisé et reste listuleux ; Tenfaut se trouve mieux pendant quelques mois ; vers la lin de 1891, il se plaint du genou droit que l'on couvre de teinture d'iode, d'onguents, etc.
Nous voyons l'enfant en mars 1892 dans un état pitoyable, les deux cuisses fléchies sur le bassin, les moindres mouvements rendus impossibles par la douleur ; l'enfant ne peut être retoui'né ni nettoyé, il crie jour et nuit ; en soulevant légèrement un orteil on fait basculer l'enfant tout d'une pièce. L'état général est cependant relativement bon et il n'y a aucun signe de tuberculose viscérale. Le genou droit est sain, l'enfanta deux coxalgiesà la deuxième péiiode.
Le petit malade est redressé sous chloroforme, remis dans une gouttière avec extension continue aux deux jambes. Les trajets (istuleux sont pansés avec des crayons d'iodoforme.
Deux mois de ce traitement améliorent l'état général et local d'une manière assez peu appréciable. Aussitôt que l'extension est interrompue un instant, l'enfant pousse des cris déchirants, il n'est toujours pas maniable et les pansements sont une torture pour l'enfant et les panseurs,
11 mai 1892. Injections à la hanche gauche : 14 piqûres de IV g., le long de la hslule crurale sur les côtés d'une sonde cannelée et sur toutes les faces de l'articulation. L'enfant crie pendant 10 heures, mais à partir de ce jour il ne se plaint plus. Deux bourrelets durs bordent la fistule qui donne peu de pus ; la pression au niveau de l'articulation est presque indolente.
29 juin 1892. Injections à la hanche droite. Quelques jours plus tard la douleur a également disparu de ce côté et on constate même quelque mobilité articulaire. Le petit dort et mange bien, ne pleure plus, se laisse bien panser; il reste d'ailleurs absolument impotent, ne peut ni se soulever ni se retourner et ses membres sont complètement décharnés.
Fin juillet. Mort en quelques jours de péritonite tuberculeuse.
Obs. 39. — Coxo-tuberculose suppurée. 2 séries d'injections. Amélioration. Pas de guérison (Perlis). — R..., Louis, 5 ans. Coxalgie gauche à la deuxième période, abcès crural externe ouvert. Tuméfaction et suppuration abondante.
t Méthode sclérogène pure ou combinée.
2 octobre 1891. Injections de IV g. Réaction très vive; douleur et tuméfaction de toute la région. La suppuration augmente et une seconde collection purulente fait saillie dans la région fessière; elle est incisée et les deux abcès pansés à la glycérine créosotée donnent beaucoup moins de pus au bout de quelques jours.
18 novembre 1891. 10 injections de IV g. Réaction très vive, suivie d'une, diminution notable de la tuméfaction el de la suppuration. Aucun progrès nouveau ne se fait à partir de la fin du mois de novembre; l'impotence du membre est absolue, la douleur vive dans les mouvements. Les trajets fistuleux ne se ferment pas. L'enfant, suivi pendant plusieurs mois encore, a été ensuite perdu de vue.
Obs. 40. — Tumeur blanche de la hanche, non suppures. Trois séances d'injection. Résultat douteux (Desguins). ~ Le nommé M..., Léon, de 23 ans, de faible complexion et portant, sur sa figure, en quelque sorte le cachet de la tuberculose, entre en traitement en février dernier pour une coxalgie, datant déjà de bien des mois, mais très peu caractérisée cependant au point de vue des signes physiques. Il n'y a ni déboitement, ni abcès circonvoisin, mais les muscles sont rétractés, la marche est pénible, et les douleurs, surtout la nuit, sont assez ^vives pour obliger à l'emploi régulier d'analgésiques et de somnifères.
Le 10 février 1892, trois injections de quatre gouttes de solution au 1/10" autour du rebord cotyloide en arrière.
Le 15, dépôt de six gouttes en avant de la cavité cotyloide.
Le 18, dépôt de 24 gouttes en six places autour des attaches fémorales de la synoviale.
Ces trois séries d'injections furent très douloureuses. Elles furent suivies d'un peu de gonflement, qui persista, du côté du pli de l'aine. Les douleurs à la date du 25, c'est-à-dire 15 jours après la première injection, n'étaient pas encore sensiblement atténuées.
Sans attendre davantage, nous immobilisâmes alors la jointure, en même temps que nous appliquions l'extension continue.
A partir de ce moment, les douleurs diminuèrent assez vite et disparuren même assez complètement pour nous permettre d'enlever, dès le 15 avril, tout appareil.
Le mois suivant, le malade quittait l'hôpiial, n'ayant plus d'autres douleurs que celles provoquées par les marches un peu prolongées. L'état local du malade est resté stationnaire depuis lors. L'articulation paraît être ankylosée. Quant à la santé, prise dans l'ensemble, elle n'est pas améliorée et l'on commence à reconnaître des signes non douteux de tuberculisation pulmonaire.
Obs. 41. — Tumeur blanche de la hanche, suppurée, ouverte [réci- , divede résection). Deux séances d'injections. Résultats nuls (Desguins). — La petite St..., lîertba, 11 ans, a été réséquée de la hanche il y a plusieurs années. L'enfant a retiré le plus grand bénéfice de cette intervention, au point
Observations.
do vue de la douleur, de la marche, comme aussi et surtout de la santé générale, qui de déplorable qu'elle était primitivement est devenue excellente. Toutefois il persiste quatre fistules, donnant journellement une quantité de pus suffisante pour traverser un pansement ordinaire.
Le 18 août 1891, trois injections de 2 gouttes de ZnCl au I/IO".
Le 29, une injection de 4 gouttes. Les douleurs très vives déterminées par ces injections, d'une part, et l'incertitude de l'indication précise, d'autre part, nous incitent à ne pas insister davantage. Les injectioiis paraissent n'avoir eu aucune influence.
Ous. 42. — Trajet fistuleux déterminé par une tuberculose du grand trochanter. Guérison. (David.) — Malade âgé de 22 ans. Entre pour une fièvre typhoïde à l'hôpital. A la suite de celle-ci se déclare un plilegmon de la région thoracique qui guérit par les moyens ordinaires, et un antre de la région sacrée qui résiste aux traitements par les incisions, les drainages et les lavages antiseptiques.
Du 10 mars au 3 septembre, persiste un trajet fistuleux au niveau du grand trochanter. Un stylet va jusque sur l'os carié.
Le 3 septembre, on institue le traitement par les injections de chlorure de zinc. Dix injections variant de III à IV gouttes sont faites autour du trajet fistuleux qui se ferme rapidement et permet au malade de partir en un excellent état général et local, en convalescence, à la fin du mois d'octobre.
Obs. 43. — Coxo-tuberculose non suppurée. Guéî'ison. (David.) — L..., Edmond, âge de 34 ans, ouvrier aux bàlimenls en fer de l'Arsenal, entre à l'hôpital le 7 novembre 1891, pour coxalgie à gauche. De vives douleurs se font sentir à la hanche, au grand trochanter et au talon. Le membre est en demiflexion. Les mouvements du membre sont transmis au bassin, qui se meut avec lui. Ensellure de la région lombaire.
Du 16 novembre au 18 décembre : quinze injections de chlorure, de zinc, variant de IV à XIV gouttes, sont pratiquées autour de l'articulation coxo-fémorale. Dès les premières injections, qui n'ont pas été très douloureuses, le malade accuse un mieux sensible. L'appareil à extension continue qui avait été maintenu au début des injections est supprimé le l^'' décembre. Les douleurs de la hanche, du grand trochanter et du talon disparaissent. Dans les premiers jours du mois de janvier, cet homme commence à se lever dans la salle. Enfin, le 9 février 1892, il sort sur sa demande pour reprendre son service. Depuis cette époque, nous avons rencontré plusieurs fois L... en ville, marchant sans fatigue.
Obs. 44. — Coxo-tuberculose non suppurée et O.A.T. du genou. Guérison. (Lannelongue). — Raymond F..., âgé de 7 ans. La coxo-tuberculose date de mai 1889. Traitement parla gouttière de Bonnet. Guérison. En janvier 1891, apparition de TO. A. T. du genou. Actuellement, août 1891, la synoviale du genou est envahie par les fongosités surtout au niveau de son cul-de-sac supé-
Méthode sdérogèiie pure ou combinée.
rieur, et de chaque côté du ligament rotulien. Le 26 août, 6 injections de ZnCI.
Réaction peu vive, peu de douleurs. La hanche étant devenue douloureuse est également Irailée par la méllioile sclérogene. (3 injections (jui contournent le bord postérieur et le bord supérieur du grand trochanter, peu de réaction.
Le malade est mis à l'extension continue.
En septembre, la hanclie n'est plus douloureuse. Le genou paraît également guéri. Les longosilés sont disparues, les mouvements sont normaux, mais ils s'accompagnent de craquements.
L'enfant allait bien quand en juin 1892 apparaît un petit foyer dépendant du grand trochanter. Celui-ci est incisé, il est seulement sous-cutané et on ne peut apparemment trouver son point de départ osseux.
La hanche est complètement guérie, quoique les mouvements ne soient pas complètement normaux. L'articulation du genou est redevenue normale.
Obs. 45. — O.A. T. du genou nonsuppurée. Guérison (Personnelle). Charlotte B..., âgée de 4 ans 1/2. — Aftectio:i datant d'un an. 1« séance d'injections en juillet 1891. Amélioration évidente, variole en août. L'enfant vient à l'hôpital Trousseau. En septembre nouvelle séance d'injections (8 piqûres) autour de l'articulation. Réaction peu intense, formation d'un fibrome synovial (pii, les jours, suivants, diminue de dureté. Les mouvements reparaissent peu à peu. En octobre ils sont presque normaux, et l'enfant part à Bercken novembre complètement guéri.
Obs. 46. — 0. A. T. du genou non suppurée et non ouverte. Guérison. (Lannei.ongue). — Emile Ba..., 10 ans. Affection datant de six mois. Synoviale très fongueuse. Creux poplité très bombé. Douleur au niveau des condyles. Traitement l"juin 1891. Le genou est ponctionné, il en sort du pus grumeleux, lavage de l'article. Cinq injections de ZnCl. Arthrotomie, curettage articulaire. Guérison rapide.
Eu décembre l'enfant est revu, la synoviale est restée épaisseetélastique dans les points où elle forme de gros reliefs, elle a une consistance libroïde. La marche est parfaite, sauf une légère hésitation dans le temps, ce qui détermine une claudication légère. Le 15 janvier 1892, l'enfant part àBerck ; il est guéri.
Obs. 47. — 0. A. T. du genou, non i^uppurée. Guérison (Lannelon- Gue). — V... âgé de 8 ans. L'afïection datait de six mois environ mais avait marché très lentement et avait déterminé de très vives douleurs.
1''^ séance d'injections en mai 1891. Réaction assez marquée.
Induration des fongosités qui disparaissent les jours suivants, mais les mouvements restent douloureux quelque temps.
En juillet l'enfant commence à marcher.
En octobre on trouve autour du ligament rotulien de petites masses molles adipeuses. A ce moment la rotule est encore entourée par du tissu dur et élastique analogue à du caoutchouc. Plus de douleur.
Observations.
Mouvements presque normaux grâce à l'électrisation des muscles et aux massages.
En décembre, guérison sans claudii-ation.
Obs. 48 (Personnelle). — 0. A. T. du genou non suppurée, du genou gauche. Guérison. — Marie B..., âgée de 8 ans. Entrée le 10 février 1892. L'afïection date du mois d'août dernier. Actuellement les lésions siègent surtout au-dessus de la rotule qui est encadrée par des fongosités peu abondantes. Léger épanchement articulaire. Le roiule est élargie. Fongosités de chaque côté du ligament rotulien. Mouvements incomplets non douloureux, légers mouvements de latéralité. Atrophie musculaire. Claudication.
Le 17 février. Neuf injections de 3 gouttes sont pratiquées. Réaction assez vive. Immobilisation, compression.
Le 1er jnai les mouvements sont commencés, la marche est facile. L'enfant sort guérie le 25 mai et depuis, sa guérison s'est maintenue.
Obs. 49. — 0. A. T. non suppurée dugenou. Guérison avec ankijlose. (IjANNELongue). — Augustine T..., 6 ans 1/2. Gono-luberculose droite datant de six mois. Fongosités volumineuses mais non encore abcédées dans toute Tarticulation. Genou immobilisé dans la flexion à angle droit. Adénites inguinale et poplitée. Pas de douleurs à la pression sur le fémur, le tibia ni la rotule.
Traitement : 1° Redressement du membre ; 2° 3 injections du 29 avril au 5 juin.
Résultats, — Une semaine après la première injection, il s'est formé, dans le cul-de-sac sous-tricipital, un épanchement sanguin pris pour un abcès et incisé comme tel. La plaie s'est réunie par première intention. Ultérieurement formation d'une escbare cutanée au-dessous et en dedans de la rotule à la suite d'une injection.
2 juillet. La synoviale épaissie forme un relief dur reconnaissable au doigt. L'enfant commence à plier lui-même le genou. Aucune sensibilité. La plaie cutanée résultant de l'e.schare est en voie de réparation. Les ganglions ont à peine la moitié du volume qu'ils présentaient au début.
En octobre, la guérison s'est maintenue. Mais en novembre il se forme un nouveau foyer au niveau du coudyle interne du genou. Celui-ci est gratté.
En janvier 1893, l'enfant marclie avec des béquilles. Le genou est ankylosé.
Obs. 50. — Ostéo-arthrite tuberculeuse et suppurée dugenou. Guérison (Personnelle). — Emile G..., 6 ans. Affection datant d'un an. Traité en mai 1892 à I hôpital Trousseau, l''" séance d'injections. Réaction assez marquée, induration des tissus. En juillet, apparition d'un petit foyer sous-cutané n'occupant que le tissu cellulaire sous-cutane. Il est incisé et gratté. Les mouvements sont revenus en grande partie depuis quelque temps. L'enfant marche et sort guéri complètement en août.
Obs. 51.— O.A.T. suppurée du genoudroit. Guérison (LannklonGUE).
Méthode sclérogène pure ou combinée.
— Albert Ch..., âgé de 13 ans. Début il y a 5 ans. Malgré la lésion, il fait un métier assez fatigant. Actuellement le gonflement de l'articulation est énorme et sur une grande hauteur. Les t'ongosités sont évidentes et encadrent la rotule, elles comblent toutes les dépressions et donnent au genou un volume considérable. Le creux poplité est aussi empâté. Pas de liquide articulaire. Mouvements très limités, tendance à la flexion.
Le 25 novembre. 1™ séance d'injection à la périphérie desfongosités. Réaction intense.
Le 27. Le genou est redressé, immobilisé. Les fongosités ont acquis une dureté des plus remarquables. Apparition d'un épaiichement sanguin.
En janvier 1892. Grattage du petit foyer dépendant de la tète du péroné, injection de ZnCl autour de ce foyer.
En mars. La guérison est parfaite. Le malade marche très bien, on note quelques troubles vaso-moteurs. La synoviale forme un véritable ostéome souspériosté.
En janvier 1893, à la suite d'une entorse, nouvel épanchement sanguin qui nécessite la rentrée du malade à l'hôpital. Compression. Abcès. Grattage.
Obs. 52. — 0. A. T. suppurée du genou gauche. Amélioration (Personnelle). — Pierre B..., âgé de 10 ans. Il y a sept ans, osléo-tuberculose de l'extrémité supérieure du tibia, il a 5 ans même lésion de la tête du péroné. Il y a un an 0. A. T. du genou. Arthrectomie. Actuellement, foyer de fongosités au niveau de la face externe du tibia et dans le cul-de-sac sous-lricipital. Mouvements normaux, pas d'épanchement articulaire. Genu valguni très marqué. Atrophie du triceps. Mouvements de latéralité du genou.
Le 24 lévrier 1892, 10 injections encadrant les fongosités et surtout de chaque côté pour éviter les mouvements de latéralité et consolider en ces points l'articulation.
Réaction peu marquée. Les jours suivants formation d'un tissu induré très étendu. Immobilisation et compression. Disparition complète des fongosités. Cependant en janvier 1893, apparition d'une petite listule, qui actuellement a de la tendance à s'oblitérer.
Ubs. 53. — Mal de Pott. O.A. T. suppurée du genou. Insuccès. Mort de T. pulmonaire. — Ernestine J...^ âgée de 8 ans. AHéction datant de 10 mois. A son entrée salle Giraldès, fongosités énormes au-dessus de la rotule. Empâtement aussi dans le creux poplité. Douleurs spontanées très vives de même à la moindre pression. En janvier 1892, l^"^ séance d'injections : 8 piqûres. Réaction très vive. Gonflement énorme du genou. Les jours suivants celui-ci diminue de volume et l'amélioration dure quelque temps, mais en décembre 1892, de nombreuses fistules se sont développées et conduisent sur le fémur. Incision et grattage. En février deuxième grattage pour un foyer tibial. Les fistules persistent longtemps, épuisent le malade au point de rendre Tamputation impossible étant donné l'état de faiblesse de l'enfant. Lésions pulmonaires prédominantes. Mort en février 1893.
Observations.
Obs. 54. — 0. A. T. du genou suppurée. État stalionvaire. — Anna Petit, âgée de 5 ans. Déltiit tle l'atlection datant de de plusieurs mois. Fongosités sur tout le pourtour du genou. Élargissement de la rotule, du fémur et du tibia. Tendance à la flexion.
Le 21 mars 1892. 13 injections de 2 à 3 gouttes chacunes.
Réaction assez vive. Appareil plâtré et compression.
Le 15 avril. L'amélioration du genou est évidente, les tissus périarticulaires sont indurés comme dans toutes les observations précédentes.
En juin. Un abcès se développe ; il dépend du tibia et paraît communiquer avec l'articulation. Incision et grattage.
En juillet. Induration des tissus péri-synoviaux.
En novembre. Réapparition d'une fistule. Grattage en décembre 1892. Actuellement l'enfant est presque guéri.
Obs. 55. — Ostéo-artiirite tuberculeuse suppurée du genou gauche. Etat stationnaire. — B..., Louise, 12 ans, entre le 6 juin 1891 à l'hôpital Trousseau, salle Giraldés, n» 34. Mère très bien portante.
A l'âge de 3 ans, on remarque 6 semaines environ après une chute, qu'elle boite et se plaint de son genou.
Traitement par le repos, mais l'enfant continue à boiter.
Depuis, le genou devient douloureux de temps à autre et nécessite le séjour au lit pendant des semaines. Depuis trois mois aggravation évidente. Actuellement le genou présente tous les signes d'une 0. A. T. en complète évolution, les fongosilés sont énormes. Le creux poplilé est également envahi par des produits pathologiques.
Le 15 juillet. 8 injections de ZnCl. Amélioration les jours suivants.
26 septembre. 2« séance d'injection.
En octobre. L'état est stationnaire.
En décembre. Les parents enmènent le malade, qui n'a pas pu être revu.
Obs. 56. — 0. A. T. du genou non suppurée (Reynier. Soc. chir., 1891, p. 804). — Affection datant de six mois, pas d'épanchement liquide articulaire, fongosités manifestes. Douze séances d'injection, soit 42 injections de ZnGI, d'une goutte chacune, tous les 5-15 jours. Actuellement les mouvements sont reproduits. Le ré.sultat fonctionnel est excellent, mais les fongosités ne sont pas complètement disparues.
Obs. 57. — 0. A. T. du genou droit. Amélioration considérable. (Charvot. Soc. chir., 1891. p. 803). Malade âgé de 20 ans, se présente avec une 0. A. T. du genou.
Les lésions du genou droit deviennent prédominantes. Insuccès des injections iodoforraées.
Le 26 octobre. Injection deZnCl. Réaction légère.
Le 6 novembre. 2<^ injection. Pas de réaction locale mais douleur très vive.
Méthode sclérogène pure ou combinée
Amélioration rapide et considérable. Les fongosités disparaissent.
