HISTORIQUE
La quinine a une action tellement efficace contre les manifestations fébriles du paludisme qu'on peut la regarder comme spécifique de cette affection parasitaire ; avant sa découverte par Pelletier et Caventou en 1820, les propriétés fébrifuges du quinquina étaient connues dès la première moitié du xvu‘ siècle.
D'après Joseph de Jussieu qui fut envoyé en Amérique en 1735 pour étudier l'histoire naturelle du pays, ce seraient les Indiens du village Malactos, situé à quelques lieues au sud de Loxa, qui les auraient découvertes.
On dit également que le quinquina a été introduit en Europe en 16/40 par la femme du vice-roi du Pérou, la comtesse d'El-Cinchon ; aussi le nouveau remède prit-il le nom de poudre de la Comtesse. Plus tard, en 1670, les Jésuites de Lima en ayant envoyé à Rome au cardinal Lugo, on l’appela poudre des jésuites, et poudre cardinale.
Maigré une vive opposition de Guy Patin, Ramazzini, Baglivi, etc., qui essayèrent de le discréditer, l’usage du quinquina ne tarda pas à se répandre : Sydenham étudia avec soin ce médicament et en obtint des succès remarquables ; mais son erhploi devint surtout général quand Louis XIV qui avait été guéri d’une fièvre intermittente par Talbot à l’aide d’une teinture vineuse de quinquina, en 1679, eut acheté le secret du remède, et
eût donné l'ordre qu'il fut divulgué en 1682.
oliyer
On employa couramment la poudre de quinquina jusqu'en 1820, époque célèbre dans l'histoire pharmacologique, car elle est marquée par l'isolement des alcaloïdes actifs de la poudre de quinquina par Pelletier et Cavertou. Depuis cette époque les sels de quinine ont à peu près complètement remplacé la poudre de quinquina dans la traitement du paludisme et des affections pyretiques, la poudre n'étant plus guère ordonnée que dans un but apéritif ou astringent, en particulier SOUS forme de macération dans du vin. Fonssagrives et Pouchet estinent que ce quasi-abandon des préparations de quinquina constitue une véritable injustice thérapeuti-
que.
Les sels de quinine
La quinine répond à la formule GC 20 H 24 N2 02. Elle : est fort peu soluble dans l’eau, facilement soluble dans l'aicool et dans d’éther, sa saveur est extrêmement amére. C’est une base biacide, c’est-à-dire qu’elle forme «vec les acides deux sortes de sels, les sels neutres, et les sels basiques. Les premiers sont très solubles dans l’eau, : les seconds au contraire sont peu solubles. |
Enumérons rapidement les plus employés des sels de quinine. |
Le sulfate basique de quinine très peu soluble dans l'eau, 570 parties à 15°, 30 à l’ébullition, soluble dans 60 parties d’alcool absolu. Il contient 72,81 de quinine pour cent.
Le sulfate neutre de quinine, bisulfate, +oluble dans 10,9 parties d’eau à 15° et 32 d'alcool. Il renferme 59,183/00 de quinine.