‹ Des différents procédés de trachéotomie dans le croup et plus particulièrement de la trachéotomie en un seul tempsChapitre 19 sur 20 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. La trachéotomie a été pratiquée] dès les premiers âges de la médecine. D'abord appliquée seulement dans les cas de corps étrangers des voies aériennes, elle s'est étendue peu à peu à tous les cas d'obstacles à l'entrée de l'air dans les voies respiratoires. Enfin, elle est entrée définitivement dans le domaine classique depuis les travaux de Bretonneau et de Trousseau, sur la diphthérie.

II. Les résultats qu'elle a fournis varient suivant qu'on consulte les statistiques générales ou celles de la clientèle civile. La statistique des hôpitaux qui a , fourni dans les tableaux les plus favorables une guérison sur quatre ou cinq décès, charge considérablement les tables générales.

III. Bien que la trachéotomie n'ait peut-être pas donné encore les heureux résultats qu'on est en droit d'en attendre, la statistique des opérations est assez encourageante pour qu'on doive vulgariser le plus tôt possible son emploi.

IV. Il y a donc un énorme avantage à en régler minutieusement chaque temps et à la simplifier, autant que possible, afin que tout médecin puisse la pratiquer sans incertitude.

V. La trachéotomie en un seul temps (non pas indifféremment à froid ou à chaud, mais à froid seulement, M. de Saint-Germain est bien maintenant de cet avis), nous paraît le procédé à la fois le plus simple, le plus sûr et le plus rapide.

VI. Si l'on considère que, dans le plus grand nombre des cas, c'est une opération d'urgence, il y a avantage énorme à bannir tous les instruments plus ou moins in-

génieux, inventés dans ce but^ et à conserver seulement ceux qui se trouvent dans toutes les trousses.

Nous croyons avoir rempli ce but en préconisant toujours l'emploi du bistouri.Le dilatateur est indispensable, selon nous, et nous préférons surtout le dilatateur à deux branches ; à défaut, la pince ordinaire à pansement pourrait être employée.

VII. Les canules préférables sont celles qui portent une plaque percée de deux trous ; les canules à oreilles doivent être proscrites^ car leurs anneaux peuvent se détacher ou se briser très-facilement.

VIII. Le malade doit être placé en pleine lumière sur un plan assez résistant, solidement maintenu. La tête fortement étendue au moyen d'un coussin très-dur et fixe, placé sous les épaules.

IX. Le larynx doit être fixé pendant tout le temps de l'opéra lion, c'est-à-dire jusqu'après ï introduction du dilatateur. Le pouce et le médius de la main gauche, le maintenant immobile; le doigt indicateur reste libre pour servir de guide au bistouri et au dilatateur.

X. L'incision doit être faite le plus haut possible, afin d'éviter la blessure des gros vaisseaux et à cause de la situation delà trachée qui devient d'autant plus profonde qu'on s'approche davantage de la fourchette sternale. La dépression de la membrane crico-thyroïdienne fournit la limite supérieure. L'incision de lapeaudoit être plus longue que celle de la trachée et avoir environ deux centimètres et demi. Cette condition sera facilement réahsée sien a soin de couper en sciant. Sans quoi, la trachée etla peau présentant une résistance fort inégale, l'incision de In trachée serait plus longue que celle de la peau.

Page 1