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Le chlorhydrate basique de quinine, soluble dans 25 parties d’eau à 15°, 3 d'alcool à 90°. Il contient 81,71/00 de quinine.
Le chlorhydrate neutre de quinine ou bichlorhydrate de quinine soluble dans 0,67 partie d’eau à 15° très so-
- luble dans l'alcool. I contient 73,30/90 de quinine:
Le bromhydrate basique de quinine, soluble dans 44,5 parties d'eau 15°. Il contient 76,60/00 de quinine.
Le bromhydrate neutre, soluble dans 6,55 parties d'eau à 15°, très soluble dans l'alcool. I contient 60/00
. de quinine.
Le valérianate basique de quinine, soluble dans 38,7 parties d'eau à 16°. Il contient 76,05/00 de quinine.
Le glycérophosphate basique de quinine contient 31,21 pour cent de quinine, il est soluble dans 300 parties d’eau froide, il doit être réservé pour la voie buccalé ou la voie rectale. è
L'Euquinine ou éthylcarbonate de quinine, ou éther éthylcarbonique de la quinine possède sur les composés
précédents l’avantage d’être moins amère.
Le Phytinate de quinine très soluble dans l’eau contient 57/00 de quinine et 47/00 d'acide phytinique ; il permet d'administrer en même temps que la quinine un
médicament reconstituant important, il ne doit pas être employé en injections sous-cutanées.
L’Aristochine ou aristoquine, éther carbonique neutre de la quinine, insipide, insoluble dans l’eau, facilement soluble dans l'alcool et dans le suc gastrique acide. Sa richesse enê quinine est de 96,1 pour cent. j
La Saloquinine est l’éther quinique de l’acide salycilique, insoluble dans l’eau, facilement soluble dans l'al-
soie
cool, à peu près insipide. Elle contient 10/00 de quinine et 5o o/o d'acide salycilique. | La forme chimique à adopter variera évidemment avec la voie d'absorption choisie. Le chlorhydrate basique de quinine, par sa richesse en quinine, sa stabilité, et son degré de solubilité paraît devoir de toute façon mériter la préférence, c'est ce sel que nous aurons toujours en vue dans cette étude quand nous parlerons de la qui-
nine.
Action de la quinine sur l'hématozoaire
L'action de la quinine sur l’hématozoaire ne peut être contestée. La destruction in vitro des hématozoaires sous l'influence de la quinine (Laveran), la disparition des hématozoaires dans le sang des paludéens soumis au traitement quinique ne laissent aucun doute à cet égard. Mais les différentes formes du parasite ne sont pas également sensibles à l’action du médicament : alors en effet que les schizontes et les rosaces sont rapidement détruits par la quinine, les gamètes du Plasmodium vivax (tierce) et du Plasmodium malariæ (quarte) y sont moins sensibles, et il semble que les croissants (gamètes du Plasmodium falcifarum) y soient complètement insensibles. Au moins d’après les données classiques.
La quinine agit encore sur l’hématozoaire à une diluion très faible, jusqu'à 1/3000. Il'est en général facile par des examens faits en séries sur un malade soumis à la quinine de suivre la marche de cette action dans le Ssang circulant. Une ou deux heures après l'administration du médicament les parasites diminuent de nombre,
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leurs formes s'altèrent, l'hématozoaire se fragmente ou
s’arrondit en boule au contre de l'hémalie, et son protoplasma devient trouble.
C'est surtout sur les formes jeunes que la quinine agit le mieux : les schizontes disparaissent les premiers, puis c’est le tour des amibes, et enfin des gamètes qui résistent plus longtemps et disparaissent en dernier lieu.
Donc malgré tout la quinine agit efficacement sur l'hématozoaire, mais inégalement suivant les stades de
son évolution.
Absorplion et élimination de la quinine
La quinine n'est pas absorbée par la peau intacte, elle l’est facilement par les muqueuses, les plaies, le tissu cellulaire sous-cutané. :
Les préparalions les plus solubles sont aussi les plus rapidement absorbées.
Dans l'estomac la quinine se solubilise préalablement par les acides du suc gastrique, les sels basiques -deviennent plus solubles sous l'influence de ces acides et par suite plus absorbables. L’absorption la plus importante se fait dans l'estomac, car dans l'intestin l’acalinité habituelle du milieu lui apporte un obstacle qui acquiert de l'importance quand certaines nécessités obligent à administrer la quinine en lavement.
