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saines ou plus ou moins malades du poumon, ne sont pas nettement tranchées comme dans la gangrène. On ne trouve point , dans leur coupe, cette espèce de liseré sinueux blanc-verdâtre , qui borde toujours les parties sangrénées du poumon du cheval. Elles n'ont point l'odeur gangréneuse qui est si facile à reconnaître dans cette dernière affection. Elles sont disséminées cà et là; elles ne forment point de ces masses lobaires hépatisées , ou infiltrées de pus, ou indurées qui appartiennent à la pneumonie ordinaire.
Le poumon est fréquemment le siége de pétéchies, d’ecchymoses , quelquefois très-étendues. Des masses voluaineuses sont envahies par du Sang noir coagulé et épanché dans le tissu pulmonaire. La coupe de ces masses est sèche et ne peut être confondue avec l'hépatisation sous beaucoup de rapports.
J'ai encore vu dans le foie, dans la rate, des lésions. semblables aux masses tuberculeuses des ganglions lymphatiques et des poumons. J'ai rencontré notamment ces lésions dans un änon de six mois qui est mort au bout de quatre jours, des suites d'une inoculation. Je rapporterai plus tard ce fait intéressant.
Dans les /estivules et les enveloppes testiculaires ces productions se rencontrent aussi; elles sont le plus souvent accompagnées de lésions variées que
l'on trouve autour des cordes dites fareineuses, soit à l’état aigu, soit à l'état chronique. Lorsque les enveloppes testiculaires sont principalement malades ,. le testicule s’atrophie. Le plus souvent, dans ce cas, les deux lames de la gaine vaginale adhèrent entr’elles dans une plus ou moins grande étendue.
Les lésions farcineuses de la peau sont très remarquables; elles ont beaucoup d'analogie avec plusieurs lésions de la membrane muqueuse nasale: ainsi ce sont de petités tumeurs plus ou moins saillantes selon leur volume et leur siége. Elles sont en général d'autant moins volumineuses qu'elles affectent des régions où la peau a le moins d'épaisseur, comme les lèvres, le tour des naseaux , la face interne des cuisses, etc. Elles sont aussi plus multipliées sur une étendue déterminée, que partout ailleurs. Ces tumeurs, ces boutons se développent avec plus ou moins de rapidité ; elles ont absolument la même disposition anatomique que celles qui sont dans le tissu cellulaire sous=cutané, la même disposition que les élevures arrondies de la muqueuse nasale, c'est-à-dire que tantôt elles restent dures pendant plusieurs jours, d’autres fois elles sont molles dès leur apparition. Quand elles sont dures, elles se ramollissent au centre d'abord, puis renferment un liquide extrême= ment variable dans sa nature, comme celui des boutons plus profondément situés, Je suis déjà
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entré dans quelques détails à ce sujet ; je ne les répéterai pas ici. Puis elles s’ulcèrent et sont remplacées par des ulcérations qui ne tendent point à une cicatrisation prompte. Il y a même de ces ulcérations farcineuses qui persistent très long-temps, qui s’egrandissent de plus en plus. Celles-ci se présentent sous deux aspects assez généralement bien caractérisés : sur les parties où la peau est mince, autour des lèvres, autour de la vulve, du périnée, les bords des ulcérations sont taillés à pie, sont rongés, le fond est inégal. Sur les membres et sur diverses régions du corps où la peau est épaisse, les bords des ulcères sont quelquefois renversés, sont mous, livides, saignent facilement; le fond est aussi formé d’un tissu mou, doux au toucher. Cet état, qui a recu le nom vulgaire de farcin cul de poule, est toujours consécutif ; il ne s’observe qu'après une durée plus ou moins longue de l’ulcération ; car dans l'origine tous les ulcères farcineux ont le même aspect ; ils ne varient que de profondeur , leurs bords sont toujours comme s’ils avaient été rongés. Ils sécrétent tous un liquide sanieux, non lié.
Ces ulcères ne sont pas seulement la suite du ramollissement et de la destruction des tumeurs farcineuses cutanées ; ils surviennent aussi après de pareilles altérations des tumeurs farcineuses souscutanées ou même plus profondément situées ; ils apparaissent en un mot toutes les fois que les ab-
ML à qua cés farcineux viennent s'ouvrir à l'extérieur, après avoir détruit la peau.
La peau est encore lésée d'une autre manière dans certaine nuance de farcin. De petites saillies aplaties, ordinairement circulaires, sont annoncées par un changement dans la nuance et dans la disposition des poils qui deviennent ternes et hérissés. La peau est moins souple, se durcit même fortement, se dessèche et tombe par plaques dont l'étendue est en rapport avec celle de la saillie premiére. Au-dessous de ces plaques se trouvent des ulcérations à bords taillés à pic. Ces ulcérations sécrètent très-peu de liquide purulent ; elles se sèchent promptement.
Enfin on observe encore sur la peau de certains chevaux farcineux de véritables bulles qui accompagnent les boutons cutanés. On a vu de ces bulles sur des chevaux auxquels on avait inoculé le farcin ehronique. |
Jusqu'à présent personne n’a signalé de lésions visibles, dans le système nerveux.
Telles sont les lésions principaies que l’on rencontre dans les chevaux morveux et farcineux.
Rien n'est moins constant que la succession des lésions morveuses et farcineuses. T'antôt il arrive que celles qui constituent l’état aigu précédent celles qui caractérisent la forme chronique et viceversé. Dans ces deux principales nuances, il y a aussi des variations infinies dans les symptômes.
DRM: à: RO Ainsi le jetage qui précède ordinairement les autres symptômes, comme le gonflement des ganglions , les élevures nasales, les ulcères, est quelquefois consécutif aux ulcères et au gonflement des ganglions sous-linguaux , etc. ,; etc. — La durée respective de ces symptômes est on ne peut plus inconstante ; c'est au point que Je ne me hasarderai pas à la fixer pour la nuance dite chronique, dont un dés caractères est de pouvoir exister pendant long-temps sans causer la mort.
J'observerai , à l'occasion de cette expression chronique, qu'il ne faut pas toujours entendre par morve chronique une maladie qui dure depuis long-temps ; car la morve peut offrir ce caractère dés son début. Je ferai la même remarque pour le farcin dit chronique.
Dans la morve et le farcin aigus, la durée de la maladie dépasse rarement quinze jours ou trois sernaines.