‹ Des différentes formes d’ostéo-arthrites tuberculeuses, de leur traitement par la méthode sclérogène pure ou combinée à l’arthrectomie précoce et répétée (curettages et résections atypiques) surtout chez l’enfant. (Méthode du professeur Lannelongue)Chapitre 4 sur 21 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Du système lymphatique comme lieu de destruction des bacilles tuberculeux.

SOMMAIRE. - Eôle des globules blaucs (Pawlowsky).

Les éléments cellulaires contenus dans le système lympathique luttent contre l'invasion des bacilles et cherchent à détruire ceux-ci. C'est ce qu'à démontré M. Pawlowsky (i) dans un remarquable travail sur la T. articulaire expérimentale. L'examen microscopique des coupes de la tunique synoviale montre que les bacilles passent d'abord de la jointure du genou dans son endothélium, et de là dans les fentes lymphatiques du tissu conjonctif de la tunique articulaire. Là ils rencontrent et infectent les endothéliums ou les cellules immobiles du tissu conjonctif, et pour cela ils passent d'une cellule à l'autre en se servant de leurs prolongements comme de ponts. On voit de vrais globules blancs dans le liquide synovial avec des bacilles dans leur protoplasma. Cette présence simultanée des bacilles dans les cellules du tissu conjonctif et dans les globules blancs se rencontre à toutes les périodes de la T. des articulations provoquée artificiellement.

Il est certain que dès les premiers moments de Vinfection il s'engage dans les tissus une lutte vive à laquelle les corpuscules blancs prennent une part active. On ne peut pas en suivre les progrès dans la région fongueuse là où la mêlée est la plus confuse, mais aux limites de cette région on trouve une zone où les globules blancs sont plus rares et les phénomènes histologiques plus visibles.

Là on voit quelquefois réunis autour d'une cellule du tissu conjonctif infectée de bacilles, un ou deux, ou trois globules blancs, éten-

(1) Annales de V Institut Pastexir, 181*2.

Essai sur le rôle de système lymphatique dans l'infection tuberculeuse. 37

dant leurs prolongements vers les bacilles ; il y a aussi des bacilles dans les globules blancs, mais en quantité moindre que dans les cellules de tissu conjonctif. Quelquefois les bacilles se trouvent déjà dans le prolongement du globule blanc ; quelquefois aussi seulement en face de lui et encore situés dans la cellule. Ce phénomène se rencontre encore souvent plus tard dans le développement de la tuberculose des jointures.

Trente-six heures après l'infection articulaire, le réseau du tissu adipeux péri-articulaire présente déjà çà "et là fdes globules blancs chargés de bacilles.

En dehors de cette zone de granulations compactes et de cellules du tissu conjonctif, entourés de globules blancs s'en trouve une autre en apparence intacte. Les bacilles se trouvent déjà par ci par là dans les cellules du tissu conjonctif de cette zone, et aussi dans les fentes lymphatiques. Un peu plus loin tout semble être resté à l'état normal et pourtant on peut y voir quelques globules blancs chargés de bacilles, dans le tissu conjonctif entre des fascicules des fibres musculaires et dans le réseau du tissu adipeux péri-articulaire.

Quarante heures après l'inoculation, les bacilles sont toujours dans le liquide articulaire, en grande partie dans les cellules endothéliales dont ils repoussent le noyau, en quantité plus faible dans les globules blancs.

Ces faits permettent de conclure que déjà douze heures après l'infection, par conséquent dès les premiers moments de l'entrée des bacilles dans les tissus, on observe deux phénomène dans la tunique synoviale : l'infection des cellules du tissu conjonctif et des fentes lymphatiques par les bacilles et l'engloutissement des bacilles par les globules blancs. On peut distinguer trois zones de propagation de l'iafection : la zone extérieure dans laquelle les bacilles sont libres dans les lacunes du tissu conjonctif et se trouvent rarement dans les cellules de ce tissu ; la zone intermédiaire où les bacilles sont enfermés dans les cellules du tissu conjonctif bien souvent entourés des globules blancs ; la zone intérieure celle de l'envahissement compact de granulations sur une large étendue où pour la plupart les bacilles se trouvent dans les globules blancs.

Déplus, Pawlowsky a trouvé des bacilles dans le liquide synovial, et de la comparaison des situations qu'ils y occupent avec ce qu'on

38 Essai sur le rôle de système lymphatique

sait sur la structure normale de la tunique synoviale, sachant en même temps qu'entre les cellules de l endothélium se trouvent dans l'articulation des orifices des vaisseaux lymphatiques, on déduit facilement la voie par laquelle les bacilles T. ont fait leur entrée dans le tissu synovial en quittant la cavité articulaire. Grâce aux mouvements de l'animal les bacilles T. sont poussés dès les premières heures après l'infection dans les petits orifices et dans les fentes lymphatiques en infectant avant tout ces fentes et les cellules du tissu conjonctif. Ici apparaissent des globules blancs qui commencent à s'emparer des bacilles. Leur nombre augmente là où il y a beaucoup de bacilles, quelques globules blancs des rangs antérieurs émigrent en emportant des microbes avec eux ; ce sont eux que l'on rencontre 24 heures après l'infection, éloignés du lieu de celle-ci entre les éléments de la moelle osseuse et les cellules adipeuses. Ils voyagent tant que leurs mouvements amiboïdes persistent, c'est-à-dire tant que les bacilles ne les ont pas tués. Quand ils périssent, ils infectent les tissus et donnent naissance à un T. nouveau. Les autres qui n'ont pu émigrer périssent sur place ; leurs noyaux et leur protoplasma subissent la métamorphose régressive, en un mot on observe les signes de la suppuration. En même temps, les bacilles continuent à progresser autour du centre d'infection par les fentes lympathiques, infectant ainsi peu à peu chemin faisant les cellules du tissu conjonctif. Les globules blancs qui accourent pour secourir l'organisme s'arrêtent d'abord auprès de ces cellules infectées et essayent de les entourer. Ils vont chercher des bacilles dans les cellules du tissu conjonctif. Ils participent aussi activement à la construction du T., après une série de changements progressifs, jusqu'à la cellule épithelioïde typique. Le rôle des globules blancs c'est : 1° la lutte contre les bacilles au point d'infection, lutte qui se manifeste par la ruine du leucocyte ou par sa pai-t active dans la formation du T. ; 2° la propagation des bacilles dans l'organisme.

Les bacilles inoculés envahissant donc peu à peu l'organisme par la voie lympathique et, seuls en dehors de cette voie, les globules blancs ont un rôle à jouer. PaAvlowsky, en effet, n'a jamais trouvé de bacilles dans les vaisseaux sanguins de l'articulation. Mais, six jours après l'inoculation il a trouvé des bacilles en quantité considérable dans les ganglions inguinaux, huit jours après dans ceux du bassin, dix jours après dans ceux delà région lombaire. Ainsi le virus

Dans l'infection tuberculeuse.

T. se répand loin de l'articulation par les conduits lymphatiques; il infecte les glandes les plus proches, puis les plus éloignées. Les articulations sont une région défavorable pour la propagation rapide du poison T. à travers l'organisme, puisqu'elles sont séparées des viscères par les ganglions inguinaux et ceux du bassin.

Nous verrons plus loin que si les globules blancs cherchent à détruire les bacilles T., dans d'autres cas ce sont eux qui apportent des éléments pyogènes dans un foyer où il n'existait premièrement que des bacilles T., ce qui aggrave singulièrement la lésion.

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