Cependant peu à peu toute la quinine ingérée est absorbée, on en retrouve très peu ou pas du tout dans les fèces (Kerner).
Dans le sang, les sels de quinine restent en dissolution malgré la réaction alcaline du milieu ; parce que en réa-
lité la constitution du milieu est - acide, et parce que
Lee l'acide carbonique intervient pour favoriser la dissolution. ;
La quinine se localisé dans le foie, dans la cellule nerveuse et fort peu dans la rate, on ne saurait dire exacte-
ment sous quelle forme.
L'élimination de la quinine commence assez rapide-
ment, onen peut déceler la présence dans l'urine après un temps qui varie de trente minutes à deux heures après l'ingestion, elle pourrait mème commencer dix minutes après l'ingestion suivant Piorry et Lavallée.
La majeure partie de la quinine est éliminée par l’urine sous une forme mal déterminée : quinine amorphe, inactive où quinidine ou dihydroxylquinine. D'ailleurs les produits d'élimination paraissent multiples.
La plupart des secrétions, bile, larmes, salive, lait, renferment un peu de quinine, mais la bile n’en renferme des.quantités notables qu'après ingestion.
La durée de l'élimination varie selon la quantité de sel
* ingérée : si la dose est faible (15 à 25 centigrammes) l’é-
limination est peu appréciable et même le plus souvent nulle ; à la dose de o gr. Bo l'élimination peut persister pendant dix à douze heures, enfin si la dose atteint # gramme, l'élimination peut dépasser douze, quinze et dix huit heures.
L'élimination la plus abondante a lieu dès la éinquième à la septième heure qui suit l’ingestion du médicament (Manqual) elle est presque complète en douze heures ; mais l'urine en renferme encore des traces pendant un temps qui varie de quelques heures: à deux, à trois
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et même cinq jours si la dose a été élevée ou répétée.
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Kerner a étudié les rapports de l'élimination de la quinine avec le sel employé. Il résulterait de ses expériences que l'élimination du chlorhydrate commencerait quinze minutes avant celle du sulfate neutre et durerait le méme temps. Pratiquement il n'y a done pas de différence sensible à ce point de vue entre les deux sels.
Jeanselme et Dalimier ont bien étudié l'élimination de la quinine par les urines (Presse Médicale, > août 1917). Un gramme de chlorhydrate basique de quinine en injection intra-veineuse commence son élimination immédiatement ; celle-ci est maxima de la quatrième à la sixième heure, elle se términe de la vingt-quatrième à la trentième heure.
La même dose du même médicament en solution aqueuse administrée par injection intra-musculaire commence à s'éliminer au bout de quinze minutes, présente une élimination maxima à la sixième heure, et disparaît de l'organisme vers la cinquantième heure.
La même dose encore administrée par voie buccale commence à s’éliminer au bout de vingt-cinq minutes, l'élimination est maxima de la cinquième à la sixième heure, la fin de l'élimination se produit de la vingt-huitième à la trente et unième heure.
Nous même avons vérifié chez un malade l'élimination de la quinine et avons pu constater que prise par voie buccale la quinine apparaissait dans les urines vingt minutes après l'ingestion.
L'élimination commence un peu plus tôt après linjection intra-musculaire, nous avons dans ce cas décelé la quinine au bout de quinze minutes.
Chez un autre malade soumis au traitement quinique
continu chez lequel ce traitement avait été suspendu pour la circonstance nous avons pu retrouver la quinine dans jes urines en proportions décroissantes jusqu'au troisième jour après l'interruption du traitement.
Il faut en retenir que la quinine prise par la bouche s'élimine presque aussi rapidement que la quinine injectée dans les veines, et que l'élimination est retardée
dans l'injection intra-musculaire.
Action de la quinine sur le sang
D'après desexpériences déjà anciennes, la quantité de fibrine augmente et le nombre des globules du sang diminue sous l'influence de la quinine (Briquet).
Les auteurs modernes admettent que l'oxygène se fixe d'une manière plus intime à l’hémoglobine, il en résulte une diminution du pouvoir oxydant des hématies.
In vitro la quinine détruit beaucoup de globules rouges ; quant à l’action que la quinine exerce sur les globules blancs, elle n’est pas définitivement élucidée. On avait remarqué depuis longtemps que la quinine diminuait notablement les mouvements amiboïdes des leucocytes.
