HISTORIQUE
De par la nature même de la coxalgie qui affecte le plus souvent une forme torpide, insidieuse, sans grande manifestation symptomatique, de par la nature aussi de l'enfant incapable d'interprèter ses sensations, d’analyser son mal, il est aisé de comprendre que la radiographie devait être aux cliniciens d'un précieux appoint. Nombreux, en effet, sont les travaux parus durant ces dernières années sur cette question.
Après Renard, Nové-Josserand, Delanglade, Fonchou- Lapeirière en 1906, faisait de l'étude de la coxalgie par la radiographie le sujet de sa thèse inaugurale. En 1909, Bizolier Robert, s'attachait à prouver que la radiographie était capable d'affirmer le diagnostic de coxalgie au début, même en l'absence de tout signe clinique, thèse combattue d’ailleurs par Sourdat dans une étude très intéressante de la hanche coxalgique, où il analyse avec compétence les quelques deux cent cinquante
radiographies de coxalgie de la collection de l'Hôpital
maritime de Berck et de celle du docteur Ménard. Mais à Berck, la majorité des cas observés étaient anciens.
Cependant nous nous rallierons à l'opinion de Bizolier, et nous rappellerons pour ce faire les paroles mèmes de M. Ménard au XXII Congrès Français de Chirurgie, ainsi que l'observation présentée tout dernièrement à l'académie de Médecine par M. Kirmisson d’une forme fruste ou anormale de coxalgie dans laquelle toute attitude vicieuse faisant défaut, les symptômes étaient tellement atténués qu’on pouvait mettre en doute le diagnostic : le malade, un garçon de 11 ans, ne présentait pas de traces de déviation, de raccourcissement, d'adduction ou d'impotence après un an d'évolution de la maladie ; et lon était tenté d'attribuer au nervosisme les quelques phénomènes qui existaient quand la radiographie vint lever tous les doutes, en permettant de constater les lésions anatomiques qui se traduisaient, dans ce cas, par une énorme atrophie de la tête fémorale en partie disparue.
Sans doute, il est des coxalgies à point de dépeti synovial qui ne peuvent être diagnostiquées au début par la radiographie : nous ne les méconnaissons pas ; mais cette forme est excessivement rare chez l'enfant où presque toutes les coxalgies sont des coxalgies d'origine osseuse.
I n'en reste donc pas moins acquis que si la radiographie n'est pas un moyen de diagnostic infaillible elle nous est un adjuvant très précieux, qui a permis
de reconnaitre fréquemment des coxalgies au début.
Le7Q
Ce sont les renseignements qu'elle nous donne dès les premiers symptômes de l'affection et les différen- Cialions qu'il à été possible d'établir grâce à ses données que nous voulons spécialement étudier dans ces quelques lignes qui vont suivre.