Les mouvements redeviennent possibles. Le malade commence à marcher.
Obs.58— Coxotuberculose et 0. A. T. du genou suppurée. Guérison (CouDiiAY). — Observation relative à un cas très grave chez un enfant de 10 ans, à peu près guéri par le chlorure de zinc (observation inédite de M. Lannelongue) d'une vieille et abominable tumeur [blanche du genou, et atteint en même temps du côté opposé d'une coxo-luberculose à évolution rapide, avec empâtement ganglionnaire énorme et abcès dans la fesse, le tout avec un état général très mauvais depuis fort longtemps. Le 30 août, évacuation et drainage de la poche qui commençait à altérer la peau, puis 13 piqûres de la solution au 10<= (28 à 30 gouttes) dans les points que j'ai indiqués plus haut, puis à la limite de l'abcès et en particulier sur l'os iliaque altéré dans une grande étendue. Les jours suivants, il y a un peu d'élévation de la température. Le 3 septembre, quatrejours après l'injection, les tissus sont déjà rétractés et durs. Au bout de dix jours, le drain ne donne plus issue qu'à un peu de liquide séro-sanguinolent ; les ganglions ont diminué de volume, l'induration des tissus est encore plus prononcée et l'état général est notablement amélioré.
Obs. 59. — 0. A. T. du genou non suppurée. Guérison (Dubois). — Homme de cinquante ans, fongosités synoviales et ostéite des condyles du tibia; fongosités dans les synoviales tendineuses des péroniers latéraux des deux côtés.
Injection de cocaïne, puis 20 piqûres de chlorure de zinc de 2 gouttes chacune. Douleurs considérables combattues par la morphine et le chloral.
Après trois semaines, le gonllement a disparu, mais, au niveau des condyles du tibia, les points atteints d'ostéite restent douloureux.
On lait 10 nouvelles piqûres et un mois après le malade était parfaitement guéri avec conservation de tous les mouvements.
Obs. 60. — O.A. T. du genou et du cou-de-pied non suppurées. Guérison (Dubois). — Femme malade depuis six mois. Ostéo-arthrite très douloureuse du genou et de la malléole interne gauches. Après chloroformisation, 20 piqûres de chlorure de zinc. Douleurs considérables qui nécessitent des doses élevées de morphine et de chloral. Traitement général. Après trois semaines, amélioration, mais il persiste encore de la douleur, surtout dans les points d'ostéite du tibia. Après avoir essayé deux fois les pointes de feu qui ne réussirent pas, on fait une deuxième fois dix piqûres de chlorure de zinc, et un mois après la guérison est parfaite.
Obs. 61. — 0. A. T. suppurée du genou. Guérison (Dubois). — Enfant de sept ans, malade depuis plus d'un au. Ostéo-arthrite du genou droit avec abcès fongueux périarticulaire en avant. De plus, abcès froid du volume du poing dans le dos et gonflement des ganglions cervicaux. Avant d'opérer, traitement général antituberculeux.
Après trois semaines, nous faisons, après chlorol'ormisation, vingt piqûres de
Observations.
chlorure de zinc ; de plus, on gratte l'abcès fongueux et on le panse à l'iodoforine après avoir introduit un crayon iodoformé dans un trajet fistuleux profond de 5 à 6 centimètres.
Après trois semaines, le trajet fistuleux oi l'abcès sont guéris, mais il reste encore un peu de gonflement et de douleur au tibia. On fait de nouveau dix piqfires dans le périoste libial.
Un mois après, guérison complète avec conservation des mouvements. Ajoutons que l'abcès froid dorsal et les ganglions du cou ont disparu sous l'inlluence du traitement général.
Obs. 62. — Tuberculose du genou ouverte et suppurée. Une série cVinjections suivie d'une hyperostose de tout le fémur et d'une amélioration rapide. 2'= série d'iyijeclions. Guérison depuis un an (Perlis). — L... Henri, 15 mois ; on s'est aperçu depuis deux mois que le genou droit était plus gros que l'autre, mais depuis huit jours seulement un volumineux abcès a été incisé au niveau du cul-de-sac tricipital.
10 octobre 1891. Injections de chlorure de zinc autour de l'articulation ; douleurs vives jusqu'au soir, durant sept heures. Deux jours après, l'enfant ne souffre plus du tout, mais on constate un épaississement notable de tout le fémur sans gonflement des parties molles.
La circonférence du genou était de 22 cent, avant l'injection ; le 12 octobre, au niveau de la rotule, 23 cent. ; au niveau du cul-de-sac tricipital, 22 cent., et au niveau du pli de l'aine, 19 cent. 1/2, contre 16, 15 et 17 1/2 du côté sain.
Le volume de l'os va en diminuant, et au bout d'un mois, la mensuration donne au niveau de la rotule, 20 cent. ; au niveau ducul-de-sac, 13 cent. 1/2 et au pli de l'aine 18 cent. 1/2. Deux mois après l'injection le genou n'a plus que 12 cent, de circonférence, 3 cent, de moins qu'avant le traitement : le fémur reste hypertrophié, mais il va en diminuant et n'a plus que 18 cent. 1/2 de circonférence. La flexion amène le talon à 7 cent, de l'ischion, mais elle est douloureuse au delà.
28 décembre 1891. Deuxième série d'injections suivie d'un rétablissement complet en quelques semaines. La fistule est cicatrisée solidement.
Décembre 18'J2. L'enfant n'a pas été malade depuis un an et n'a pas cessé de marcher. Ses genoux et sescuisses sont actuellement tout à fait pareils, la flexion est complète. Une petite cicatrice blanche et enfoncée marque le siège de l'ancienne fistule.
Obs. 63. — Tuberculose non suppurée du genou. 4 séries d'injections. Récidive. Guérison (Perlis). — A... Jeanne, 5 ans, d'une famille robuste, non entachée de tuberculose. En août 1891, les parents s'aperçoivent de l'augmentation du genou droit, mais l'enfant ne se plaignant pas, on la laisse marcher. En octobre 1891, l'enfant boite, souffre et finalement s'alite; elle est conduite à la consultation de l'hôpital à la fin d'octobre. Le genou est immobilisé dans la flexion, rouge, arrondi, fort douloureux à la pression au
Méthode sclérogénc pure et combinée.
niveau de l'interligne et des condyles internes. La circonférence est de 25 cent, contre 23 cent.
2 novembre, l'"^ série d'injections : 12 |)i([ùres de VI g., douleurs vives durant 10 heures, le volume augmente jusqu'à 26 cent, de circonférence. Il s'est formé de plus une petite collection fluctuante et douloureuse, du volume d'une noisette, à la faceantéro-interne du genou, au dessous de l'interligne. Elle disparaît dans l'espace de vingt jours en laissant une petite induration, c'est probablement un petit hématome. Le volume du genou a pendant ce temps diminué, la circonférence est de 24 cent. 1/2 le deuxième jour, de 24 cent, le vingtième jour. Le genou est alors redressé sous chloroforme et on obtient une extension complète.
Fin décembre 1891, L'enfant marche, mais tire la jambe, la lient raide.
Janvier 1892. 2 séries d'injections, suivies d'une guérison apparente.
2 mars 1892. L'enfant continue à marcher sans boiter à proprement parler, mais en fauchant un peu, car elle ne fléchit pas le genou ; au repos la flexion spontanée va facilement jusqu'à l'angle droit, mais en marchant l'enfant ne le fait pas. Le volume du genou diffère à peine de l'autre : il a 23 cent. 1/2 de circonférence rotulienne, mais il est déformé par une certaine hypertrophie du condyle interne.
Jusqu'en juin 1892, l'enfant va de mieux en mieux, fléchit le genou en marchant, ne fauche pas, joue et saute quand elle n'est pas surveillée, mais le soir elle ne saute plus qu'à cloche-pied.
Mai 1892. Commencement de récidive, les culs-de-sac synoviaux jusqu'alors plats deviennent fongueux, le genou est très chaud, il y a une tendance prononcée à la formation d'un genu valgum ; cependant l'enfant ne se plaint pas.
1" juin. 4* série d'injections : 11 piqûres de IV g., douleurs extrêmement violentes pendant sept heures. Quinze jours après, le genou a repris bonne apparence, l'enfant marche fort bien, la flexion va à 75° ; en juillet à 70".
Actuellement, en décembre 1892, Jeanne est une fort belle enfant, forte, grande et traichc, son genou n'est pas normal ; la flexion ne dépasse pas 450 et la température locale est de 36°,2 contre 35°, 1 du colé sain : le condyle interne du fémur est volumineux, mais indoleni, et il n'y a pas de genu valgum.
Obs. G4. — Tuberculose du genou. Arllirotomie inefficace. Raies et pointes de feu. Amélioration considérable activée par deux injections de chlorure de zinc. Guérison (Perlis). — Ch..., Auguste, 13 ans 1/2. Spina-venlosa de l'annulaire droit, amputé à l'âge de 11 ans. Arthrite du genou gauche depuis la On de 1889. En décembre 1890, arthrolomie, lavage de l'article, guérison par première intention, mais le seul résultat de l'opération est l'ankylose, l'arthrite continue son évolution, le genou est très douloureux et son volume augmente graduellement. L'enfant ne peut pas même soulever son membre. En juin ls91. Raies et pointes de feu ; dix jours après l'enfant qui est resté alité depuis un an se lève ; la marche est indolente, mais le membre est ankylosé dans l'extension et la malade marche en fauchant. Le genou est d'ailleurs gros et fongueux, il y a un choc rotulien et la pression sur l'interligne est très
Observations.
sensible. Deux séries d'injections de chlorure de zinc, faites dans l'espace d'un mois, rendent la jointure indolente, les fongosités s'affaissent. Quelques mouvements reviennent et la flexion se fait à la lin de septembre 1891, suftisamment pour que la démarche devienne facile ; l'enfant ne fauche plus en posant le pied gauche par terre. Cet état ne s'est pas démenti jusqu'en février 1892. Mais pendant que le genou guérissait, l'enfant fut atteinte de tuberculose laryngée à évolution si rapide que la trachéotomie devint urgente. L'enfant sort de l'hôpital en mai 1892, sans canule, le larynx en assez bon état. L'enfant est revue le 14 décembre 1892, son genou est en parfait état, sa circonférence est de 31 cent. 1/2 contre 32 du côté sain. La température est identique aux deux genoux : 35°. L'état général est bon, la petite fille travaille à son métier, malgré une rechute de sa laryngite.
Obs.65. — Tuberculose non supputée du genou. Trois séries d'injections. Guérison (Perlis). — P..., Ernest, 13 ans 1/2. Depuis l'âge de 4 ans, l'enfant souffre souvent de son genou droit, boite pendant plusieurs mois, marche mieux pendant quelque temps et se remet à boiter. Depuis plusieurs mois l'articulation est très tuméfiée, la douleur à la pression est vive, la marche devient fort pénible. Les mouvements très limités.
22 août, l'"^ septembre. 14 septembre. Trois séries d'injections, suivies chaque fois d'une réaction modérée : pas de tuméfaction notable, douleurs durant 2 à 3 heures.
25 septembre 1891. L'enfant se trouve guéri, marche sans boiter, ne souffre point; l'extension est complète, la flexion va jusqu'à un angle très aigu. Cependant l'articulation reste plus chaude que celle du côté gauche et la circonférence est de 34 cent, contre 30. A ce moment il survient une arthrite subaiguë du coude droit qui guérit en quelques jours par l'administration de salicylate de soude.
Obs. 66 — Ostéo- arthrite non suppurée du genou ; 4 séries d'injections. Gaérison (Perlis). — R... Jules, âgé de 9 ans. Tumeur blanche du genou, début en mars 1891.
Août 1891. Quatre séries d'injections. La douleur disparaît et la marche devient possible.
l""" octobre. L'enfant marche tous les jours une ou deux heures sans souffrir; cependant le condyle interne est un peu sensible à la pression très forte et la T. locale est du côté malade 33o, 4, tandis que du coté sain elle n'est que 31«,8.
21 octobre. L'enfant ne se plaint pas, marche très bien toute la journée. Les points sensibles ont disparu.
Le 28. L'état local et général sont parfaits.
Obs. 67. — Ostéo-arthrite non suppurée du genou; Une série d'injections. Guérison dans une attitude défavorable (Perlis). — B..., Anna, 7 ans, tumeur blanche du genou droit ; début il y a un an, la pression est douloureuse; la jambe est fléchie à angle droit sur la cuisse ; l'extension est
Méthode sclérogène pure ou combinée.
impossible; flexion peu accentuée également. Circonférence du genou droit, 24 cent. ; du genou gauche, 20.
23 novembre 1891. GO gouttes de solution en 14 piqûres y compris la face postérieure du tibia ; immobilisation et légère extension forcée, douleurs vives jusqu'à midi.
Le 30. Circonférence 24 ; l'extension estaugmentée.
14 décembre. Extension incomplète sous chloroforme.
2 mars 1892. Flexion à angle obtus ; extension impossible ; raccourcisseinenf 4 cent. L'enfant marche sans se plaindre en corrigeant celui-là par une scoliose lombaire; circonférence 22 cent. Etat général très bon.
Obs. 68. — Tuberculose mppurée du genou. Résection suivie de suppuration. Consolidation au bout de cinq mois. Persistance de fistules aux extrémités de l'incision. Hypertrophie énorme du fémur jusqu'à son tiers supérieur. Deux séries d'injections. Guérison (Perlis.) — N..., Hippolyte, 4 ans. Aussitôt après la résection le volume du fémur se mit à augmenter graduellement et au moment où la consolidation fut achevée, il était devenu énorme dans ses 2/3 inférieurs ; l'os avait au moins triplé de volume; la cuisse avait 28 cent, de circonférence maximum, mais ce chiffre comparé aux 22 cent, du point symétrique de la cuisse saine ne donne pas encore une idée de l'hypertrophie fémorale, car la peau du côté malade était luisante et tendue sur l'os, les parties molles n'existant plus guère. Une quantité considérable de pus s'écoulait par deux, fistules. L'enfant ne souffrait d'ailleurs pas, mais ne pouvait poser le pied par terre.
9 octobre 1892. l'e série d'injections : 12 piqûres de VI glles au dessus et au dessous de la ligne cicatricielle, et à la limite de l'hypéroslose : 3 jours après la diminution de volume était visible.
Le 21. Deuxième série d'injections : 10 piqûres de V gttes; la circonférence du fémur qui était de 26 cent, descend à 25 cent, en dix jours ; les fistules sont grattées et l'eiilant commence bientôt à marcher.
Décembre 1891. Exeat ; les lislules cicatrisées, l'enfant marche facilement avec un raccourcissement de 2 cent.
Obs. 69. — Tuberculose non suppurée du genou.2 séries d'injections. Guérison. Récidive au bout d'un an (Perlis). — Namp..., Georges, 6 ans 1/2, souffre du genou droit depuis un an tout en continuant à marcher. Le genou est chaud, les veines superlicielles très dilatées, la synoviale distendue par un épanchement considérable. Le périmètre du côté malade est de 28 cent, contre 24 du côté sain. L'extension est complète; le maximum de flexion laisse le talon à 6 cent, de l'ischion. Le condyle interne est très hypertrophié.
26 octobre 1891. 12 injections de IV gttes. Douleurs vives pendant 3 heures. L'épanchement se résorbe rapidement. Au bout d'un mois, l'enfant marche facilement et la flexion est complète mais la température locale reste élevée.
11 janvier 1892. 7 injections de IV g. Réaction modérée. Fin janvier : péri-
Observations.
métré 24 cent, des deux côtés, flexion complète, mais la tempéralnrc locale n'est toujours pas normale.
16 novembre 1892. — L'cnl'anI s'est très bien porté toute l'année ; il est considéré comme parfaitement guéri, va à l'école, ne se plaint jamais, ne boite jamais. Nous constatons, en efl^t, qu'il a une raine superbe, que son articulation est absolument mobile, la flexion allant jusqu'au contact du talon et de l'ischion, Cependant, depuis quinze jours, le volume du genou a un peu augmenté et la synoviale est en effet distendue par un épanchement considérable ; le périmètre présente 2 cent. 1/2 de différence : 24 1/2 au niveau de la rotule et 26 cent, au niveau du cul-de-sac tricipilal du côté sain pour 28 cent, et 28 c. 1/2 du côté malade.
On se propose de recommencer le traitement par les injections de chlorure de zinc, la révulsion de la compression n'ayant eu aucune action sur celte hydarthrose.
7 décembre. 22 injections.
Résultat délinilif?
Obs. 70. — Tuberculose du genou avec abcès non injectés. Quatre séries d'injections. Amélioration considérable (Perlis). — B..., Alfred, 2 ans 1/2, sans antécédents tuberculeux, boite depuis qu il sait marcher et le volume de son genou va en augmentant. /
22 septembre 1891. 10 injections de IV gttes, réaction vive, tuméfaction considérable du genou, de la jambe et de la cuisse ; mais dès le lendemain, la douleur a disparu, les fongosités sont comme figées, la rotule presque immobile. Quinze jours après l'injection, la flexion de la jambe sur la cuisse est normale, l'extension est incomplète; la différence de diamètre est de 1 cent 1/2.
28 octobre. 10 injections de IV gîtes. Mêmes suites que la première fois, puis douze jours après l'injection, il se développe un petit abcès froid au-dessous de l'interligne. Incision, grattage jusqu'à l'os dénudé, cicatrisation sans suppuration après l'issue de fongosités venant des parties voisines de l'interligne. L'état général de l'enfant, qui était fort mauvais, est complètement changé, mais l'état du genou ne varie guère.
Décembre 1891. Une petite fistule s'ouvre au niveau du premier abcès.
6 avril 1892. 10 injections IV g. autour de la petite fistule. Douleurs pendant douze heures, ensuite indolence absolue ; l'enfant, alité depuis huit mois, essaye de se lever quand on le quitte, le genou diminue de volume. L'état général est parfait. L'enfant grandit beaucoup et le membre malade est pareil à l'autre au point de vue de la longueur des segments.
Juin 1892. Un vaste abcès froid se développe dans la partie externe du cul-de-sac tricipital. Incision, grattage minutieux, extraction de fragments de la synoviale fongu(îuse, badigeonnage au naphtol camphré, suture et guérison par première intenjion en quelques jours.
Août 1892. Un autre abcès analogue se forme dans la partie interne du même cul-de-sac. Même traitement et même résultat. La peau est comme collée à l'os sur l'épiphyse fémorale.
Méthode sclérogène pure et combinée.
Actuellement, en décembre 1892, le processus tuberculeux parait à peu près éteint, les cicatrices très petites et blanches sont peu enfoncées et peu adhérentes et la peau a repris sa mobilité sur l'os (synoviale régénérée). Le genou est indolent à la pression, sauf au niveau de l'interligne, quand la pression est énergique ; on ne sent de fongosités nulle part. La jambe est fléchie sur la cuisse à 150° et on peut lui imprimer quelques petits mouvements. Le redressement complet est impossible sous chloroforme, à cause de la subluxation du tibia. L'enfant marche avec une chaussure à semelle épaisse, quand le genou est bien maintenu à l'aide de quelques attelles. La température est nettement plus élevée que du côté sain et nous n'osons, en somme, pas considérer cet enfant comme guéri définitivement. L'état général est parfait.
Obs. 71. — Tuberculose suppurée du genou. Une série d'injections. Amélioration considérable (Perlis). — L..., Jeanne, 7 ans 1/2. En septembre 1890, une arthrite subaigué survient au genou droit et l'enfant ne peut bientôt plus marcher; elle subit pendant dix mois toutes sortes de traitements, y compris une arthrectomie. En juillet 1891, l'enfant est toujours complètement impotente, alitée; le genou est informe, fongueux, ankylosé dans une flexion légère, extrêmement douloureux à la pression ; il y a plusieurs fistules au niveau de la cicatrice opératoire.
