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Les inflammations auxquelles les doigts sont si sujets peuvent attaquer isolément ou simultanément les tissus nombreux qui les constituent. D(i là, de nombreuses varié-
tés qui constituent, pour ainsi dire, autant d’aifections distinctes.
« Les inflammations qui ont leur point de départ dans le tissu osseux^ constituent une variété particulière de dactylite. Celles qui occupent les articulations des phalanges digitales forment une autre variété. Il en est de même de rinfiammation qui a pour point d’origine la gaine des tendons, puis de celle qui siège dans le tissu cellulaire souscutané et en dernier lieu de celle qui appartient au tissu cutané lui-même. »
« Nous avons donc les divisions suivantes : 1° Dactylite cutanée ; 2° dactylite sous-cutanée ; 3° dactylite tendineuse ; 4“ dactylite articulaire ; dactylite sous-périostique; 6‘" dactylite ostéopathique. »
Toutes ces inflammations peuvent survenir sous l’influence des causes externes. Le froid (érythème pernio, engelures, congélation), la chaleur (brûlures), les corps étrangers de toute nature, les substances ou liquides septiques, les pressions répétées qui, chez la plupart des ouvriers, s’exercent aussi bien sur les doigts eux-mêmes que sur la paume de la main, les écrasements, etc., peuvent déterminer chacune des formes de dactylite indiquées par Ghassaignac.
Nous sommes absolument de l’avis du D” Serey (1) qui pense que le panaris vrai ne survient que sous l’influence de causes externes. Si donc nous arrivons à démontrer l’existence de dactylolyses dans cette forme d’affection des doigts, nous nous serons justifié d’avoir admis dans ces dactvlolvses l’influence du traumatisme.
Nous avons vu quelles sont les variétés admises par M. Ghassaignac; de celles-ci, les premières n’amènent pas
(Il Serey, Du panaris vrai, th. de Paris, 1873.
ordinairement la formation de sillons vf'ritables (les engelures ulcérées ne sont point de véritables dactylolyses) ; toutefois déjà, dans la dactylite sous-unguéale, nous voyons dans les sous-variétés fibro-dermique et sphacélique des cas d’altérations profondes et de déformations graves des doigts.
0ns. XVIT ( I). (Panaris nécrosique ulcéré. Fibro-dermilesuppurante.) — Mahy, 39 ans, coutùrière, offre un panaris du côté droit; inoculations suppurantes de matière septique à la suite d’une piqûre d’aiguille.
Le pouce est quadruplé de volume ; il présente en outre 2 ou 3 fistules. Par l’ouverture de l’une d’elles, le stylet arrive sur la dernière phalange, qui est entièrement nécrosée, très-mobile et qu’on peut extraire facilement,
A la base du premier métacarpien siège un foyer mal ouvert qui communique avec l’extérieur par une fistule étroite. On débride ce foyer pour donner au pus une issue suffisante. Ces petites opérations détex'gent les parties malades. Cinq jours après, l’amélioration permet de penser que le doigt pourra être conservé.
(( Dans le cas qui va être rapporté, le malade ne savait à quoi attribuer le développement de son affection ; mais il est présumable qu’elle était due à une de ces violences extérieures qui sont si fréquentes dans la profession d’ébéniste. »
Obs. XVIII (panaris sphacélique du pouce droit, nécrose de la phalange unguéale). — Grandidier, 44 ans, ébéniste, porte depuis trois semaines au pouce de la main droite un panaris de l’espèce la plus grave.
Malgré un traitement rationnel suivi depuis quinze jours, l’état du pouce s’est aggravé, et l’organe se trouve aujourd’hui dansdes conditions défavorables.
La phalange unguéale est nécrosée et devra de toute nécessité se séparer du pouce. Les parties molles qui la recouvrent, peau, tissus cellulaires et fibreux, tendons, sont- complètement sphacélées.
Dans la dactylite sphacélique, la mortification peut frap-
(1) Chassaignac, Traité de la suppuration, 2« vol.
per le tissu osseux et déterminer des accidents à peu près semblables à ceux qui s’observent dans les cas d’abcès sous-périostiques delà dernière phalange, «line s’agit point ici d’un sphacèle semblable à celui qui survient quelquefois dans le panaris, et qui est un sphacèle dû à l’excès de violence de l’inflammation, à l’intensité d’une cause externe ou à V étranglement. »
Dans les dactylites sous-cutanées et tendineuses, les désordres sont moins importants.
Dans les dactylites sous-périostiques et phalangiennes, et articulaires, au contraire, on voit fréquemment des lésions graves leur succéder. Dans la première, il peut arriver :
i° Que la nécrose guérisse par exfoliation insensible ;
2” Que la phalange tout entière se détache ;
3“ Que, la dernière phalange étant détachée, l’extrémité terminale de la deuxième phalange disparaisse par exfoliation insensible ou qu’elle se détache en manière de séquestre.
La dactylite articulaire emprunte surtout sa gravité aux dispositions constitutionnelles de l’individu qui en est atteint.
Voyons maintenant ce que sont ces conditions constitutionnelles et comment elles déterminent des lésions assez graves pour mériter d’être classées parmi les dactylolyses.