‹ Des Différents Procédés D'Amputation Du Segment Antérieur De L'Œil: Avantages De La Suture En Bourse Et Du Capitonage Musculaire CombinésChapitre 9 sur 28 · ART A · texte numérisé non relu

ART A

C’est en effet de cette manière que l’on obtint les moins mauvais résultats. Mais, bien qu’à un degré moindre, ce procédé offre toujours le même défaut capital inhérent à tous les procédés sans sutures quels qu'ils soient: celui de laisser la plaie béante se cicatriser sous un simple pansement.

Que résultait-il d'une telle méthode? C’est que, tout d’abord, on avait toujours, au cours de l’opération, une perte notable de corps vitré, quelle que fût l’habileté de l'opérateur; si par extraordinaire cette perte était légère ou minime, elle ne tardait pas à se continuer pendant les jours suivants. Or, cette issue du vitré est un fait grave, qui a toujours été le souci de ces opérations, et tous les procédés plus récents que nous étudierons dans la suite tendent à la restreindre autant que possible. Elle expose en effet aux pires accidents : tout d’abord, il en résulte une hypotomie subite, hypotomie dont l’un des premiers effets est le décollement des membranes profondes, une désorganisation des différentes parties du moignon, exposant à l’hémorragie, à l’infection, à l’ophtalmie sympathique. Le sujet y échappait-il, il ne restait bientôt du moignon qu’une masse informe, couverte de granulations muco-purulentes, de sécrétions longues à tarir, avec une cicatrice dense et saillante. Si on y ajoute le peu de mobilité du moignon, dû à son petit volume, aux adhérences, on verra combien il était peu propre à la prothèse. L'opération ne donnait plus de la sorte aucun avantage, et ses résultats étaient si aléatoires que nous voyons tous les auteurs l’abandonner peu à peu. Mackenzie enseigne que « la plupart des procédés connus entraînent après eux de plus grands dangers que l’énucléation simple du globe entier ». William, de Cincinnati, qui ne la prône que théoriquement, reconnait son insuffisance pratique. Wecker la complète ou la remplace par l’éviscération ; Richet, par l’énucléation. A part quelques succès plus ou moins confirmés, comme ceux de Wickerkiewicz(:}, nous voyons peu à peu tous les auteurs se rallier à l’énucléation, reconnaissant, avec Mackenzie, que « cette préférence est justifiée » d'autant que

(1) Annales d’oculistique, 1886.

CEILLIER, | 2

RELET |. ES cette opération, dont la technique venait d’être heureusement perfectionnée, donnait alors de fort bons résultats. Et c’est ainsi que nous nous expliquons ces hécatombes d’yeux, véritables massacres des innocents, comme dit Terrier, qui furent pratiquées à cette époque pendant toute une longue période.

Page 1