28 juillet 1891. 6 injections de II gttes. En quelques semaines, l'enfant change complètement, ne soufl're plus, les mouvements reviennent; au bout de six semaines, les listules sont cicatrisées et l'enfant marche sans la moindre douleur.
Octobre 1891. L'enfant, soignée dans le service, est reprise par ses parents ; son état général est très bon, elle marche parfaitement, c'est-à-dire qu'elle ne se fatigue pas ; mais les mouvements ne sont pas très étendus, l'extension est complète, la flexion n'atteint pas 90° et deux petites fistules ont reparu au niveau de la cicatrice opératoire.
Obs. 72. — Spina-ventosa guéri spontanément. Ostéite tuberculeuse du Vnnétatarsien. Deux séries d'injections. Guérison. Tuberculose non suppurée du genou. Cinq séries d'injections dans l'espace d'un an. Chaque fois, amélioration passagère (Peulis). — G..., Armand, 2 ans 1/2. Depuis |)iusieurs mois, il souffre un peu du pied gauche ; depuis peu de jours, le bord int( i nc du pied est tuméfié, rouge et douloureux à la pression.
30 septembre 1891. Nous constatons que l'enfanta un spina-ventosa de l'index droit, limité à la piialange, bien typique; la mrre do l'enfant nous dit que le doigt est en train de diminuer de volume, aussi le laissons-nous sans traitement et il guérit en effet complètement au bout de quelques mois.
Le bord interne du pied gauche est très douloureux, rouge, le périmètre du pied est de 16 cent. 1/2. L'enfant marcheen boitant.
Première série d'injections ; cinq piip'ires de IV gttes, réaction vive, la douleur disparaît en quelques jours ; vingt jours après, il se développe un grand abcès dans le premier espace interosseux ; il est incisé et pansé à la glycérine
Observations.
créosotée; la suppuration est insignifiante, mais la cicatrisation tarde à se faire. Périmètre du pied, 15 cent. 1/2.
10 noveml)re 1891. Deuxième série d'injections. Huit piqûres de IV gttes. Tuméfaction considérale, suivie d'une amélioration rapide : la tistuie est cicatrisée au bout de dix jours, le périmètre est de 14 cent. 1/2. A peine le pied est-il guéri que l'enfant se plaint du genou.
Décembre 1891. Après la tuberculose bénigne du doigt et la tuberculose de gravité moyenne du métatarsien, l'enfant présente une arthrite du genou d'allures beaucoup plus graves.
Deux séries d'injections sont faites dès le début de l'artbrite dans le courant de décembre 1891, suivie chaque fois d'une réaction vive, d'une amélioration insignifiante et ensuite d'une aggravation sérieuse.
Mars 1892. Le genou est rouge, douloureux, chaud. Il a 23 cent, de périmètre contre 21 du côté sain. Les mouvements sont impossibles, fenfant ne peut mettre le pied par terre.
Le 2. Troisième série d'injections : 8 piqûres de VI gttes. Redressement incomplet. La réaction est vive, de gros bourrelets indurés dessinent la ligne d'injection, surtout au tibia où le bourrelet a 2 cent, de largeur; bientôt le volume du genou diminue, le périmètre est de 12 cent 1/2, l'enfant essaye de marcher quand il n'est pas surveillé, mais un mois après l'injection, il n'y a plus aucun progrès nouveau.
18 mai. Quatrième série d'injections, suivie des mêmes phénomènes.
13 juillet. Cinquième série d'injections : 12 piqûres — 0,50 centigr. de solution. Réaction vive, douleurs pendant sept heures ; pendant deux mois, le genou parait tendre vers la guérison, l'amplitude des mouvements augmente dans une faible mesure : flexion, 135° ; extension, 112», puis l'articulation s'endolorit à nouveau. Il n'y a d'ailleurs jamais eu de douleurs spontanées depuis les premières injections.
7 décembre 1892. Sixième série d'injections : 18 injections = 0,50 centigr. de solution. Le redressement complet est impossible, le libia ayant tendance à se luxer en arrière. Le doigt et le pied restent parfaitement guéris. L'état général de l'enfant est très bon.
Obs. 73. — Tuberculose non suppiirée du genou. Une série d'injections. Amélioration rapide (Perlis). — F... Adèle, 19 ans. Depuis l'âge de 4 ans, c'est la troisième poussée d'arthrite tuberculeuse du côté du genou droit ; la première a duré un an, la seconde six mois, la troisième date du mois de mars 1891. L'enfant ne marche plus qu'avec deux béquilles, le genou fléchi, août. 10 injections de IV gttes. et extension.
Trois semaines après, l'enfant quitte le service, marchant sans appui, le genou presque ankylosé dans l'extension.
Obs. 74. — Tuberculose non suppurée du genou. Une série d'injections. Amélioration (Perlis). — D... Mathilde, 7 ans, malade depuis 2 ans. Le genou droit est tumélié, mais indolent, et l'enfant marche assez bien; à la suite d'un traumatisme, la tuméfaction a augmenté depuis trois mois et demi.
Méthode sclérogène pure ou combinée.
10 novembre 1891. L'enfant marche bien; le genou droit est volumineux, arrondi, fongueux et chaud. Le mouvement de flexion est fort limité. Circonférence, 23 cent, contre 21 cent, du côté sain.
1'" série d'injections : 8 piqûres de V gouttes. Douleurs très forles pendant 7 heures, augmentation notable du volume de l'articulation. Vingt jours après l'injection, le volume du genou a dimiimé, la coloration de la peau est normale, la flexion est facile à 90°.
12 décembre 1891. L'enfant marche parfaitement, la flexion va ù 45", le volume du genou reste plus considérable que celui du genou sain; l'enfant est perdu de vue à ce moment.
Obs. 75. — Tuberculose non suppurée des deux genoux. Une série d'injections pour le genou gauche. Amélioration. (Perlis). — Sind..., Julie, 8 ans. A l'âge de 4 ans, arthrite aiguë traumatique du genou droit, ensuite tumeur blanche non suppurée. L'enfant marche en boitant depuis. IjO genou gauche s'est tuméfié depuis janvier 1891 ; à mesure qu'il empire le genou droit va mieux.
Juin 1891. Le genou gauche luisant, fongueux, avec une forte tendance à la flexion; le genou droit légèrement fléchi, moins douloureux. Vésicatoire à droite, pointes de feu à gauche.
Juillet. Le genou droit est indolent et mobile ; les mouvements sont cependant moins étendus que normalement. Le genou gauche n'est pas amélioré, la flexion s'accentue.
Août. Injections de chlorure de zinc autour du genou gauche, amélioration rapide et considérable.
Obs. 76. — Osléo-arlhrite non suppurée tuberculeuse du genou, k séries d'injections, Amélioration. Mort de méningite (Perlis). — N..., Armand, âgé de 3 ans, tumeur blanche du genou droit. Le genou est complètement déformé. La synoviale est pleine de fongosités, la peau est distendue, amincie; la jambe est fléchie à angle obtus.
7 octobre 1891. 8 injections (32 gttes).
Le 14. Circonférence du côté malade, 25 ; du côté gauche, 18. Un gros abcès communiquant avec le cul-dè-sac tricipital est ouvert à la face interne et pansé à la glycérine créosotée.
Le 17. Il ne s'écoule plus de pus.
Le 21. Circonférence du genou malade, 23 1/2; l'abcès est cicatrisé. 10 novembre. Indolence à la pression. Circonférence, 22 1/2. Le 17. 6 injections (24 gttes) à la face interne.
24 février 1892. Genou droit, 21 1/2; genou gauche, 19. Redressement sous chloroforme et injection de 50 g. de solution. 2 mars. L'enfant a souffert 24 heures ; genou droit, 22. Le 9. Genou droit, 21 ; ne souffre plus, l'extension est toujours incomplète.
13 avril. Genou droit, 20 1/2. L'enfant fléchit spontanément jusqu'à l'angle obtus de 135", et étend presque complètement la jambe; il ne soutire pas à la pression.
Observations.
18 mai. Le creux poplité est bombé, faussement Uuctuant. La pression n'est pas douloureuse.
Le 25. 10 injections (25 gttes) dans le creux poplité au-dessus et au-dessous de l'interlii^ne, à la surface de l'os, des deux côtés de l'artère dont on sent le battement.
1«'' juin. L'enfant a peu souffert. Indurations, surtout à la partie inférieure du creux poplité.
Le 29. Le genou est indolent. Flexion à 100°, extension à 140°.
10 novembre. Mort par méningite.
Obs. 77. — Tuberculose non suppurée du genou. 3 injections d'huile créosotée dans les fongosités ; grande amélioration, rechute au bout de deux mois, i™ série d'injections de chlorure de zinc : amélioration et rechute après une rougeole. 2" et 3" séries d'injections. Amélioration considérable durant cinq mois, nouvelle rechute. 4« et 5° séries. Pas de guérison (Perlis). — V..., Maurice, 3 ans 1/2; l'enfant ne peut pas essayer de se tenir debout et les bourrelets fongueux s'accentuent de plus en plus. Ensuite, dans l'espace de deux mois, on l'ait 3 séries d'injections d'buile créosotée à 20 0/0, 40 à 50 gr. chaque fois dans l'épaisseur des fongosités- L'amélioration est très notable en quinze jours; un mois après la série d'injections, le genou reprend un aspect à peu près normal tout en restant chaud, et l'enfant marche de mieux en mieux; mais, au bout de deux mois, le volume de l'arliculalion augmente et la température locale s'élève; on a recours au chlorure de zinc.
21 octobre 1891. V'^ série d'injections : 8 piqûres de VI gtlcs ; réaction violente, indurations très nettes en quelques jours et, ensuite, pendant deux mois, tendance manifeste à la guérison, à la restitution des mouvements. La rougeole, contractée le 10 décembre 1891, amène une rechute; la jambe se fléchit sur la cuisse, pour la première fois, depuis le début.
Janvier 1892. 3 séries d'injections ; le genou paraît presque guéri pendant trois mois ; le petit joue et marclie, se porte à merveille. L'état local est très satisfaisant, la circonférence du genou a diminué de 2 cent., elle est pareille des deux côtés, 22 cent., la flexion spontanée atteint 90°, l'extension est parfaite; cependant, il y a de la douleur à la pression forte et la température est de 3(]° du côté gauche contre 34'',5 du côté sain ; aussi conlinuons-nous à surveiller l'enfant, et, en effet, les symptômes inquiétants reviennent, douleur plus forte, gène dans la flexion.
11 mai. 4° série d'injections : 10 piqûres de VI gîtes ; nouvelle amélioration pendant deux mois, après quoi la douleur à la pression augmente derechef un peu ; la flexion n'atteint que 128", l'extension incomplète atteint 135° ; il y a une atrophie notable de la cuisse, malgré le massage et l'électrisation.
IG novembre 1892. Depuis (piinze jours, l'enfant ne veut pas marcher, le volume du genou, jusqu'alors égal à celui du côté droit, a augmenté un peu, la flexion est tort douloureuse et limitée.
5e série d'injections, suivie d'une nouvelle améliorafion.
Méthode sclérogène pure ou combinée.
Décembre 1892, En somme, depuis près d'un an et demi, les injections de chlorure de zinc arrivent à arrêter chaque nouvelle tendance à la récidive, sans aboutir à la guérison. L'état général de l'enlant est tout à l'ait étonnant, tellement le petit est frais, grand et vigoureux.
Obs. 78. — Tuberculose suppurée du genou, grave. Deux séries d'injections. Amélioration qui facilite V amputation (Perlis). — D..., Marguerite, 4 ans. Depuis plusieurs années tumeur blanche du genou gauche; l'enfant entre à l'hôpital le 27 juillet 1891, le genou à ce moment est très gros, plein de fongosités, avec de nombreuses lislules remontant sur la cuisse qui est tumétiée;une vaste ulcération se trouve dans le creux poplité, une autre au niveau de l'interligne antérieur. Etat général mauvais. Deux séries d'injections en août et en septembre améliorent beaucoup l'état du genou; les listulcs en partie guéries, l'ulcération antérieure également, les parties molles sont, rodevenues mobiles sur le fémur. L'état général est bien meilleur. Le redressement est impossible, la résection contre-indiquée par l'étendue des parties malades.
L'amputation au 1/3 supérieur est faite le 8 décembre 1891. L'examen des pièces montre les épiphyses et une partie de la diaphyse fémorale complètement désorganisés.
Obs. 79. — Tumeur blanche non suppurée du genou. Une série d'injections. Insuccès (Peblis). — G... Denise, <àgée de 3 ans et demi. Tumeur blanche du genou. Début il y a un mois.
23 novembre. Genou très chaud, douloureux à la pression. Circonférence : côté sain, 20 1/2 ; côté malade, 22 1/2 ; 16 injections de 48 gttes.
Le 30. L'enfant ne souflre pas depuis le jour d'injection. Douleur à la pression insignifiante, légère flexion.
14 décembre. Guérison de la rougeole ; le genou esl devenu très douloureux, tuméfié surtout au niveau du condyle interne. La flexion s'est également accrue ; extension incomplète.
Le 21. Genou très sensible à la pression, rouge. L'enfant est perdue de vue.
Nov. 1891. L'enfant est alitée. Traitée par des pointes de feu.
Obs. 80. — Tuberculose non suppurée du genou. Une série d'injections. Pas d'amélioration (Perlis). — G..., Marcel, 6 ans. L'arthrite débute à l'âge de 3 ans, guérit au bout de 3 mois de traitement par les pointes de feu et le petit peut marcher pendant un an. Alité à nouveau depuis avril 1891, il est apporté à l'hôpital en septembre 1891 ; le genou est douloureux, volumineux, fongueux, non suppuré. Immobile dans la flexion à angle oblus.
Le 20 septembre. 10 injections de IV gtles. Le genou devient indolent au bout de quelques jours, mais il ne survient pas d'autre changement, et un mois plus tard il y a une différence de température de 2», 6 entre les deux genoux : 35» du côté malade, contre 32°, 4.
L'état du genou a peu changé durant l'année 1892 (l'enfant élail soigné chez ses parents), mais depuis peu il a beaucoup empiré et, en novembre 1892, l'enfant est ramené dans un service de chirurgie afin d'y subir une résection.
Observations.
Obs. 81. — Tuberculose du genou, 6uppurée non ouverte. série d'injections. Amélioration passagère. Ouverture de Vabcès froid. 2" série d'injections. Insuccès. Mort (Perlis). — M. Georges, 10 mois. Le genou est tuméfié depuis quatre mois ; il est très volumineux, la peau luisante est parcourue de grosses veines et immobile dans la llexion. Etat général mauvais.
20 février 1891. — Ire série d'injections : 7 piqûres de IV g. ; réaction vive ; le cul-de-sac tricipital qui était déjà distendu par une certaine quantité de liquide augmente encore ; il est incisé, il s'en écoule une grande quantité de pus grumeleux mêlé de débris et de fongosités synoviales. A la suite de cette évacuation, le membre est mis dans l'extension. L'enfant soulfre moins pendant quelque temps, son état général se relève, puis le genou augmente encore de volume, il s'établit une suppuration peu abondante au début, de plus eu plus abondante ensuite au niveau du cul-de-sac tricipital, deux autres séries d'injections ne modifient l'état des cboscs que très passagèrement ; cependant la marche de l'arthrite d'aigué qu'elle était, devient chronique et l'enfant vit jusqu'en 1891, époque, a laquelle il meurt cachectique, albuminurique, avec de l'anasarque généralisée.
Obs. 82. — Tuberculose de genou. Une série d'injections. Pas d'amélioration (Perlis). — P..., Fernand, 9 ans, début de l'arthrite à la suite d'une fièvre typhoïde ; marche lente d'abord, subaiguë depuis trois semaines Cinq mois après le début, l'enfant est alité, le genou très volumineux, hypertrophie considérable des épiphyses. La pression est fort douloureuse ; impotence absolue ; état général médiocre.
5 novembre. 10 injections de V gouttes. Douleurs pendant longtemps. Résultat nuL
Obs. 88. — Tumeur blanche du genou, non suppurée. 3 séances d'injections. Guérison (Desguins). — Enfant 0..., Léopold, âgé de 6 ans; son affection paraît remonter à quelques semaines. I/article dans son ensemble est modérément gonflé. Les dépressions normales sont eflacées. Il n'y a ni rougeur des téguments, ni imminence de suppuration. Les mouvements sont extrêmement réduits à cause de l'excessive douleur qu'ils occasionnent.
La mensuration du genou, au milieu du niveau de la rotule, donne 23 cent, de circonférence pour le côté sain, et 23 cent. 1/2 pour le côté malade.
Le 15 octobre, nous pratiquons 4 injections de chlorure de zinc au 1/10» de 4 goutttes chacune. 2 du côté du fémur, 2 du côté du tibia. La douleur produite par les injections est vive et persiste tout en s'atténuant progressivement pendant une demi-journée.
Le lendemain : réaction générale nulle. On constate au niveau des piqûres un peu de gonflement et une induration marquée. Ceux-ci diminuent rapidement. Après quelques jours ils ont disparu. En même temps aussi disparaît la douleur que l'enfant accusait à son entrée. Les mouvements de flexion peuvent s'effectuer dans une grande étendue sans provoquer de révolte musculaire. Le
Méthode sclérogène pure ou combinée.
26 octobre nous pratiquons deux nouvelles injections au niveau des bords latéraux de la rotule. Enfin le 6 novembre nous en faisons encore deux autres au niveau des tubérosités du fémur. Une de ces dernières donna lien à une escbare de la peau grande comme un centime et qui mit quelques semaines à se détacher. Lorsque vers la On de novembre l'enfant quitta l'hôpital, il restait encore à ce niveau une petite plaie toute superficielle. A part cela, il était guéri. La claudication, qui était nécessairement très marquée, dans le principe, avait fait place à une marche normale.
Dans le courant de décembre, une chute faite sur le genou à peine guéri. Son genou présentait au moment de sa rentrée tous les signes d'une violente contusion avec douleur et épanchement. Or, huit jours de repos avec simple application de compresses résolutives suffirent à faire tout rentrer dans Tordre. Le 15 février dernier^ atteint cette fois d'un mal de Pott. La tumeur blanche du genou était pourtant restée bien guérie. Elle est encore bien guérie à l'heure qu'il est, c'est-à-dire après 8 mois.
Obs. 84. — Tumeur blanche du genou, non suppurce. Six séances d'injections. Guérison (Desguins). — Enfant De R..., Joséphine, âgée de 11 ans, portant au médius gauche un spina-ventosa déjà très avancé et au genou droit une tumeur blanche, pas très ancienne, mais déjà très caractérisée par les symptômes habituels.
Le 11 juillet, nous pratiquons l'ablation du doigt malade, et profitant du sommeil chloroformique, nous faisons au genou une première séance d'injection (une dizaine de gouttes environ). Au lendemain de chaque séance nous avons constaté un peu d'induration et de gonflement. Une seule fois la température s'est élevée à 38°, 2.
Dès les premiers jours du traitement la douleur s'est amendée et elle disparu complètement dans la suite. Quelques poussées congeslives observées en dehors de l'influence directe des injections furent combattues par des applications d'onguent mercuriel et un bandage ouaté légèrement compressif. Lorsqu'on novembre la fillette nous a quitté, elle n'éprouvait plus de douleur d'aucun genre. La mobilité du genou était normale. La marche se faisait aisément et sans fatigue. L'état général, assez précaire au début, s'était amélioré au point de rendre l'enfant méconnaissable.
Obs. 85. — Tumeur blanche du genou, non suppurèe. Deux séances d'injections. Abcès consécutif. Guérison (Desguins). — L'enfant de V..., Marie, âgée de 6 ans, porte au genou gauche une tumeur blanche en pleine évolution. L'article a pris l'aspect fusiforme caractéristique et offre tous les symptômes habituels de l'arthrite tuberculeuse non encore suppurée. Le début des accidents remonte à 2 mois tout au plus.
