‹ Des Différents Procédés D'Amputation Du Segment Antérieur De L'Œil: Avantages De La Suture En Bourse Et Du Capitonage Musculaire CombinésChapitre 8 sur 28 · SAR · texte numérisé non relu

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nourricier qu'elle peut fournir et qui seul est capable de faire

cette union, est continuellement affaibli de l'humeur aqueuse, et que de l’autre la cornée qui est sèche et peu fournie de sang ne lui peut guère fournir de ce suc, et cela d’autant plus que cette membrane a contracté une callosité dans le contour de sa rupture : de sorte que quand même il y aurait déjà un commencement d'union dans l’uvée, elle ne pourrait subsister, la ligature étant tombée, à cause de l’effort de l’humeur aqueuse qui déjà a été la cause du staphylome, comme je Pai déjà dit au commencement de ce chapitre; aussi l’œil est toujours en péril de se vider et flétrir, si la rupture de la cornée est tant soit peu considérable, ou il doit rester presque toujours une fistule si cette rupture est fort petite.» Et c’est, en effet, ce qui lui arriva dans son opération.

Il ajoute que pour les staphylomes à base large, il serait impossible de «rapprocher les membranes et de les joindre ensemble par les nœuds du fil, sans les déchirer et sans procurer en même temps l'écoulement de l'humeur aqueuse et des autres parties intérieures de l'œil».

Aussi ne conseille-t-il l’opération que si la base est très étroite, préférant pour les autres cas employer, après une ponction, « un peu de poudre faite avec parties égales de tuthie, d’iris et de sang-de-dragon ».

Ja ligature, en effet, ne pouvait évidemment que s'appliquer à quelques cas particuliers et était manifestement insuffisante pour l’amputation réelle, au sens large où nous l’entendons : mais pour ces cas d’exérèse très limitée, elle était peut-être encore préférable aux exérèses sanglantes, larges et sans suture que nous allons passer en revue. Aussi, ne faut-il pas s'étonner que, beaucoup plus tard, Borelli, de Turin(:), ait essayé de la remettre en vigueur. Giordani et Vignole (2) tentèrent de même cette opération pour un cas de staphylome volumineux de la sclérotique, remontant à trois ans.

Ce fut seulement à la fin du xvur° siècle que l’exérèse sanglante fut pratiquée à peu près exclusivement, et c’est à partir

(x) Congrès d’ophtalmologie de Bruxelles, 1858, p. 445. (2) Giornale d’oftalmologia italiano, 1865, p. 385.

OS

de la seconde moitié du xix° siècle que se multiplièrent les procédés opératoires, s’écartant plus ou moins les uns des autres, procédés dont les premiers furent faits sans sulures. Celles-ci firent assez vite leur apparition, puisque dès 1854 Wilse complète le procédé de Bader par quelques sutures placées à la base du staphylome, et qu’il lie après l’amputation. Pour plus de simplicité, nous passerons d’abord en revue les procédés sans suture, pour nous occuper ensuite de ceux avec suture, laissant ainsi de côté pour un moment l’ordre chronologique.

Nous n’avons pas l'intention de décrire en détail les premiers, que les opérateurs ont fait varier à l’infini. Mettons tout d’abord de côté ceux où la section passe nettement en avant du limbe cornéen, et dont le procédé de Bader est le type : les méthodes de Middlemore, Warlomont, Van Roosbreek, Quadri, Mayer, Osio, Scott n’en diffèrent guère. Le Prof. Badal

en a également établi une technique sûre et élégante. Ce sont là

des excisions partielles plutôt que des amputations, et à ce titre, ce sont dans nombre de cas des opérations parfaitement logiques, qui ne rentrent pas dans notre étude, et auxquelles ne s'appliquent pas les critiques que nous allons faire aux autres, où la section passe au niveau du limbe ou en arrière de celui-ci.

Ce dernier groupe est représenté par l'opération de Woolhouse, qui, elle, est plus que l’amputation d’un simple segment; son auteur la nommait amputation de l’hémisphère antérieur. Au point de vue prothétique, les résultats en sont plus particulièrement déplorables, car la section passe en plein vitré, en rendant ainsi l’issue inévitable, et donnant finalement un moignon petit, atrophié, et d’autant dépourvu de mobilité que la section a intéressé les quatre muscles droits; de plus, en traversant le ciliaire, elle laisse à nu cette région si propice à l’hémorragie et à l'infection, accidents dont elle donne ainsi le maximum de chances. Aussi Scarpa, dans son admirable ouvrage, recommande-t-il de faire porter cette section au niveau du limbe, ou même en avant, sans jamais le dépasser du côté du ciliaire.

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