D’après Binz et Scharrenbroich la perte des mouvements amiboïdes aurait pour effet de s'opposer à la diapedèse des leucocytes, fait confirmé par plusieurs observateurs, mais que quelques-uns (Zahn et Kohler) attribuent vraisemblablement à tort à l'affaiblissement du cœur.
3 | D'autre part, Hayem n'a pas réussi à observer cet ar-
rét de la diapedèse chez les grenouilles, et avec Boche-
de
fontaine il a trouvé que les mouvements amiboïdes des leucocytes ne sont pas modifiés par les sels de quinine.
Ces résultats contradictoires ont reçu à notre époque une: interprétation qui mérite d’être signalée. il est vrai que le mésentère d’une grenouille, arrosé d'une solution de quinine, ne présente pas de diapédèse comme l'a vu Binz, cela ne tiendrait ni à l'arrêt des mouvements amiboïdes qui sont conservés (Hayem, Bochefontaine) ni à une action sur la paroi vasculaire comme l'avait cru Disselhorst, mais à la propriété chimiotactique néBative de la quinine. Ce défaut de diapédèse s’expliquérait-par la répulsion que les leucocytes auraient pour cette substance. Cette explication ne ruinerait donc pas la théorie d'après laquelle l'efficacité de la quinine tiendrait en partie à ce que sous l'influence de ce médicament l’action des phagocytes s’exagèrerait.
Il y à sans doute dans l’action de la/quinine sur les leucocytes une question de doses dont on n’a pas suffisamment tenu compte. Pouchet admet que la quinine à pelites doses augmente l’activité des leucocytes et en particulier des phagocytes, tandis que à dose élevée, elle ralentit ou même supprime, leurs mouvements amiboïdes. Toujours est-il que les doses élevées de quinine ré-
duisent l’activité leucocytaire.
Diverses voies d’administralion de la quinine
A l'heure actuelle de nombreuses divergences divisent encore les médecins au sujet de la quantité de sel de quinine à faire ingérer, et du moment opportun de l’ad-
ministration du médicament dans les formes ordinaires
rare en
Re.
des fièvres intermittentes exemptes des graves complications et dans les accès pernicieux. Quand il s’agit de dé-. terminer le choix de la voie d'introduction de ce médicament dans l'économie, les opinions les plus diverses ont été émises et les avis sur ce point sont encore aujourd'hui très partagés. | ns Fe On peut introduire les sels de quinine dans l'organisme par les voies : cutanée, ,“hypodermique, intramusculaire, intra-veineuse, et gastro intestinale. Nous allons étudier ces différents modes d'administration en faisant 7 ressortir leurs avantages, et leurs inconvénients. À
J. — VOIE CUTANEE
Nous ne parlerons que pour mémoire de ce mode d'administration : la quinine n’est pas absorbée par la peau intacte, cependant en détruisant les corps gras de la peau par des frictions énergiques, ou par des substances dissolvantes : éther, chloroforme, :sulfure de carbone, on peut ainsi enlever la couche épidermique et la matière sébacée. L'’absorption peut se faire alors en quantité infinitésimale. Cependant, les frictions ont été prescrites, surtout au niveau de la rate, et aussi chez les enfants dans les régions où l’épiderme est réputé plus facilement perméable : aisselles, aînes, régions plantaires, peut-être d'une façon plus théorique que réellement efficace.
La méthode endermique consiste à provoquer une lésion épidermique par l’application d'un vésicatoire ordinaire, d'un vésicatoire ammoniacal, de collodion à la cantharide, du marteau de Mayor, des pommades irritantes, à détacher l’épiderme ainsi soulevé et à appliquer sur le derme mis à nu la quinine ou l’un de ses dérivés.
Les plaies aussi absorbent bien la quinine. Mais on ne peut vraiment pas les utiliser pour un traitement à cause des vives douleurs que provoque le contact de la quinine
avec les tissus mis à vif.
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. Pendant un certain temps cependant cette méthode à joui d’une faveur marquée. Elle fut expérimentée et préconisée par Avenel, Prieur, Chomel, Arnould, etc., en France, el Speranza en Îtalie, malgré les gangrènes de | la peau souvent constatées à la suite de son emploi. Elle ne semble pas avoir donné d'autre résultat ct ne mérite pas d’être prise en sérieuse considération.
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