La l"^ février 1892, première séance d'injection : une douzaine de gouttes en 3 piqiires. Le lendemain : apparition au niveau de chacune des piqûres d'un foyer d'induration très marqué; gonflement du genou dans son ensemble; pas
Observations.
de réaction générale. Ces foyers se dissipent au bout de quelques jours et le gonflement de l'articulation diminue peu à peu, en même temps que disparaissent les pbénomènes douloureux dont l'enlanl se plaignait antérieurement.
11 février. Le genou malade est encore un peu plus volumineux que le genou sain; l'enfant n'éprouve plus de douleur; la flexion et l'extension de la jambe sur la cuisse se font beaucoup plus aisément. Nouvelle injection d'une douzaine de gouttes do chlorure en 3 piqûres, suivie des mêmes phénomènes locaux que la l"'" fois.
A un examen fait le 15 février, nous percevons au niveau du point où a porté l'injection destinée au plateau du tibia, une petite collection liquide indolore.
Le surlendemain, nous voyons s'échapper de la poche ainsi traitée, une masse molle, grisâtre, couleur mastic, due au mélange du oaphtol avec les sécrétions.
L'enfant put quitter l'hôpital le 1-5 mars, soit un mois 1/2 après la l"''^ injection de chlorure de zinc. L'état général s'était beaucoup amélioré. Le genou avait repris ses fonctions et un aspect assez normal pour qu'une personne non prévenue ne pût remarquer de dilférence entre les deux membres.
Obs. 86. — Tumeur blanclie du genou, non supputée. Une seule séance d'injection. Guérison (Desguins). — La nommée Van M..., 38 ans. Fait remonter à 8 semaines le début de la gonarthiocarce dont elle est affligée. Le genou est rempli de fongosités et les douleurs sont assez intenses pour ôter tout sommeil.
Le 4 juin 1892, nous pratiquons sous le chloroforme, une injection de 1 gr. 1/2 de solution de chlorure de zinc au l/lQe en une quinzaine de piqûres. Le genou est immobilisé dans un bandage ouaté compressif, pendant environ 3 semaines. Il n'y eut à la suite de l'injection aucune réaction fébrile, le maximum de la température ayant été de 37», 6 (8 juin). Une des piqûres donna lieu à une eschare. Les douleurs cessèrent moins vite que dans les cas précédents et ne furent calmées qu'au bout de 4 semaines environ. Après six semaines la malade pouvait être considérée comme guérie. Elle marchait sans aucune douleur. Tout tefois le genou est resté un peu raide, comme semi-ankylosé. Il a cependant repris sa configuration normale.
Obs. 87. — Tumeur blanche du genou, ancienne ayant suppuré. Dix-sept séances d'injection. Amélioration (Desguins). — Le nommé T..., Jean, 45 ans, commis, a été traité pendant plusieurs années pour arthrite tuberculeuse du genou gauche. Genou ankylosé (ou paraissant tel) dans la rectitude, uniformément gros, ne montrant pas de dépressions physiologiques.
L'article est peu douloureux à la pression, sauf vers les plateaux du tibia, mais il est le siège de douleurs nocturnes très prononcées. Des vestiges d'anciennes fistules se trouvent çà et là, au côté externe du membre. L'articulation tibiotarsienne est ankylosée par suite de son immobilité dans les appareils. La poitrine ne paraît pas atteinte. Du 12 septembre au 28 avril nous n'avons pas fait moins do 7 séances d'injections et avons déposé tant autour de la synoviale que dans
Métiiodu scléi'oyèiiu pure ou coiubiiiée.
les (biigosilés environ trois cents gouttes de chlorure de zinc. Dans les premiers temps l'amélioralion fut notable et même rapide, en ce sens «[ue les dou- Jeurs s'atténuèrent manifestement et qu'après quelques semaines déjà nous avions obtenu une diminution de trois centimètres et demi sur la circonférence de l'article, mesuré au niveau de la rotule. Mais les douleurs ne cessèrent jamais complètement et maintenant le membre gonfle dès que le malade a été quelques beures en mouvement. Il est à noter que l'ankylose du genou, loin de s'accentuer a fait place à une mobilité de quelques degrés. Une seule des nombreuses pi(p"ires fiiites cbez cet homme fut suivie d'un sphacèle très limité de la peau.
Obs. 88. — Tumeur blanche du genou, supyjurée, ouverte. Cinq séances d'injections. Résultat nul. Décès par méningite tuberculeuse (DesCiUins). — La nommée L..., Jeanne, âgée de 18 ans, entre à l'hôpital, pour des douleurs du genou droit. Il n'y a pas en ce moment de déformation notable de l'article, et le 6 mai nous sommes obligés de lui ouvrir au-dessus du condyle fémoral interne une large collection purulente ayant disséqué une partie du pourtour de l'os. Malgré le drainage et des soins antiseptiques convenables, la suppuration continue.
Nos premières injections furent faites le 11 et le 18 juillet, avec la solution au l/20« et ne comportèrent respectivement que 3 à 4 piqûres de 2 à 3 gouttes chacune; peu de réaction consécutive. Dès le 27 nous employâmes la solution au 1/10" sans oser toutefois injecter plus de 2 gouttes par piqûre. Enfin nous finies encore deux séances le 18 et le 2',) août, en augmentant jusqu'à 16 le nombre des gouttes injectées.
11 faut bien l'avouer, les résultats lhérapeuti(iues ne furent pas appréciables. Il y eut bien un peu de réaction locale, des indurations au niveau des piqûres, etc., mais comme la douleur due à l'afl^ection même ne diminuait pas et (]ue celles (pie déterminaient les piqûres étaient très vives, la jeune illle linit par refuser toute nouvelle intervention.
Il fallut, à bout de ressources, se borner à des moyens palliatifs, et notre malade, prise successivement de tuberculose intestinale et de méningite, linit par succomber le 14 novembre.
Oiis. 89. — Tumeur blanche du genou suppui-ée, non ouverte. Quatre séances d'injections. Guérison (Desguins). — L..., 10 ans, soufl're depuis 1 an 1/2 d'uiu' tumeur blanche du genou. En dépit de tous les traitements, la lésion n'a fait que s'aggraver. Le genou mesure 3 cent. 1/2 de plus (pie le genou sain. Douleurs spontanées, surtout la nuit. Il y a tous les signes d'une suppuration de l'article.
Pas de fistule. L'ayant placé sous le chloroforme le 8 janvier 1892, en vue des injections, nous constatons que la flexion est limitée à quelques degrés. Nous pratiquons ce jour-là une injection de 25 gouttes environ de chlorure de zinc. Cette première injection fut suivie d'une douleur très vive pendant quel- M. 20
Observations.
ques heures. Mais nous eûmes la satisfaction de constater bien vite une amélioration considérable.
Dès le 11, en effet, 3 jours plus tard, les douleurs nocturnes sont disparues. On peut toucher et remuer tout le membre.
Le 15 et le 30 janvier, nouvelles injections, même dose, sous le chloroforme.
Le 13 février, nous retirons au moyen de l'aspirateur Potain, environ 200 gr. de pus Mlant, non grumeleux, d'une collection paraissant communiquer avec l'articulation. Nous injectons une trentaine de grammes d'huile iodoformée à 10 0/0. Pansement antiseptique renouvelé le 16, le 20 et le 24. A chaque paneement nous faisons sortir par l'orilice de ponction une bonne quantité de pus brunâtre.
Le 27. Le pus s'est à peine à reformé. Nous faisons une 4= et dernière séance d'injections sous le chlorolorme : 50 gouttes environ, en dix piqûres.
Le 1"' mars, au lever de l'enveloppement antiseptique, nous constatons qu'il n'y a plus de pus et que l'ancien orifice de ponction est bien cicatrisé. Nous mettons le malade dans une gouttière irrimobilisable et nous revoyons le malade seulement un mois plus tard.
Avril. Le membre n'est plus douloureux. La différence entre les deux genoux n'est plus que d'un centimètre. L'enfant part pour la campagne. Son état de santé s'est régulièrement amélioré. Pendant trois mois encore nous maintenons un léger bandage autour du genou.
Enfin récemment, nous avons constaté : articulation indolore, plus de fongosités perceptibles, périmètre : un centimètre de plus que celui du genou sain. Flexion incomplète, environ 25". Marche et jeux prolongés sans fatigue. C'està-dire, en un mot, la guérison clinique, et cela sans ankylose à proprement parler. A noter un point intéressant, c'est que le fémur malade a subi un allongement d'au moins deux centimètres, preuve d'une suractivité assez grande dans le fonctionnement du cartilage juxta-épiphysaire.
Obs. 90. — 0. A. T. non suppvrée. Amélioration (David). — Gauthier, François, âgé de 21 ans, se fait une forte contusion au genou gauche. On remarque à ce moment une large ecchymose, occupant la partie interne de la jambe gauche, au-dessus et au-dessous du genou. Gonflement et rougeur de l'articulation avec épanchement de liquide.
Le 3 août, le malade sort très amélioré pour entrer en convalescence.
Mais le 6 août, cet homme est renvoyé à l'hôpital. Le genou gauche est de nouveau rouge et très gonflé, la peau est tendue. Les mouvements d'extension et de flexion sont très restreints et douloureux. La fatigne survient rapidement dans la marche ou la simple station debout. En faisant mouvoir la jambe sur la cuisse, on perçoit distinctement à la main de nombreux craquements. Les ganglions inguinaux de ce côté sont engorgés.
Cet homme est d'abord traité par les cautérisations transcurrentes sans aucune amélioration. L'articulation est encore empâtée et contient toujours du liquide.
Méthode sclérogène pure ou combinée.
Le 11 septembre, première injeclion de IV goultes de chlorure de zinc, lien haut près du bord interne du tendon du triceps et II en bas près du bord interne du tendon rotulien.
Le 13, deuxième injection de VI gouttes dont III près du bord externe du tendon du triceps en haut, et III en bas près du bord externe du tendon rotulien.
Le 15, le 17, le 19, injections de VIII gouttes, en alternant comme pour les précédentes.
Le 21 et le 23, injections de X gouttes.
Le 25, à la visite, le malade accuse une amélioration sensihle. Il a marché la veille assez longtemps sans fatigue.
Le 27, les dépressions articulaires normales commencent à se dessiner. L'empâtement diminue. Les injections ne sont pas très douloureuses. Les jours suivants, l'amélioration fait de rapides progrès. On continue, par intervalles de vingt-quatre heures, des injections de XII gouttes. Elles ne sont suspendues que le 3 octobre. Ce jour-là, on constate que les mouvements articulaires sont a peu près normaux et nullement douloureux. A peine sent-on quelques rares craquements. Le li(|uide est presque totalement disparu. Autour de la rotule, à trois travers de doigt de distance en haut et sur les côtés, à un seul en bas, existe un bourrelet, large d'un centimètre environ, induré et s'élevant très légèrement au-dessus des tissus voisins.
Le 14 octobre. Il est très probable qu'à l'heure actuelle cet homme serait complètement guéri, s'il n'avait pas commis d'imprudences. Car malgré la défense formelle et réitérée qui lui avait été faite et par trop satisfait du résultat des injections, le malade s'est livré, dans les cours, à des marches prolongées, marches qui ont amené dans l'articulation un nouvel épanchement pour lequel il est encore en traitement.
Obs. yi. — 0. A. T. du genou non suppurée. Guérison (David). — M. X..., fait en 1873 une chute sur le genou gauche.
En 1876, douleurs artitulaires et sensation de corps étranger. Ce corps étranger estmanifestement diagnostiqué en 1878.
En janvier 1889, cet oflicier est atteint d'hydarthrose à répétition.
En février 1891, le corps étranger est enlevé avec succès par le professeur Tillaux. Pas d'amélioration à la suite de cette opération. L'arthrite et l'atrophie persistent, augmentent même.
Au mois de novembre 1891, on institue le traitement par les injections de chlorure de zinc. Une série de 30 injections est commencée, chacune d'elles étant en général séparée de la précédente par un intervalle de deux jours. Vers la quinzième injection, le malade accuse une amélioration sensible. La marche est plus facile. Les mouvements de l'articulation sont beaucoup moins douloureux. Vers la vingtième injection, l'apparition d'un érijlhcme zincique oblige à suspendre le traitement, qui est repris aussitôt que l'érythème, combattu par des compresses boriquées, a disparu. Au mois de mars 1892, une nouvelle série
Observalioiis.
de 10 injeclloiis csl pratiquée. Un second érythcmc se produit et oblige à spacer davantage les injections. Ce malade nous a donné trois eschares au cours du traitement zincique.
Actuellement, M. X... est presque complètement guéri. Les mouvements de tlexion et d'extension se font sans la moindre douleur. L'extension est complète, la flexion se fait à plus de l'angle droit. L'hydarthrose ne se reproduit qu'à de très rares intervalles, encore le liquide est-il peu abondant. L'empâtement est à peine sensible. Tous deux disparaissent rapidement par le massage. Les tissus périarticulaires ont repris leur couleur et leur consistance normales. Quelques craquements très fins se sentent encore dans l'articulation. L'alrophie persiste un peu ; elle est combattue par les doucbes et les courants continus.
Obs. 02. — 0. A. T. du genou suppurée. Etat stationnaire. Mort de T. pulmonaire. (David). — Le Guillou-Yves, âgé de 51 ans, entre une première fois à l'hôpital, le 13 septembre 1889, pour fracture de la neuvième côte gauche. Le 2 décembre suivant, cethomme fait une nouvelle entrée à l'hôpital pour pleurésie ancienne. On constate à ce moment une tuberculose manifeste. En outre, le genou droit, qui, cependant, n'est pas douloureux, et dont les niouvemenls sont normaux, est d'un volume sensiblement supérieur à celui du côté opposé.
Atrophie notable de tout le membre inférieur. Mais le malade sort non guéri le 11 janvier 1890.
Le 24 avril de la même année, Le Guillou entre de nouveau à l'hôpital pour pleurésie ancienne. On remarque un très grand amaigrissement de tout le corps La tuberculose a fait de sensibles progrès. Sorti très amélioré le 10 mai suivant cet homme revient à l'hôpital le 24 novembre 1890 pour péritonite chronique. Sorti dans un état relativement satisfaisant le 22 février 1891. Lf Guillou fait le 8 octobre de la même année une cin([uième entrée à l'hôpital pour carie costale et hydrarthrose du genou droit.
Celui-ci présente un gonflement considérable. La peau est rouge, tendue, mais intacte. L'articulation est le siège de douleurs constantes, augmentées par les mouvements qui, du reste, sont très restreints. La marche ainsi que la stalion debout est inq^ossible. La main placée sur l'articulation, perçoit au moindre mouvement, des craquements très nets. Empâtement de toute la région, surtout au niveau des culs-de-sac synoviaux.
Le 28 et le 30 octobre, ainsi que le 1«'' et le 3 novembre, injection de V gouttes de ZnCl à la partie inférieure de l'articulation. Pansement ouaté. On continue à circonscrire l'articulation, le 5 et le 7, par des injections de VI gouttes, le 9 et le 11, par des injections de X gouttes. Le malade constate que ses douleurs ont beaucoup diminué. Les mouvements, encore peu étendus, sont moifis pénibles. Les craquements sont moins sensibles à la main. Du 17 novembre au 8 décembre on fait cinq injections de X gouttes chacune.
Le 11 et le 13, on n'injecte que VIII gouttes. Le malade dit ne plus ressentir de douleurs. Les mouvements se l'ont facilement dans une assez grande éleii-
Métliode scItTOgèiie pure ou cnmhinée
duo. Les craquements sont à peine perceptibles. Le gonflement et l'empâtement sont en majeure partie disparus. La peau, sous laipielle on sent des tissus indures, est de cûloralion normale, quoique un peu moins souple que celle du genou gauche. Les injections, (jui ont été douloureuses, sont alors suspendues. Mais les lésions tlioraciques continuent ù évoluer, le malade meurt le 4 mars. L'autopsie montre des tubercules disséminés dans les méninges, dans les doux poumons et dans le péritoine. A l'ouverture du genou droit on constate la présence d'une certaine quantité de pus logé dans deux poches situées à la partio interne et exlerno de l'articulation. Los cartilages sont dépolis sur presque toute leur surface. Le tissu osseux est légèrement ramolli. La synoviale, où se voient encore de petites mais peu nombreuses f'ongosités, est jaune, épaisse et dure.
Obs. 93. — O.A. T. suppurée du genou. Guérison (D.ivid). — D.. , Yves, âgé de 22 ans, soldat, entre à l'hôpital le 17 janvier 1891, pour lymphangite de la jambe droite. On constate a ce moment quelques excoriations à la partie postérieure du talon droit. Rougeur difluse de la partie postérieure de la jambe correspondante.
Le 5 février, le genou droit présente nue notable augmentation de volume. Sa circonférence dépasse, au milieu de la rotule, celle du côté opposé de 2 centimètres. L'articulation contient une petite quantilé de liquide; pas de craquements articulaires. Agravation des lésions malgré un traitement énergique. La suppuration, apparaît le 23 mai.
Le 2 et le 3 juin, température élevée. Ouverture au bistouri d'un second abcès à la partie antérieure du genou. Ecoulement de sanie purulente.
On constate le 5 juin la présence d'une fusée purulente au tiers inférieur et externe de la cuisse. Une incision faite à ce niveau donne issue à une abondante quantité de pus sanguinolent.
Le 10 août, la su|)puration est un peu tarie, mais le genou est volumineux et empâté. Les mouvements spontanés sont abolis, les mouvements communiqués sont très douloureux. Le malade est très amaigri, l'appétit presque nul. On décide de tenter les injections péri-arliculaires do chlorure de zinc.
1^0 10, le 12, le 14, le 18 : Injections do VIT gouttes, à la partie snp('rionre du tibia, du côté externe et au coté interne.
Le 20. Dix-neuvième injection à la lace interne du genou.
Le 22. Vingtième injection à la face interne du genou. Quand le malade quitte rhôpital, les niouvomenti articulaires se font sans dilliculté, depuis l'extension complète jusqu'à la lloxionà angle droit. La peau a repris son aspect normal. Tous les trajets fistuleux sont formés. Le volume du genou droit est à peine supérieur à celui du côté opposé. On sent encore ([uelques légers craquements intra-articulaires. La marche est facile.
Oii.s. 94. — 0. A. T. du [lenou non suppuré". guérUon (Personnelle). — Malade âgée de 14 ans présentant une T. articulaire de forme dérivativo. (■'(\';t-à-dire survenant dans le cours d'niie T. pnl nnuKiii'o au (h'bnl et
Observations.
ayant attiré à elle tout le processus pathologique de l'économie car après son apparition les symptômes pulmonaires s'amendent et disparaissent.
Il y a trois mois que les symptômes articulaires sont apparus. Actuellement les fongosités sont très abondantes dans le genou droit. Le genou est très douloureux, demi-flécbi.
Injection de ZnCl autour des foyers fongueux, en mars 18^2, disparition des fongosités sauf sur un point tout près du plateau tibial.
En août, à ce niveau apparaît un petit foyer osseux qui est traité par le grattage. Le membre est maintenu immobilisé.
En mars 1893. La guérison est parfaite, les mouvements sont commencés, mais ils resteront limités.
Obs. 95. — 0. A. T. de la partie antérieure du cou-de-pied (tarse), nonouverteei non suppurée. Guérison (Lannelongue in thèse Poux). — Marie-Hélène R..., âgée de 5 ans, entrée le 12 janvier, salle Giraldès, n» 36.
État actuel : On trouve sur la face dorsale du pied gauche, un empâtement généralisé, qui commence vers le milieu du tarse, et finit en avant à la racine des orteils, s'étendant transversalement du J^'' au 5" métatarsien. La peau présente sa coloration normale, A la palpation, fongosités abondantes, mais nulle part, traces d'abcès. A la pression, la douleur siège sur la rangée antérieure du tarse, et à la partie postérieure du métatarse, on constate un point plus douloureux à la partie externe du scaphoide. Les mouvements du pied sont normaux. Les mouvements de flexion et d'extension ne sont pas douloureux. La marche est douloureuse, l'enfant paraît beaucoup soulVrir, et son pied se met en valgus.
27 février 1892. On fait quatre injections de chlorure de zinc à 1/10 de 3 à 4 gouttes cbacune. Une en dehors du tendon de l'extenseur du gros orteil, uneau niveau du 2" métatarsien. Les deux autres au niveau des 4'^ et 5" métatarsiens, en pénétrant sous la masse des tendons par le bord externe du pied. En même temps, on immobilise le pied dans une gouttière plâtrée et on applii[ue un pansement antiseptique.
Le 20. La douleur qui a suivi les injections a été modérée. La réaction inflammatoire commence à diminuer. On commence la compression avec l'amadou.
Le 25. Modifications très sensibles des parties atteintes, qui sont dures et résistantes.
31 mars. On retire l'appareil plâtré.
7 avril. Disparition complète des fongosités de la face dorsale du pied. Il ne reste plus qu'une liyperostose. Plus de douleurs à la pression.
15 juin. L'hyperostose signalée au dernier examen a considérablement diminué de volume à un tel point qu'il est difficile, pour une personne non prévenue, de distinguer le pied malade du pied sain, aucune douleur à la pression. La petite fille marche toute la journée sans douleur et sans fatigue. En somme excellent résultat.
le'' juillet. Guérison parfaite, l'enfant quitte l'hôpital. Elle a été revue depuis plusieurs fois, la guérison s'est maintenue.
Méthode sclérogène pure ou combinée
Obs. 96. — 0. A. T. du cou-de-pied gauche non ouverte et non suppurée. Guérison complète (D'' (Joudray). — M"'" M..., âgée de 35 ans. Entorse du cou-dc-pied gauche vers le mois de septemi)re 1888. A la suite de cette entorse gonflement et douleur, dès que la malade fatigue un peu, ou fait une marche prolongée. Le gonflement a augmenté depuis l'été de 1891.
État actuel. 29 février 1892. Gonflement de la région malléolaire externe gauche, ayant pour centre la malléole elle-même. Le gonflement remonte à 2 ou 3 centimètres sur le péroné, et descend du côté du bord externe du pied à 3 centimètres au-dessous du sommet de la malléole. En avant, ce gonflement s'avance jusqu'au voisinage de l'interligne niédio-tarsien, en arrière jusqu'au tendon d'Achille. Douleur sur la face externe de la malléole à 1 centimètre audessus de la pointe. Douleur à la pression au niveau de l'articulation tihio-péronière. Les mouvements do l'articulation tibio-tarsienne sont presque complètement libres, et ne provoquent aucune douleur. Il en est de même pour les mouvements de la médio-tarsienne.
En résumé, l'affection consiste en des fongosités molles, sans être fluctuantes, siégeant autour de la malléole externe, vraisemblablement dans la gaine des péroniers latéraux, peut-être entre cette gaine et le tendon d'Achille. En avant elles commencent à envahir la partie externe de l'articulation tibio-tarsienne Altération probable de la malléole externe et de l'articulation tibio-péroniére.
8 piqûres de chlorure de zinc au 1/10, Kî gouttes environ autour des fongosités. 1/4 d'heure avant la séance de piqûres on fait deux injections de chlorhy drate de morphine (2 centigr. environ) 1/4 d'heure après une autre injection de 1 centigr. 1/2.
1«'' mars. La malade a très peu souffert après les injections de chlorure de zinc.
Le 3. La réaction inflanmiatoire a été modérée. On commence la compression au moyen de l'amadou et du diachylon.
Le 7. En enlevant le bandage on constate en arrière de la malléole externe une vive douleur avec rougeur très accentuée des téguments.
Le 10. La douleur a beaucoup diminué. On trouve un gonflement dur et dense dans les différents points injectés, sauf an-dessous et en arrière do la malléole externe, où il y a évidemment une infiltration sanguine dans la gaine des péroniers et dans le tissu cellulaire sons-cutané. La douleur est médiocre en cette région qui est rouge, mais d'une rougeur plutôt d'infiltration sanguine que d'inflammation franche. On pratique une vigoureuse compression, et on immobilise le pied dansune gouttière en fil de fer.
Le 17. L'état de la région malléolaire est très satisfaisant; il n'y a pour ainsi dire plus trace de l'épanchement sanguin que l'on avait constaté il y a huit jours. Le gonflement n'est plus guère apparent qu'au-dessous de la malléole, mais il est constitué maintenant par un tissu dur et ligneux. La pression n'est douloureuse qu'au niveau de la malléole et encore très légèrement; les mouvements du pied se font facilement. On fait encore de la compression avec l'amadou.
Observations.
4 mai. Le gonflement a entièrement disparu; il n"y a plus trace de longosités; on commence le massage et l'électricité.
Le 19. La malade marche. Revue en février 1893, les mouvements sont plus étendus et la marche plus facile. •
Obs. 97. — 0. A. T. du cou-dn-pied gauche non ouverte et non supputée. Guérison (Lannelongue). — Charles R... âgé de 13 ans. Père et mère bien portants. Une sueur morte de la rougeole à 3 ans 1/2. Etant très jeune le petit malade a eu des adénites suppurées. Le début de l'aflection actuelle remonte à 18 mois et semble avoir eu pour cause occasionnelle une entorse au cou-de-pied. Le malade cependant n'a pas cessé de marcher malgré le gonflement qui apparaissait de temps en temps, durait 7, 8 jours, puis disparaissait.
Etat actuel. 8 octobre 1891. Cou-de-picd gauche; toute la région du coude-pied est le siège d'un gonllement surtout apparent entre les bords postérieurs des deux malléoles et le tendon d'Achille. Il remonte en ces points à une hauteur de trois travers de doigt environ; mais sans effacer complètement les gouttières réiro-malléolaires. En avant, il est moins accusé. La saillie des tendons extenseurs, quoique moins nette que du côté sain, est relativement conservée. Le gonllement présente une consistance assez faible. Le pied est (ixé à angle droit. Les mouvements spontanés de flexion et d'extension sont extrêmement limités, presque nuls et très douloureux. Pas de mouvements anormaux : douleurs à la pression, à la partie antéro-inlerne de la malléole péronière ; un peu moindre à la partie postérieure de la malléole tibiale.
Très légère atrophie des muscles de la cuisse et de la jambe. Pas de ganglions poplilés. Les ganglions de l'aine sont peut-être un peu plus volumineux i|uo ceux du côté opposé.
Traitement. On lait 8 piqûres de deux gouttes chacune d'une solution au 1/10 de chlorure de zinc.
10 octobre. L'enfant a souffert jusqu'au soir de l'injertion, il ne souffre plus du tout aujourd'hui.
I^e 13. liéaction assez vive. Gonllement inflammatoire, rougeur. Réseau veineux très apparent. Légère teinte eccliymotique sur presque toute la région.
Le 17. Le gonflement a presque entièrement dis]),'iru. On sent derrière la malléole péronière, de la crépitation synoviale.
Le 29. Le malade quitte l'Iiôpital. LegonOementa complètement disparu, ainsi que la rougeur. Il pei'siste un peu de douleur à la pression au niveau des malléoles.
Actuellement, 15 juin 1892, l'enfant va bien, il marche toute la journée sans souffrir de son pied le moins du monde. Tous les mouvements sont conservés.
L'enfant a élé revu, le l^'' mars 1893, la guérison s'est maintenue définitive.
Obs. 98. — 0. A. T. du cou-de-pied (inuclie non ouverte et non suppurée. Guérison. — Casimir G.,., âgé de 7 ans, entré le 2?> avril 1892, salle Giraldès, n° 45.
Méthode sclérojiènu pure ou roiiibinée
Antécédenls personnels. Étant l'ort jeune, abcès de l'aisselle ayant suppuré deux mois. Le petit malade a toujours été d'une faible santé. A 2 ans, hernie inguinale, à 4 ans 1/2 varicelle, à 6 ans suppuration tuberculeuse au niveau de l'avant-bras droit. Le début de la maladie remonte au mois de septembre 1891. L'enfant à la suite d'une légère entorse prise en courant se plaint du pied pendant quelque temps, on remarque à ce moment un léger gonflement du cote gauche apparaissant sous l'influence de la moindre fatigue. Tout rentre dans l'ordre pendant quelques mois, mais au commencement d'avril, le pied enlle des deux côtés au niveau des malléoles et la marche n'est plus possible qu'avec une claudication très prononcée.
Etat actuel, 25 avril 1892. On constate que la région du cou-de-pied est déformée et volumineuse. A la palpation, on sent un énorme paquet de fongosités mollasses, en avant de cha(iue malléole. Ces fongosités se rejoignent sur la partie antérieure du cou-de-pied et forment sous les tendons un véritable coussinet de un centimètre à un centimètre et demi d'épaisseur. En arrière des malléoles, il en est de même, et le creux normal qui existe entre le bord postérieur de celles-ci et le tendon d'Achille, est complètement rempli de fongosités et forme une légère saillie. La pression sur le sommet des malléoles, surtout sur le sommet de la malléole externe, éveille une vive douleur. La marche est possible mais douloureuse, le malade boite fortement. Les mouvements de flexion et d'extension du pied sont limités et douloureux. Nulle part on ne constate l'existence de pus. Le pied droit est sain ; on note sur la peau, vers la partie moyenne du tibia droit, une cicatrice de 5 à 6 centimètres de longueur sur un centimètre de largeur environ, c'est là, au dire du maladi", la trace d'une ancienne blessure.
Traitement : Dix injections de 3 gouttes environ chacune, de chlorure de zinc au 1/10 ; 3 injections encadrant chacune des malléoles ; 2 injections sur la région antérieure du cou-de-pied, une au-dessus, et une au-dessous des fongosités ; 2 injections en arrière, une de chaque côté du tendon d'Achille.
26 avril. Réaction inflamniatoii'e assez vive, œdème considérable de la région dorsale du pied, mais la douleur qui a suivi les injections a cessé complètement. On fait de la compression avec l'amadou.
fi juin. On enlève l'appareil plâtré, mais on continue encore à faire de la compression avec l'amadou.
Le 15. La région du cou-dc-pied, surtout en arrière, est encore volumineuse, mais ce gontlement est dur et dense, bien- dillerent de ce qu il était au début. Les fongosités de la région antérieure du cou-de-pied sont entièrement disparues. La pression sur les extrémités oiseuses n'éveille de la douleur en aucun point. Tous les mouvements du pied sont possibles et se font sans douleur. Le petit malade va marcher incessamment.
10 juillet. Grattage d'un petit point malade de la malléole externe.
Octobre. L'enfant guéri depuis longtemps commence à marcher.
En mars 1893, l'enfant est guéri et va à Berk.
Obs. 99. — G. A. T. du cou-de-pied non ouverte et non supputée. Amélioration momentanée. Traitement, incomplet. — Marie B..., 4 ans, entrée le 7 avril 1892, salle Giraldès. Bonne santé dans les premières années. L'affection actuelle remonte à environ trois semaines avant son entrée à l'hôpital. L'enfant qui marchait bien auparavant a commencé, vers cette époque, à se plaindre de son pied, et à tenir celui-ci en marchant ; quelques jours après est apparu le gonflement.
Etat actuel. 21 avril 1892. La région du cou-de-pied est peu déformée, on constate surtout de la tuméfaction sur la partie dorsale du pied, au niveau de la tête des métatarsiens. La marche est possible, mais la petite malade boite un peu, et accuse de la douleur. L'articulation tibio-tarsienne paraît relativement saine. La pression est médiocrement douloureuse au niveau du tibia et du péroné ; très douloureuse au contraire au niveau de la tête des métatarsiens, et surtout du 5'' métatarsien. ,
Traitement : Injections de chlorure de zinc 1/10, 30 gouttes environ réparties en dix piqûres sur la limite des fongosités. On porte du chlorure de zinc sur les 2°, 4'^ et 3e métatarsiens, en introduisant l'aiguille par le bord externe du pied, sous les tendons extenseurs. Immobilisation du pied dans une gouttière plâtrée. Pansement antiseptique.
Le 24. Compression avec l'amadou.
20 mai. L'état du pied est on ne peut plus satisfaisant, les fongosités sont complètement transformées en tissus durs et tibreux, la pression est encore un peu sensible, mais les mouvements se font bien et sans douleurs. Les parents emmènent la petite malade, malgré l'avis du médecin. Revue le 25 février 1893. Fistules multiples, etc.
Obs. 100. — 0. A. T. du cou-de-pied, non ouverte et non suppurée. Guérison. — Fernand D..., âgé de 9 ans, entré le 7 novembre 1891, salle Giraldès, n" 42, service de M. Lannelongue.
A. P. Le début de la maladie actuelle paraît remonter au mois d'août 1891, à celle époque l'enfant a fait une chute, et depuis il se plaint de souffrir de son pied.
Etat actuel, le 7 novembre 1891. Le malade est atteint de tuberculoses multiples. 1° Articulation tibio-tarsienne du côté gauche. — On trouve des fongosités sur tout le pourtour de la jointure. Elles forment en avant de la malléole interne une plaque donnant un relief accusé, saillant au niveau de la face antérieure du cou-de-pied. Ce relief présente une saillie plus accusée que celle de la malléole. Les fongosités sont molles et sans pus.
Il existe également un gros bourrelet en avant de la malléole externe, semblant correspondre à l'articulation périnéo-tibiale. Saillie molle dans plus d'un pouce d'étendue en hauteur et élastique. Fongosités conservées de chaque côté du tendon d'Achille.
On sent encore sous les tendons extenseurs un épaississement des tissus dû à la présence de fongosités profondes.
Méthode sclérogène puro ou combinée.
Le tibia est sensible, à la pression en avant, siii- le borJ anb'Mieur de la malléole interne. Sensibilité en arriére au niveau de l'astragale.
L'articulation a encore ([uelques mouvements, mais ceux-ci sont trrs diminués d'étendue et de longueur. Atrophie du mollet, de la cuisse. Nombreux ganglions inguino-cruraux volumineux. 2» Pied droit. — Il existe un petit abcès avec ulcération de la peau partant de la première phalange et entourée de fongosités. L'articulation métatarso-phalangienne parait normale. Cet abcès occupe la face dorsale de la phalange et le tendon de l'extenseur parait envahi : il a le volume d'une demi-noix. 3» Coude droit. — Arthrite tuberculeuse, qui ne paraît pas encore abcédée. La tète du radius est très sensible à la pression, [j'arliculation du coude paraît intacte. 4° Main droite. — On trouve un abcès symptomatique du volume d'une grosse noix, provenant du 3^^ métacarpien. Les gaines des extenseurs sont prises. Abcès manifestement fluctuant.
Le 18. On pratique douze injections autour du cou-de-pied gauche.
Le 20. Réaction intense.
Le 27. A la partie interne du coii-de-pied s'est formée une esciiare.
8 décembre. L'état du cou-de pied s'améliore très rapidement de jour en jour, actuellement les fongositéstrès dures dans tous les pointsdiminuent sensiblement de volume.
Le 15. Les fongosités ont acquis une consistance extrêmement dure. Les téguments sont revenus à leur aspect normal, et le gonflement de la région a diminué.
Le 21. Il s'est formé sur le côté interne du cou-de-pied en arriére et près de l'eschare un phlegmon aigu qui est incisé.
20 janvier 1892. Il ne reste plus trace de fongosités profondes. L'abcès aigu continue à suppurer, les mouvements de flexion et d'extension sont partiellement conservés.
Le 27. La suppuration diminue.
8 avril. Guérison. Les mouvements de l'articulation s'exercent bien.
15 juin. La guérison s'est maintenue. Le malade ne marche pas pas encore mais fait des mouvements dans son lit, et sans douleur. Bientôt il se lève et marche facilement.
Revu en octobre 1892. La guérison s'est maintenue.
Obs. 101. — 0. A. T. du cou-de-pied droit non ouverte, mais suppurée. Guérison. — M. P..., quatorze ans et demi, entrée le 10 mars 1881. Salle Giraldès, n» 43, service de M. Lannelongue.
Début. Boite depuis huit mois et sonffre beaucoup.
État actuel. En avant pas de saillies des tendons extenseurs. Toute la région est convexe, soulevée par des fongosités profondes. Latéralement, pas de relief des malléoles, les gouttières anté, rétro et sous-malléolaires étant remplies également et converties en surfaces convexes par îles fongosités qui forment do véritables boudins allonges, surtout marqués en arrière, oii ils régnent en dedans, sur une hauteur de quatre travers de doigt; en dehors sur une hauteur de cinq.
Observations.
En arrière, ces fongosités se prolongent jusqu'au tendon d'Acliilie et s'engagent sous lui, pour se continuer d'un côté à l'autre. Toutes ces fongosités sont très molles, mais ne tendent pas à s'alicéder actuellement. Pas de liquide inlraarticulaire. Ligaments. Latéral externe; manifestement soulevé et fongueux, sensible à ses attaches. Latéral interne; son faisceau postérieur est envahi aussi par les fongosités. Les portions antérieure et moyenne sont saines. Os. Le péroné n'est pas volumineux, mais il est sensible à la pression, au niveau du lioament péronéo-tibial antérieur et du ligament latéral externe. Tibia très sensible dans toute la région diaphyso-épiphysaire. C'est lui qui a été sans doute le premier malade. Muscles de la jambe et de la cuisse très atrophiés, surtout en avant. Ganglions du pli de l'aine nombreux et plus volumineux du côté du sain, pas d'adénite poplitée. Mouvements très douloureux et très limités. Le pied est à angle droit sur la jambe. Autres manifestations tuberculeuses. Gommes tuberculeuses non ulcérées au poignet gauche, du volume d'une noisette ; à la paume de la main, à la joue. Les ganglions cervicaux sont engorgés. Traitement : 5 injections du 12 mars au 27 mai; 3 injections (solution au 1/10), 12 mars, 6 mai, 27 mai ; 1 injection (solution au 1/20) 22 avril;
I injection (solution au 1/40) 15 avril. Résultats. La transformation des fongosités a été relardée ici par un peu d'arthrite vraisemblablement provoquée par les injections et la formation en avant de la malléole externe, d'un abcès communiquant avec l'articulalion que M. Lannelongue a dù ouvrir et nettoyer le 29 avril.
Résultat définitif. Transformation de toutes les fongosités en un tissu dur presque ligneux. Au centre d'un bourrelet postéro-externe, il y a eu un petit épanchement sanguin qui a disparu. La sensibilité osseuse paraît médiocre ou nulle à la pression. La Ilexion et l'extension se font bien. Le premier de ces mouvenieuts est seulement un peu plus limité et provoque, quand on l'exagère, une certaine sensibilité.
15 juin 1892. La guérison est complète, le pied va très bien, tous les mouvements sont conservés et ne provoquent pas de douleurs. Il persiste cependant un peu de maladresse pour la marche mais sans la moindre sensibilité. L'état général est excellent.
En décembre 1892, apparition d'une fistule de la malléole externe. Celle-ci est grattée. Actuellement l'enfant est en voie de guérison définitive.
Ous. 102. — 0. A. T. du cou-de-pied, non ouverte mais suppures. Deux grattages compté nienlaires. — B..., Auguste, âgé de 3 ans 1/2.
II s'est mis à boiter vers l'âge d'un an.
Au moment de l'entrée ù l'hôpital, les deux malléoles sont encadrées par des bourrelets de fongosités ; les gouttières du tendon d'Achille sont comblées, et les tendons antérieurs, soulevés. 11 existe de la douleur à la pression sur l'épiphyse du tibia. On trouve un abcès en dedans, sur le quart inférieur de la jambe, il a le volume d'une grosse amande et paraît dépendre d'une lésion distincte de la diaphyse du tibia.
Méthode scléi'oyèno [Uire ou conibiiiéc.
Le 19 juin. M. Lannelongue pratiqua une série de six piniires en dillércnls points autour de cou-dc-pied. Elles sont suivies d'un gonflement dur, sans clialeur de la peau.
Le 23. Trois nouvelles piqûres autour de Tabces indépendant.
On constate en même temps un résultat excellent de l'intervention.
Le 25. En palpant les f'ongosités, on reconnaît une induration très notable de toutes les masses fongueuses. La peau est un peu tendue sans rougeur.
Le 30. On incise l'abcès interne. Il s'en écoule un liquide plutôt séreux que purulent. En grallanl son enveloppe, on arrive jusqu'à la diaphyse du tibia qui est altérée et on eu détache de petits fragments.
En résumé, on constate en peu de jours une transformation très nette des fongosités.
1"-''' septembre. Incision au niveau du trajet listuleux, qui siège au niveau de la malléole interne droite, à deux centimètres de la pointe cl en arrière. Grattage de la partie postérieure du tibia.
25 octobre. Incision et grattage de deux gros abcès, l'un externe, l'autre interne. Drainage, pansement.
15 décembre. L'état de l'articulation tibio-tarsienne est bon ; mais immédiatement au-dessous, on voit un trajet de suppuration intéressant la partie inférieure du tibia.
8 avril 1892. Petit point fistuleux en dedans.
14 juin. L'enfant peut remuer son pied sans douleur. Il persiste encore un tout petit point fistuleux en dedans, au niveau et en arrière du collet de la malléole. Cette fistule est du reste en très bonne voie et presque cicatrisée.
Toute la région du cou-de-pied est dure, et de véritables petits fibromes occupent la place des anciennes fongosités.
La pression encore un peu douloureuse sur la malléole interne, ne l'est plus du tout sur la malléole externe. L'enfant est pour ainsi dire guéri ; on fait du massage et de l'électrisation, en même temps qu'on lui permet d'exécuter des mouvements dans son lit.
Apparition d'une fistule en août. Grattage eu novembre 1892; actuellement l'enfant est en voie de guérlson définitive.
Obs. 103. — f). A. T. du cou-de-pied, non ouverte mais suppurée. Amélioration. — B..., Charlotte, âgée de 4 ans 1/2, entre à l'hopilal Trousseau, le 19 juin 1891. Cette enfant a eu à deux ans une broncho-pneumonie. Depuis celte époque, et même depuis une époque un peu antérieure, elle a commencé à boiter.
L'articulation libio-larsieniie est e.Ttourée par une zone de tissu fongueux qui forme des bourrefels vofumineux, surtout en avant et en arrière de chaque malléole. Un abcès gros comme une noix s'est formé derrière la malléole inlernc. Le tibia est douloureux au niveau de son extrémité inl"érieure. On trouve une série de gros ganglions dans le triangle de Scarpa du membre correspondant. Il n'existe rien de pareil du côté opposé.
23 juin. On ponctionne l'abcès, et on procède à son lavage aussi complel i[ue
Observations.
possible avec de l'eau stérilisée. Puis, on pratique une série d'injections de chlorure de zinc au dixième autour des fongosités articulaires, et sur la base de l'abcès.
Le 29. Les fongosités ont une consistance'fernje et uniforme partout. L'abcès est guéri, seulement, au point où il a été fait une injection sur la paroi de l'abcès, il s'est produit une petite eschare superficielle, qui est en voie de réparation.
28 juillet. La petite malade passe au service d'isolement de la varioloide. Son état local est très bon; les fongosités de l'articulation ont été entièrement transformées. IjBS mouvements recommencent à se produire. L'eschare est presque entièrement cicatrisée. Après une absence de plus d'un mois, l'enfant revient d'Aubervilliers, présentant de nombreuses cicatrices de variole. Articulation. Etat local en mauvais état, plusieurs points suppurent; l'eschare est agrandie et on constate des fongosités en avant.
22 septembre. On pratique 8 injections au pourtour de l'arliculation.
Le 24. Réaction peu intense.
Le 28. Le gonflement a beaucoup diminué, l'articulation a un meilleur aspect. Les fongosités sont remplacées par un tissu dur. Les douleurs également bien moindres. Sur la partie externe de l'articulation, on ne trouve plus qu'un point suppurant; à la partie interne, surface bourgeonnante de la grandeur d'une pièce de 2 francs. Pansement iodoformé.
7 octobre. L'articulation est en bon état, mais la cicatrisation des plaies ne se fait pas.
15 juin 1892. Quelques jours aju'ès son arrivée à Berk les petites plaies qui restaient se sont cicatrisées successivement. Mais il y a un mois environ, un nouveau foyer de fongosités s'est reproduit au-devant de la malléole interne, nécessitant de nouvelles injections de chlorure de zinc, et aussi une intervention nouvelle. Ce foyer paraît tout à fait localisé. Le reste de la région, transformé et libreux, est en très bon état.
Part guérie à Berck, en septembre. La guérison s'est maintenue.
Obs. 104. — 0. A. T. du cou-de-pied, non ouverte mais suppurce. Amélioration. — Hélène D..., âgée de trois ans, salle Giraldès (consultations). Depuis trois mois l'enfant boitait un peu.
État actuel, le 10 octobre 1891. Maintenant la malade marche sur son talon, la marche ne peut être longtemps soutenue sans que l'articulation gonlle beaucoup et devienne douloureuse. Fongosisés formant une masse, bien nette en arrière de la malléole interne. Fongosités également formant un anneau autour de la malléole externe. Léger épaississement au niveau des tendons fléchisseurs.
l»'' octobre. Injections de chlorure de zinc au 1/10. Le 6. Sensation de dureté. Réaction atténuée.
Le 10. Le gonflement, et la légère rougeur du cou-de-pied, ont très notablement diminué, la rougeur a même disparu. Le gonflement augmente de cousis-
Méthode sclérogènepure ou combinée.
lance, sui'toul en arrière des malléoles. Le cou-dc-picd est mobile, et la flexion pouvant se faire jusqu'à l'angle droit et au delà, il ne paraît pas nécessaire de mettre un appareil inamovible.
Le 20. La région antérieure du cou-de-pied est moins volumineuse, mais en arrière, de chaque côte du tendon d'Achille et en arrière de lui, se trouve un relief mollasse volumineux. On fait de la compression à ce niveau.
3 novembre. Incision de l'abcès sur le côté externe. Grattage.
15 juin 1892. Pendant l'hiver de 1891-92, la petite malade qui était chez elle, a élé négligée; on ne lui a pas fait observer le repos absolu prescrit comme première condition de traitement. Aussi un nouvel abcès s'est formé et ouvert du côté de la malléole externe, vers le mois d'avril 1892.
Etat actuel. On remarque au niveau du collet de ia malléole interne une toute petite plaie presque cicatrisée, située au milieu d'une région absolument transformée en tissu fibreux. A la partie externe du cou-de pied, au milieu de tissus durs et denses, existent les ouvertures de deux petites fistules qui suppurent. Un stylet introduit par celles-ci permet de s'assurer que les os sous-jacents sont dénudés et malades.
En résumé : Transformation et guérison du foyer interne, au niveau duquel la pression ne détermine plus aucune douleur. Transformation libreuse de la région externe, mais existence d'un foyer osseux profond rendant une nouvelle intervention indispensable. Mais l'enfant n'a pas été revu depuis.
Obs. 105. — (J. A. T. du cou-de-pied, suppurée et ouverte. Guérison. [M. Lannelon&ue). — Marie L..., âgée de dix ans, est atteinte d'une ostéoarthrite du cou-de-pied, avec des masses fongueuses considérables et avec deux fausses ulcérations listuleuses.
La région du cou-de-pied est le siège d'un gonflement fongueux énorme occupant toute sa circonférence, mais plus marqué en avant et en arrière de chaque malléole. Deux ulcérations qui siègent au dehors du tendon d'Achille, donnent issue à des produits caséeux sous l'influence de la pression du doigt. Le pied est comme disloqué, il est douloureux partout. D'un avis unanime, c'est un cas désespéré à qui ne conviendrait que l'amputation. La maigreur du membre est extrême, et tranche avec le gonflement fongueux du cou-de-pied.
M. Lannelongue pratique deux séries d'injections le 15 et le 29 mai (solution à 1/10).
5 juin. Des collections fluctuantes s'élant montrées en dedans et en dehors du tendon d'Achille, deux incisions me permettent non seulement d'évacuer le contenu de ces abcès tuberculeux, mais en même temps d'extirper une grande quantité de fongosités. Un fragment de l'astragale nécrosé et libre est enlevé en même temps.
A la suite de cette intervention, il se produit' une amélioration rapide des lésions locales; à la place des masses fongueuses, molles, demi-fluctuantes, on ne trouve plus que ces tissus denses résistant à la pression, à la manière du tissu flbreux. Cependant, il reste encore au-devant de la malléole externe une région moins modifiée où l'on trouve toujours un empâtement mollasse.
Observalioiis,
Le 30. M. Lannelonguc praliquo à ce niveau une série de quatre injections de trois gouttes cliacune (solution au 1/10). Deux jours plus tard, le 2 juillet, nouvelle incision, suivie de l'extirp'ation à la curette d'une grande quantité de produits caséeux et de fongosités. En somme, amélioration très grande.
28 juillet. Incision sur le côté externe, en arrière de la malléole, où persiste une fistule donnant issue à un peu de pus. Ablation à la curette tranchante d'esquilles osseuses de petites dimensions. Les tissus périphériques ont une densité beaucoup plus considérable ; il en est de même de l'os.
10 août. Suppuration abondante au niveau de la malléole interne.
Le 18. La suppuration que l'on avait observée est en grande partie disparue. La région a très bon aspect. Il ne persiste qu'un point un peu ramolli, en arrière de la malléole interne.
3 septembre. G injections de chlorure de zinc au 1/10. Pas de douleurs dans la soirée.
Le 7. Incision latérale réunissant les orifices listuleux, sur le trajet des cicatrices anciennes. On enlève de nombreuses Ibngosités sur les trajets qui communiquent de dehors en dedans et en arrière. Puis grattage de l'astragale, dont on sent la tète dénudée en dedans et en dehors. L'os tout entier paraissant malade est totalement enlevé. On résèque l'extrémité inférieure de la malléole externe.
Le 28. La suppuration diminuant de plus en plus, on commence à faire de la compression avec l'agaric sur les points encore mollasses des parties latérales. On continue à introduire des crayons d'iodoforme dans les trajets listuleux.
9 novembre. A^la partie anléro-interne de l'extrémité inférieure de la diaphyse tibiale s'est formé un abcès de 5 cent, environ de long, sur 3 cent, de large, peu saillant, mais manifestement fluctuant. Incision : pus grumeleux, grattage Réunion.
b décembre. Immédiatement au-dessus de l'abcès précédent, actuellement presque tout à fait cicatrisé, s'est formée une nouvelle plaque de fongosités ramollies, ayant deux doigts et demi de haut, sur deux de large, où l'on sent une tluctualion un peu obscure, et où la pression détermine de la douleur.
l'ô janvier 1892. La transformation est presque complète. Localement la suppuration diminue beaucoup. Les tissus sont denses. L'état général s'améliore notablement ; la température reste constamment au-dessous de 38°.
8 avril. Les (istulés sont fermées. La douleur a entièrement disparu, les mouvements sont possibles. Electrisation et massage.
15 juin. L'état satisfaisant constaté le 8 avril a persisté, les fistules de la région du con-de-pied sont complètement cicatrisées. Les mouvements sont limités, mais possibles et s'exéculcnt sans douleurs. Pas de sensibilité exagérée à la pression.
!''>■ juillet. Aggravation subite. Formation de lîstules en dedans et en dehors, qui persistent longtemps et nécessitent encore un grattage en décembre. Actuellement mars 1893, la malade est cnlin en voie de guérison définitive.
Oi$s. 106. — O.A.T. de V articulation libio-tarsionne, suppurée et ou
Méthode sclérogène pure ou combinée.
verte. Guérison (Poux). — Charles A.,., âgé de 4 ans. Entré le 27 janvier 1892, salle Giraidés, n» 37.
Antécédents personnel;^. — Le début de l'affection remonte à dix-huit mois. Un abcès t'ut ouvert à Tenon à la consultation, où pendant quatre mois on lui fit trois fois par semaine des pansements antiseptiques. Apparence de guérison pendant un an. L'entant est alors amené à l'hôpital Trousseau.
État actuel. Le pied est en flexion sur la jambe. A la paipation, on trouve un gonflement considérable de l'arliculaiion tibio tarsienne en avant et sur les côtés ; à la face externe, en avant de la malléole, épaississement très marqué de la synoviale, indiquant l'existence de fongosilés. En arrière de la malléole, le gonflement également très considérable, fait disparaître la dépression qui existe normalement entre la malléole et le tendon d'Achille. A la partie interne, on constate les restes d'un trajet listuleux rétro -malléolaire, sur le pourtour duquel se trouvent des fongosités.
8 février 1892. Redressement du pied, maintenu à angle droit dans un appareil plâtré.
Le 10. Série d'injections de 3 ou 4 gouttes chaque d'une solution de chlorure de zinc au 1/10.
Le 18. On constate du gonflement au niveau des deux malléoles, avec couleur rouge violacé des téguments qui les recouvrent. A la paipation, on trouve des tissus plus denses et plus durs. On maintient l'appareil plâtré, et on fait de la compression avec l'amadou.
9 mars 1892. On constate de nouveau l'existence du trajet fistuleux rétromalléolaire. En le suivant en arrière à la face postérieure du tibia, on découvre l'existence d'un petit foyer osseux dans l'épiphyse du tibia.
Grattage avec la curette : Le trajet listuleux lui-mènie est nettoyé et gratté avec la curette.
Le 13. Appareil plâtré.
15 juin 18J2. Transformation fibreuse complète. Cicatrisation du trajet fistuleux et de son ouverture ; tuméfaction dure à ce niveau. Pas de douleur à la pression; quelques mouvements indolents. Etat général très bon, on fait tous les jours de l'éleclrisation et du massage. L'enfant quitte alors l'hôpital et n'a pas été revue depuis.
Obs. 107. — 0. A. T. du cou-de-pied suppurée et ouverte. Amélioration. (Lannelongue, in thèse de Poux). — Virginie H..., 3 ans 1/2, entrée le 2 mai 1892, salle Giraidés.
Le début de la maladie actuelle remonte au moins de mai 1891. A ce moment, la petite malade se plaignait simplement un peu, surtout lorsqu'elle marchait sur le pavé. On s'aperçut alors que son pied enflait, légèrement et on la porta à Saint-Louis, ou on recommanda à la mère de faire un peu de compression. Les symptômes ne faisaient que s'aggraver, on conduisit l'enfant à Tenon. 'A cet hôpital on ht des piqûres probablement de chlorure de zinc.
État actuel le 5 mai 1892. Mouvements du pied très douloureux rendant la marche difficile. A l'inspection, on constate que la région externe du cou- de-pied M. 21
Observations.
est très turnériée; la pression sur la malléole externe éveille une vive douleur. A la palpation, on sent une masse considérable de Ibngonsilés distendant l'articulation, ets'étendant en avant et en arrière de la malléole externe qu'elles encadrent. Ces fongosités vont du bord externe du tendon d'Achille jusi}u'à la partie antérieure et médiane du cou- de-pied. A ce niveau existent les ouvertures de trois petites fistules formant un triangle à base inférieure et très étendue, à sommet placé sur la pointe de la malléole. L'étal général est satisfaisant. On trouve quelques petits ganglions dans le pli de l'aine. On fait ce même jour 8 piqûres de clilorure de zinc au 1/10 de 2 à 3 gouttes chacune ; l'enfant a été chloroformée. On applique aussitôt un appareil plàlré largement évasé, et un pansement antiseptique.
Le 6. La douleur a élé modérée, l'enfant a souffert jusqu'au soir. Aujourd'hui : on note les signes d'une inflammation assez vive, rougeur et gonflement généralisés de la région (jui est doiiloureine a la pression. Un peu de sérosité louche s'écoule par les ouverinres listuleuses.
Le 8 uiji. Les phénomènes indammaloues étant en voie de résolution on fait de la compression oualée par-dessus le pansement.
12juin.Dcis trois fistules qui exislaient primilivemenl sur la partie externe du cou-de-pied, la fistule médiane répondant à la pointe de la malléole, reste seule béante et donne issue à une petite quantité de pus épais et jaunâtre. La pression éveille un peu de douleur à ce niveau. La région tout autour, est dure et fibreuse etabsoinment traniformée. L'amélioration n'est pas douteuse, mais les mois suivants deux fistules persistèrent et nécessitèrent un nouveau grattage en décembre. Actuellement la malade va bien et elle est en voie de guérison définitive.
Obs. 109. — Ostéo-arlhrile du cou de-pied suppurée et ouverte. Mal de Putt. Guérison (Coudray). — B... Hélène, âgée de 5 ans 1/2. Le début de la maladie remonte à environ 3 ou 4 mois.
Actuellement, fongosités mollasses siégeant particulièrement en avant de la malléole externe et également en arrière de cette malléole le long du bord externe du tendon d'Acliillo. Ces fongosités pénètrent probablement sous la face antérieure de ce tendon, la gaine des péroniers ne semble pas fongueuse. Sur la partie antérieure de Tarticulation des fongosités existent au-dessous des tendons extenseurs. De môme il eu existe un gros paquet au devant de la malléole interne; en arrière de celle malléole, et surtout au-dessus d'elle il existe une tuméfaction fongueuse qui s'étend en arrière jusqu'aux tendons d'Achille. Expioration des os. Pas de points douloureux sur le péroné ni sur le tibia. Douleur nettement réveillée sur le col de l'astragale. Le pied reste en altilude à peu près normale, mais il a de la teudance au valgus équin. Cependant on peut le redresser. Les mouvements de l'arlicnlation sont assez libres.
Ignipuncture. Compression au moyen de ouate imbibée de sublimé.
19 mars 1891. Depuis deux jours, vives douleurs ; on constate de la rougeur autour des ouvertures dues aux pointes de feu, el du pus s'écoule par ceffes-ci en assez grande abondance.
Méthode sclérogène pure ou combinée.
Le 24. Les orifices des piqûres du côté interne sont le siège d'une suppuration abondante ; sphacéle minime de la peau en 3 ou 4 points différents.
IG mai. Redrest^emenl du pied à angle droit. Application d'un appareil silicaté. Les plaies sont en bonne voie. Les fongosités ont notablement diminué; quelques-unes persistent encore cependant ; en arrière de la malléole interne et en arrière de la malléole externe, le long du tendon d'Achille.
9 juin. Application d'un appareil plàlré ; après nouveau redressement du pied.
25 juillet. 11 existe une plaque de fongosités au bord externe du tendon d'Achille, et une autre également sur le bord interne. Etalgénéral très mauvais depuis longtemps. On pratique des injections au chlorure de zinc au 1/10. Quatre gouttes sur le bord externe du tendon d'Achille, et dans la gaine des péroniers latéraux. Trois piqûres de deux gouttes chacune à la partie interne, toujours le long du tendon d'Aciiilie. (L'enfant n'est pas chloroloraié ; les douleurs consécutives sont peu intenses.)
Le 28. Gonflement phlegmoneux à la partie externe du tendon d'Achille, à la partie interne gonflement mou, fluctuant. (Probablement, épancheracnt sanguin ou abcès au sein des fongosités.) Compression ouatée spécialement dirigée sur ce point.
Le 30. L'épanchenient a diminué notablement ; dureté tout autour ; les fongosités de la partie externe du tendon d'Achille sont dures et denses. Compression.
5 août. La collection située à la région externe du tendon d'Achille a ulcéré la peau en un point en haut. Incision, grattage. Les tissus qui limitent le foyer sont durs, complètement transformés.
l""" septembre. La plaie est presque cicatrisée. Quelques bourgeons charnus, qu'on cautérise à la teinture d'iode.
Le 17. Il existe à la surlace externe de l'articulation en avant de la malléole externe une ulcération, qui mesure 1 cent. 1/2 dans le sens vertical et an-dessous de cette ulcération, une pins petite qui communique par un trajet qui semble superficiel et par lequel il sort un pus grumeleux; on ne sent pas d'abcès au-dessous de ces ulcérations. En dehors du tendon d'Achille, au-dessous de la cicatrice fongueuse il semble qu'il y ait encore des fongosités ; sur le bord interne du tendon d'Achille, encore un peu de tissu mou. Cinq nouvelles piqûres.
Le 24. L'ulcoralion tuberculeuse qui siègeen avant et au-dessous du péroné, conduit par un trajet fistulenx à l'articulation du cou- de-pied. Longue incision antéro-externe qui découvre l'astragrale ; extirpation par fragments de cet os à l'aide do curettes tranciiantes : grattage des surfaces du tibia et du péroné. Incision sur le bord interne du tendon d'Achille an niveau duquel existe un foyer purulent avec décollement. Incision sur le bord externe même du tendon prolongée jusque dans le foyer articulaire. Pansement, drainage.
5 novembre. Le trajet situé à la partie externe du tendon d'Achille est resté encore un peu fongueux. Grattage du trajet jusque dans le foyer osseux.
25 décembre. Appareil plâtré. Redressement du pied par véritable fracture du cal fibreux interposé entre les os de la jambe et le tarse postérieur.
16 avril 1892. Guérison. Œdème dur, persistant.
324 Observations.
23 février 1893. Le pied est en bonne position ; il y a quelques mouvements de flexion et d'extension. L'onl'ant marciie toute la journée sans chaussure spéciale depuis 8 à 10 mois ; pas de raccourcissement ; élat parfait. La fillette a subi ainsi avec bénéfices le traitement sclerogène pour un mal de Potl concomittant.
Obs. 110. — 0. A. T. du cou-de-pied suppurée et ouverte : amélioration (LANNELONGUE.in ihèse de Poux). — Edouard G. ..,4 ans, entre le 27 avril 1892, salle Giraldés. Le début de l'affection actuelle remonte au mois de janvier 1892. L'enfant qui marchait bien jusque là a commencé à se plaindre de son pied et le soir, ou après une fatigue quelconque, la région du cou-de-pied enflait.
Etat à l'entrée. A l'inspection du cou- lie-pied gauche, on constate une tuméfaction et une déformation considérables. A la palpalion, on s'a<sure de la présence de fongnsilés mollasses nombreuses, formant une véritable collerette autour de l'arliculation tibio- tarsienne. Celles-ci sont surtout prononcées en avant de la malléole tibiale. Sur la partie antérieure, elles sont molles et comme fluctuantes. La pression, au niveau des extrémités osseuses, éveille une vive douleur, qui fait pleurer le petit malade. On note en divers endroits, les ouvertures de plusieurs trajets fistuleux : une toute petite, en voie de cicatrisation, se trouve un peu en avant du sommet de la malléole interne. Une seconde de la grosseur d'une pièce de 0.20 cent, sur la région antérieure du cou-de-pied, enfin un troisième une peu plus petite, sous la partie antérieure du collet de la malléole externe. Plusieurs ganglions du volume d'une toute petite noisette existent dans le pli de l'aine du côté gauche. L'état général est satislaisanl, l'appétit conservé Pas de fièvre. Rien aux poumons.
5 mai 1892. On pratique 8 piqûres de chlorure de zinc au 1/10, de 2 à 3 gouttes chacune : sous le chloroforme. 4 encailrant la malléole interne, 2 en avant de la malléole externe, 2 en arrière, une de chaque côté- du tendon d'Achille. On applique aussitôt une gouttière plâtrée.
Le 6. Réaction inflammatoire intense dans toute la région du cou-de-pied, surtout à la partie interne dont les téguments sont rouges et tendus.
Le 9. On renouvelle le pansement, et on fait de la compression ouatée.
Le 19. Le pied est toujours immobilisé, ce qui rend dif'licile la constatation de l'état actuel. Toutefois un examen superficiel permet de constater que l'inflammation a beaucoup diminué, la région est moins douloureuse et les fongosilés ont déjà pris une consistance dure et dense bien diff'erente de celle qui existait avant les injections.
15 juin. Il y a trois semaines on a enlevé, au moyen de la curette tranchante, une bonne partie de l'astragale et du calcanéum, et aussi du cuboide. On a nettoyé en même tenifis le trajet listuleux. Actuellement la plaie résultant de l'intervention opératoire à la partie externe est presque complètement cicatrisée ; la plaie plus large de la partie interne est formée de bourgeons charnus de bonne nature et est en très bonne voie.
A partir de ce moment, la guérison est survenue et s'est maintenue jusqu'à maintenant.
Méthode sclérogène pure ou combinée.
Ubs. 111. — 0. A. T. du cou-de-pied ouverte et suppurée. Guérison (LANNELONGUE,iri ihèse Poux). — G..., Melaiiie àgiie de (|iialre an» et demi, enlre à l'hôpilal pour une osteo-arllirile tuberculeuse du cou-de-pied avec une fistule ouverte depuis uu au.
Celte enfant, est malade depuis l'âge de dix-huil mois, ou plutôt àl'àgcdedixhuil mois elle boitait deja depuis une époque indéterminée. Au moment de l'entrée à l'hôpital, le cou-de-pied est déformé par un gouflemenlqui entoure toute sa circonférence, comble les dépressions reiro-malleolaires, et donne à la face antérieure de la région une l'orme régulièrennuit arrondie. On trouve en même temps une ulcération iistuleuse en arrière de la malléole externe.
Les mouvenjents d'extension et de flexion du pied sont très douloureux et très réduits ; les ganglions de l'aine forment une chaîne très facile à sentir, tandis que ceux du côté opposé sont normaux. La pression sur le tibia et le péroné est fort douloureuse, surtout sur le premier de ces os.
Deux injections sous-culanées piatiquées le 8 avril 1891, sont suivies de ramollissement des masses fongueuses, occupant le côté interne de l'articulation. Un abcès se forme, et est ouvert le 24 avril, et le grattage de cet abcès tait extraire un séquestre du volumed'un haricot, appartenant au tibia. Deux nouvelles séries d'injections sont pratiquées le 5 et le 27 mai : les tissus périarliculaires ont perdu leur consistance mollasse et demi-fluctuante ; ils sont devenus durs et denses comme du tissu fibreux. Les bourgeons qui entourent la plaie, ont un très bon aspect, et la cicatrisation se fait assez rapidement. Cependant, une fistule qui persiste, faisant sou()Çonner une altération osseuse, m'engage à intervenir de nouveau, ce que je fais le 29 mai : J'extrais un gros séquestre et je pratique un évidement de l'épiphyse du tibia qui est très ramollie.
19 juin. Un petit séquestre est éliminé par le trajet du drain. A cette date, le reste de l'articulation est dans un état des plus satisfaisants ; l'empâtement fongueux a disparu, et est remplacé par du tissu dur et consistant, seul le trajet fisluleux persiste du côté inlerne.Ce trajet conduit sur la face postérieure du tibia.
2 juillet. La région articulaire est à peine tuméfiée, sauf en dedans au niveau de la fistule qui persiste. Une nouvelle exploration de cette fistule a fait extraire un petit séquestre tibial. En résumé, l'étal des fongosités synoviales, est entièrement transformé et l'articulation possède ses mouvements.
15 août. A la partie interne du cou-de-pied persiste une toute petite fistule donnant issue à un peu de pus. A la partie externe, au niveau de la malléole, masse de fongosités en voie de s'abcéder.
Le 25. Incision des fongosités externes et grattages. Une sonde cannelée introduite par la fistule interne, traverse de part en part la partie inférieure de la diaphyse du tibia. Grattage à la curette tranchante.
7 septembre. Ouverture d'un petit abcès formé au-dessus du cou-de-pied. La sonde butte sur un os dénudé, à la face antérieure de l'extrémité inférieure du tibia. Grattage et l'on communique avec le trajet précédent.
Le 12. Pansement. Pas de suppuration.
Le 23. Les drains se sont retirés dedans les plaies. Bourgeonnement en ces points ; pas de suppuration.
320 Observations.
22 octobre. L'état du pied est toujours excellent. Il ne persiste plus qu'une petite fistule sur le côlé interne, donnant issue à une minime quantité de pus.
21 décembre. Tout s'est fermé quelques jours après. En ce moment les fongosités proprement dites sont dures et denses parlent, entre le tendon d'Achille, et la malléole externe, également entre le tendon et la malléole interne, et audessous de ces eminences. Les cicatrices adhérentes aux os paraissent toutes saines, et rien ne fait prévoir qu'elles veuillent se rouvrir. Le tibia qui a été tunnellisé paraît gros. L'articulation tibio-tarsiennea des mouvements de flexion et d'extension assez étendus. Il persiste un peu d'alropiiie musculaire, qui nécessite l'électrisation.
15 juin. Une toute petite fistule superficielle donnant issue à un suintement s'est réouverte depuis quelques jours. A part cela l'état du pied est très satisfaisant, et le foyer peut être considéré comme absolument guéri.
Revu en octobre 1892. La guérison s'est maintenue.
Obs. 112. — 0. A. T. du cou-de-pied supputée, ouverte. Guérison (Lannelongue, in thèse de Poux). — Auguste M... âgé de 6 ans. Le début de la maladie actuelle, remonte au mois de janvier dernier, au dire de la mère. L'enfant se plaignait de souffrir du pied droit; peu à peu, le pied a grossi et il s'est formé un abcès.
Etat actuel, le 10 mars 1892. Le pied est indolent. Au palper on trouve de l'ostéite avec des fongosités paraissant siéger à l'extrémité postérieure du i« métatarsien et sur le cuboïde, sur une longueur de 3 cent. 1/2. La région malade est surélevée d'un centimètre environ. De plus, on constate une eschare grande comme une pièce de 10 cent. Enfin on trouve des ganglions cruraux. 11 piqûres de 2 à 8 gouttes.
Le 28. Compression avec l'amadou. L'escliare a notablement diminué, et présente une coloration rouge foncé. Les tissus environnants on! une coloration jambonnée, et ont subi une sorte de condensation. La surélévation de la région malade n'est plus que de 1/2 centimètre.
8 avril. Amélioration sensible. Cicatrisation rapide. Cautérisation des bourgeons charnus au nitrate d'argent.
Le 16. Les tissus sont durs et denses. Cautérisations de bourgeons charnus.
15 juin. Le petit malade est bien aujourd'hui. La guérison est complète. La marche possible avec tous les mouvements du pied.
En octobre 1892. La guérison s'est maintenue définitive.
Obs. 113. — 0. A. T. des deux cous-de-pied, ouvertes et suppurées. Tuberculoses multiples. Albuminurie. Injection de chlorure de zinc. Grattages. Amélioration notable (Communiquée par M. le docteur MÉ- NARD, de Berck). — G..., âgé de 6 ans. Cet enfant, entré à Berek en no" venibre 1891, est atteint d'une quinzaine de foyers de tuberculoses externes : trois spina-ventosa, une ostéo-arthrite du cou'Ie gauche, des ostéites de l'humérus droit, du frontal en différents points, du cubitus gauche, du gros orteii gaucne, plusieurs abcès du tissu cellulaire sous-cutané, enfin une ostéo-arthrite de
Méthode sclérogcne pure ou combinée.
chaque cou- de-pied. Les urines conliennent une granile quantité d'albumine. Plusieurs foyers cutanés ou osseux sont guéris^ ou en voie de guérison après deux séances opératoires. Le frontal, l'iuimérus droit sont guéris, le cubitus gauche également Deux doigts ont dû être amputés.
28 mars. Le cou-de-pied droit est entouré de huit listiiles toutes largement ouvertes et suppurant abondamment. L'examen du cou-de-pied gauche, au moyen du stylet, permet de constater des dénudations larges sur plusieurs points de l'astragale et du calcanéum. Traitement. On pratique des injections de chlorure de zinc profondes dans les deux cous- de-pied, et dans le coude gauche.
6 avril. Les lésions osseuses du cou-de-pied sont mises à nu, l'astragale est enlevé complètement, et aussi la plus grande partie da calcanéum. L'énorme cavité laissée par cette intervention est remplie de gaze iodoforraée.
Lq 12 Imn. Le cou-de-pied droit, qui n'a été l'objet d'aucune opération complémentaire, est en 1res bonne voie. Des nombreuses fistules qui suppuraient abondamment, il n'en reste que trois dont la suppuration est presque tarie. Le volume de la région a beaucoup diminué, on y trouve à peine la trace des masses fongueuses qui auparavant la déformaient. En un mot l'amélioration est manifeste.
Cou-de-pied gauche. Après quelques complications passagères^ entre autres, un abcès formé dans la région du tendon d'Achille, la plaie s'est progressivement rétrécie. Il ne reste actuellement qu'un trajet fistuleux exigeant un pansement tous les huit jours.
Obs. 114. — 0. A. T. du cou-de-pied suppurée et ouverte. Guérison (OoTiDRAY). — M. L..., âgé de 36 ans, vu le 5 septembre 1891.
Début, il y a plus de trois ans, par des douleurs du côté de la malléole externe droite. Comme les douleurs étaient assez vives, on crut d'abord à un rhumatisme; un chirurgien consulté vers le mois de février 1889, parla de grattage de l'os et même d'amputation possible. Il y avait à cette époque une tumeur blanche du cou de- pied nettement caractérisée. Le malade resta couché pendant deux mois ; on (it de nombreuses pointes de feu superficielles et le pied fut immobilisé dans un appareil. Au bout de ce temps, le gonflement diminua un peu, et le malade put marcher à peu près sans douleurs.
Etat le b septembre 1891. Ankylose à peu près con)plète, avec léger équinisme ; légers mouvements cependant dans le sens de l'extension. Au côté interne, sensibilité du tibia, au-dessus de la malléole; vague tuméfaction sur le bord interne du tendon d'Achille. Paquet de fongosités manifestes en avant de la malléole interne dans le creux situe en avant et un peu au-dessous. A la partie externe, énorme volume de la malléole péronière ; douleur sur le bord antérieur et peut-être aussi sur la partie voisine du tibia, au niveau de l'articulation péronéo-tibiale. Fongosités en ce point. En arrière de la malléole externe, la gaine des péroniers semble saine. Au voisinage de la malléole externe en arriére, on trouve l'ouverture d'un petit abcès qui se serait développé en ce point vers la fin de juin, par cette ouverture s'échappe un peu de pus couleur chocolat. Un
Observations.
stylet introduit ne permeTpas de percevoir de déniidalion osseuse; il pénètr de haut en bas, très obliquement en avant derrière la malléole et profondément vers l'articulation. Injections de chlorure de zinc au 1/10 de 2 gouttes chacune; 12 piqûres.
Le 6. Le malade a souffert sérieusement, seulement pendant deux heures après les injections; il n'accuse plus de douleur vive aujourd'hui.
Le 8. Gonflement notable avec œdème résistant, qui s'étend sur le dos du pied, et un peu sur la jambe; coloration légèrement rosée de la peau de ces diflérenles parties. Compression ouatée.
Le 12. Depuis deux jours, douleurs assez vives dans le pied et dans la jambe, sans fièvre toutefois. Au milieu d'un gonflement général du cou-de-pied ; on reconnaît plusieurs foyers fluctuants ; 1° en avant des deux malléoles, de plus la peau est rouge et paraît amincie en avant de la malléole externe; 2° de chaque côté du tendon d'Achille, la fluctuation se communique d'un côté à l'autre. Le médicament a donc mis en évidence ces divers foyers, en des points ou Ton ne pouvait reconnaître que des fongosités dont rien n'indiquait la qualité réelle.
Le 13. Intervention. Bande d'Esmarch : lo incision antéro-exlerne sur le foyer préinalléolaire , écoulement d'un liquide épais, couleur chocolat rougeàtre ; la partie antérieure de l'astragale est dénudée, mais dure, éburnée ; sur la malléole externe, quelques points de carie sur son bord antérieur et sur la face interne. Evidement, grattage des produits tuberculeux dégénérés. On ne pénètre pas dans l'articulation qui est soudée; 2° incision anléro-inlerne, même liquide; malléole interne, quelques points de carie sont évidés ; grattage d'un trajet passant transversalement en avant des malléoles, d'un foyer à l'autre; 3" incision en dehors du tendon d'Achille, sur le foyer qui passe en avant de ce tendon pour se continuer avec le loyer du bord interne. Ce foyer a décollé letendon en haut à plusieurs centimètres formant fusée : Contre-ouverture à 10 centim. au-dessus de la malléole interne : drainage des divers foyers ; en avant on bourre avec la gaze iodoformée. Pansement.
Le 14. Le maladea bien dormi. Légère douleur. Pas trace de lièvre.
Le 15. Pansement. Pas de suppuration.
Le 18. Pansement. Bourgeonnement actif des différentes plaies. Le 23. On remplace les drains par des crayons d'iodotorme. Pansement compressif.
Le 30. Les différents trajets sont à peu près oblitérés. 10 octobre. Bourgeons charnus de bonne nature.
15 décembre. Guerison complète saufun petit bourgeon situé à-la partie interne et qui n'est pas tout à fait cicatrisé. Le malade se lève et marche un peu depuis 15 jours.
15 janvier 1892. Le petit bourgeon caséeux signalé le 15 décembre persiste encore, à cause de la négligence dont il a été l'objet. Cautérisations au nitrate d'argent.
1" février. Cicatrisation complète. Le malade va très bien.
15 juin. La guérison s'est maintenue ; le malade marche toute la journée ; il
Méthode sclérogène pure ou combinée
m; se plaint plus de son pied, qu'il y a tout lieu de croire définitivement guéri.
En février 1893, la guérison s'est maintenue malgré une occupation très fatiguante.
Obs. 115. — Lésions T. de la partie tarsienne ducou-de-pied droit (cuboïde et troisième cunéiforme) Fuppurée et ouverte. Injections de chlorure de zinc.Curottage du foyer tuberculeux. Guérison. (Communiquée par M. lo D"" Ménard, de Berck.) — C..., fille de 6 ans, 0. A. T. du cou-de-pied droit. Cotte région est fi.'-lulouse et suppurée. En introduisant un stylet dans le Irajet lisluleux, on arrive sur des surfaces osseuses dénudées et ramollies au niveau du cuboïde et du troisième cunéi'orme.
2 mai 1892. On injecte un gramme (vingt gouttes) de la solution de chlorure de zinc au 1/10 en huit ou dix piqili'os pratiquées au niveau et tout autour de ce foyer tuberculeux.
Le 10. La région malade est découverle.par une incision de quatre centim.,et on enlève avec la curette toutes les portions malades ou. suspectes, c'est-à-dire le troisième cunéiforme toutenlier et la plus grande partie du cuboïde.
Le 25. La plaie opératoire est comblée, il ne reste qu'une petite ulcération superficielle.
10 juin. L'ulcération superficielle persiste encore quoique diminuée, mais la cicalrisation ne peut tarder à devenir complète. On né parvient à découvrir aucun foyer suspect sur la région du larse. Le gonflement antérieur à l'opéralioii a entièrement disparu. L'ailénite sus- hyoïdienne traitée en même temps que l'affection du pied a guéri en quinze jours sans laisser de fistule. En juillet guérison.
Mars 1893. Pas de récidive ni au pied, ni au cou.
Obs. 116. — O.A.T. du cou-de-pied suppurée et ouverte. Guérison (Coudray). — C..., Lucie, àgee de 4 ans. Vue le 5 septembre 189L Début apparent de l'afléctioii actuelle en mars 1891. L'enfant a commencé à boiter et à se plaindre du pied droit. En mai 1891, cautérisation ponctuée, quelques pi(lûres profondes, et appareil silicate pendant un mois ; à la suite, immobilisation pendant deux mois. Malgré cela, le mal n'a fait ((u'empirer.
Etat le 5 sept. 1891. Pied en position à peu [irès correcte. A la partie interne, fonfzosilés le long du bord interne du tendon d'Achille; tibia douloureux sur la malléole, et un peu au-dessus. Gros paquet de fongosités prémalléolaires. Orifice listuleux et suppuration au niveau de l'astragale et du scaphoïde. Fongosités tout autour de la malléole externe, très abondantes en avant surtout; fongosités dans la gaine des péroniers. On pratique 11 à 12 piqûres de chlorure de zinc au 1/10, de 2 à 3 gouttes chacune, à l'aide du chloroforme.
Le 6. L'enfant a souffert toute la nuit.
Le 9. Gonflement général de toute la région, masquant la limite des fongosités.
Le 17. Foyers de suppuration évidents, en avant de la malléole externe, sur l'articulation tibio-tarsienne, en dehors du tendon d'Achille. Opération complémentaire. Bande d'Esmarch. Grattage.
Le 19. Suintement abondant. Bon état de la plaie. Pas de fièvre.
Le 20. Démangeaisons très vives tout autour de la plaie.
Le 21. Abondant suintement dû à uneéruption vésieuleuse cutanée quidoitêtre rapportée à l'iodotornie, que l'enfant ne peut absoiumeni pas supporter. Cette éruption occupe le dos du pied, le cou-de-pied et la partie inférieure de la jambe.
9 octobre. Depuis le dernier pansement qui date du 5 de co mois, le bourgeonnement est devenu très franc, à tel point que la cavité opératoire est déjà à moitié comblée. En même temps, l'état général qui faisait concevoir des inquiétudes longtemps avant l'opération s'est notablement amélioré.
Le 29. Plaies presque complètement cicatrisées. Gonflement dur et dense général. Appareil.
5 décembre 1891. Guérison confirmée, aucune douleur, nouvel appareil pour rectifier un peu la position du pied qui est en jéger équinisme.
En juin 1892, l'enfant marche avec un appareil mécanique qui maintient la bonne position. En novembre 1892, suppression de cet appareil. En mars 1893, la guérison est confirmée, le pied est en légère adduction qui est facilement corrigée par un contrefort externe.
Obs.117. — O.A.T. de lapartie antérieuredu cou-de-pied, suppurée et ouverte. Guerison (Lannelongue, in thèse Poux). — Fernande G..., âgée de 2 ans, entrée salle Giraldès, le 22 août 1891. Le début de l'afl'ection actut^lle remonterait à il y a six mois environ, au dire de la mère. A cette époque, l'enfant commença à se plaindre de son pied, à la suite d'une chute, et on s'aperçut aussitôt que celui-ci était le siège d'un gonflement, siégeant surtout à la partie dorsale du pied, et jusqu'au niveau du cou-de-pied. Etat actuel le 22 août. Pied gauche: au niveau de la partie externe du métatarse, existent des fongosités, qui se prolongent dans l'articulation tarso-métatarsienne en arrière; jusqu'à l'articulation métalarso-[ihalangienne en avant. Latéralement, elles s'étendent sur le 4e et le 5<= métatarsien, contournant le bord externe du pied et se continuant sur la face plantaire. Toutes ces fongosités sont molles et en voie de s'abcéder. Légère atrophie des muscles de la jambe ; un ganglion poplité, les ganglions de l'aine sont un peu plus volumineux que ceux du côté sain.
Le 25. 7 injections de deux à trois gouttes chacune, à la périphérie des fongosités (solution au 1/10«).
3 septembre. Enlèvement d'un petit séquestre de la grosseur d'un pois.
Le 11. Pansement, la plaie est en bon état, l'enfant part pour Berck.
15 juin 1892. Une nouvelle intervention à la curette a été faite dans le courant du mois de mai; actuellement, le pied va très bien et conserve tous ses mouvements. Il reste seulement une petite ulcération superficielle à cicatriser. La guéri.-on est prochaine.
A Berck, une fistule a dû être grattée de nouveau en septembre 1892 par M. Ménard. Actuellement, l'enfant est en voie de guérison.
Obs. 118. — 0. A. T. du cou-de pied, suppurée et ouverte. Guérison (COUDRAY). — Georges D..., âgé de 5 ans, vu le 23 avril 1891. Etat à l'en-
Méthode sclérogène pure ou combinée
trée. Convalescent depuis une quinzaine de jours d'une variole. La mère a remarqué que la Uimélaclion du cou- de- pied avait considéral)lement augmenté de volume pendant la maladie. Gonflement assez considérable du cou-de-pied; déviation du pied en valgns, équiuisme marqué; atrophie des muscles de la jambe. Développement fongueux considérable des culs-de-sac antérieurs de la synoviale, en avant des malléoles, et ces tongosités sont molles, au point qu'on pourrait songer à des collections fluctuantes. Fongosités également en arrière de la malléole interne, sur le bord du tendon d'Achille, de même en arrière de la malléole externe. Il est difficile d'explorer les os.
30 avril. Léger suintement séreux par les piqûres, presque pas de réaction.
14 mai. Suintement séreux à peu près nul. Les fongosités restent molles dans la plupart des points touchés par l'ignipunclure. Il est vraisemblable que )a suppuration se produira ; cependant il n'y a ni rougeur, ni amincissement local de la peau depuis l'opération.
Le 28. Douze nouvelles pointes de feu. Deux points ramollis sur la malléole interne semblent indiquer qu'un abcès est en voie de formation. Etat général très mauvais.
9 juin. La suppuralion ne s'e^t pas eflécluée. Ulcération au niveau des pointes de feu, gontlcment, rougeur. Extirpation de l'astragale à la curette, celui-ci présentait plusieurs petits séquestres. Grattage du tibia et du péroné dénudés.
9 juillet. Les deux plaies interne et externe, sont fongueuses; en arrière de la malléole interne, entre cette malléole d'une part, et l'insertion du tendon d'Achille d'autre part, existe un gros paquet de fongosités tout à fait ramollies qui ont ulcéré la peau dans l'étendue d'une pièce de de 0,.50 cent. Sur le bord interne du tendon d'Achille, la suppuration est moindre, mais il est évident que les fongosités pullulent à nouveau, non seulement dans la profondeur, et à la surface des plaies, mais encore au niveau du lendon d'Achille, au niveau de la malléole interne, et au-des!-ous d'elle jusqu'à la limite de la plante du pied. Piqûres de chlorure de zinc.
Le 11. L'enfant s'est plaint par intervalles pendant la nuit qui a suivi les injections. Hier la douleur a été à peu près nulle. lia mangé comme d'habitude ; seulement la première nuit, un peu d'agitalion sans fièvre.
État local. Les plaies ont un aspect moins fongueux : les fongosités qui sont de chaque côté du tendon d'Achille sont plus dures. Celles de la partie interne, au niveau desquelles le tégument était altéré, présentent un petit foyer de suppuration qui est évacué par simple pression et lavage. Somme toute, amélioration évidente depuis les injections. Température rectale, 880,6.
Le 13. Pas de fièvre depuis le 11 juillet. Appétit conservé, sommeil bon, l'enfant joue toute la journée et ne se plaint nullement de son pied. Etat local le même que le 11 juillet II faudra sans doute évacuer et gratter le foyer dégénéré, situé dans la uialloole interne.
Le 16. Il existe des fongosités molles et dégénérées non seulement sur le bord interne, mais encore sur le bord externe du tendon d'Achille.
Le 25. Grattage des fongosités qui se trouvaient dans les gaines des péroniers
332 Observations.
latéraux, le long du tendon d'Achille, surtout du côté externe. Grattage d'un foyer existant dans l'articulation. Nouveau grattage des fongosités. Drain passé à travers i'arliculation. Deux piqûres dans les gaines des péroniers latéraux (solution au 1/10"). Deux avtres de chaque côte du tendon d'Actiille.
Le 28. Les plaies ont très bon aspect ; il s'est produit le 27 juillet, surlendemain des piqûres, une hémorrhagie. On reconnaît qu'elle s'est faite par une ulcération située sous la malléole interne, dans la direction des vaisseaux tibiaux postérieurs. En ce point, l'ulcération produite par des fongosités dégénérées existait bien avant l'injection, il est possible cependant qu'un vaisseau ait été piqué. Quoi qu'il en soit, l'hémorrhagie s'est arrêtée assez facilement par la compression sans qu'on ait eu à détaire le pansement ; il s'agit probablement donc d'une bémonhagie dans les fongosités.
Le 30. Il s'est formé une fusée purulente légère sous la peau de la malléole externe et le tendon d'Achille ; sauf cet incident, les plaies ont bon aspect et ne sont plus fongueuses.
4 août. Le bon état des plaies se maintient.
Le 8. Dureté générale des tissus autour des plaies.
3 septembre. Guérison depuis trois semaines, le malade essaie de marcher malgré qu'on le lui ail défendu.
Le 18. Revu. La guérison persiste, l'entant marche constamment.
12 juin 1892. Guériiou contirmée. 25 fév. 1893. Quelques mouvements de flexion et d'extension, pifd très solide, plus d'atrophie musculaire. Marche absolument normale depuis 18 mois. En somme guérison parfaite.
Obs. 119. — O.A.T. tibio-tarsienne non suppurée. Guérison (Lannelongue). — B. C... Epanchement articulaire dans le genou. Au niveau du cou-de-pidd fongosités très abondantes en arrière de la malléole externe du côté droit. Quehiues-unes au^si en arrlèie de la malléole interne. Mouvements articulaires en grande partie conservés. Pas de déformation des sufaccs articulaires.
6 août 1891. 6 injections de ZuCl. Peu de réaction locale. Les jours suivants l'induration est très manifeste.
17 septembre. Nouvelle séance d'injections. Réaction très vive celte fois. Les fongosilés s'indurenl et disparaissent.
15 octobre. Les deux cous-de-pied sont guéris. L'enfant commence à marcher et sorl guéri en janvier 1892.
Obs. 120. (Résumée.) — 0. A. T. suppurée du tarse. Guérison (Lan- NELONGUE). — Victoria Mal..., àgéede 7 ans. Début il ya 14 mois. En juin 1891, grattage du l"'' métatarsien et du l'"" cunéiforme; néanmoins^ deux fistules persistent.
En octobre 1891, injections de ZnCl (6 injections de 2 gouttes) encadrant le foyer malade. En novembre, grattage. Depuis, guérison rapide. L'enfant commence à marcher en janvier. Elle a été revue en août 1892. Guérison maintenue.
Ob.s. 121. — 0. A. T. suppurée du cou-de-pied droit. Guérison lente
Méthode sclérogène pure ou combinée
(Lannelongue). — Bloc, âgé de 2 ans. Soigné depuis deux mois pour une prétendue entorse.
Actacllement, t'ongosités périmalléolaires des plus évidentes. Les mouvements de flexion et d'extension sont très douloureux.
Le 17 novembre, première séance dinjeclions : 8 injections de 2 gouttes chaque; réaction intense. Les jours suivants, compression.
En lévrier 18y2. L'enfant va trè.> bien, mais le talon présente une augmentation de volume à sa l'ace inférieure simulant un abcès. Incision, il s'agit de masses adipeuses, mais il existe un point dénudé sur le i;alcaiiéum. Une fistule persistant, le foyer osseux est gratte en mai. Depuis, la guérison définitive est survenue et s'est maintenue.
Obs. 122. — 0. A. T. non suppurée astragalo-calcanéenne. Guérison lenle. (Personnelle.) — Louis Laf..., âgé de 7 ans. Début en février 1892. Actuellement, les fongosilés eniourent la malléole externe. Le pied esl dévié en varus. Les mouvements sont possibles mais douloureux.
Le 7 avril, première séance d'injecLions : 30 gouttes. Réaction très vive. Une fistule se produit au-dessous de la malléole externe.
En mai, cotte fistule est grallée, elle conduit non pas sur l'articulation libiotarsienne, mais sur l'articulation astragalo-calcanéenne. Celle ci est curettée complètement. L'enfant va mieux depuis celle opération. Mais cette amélioration dure peu. Le 1^'' septembre, 2« grallage moins important que le premier. Le 16, l'enfant va à Berck, disparition des fistules et imuiobilisalion dans un appareil silicaté actuellement.
Obs. 123. — 0. A. T. non suppurée du pied droit. Guérison. (Personnelle.) — Céline G..., âgée de 13 ans. Entre le 2 mai 1892.
Le 5 mai, injections de ZnCI 8 piqûres de 3 gouttes chacune. Amélioration évidente. Disparition des fongosités. Apparition d'une fistule en juillet. Elle est grattée en août. 2" grattage en novembre. Guérison définitive en décembre.
Actuellement, l'enfant est guérie et marche très bien. Va aller à Berck.
Obs. 124. — Foyer tuberculeux du tarse droit, traité par ie-s injections de chlorure de zinc. Epancliemenl sanguin. Sujet atteint d'ailleurs de coxalgie double. Guérison. (Due à l'obligeance de M. le Dr Ménard, chirurgien de l'hôpital maritime de Berck-sur-Mer.) — Sp..., fille âgée de 8 ans el demi, en traitement à Berck depuis le mois de novembre 1891, pour une coxalgie double.
Au mois de septembre dernier se montre un gonflement fongueux sur le bord interne du tarse droit, bon développement rapide, sa consistance mollasse et l'amincissement de la peau sous laquelle se dessinent des veinosités bleuâtres, annoncent une prochaine ulcération.
4 octobre. En présence de ceUe menace, j'ai recours à la méthode de Lannelongue, et j'injecte dans la région malade 1 gr. 50 de solution de chlorure de zinc au dixième en douze piqûres.
Observations.
La douleur consécutive très vive durant trois jours se calme ensuite. Un gonflement considérable se produit avec un épancliement sanguin du volume d'une grosse mandarine, recouvert par une peau amincie.
Cet épanchement est évacu^. par une poncUon avec le trocart, la cavité lavée avec une solution d'acide borii|ue et remplit* à moilié par du naphtol camphré.
La ponction est renouvelée quatre fois à huit jours d'intervalle. A la troisième ponction, on relire un liquide jaune citrin d'une transparence parl'aite, de même à la dernière ponction. Enfin une fistulelte s'est établie, mais cette listulette ne laisse couler que quelques goiHles d'une sérosité iranipareiile. L 'S pansements sont faits avec des précautions rigoureuses pour éviter la suppuration.
10 février 1893. Le suintement séreux a continué jusqu'à l'époque actuelle. Mais le gonflement a complètement disparu. Si la listulette tarde trop longtemps à se fermer, il y aura lieu de recourir à un évidnment qui portera, soit sur le scaphoide, soit sur le col de l'astragale. Mais actuellement l'écoulement, réduit à quelques gouttes de liquide transparent à chaque pansement tous les 5 ou 6 jours, contre-indicjue toute intervention.
Je n'ai pas à faire ici l'histoire des coxaigles qui sont du reste en bon état, sans luxation, sans abcès et avec une bonne position de chaque membre.
Obs. 125. — Tuberculose du col de l'astragale droite. Injection de chlorure de zinc. Eoidement. Guérison (Ménard). — Gr..., fllle de 8 ans, entre à l'hôpital Maritime en janvier 1892.
Elle est alteinte d'un fo^er tuberculeux siégeant sur le bord interne du pied droit au niveau de l'interligne médio-tarsien.
M. Felizet a pratiqué il y a six semaines des injections de chlorure de zinc dans la région malade.
Actuellement un abcès très superficiel recouvert par une peau mince et rouge recouvre le bord interne du pied depuis le scaphoide jusqu'en arrière de la malléole tibiale.
Le 23 lévrier 1892. L'enfant est endormie, j'ouvre l'abcès sous-maliéolaire. En cherchant avec la sonde cannelée l'origine osseuse de l'aflection, on tombe sur le col de l'astragale qui est dénudé.
La curette entraîne l'astragale avec la plus grande facilité. Je suis conduit à enlever la totalité du col de l'aslragale avec la tête avant d'avoir enlevé toute la partie osseuse qui paraît malade. L'articulation du cou-de-pied n'est pas ouverte, mais l'articulation médio-tarsienne est béante dans touJ,e sa partie astragalo-scaphoïdienne.
La plaie est bourrée de gaze iodoformée sans aucune réunion.
En quelques semaines, la cavité opératoire se comble de bourgeons charnus et son oriflce se rétrécit. Comme la région médio-tarsienne conserve un certain degré de tuméfaction, on fait une nouvelle série d'injections de chlorure de zinc le 28 avril 1892. Après que le gonflement consécutif à ces injections est disparu, l'amélioration est très marquée. La fistule opératoire se ferme au bout d'un mois environ.
Méthode sclerogène pure ou combinée.
En août, se montre un nouvel abcès sur le milieu du dos du pied en avant de l'interlif^ue de Cho|jart. Cet abcès est ouvert et traité par le curettage.
Le 18. On retire de petits fragments osseux avec la curi tte qui traverse le tar.-e de haut en bas. La plaie est bourrée avec la gaze. Aucune réaction ne se produit sur le reste du tarse après celle opération La plaie se rétracte progressivement et la fiblule se ferme au bout de six semaines.
On pouvait craindre que le pied qui s'était maintenu en équinisme malgré l'application de plusieurs gouttières plâtrées destinées à le soutenir, ne restai lixé dans cette position vicieuse. Il n'en a rien été. Apres la guérision de ces fistules, les mouvements du cou de-pied ont repris peu à peu une certaine. étendue ; le pied a pu se mettre spontanément à angle droit sur la jambe.
Depuis plus de quatre mois les lislules sont fermées complètement, l'enfant se promène avec des béquilles, mais par précaution elle n'a pas été autorisée à se servir de son pied, qui reste constamment proiégé par un appareil plâtré. Ces précaulions devront être maintenues encore pendant (jueLjues mois pour éviter la récidive et assurer une guérison délinitive.
Le pied est à peine infléchi en dedans. Il l'est beaucoup moins qu'on aurait pu lecramdre après l'ablation de la tête et du col de l'astragale. Il n'y a pas de déviation ou varus. Le pied repose sur le sol directement par sa face plantaire. Le bord interne du pied est raccourci d'environ un demi-centimètre. Encore n'e>l-il pas démontré que ce raccourcissement doive être mis entièrement sur le compte de l'acte opératoire qui a supprimé une partie de l'astragale.
Le gros oi teil es!; en ellet moins volumineux et aussi très légèrement raccourci.
L'enfant, dont Télat général a toujours été excellent, n'offre aucune autre manifestation tuberculeuse, extérieure ou viscérale.
Ors. 126. — Carie des os du pied. Lésion ancienne suppurée non ouverte. Inleroenlion chirurgicale. Guérison probable (Desguins). — E..., Jean, âgé de 14 ans, est atteint depuis des années d'une altération douloureuse des articulations tarso-métatarsiennes droites. La lésion remonterait à une dizaine d'années. Nulle trace de fistule. Toutefois, au moment oii le malade entre en traitement (avril 1892) la région est un peu rouge, douloureuse et chaude. Il y a bien certainement un travail de suppuration et imminence de fistule. La Iluclualion n'y est pas encore toutefois, mais des f'ongosités tendues font saillie sous la peau du dos du pied comme aussi de la plante du pied.
26 avril 1892. 10 injections de 4 gouttes chacune de chlorure de zinc. Cette injection est suivie pendant deux jours de douleurs Ires vives que nous calmons au moyen d'enveloppements antiseptiques. La température ne s'élève pas et pourtant le travail intlammatoire a reçu comme un coup de fouet, car la peau devient à deux places, au-dessus et au-dessons du pied, rouge violacée et ne tarde pas à proéminer sous la poussée d'un liquide évidemment purulent. La peau s'amincissant de plus en plus et l'ouverture spontanée étant imminente, tous plaçons, le 7 mai, le jeune malade sou5 le chloroforme, avec le dessein