‹ Des diverses méthodes de traitement des plaiesChapitre 12 sur 17 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Tumeur blanche du coude gauche. — Amputation. — Issue des fils à ligature à travers la peau. — Prompte guérison.

Grégoire, âgé de 26 ans, né à Aigues-Morles, esl entré à l'hôpital Saint -Eloi, de Montpellier, le 23 novembre 1852; cet homme, d'un tempérament lymphatique, d'une constitution détériorée par une nourriture insuffisante, contraint, par la fatigue de sa profession de pêcheur, de subir fréquemment l'influence de l'humidité, et exposé d'ailleurs à des tiraillements ou à des secousses habituelles brusques, produits clans les articulations des membres supérieurs par l'action de ramer, ressentait déjà depuis un au des douleurs assez vives dans le coude gauche. N'ayant pu discontinuer aussitôt son travail, il en était résulté une aggravation dans la douleur, qui

ue tarda pas à être suivie de gonflement et bientôt d'impossibilité clans les mouvements. Au moment de sou admission à l'hôpital, l'avant-bras était à l'état de flexion permanente sur le bras. La région buméro-cubilale élait tuméfiée, surtout en arrière et sur les côtés de l'olécràne. Les mouvements étaient impossibles; mi abcès formé vers l'épicondyle avait donné lieu à un trajet fisluleux d'où suiutait habituellement un liquide séro-purulcut. L'exploration de ce trajet, au moyen d'un stylet, nous fit reconnaître que les os étaient rugueux, ramollis, pënétrables même, et que la tumeur blanche avait atteint une période déjà avancée. L'état général était cependant assez satisfaisant, malgré la diminution des forces. Du moins le malade avait de l'appétit; le sommeil était bon, la fièvre presque mille, et les viscères étaient exempts de lésions importantes.

Après avoir inutilement mis en usage quelques remèdes internes, tels que l'huile de foie de morue, le rnuriate d'or, et avoir employé sans plus d'avantages divers moyen» locaux, notamment des frictions iodurées, des vésicaloires, des cautères, des douches et la compression, l'amputation fut proposée au malade comme la seule ressource.

Cette opération fut pratiquée le 31 mars. Après avoir anesthésié le malade, chaque aide se disposa à remplir sa lâche, et l'amputation circulaire du bras fol exécutée d'après les règles habituelles. Les artères furent liées avec soiu, de manière à abslerger exactement la plaie, et nous jugeâmes à propos, vu le nombre des ligatures qui s'élevait à six, et pour prévenir l'inflammation que leur présence pouvait occasionner, d'en débarrasser la plaie par l'application de notre procédé, fin chef de chaque ligature ayant été coupé près du nœud, l'autre chef fut engagé dans le elias d'une aiguille lancéolée, et celle-ci ayant piqué la peau de dedans eu dehors aussi près que possible du nœud correspondant, servit à dégager le (il qui fut fixé sur la face épidermique de la peau, à l'aide d'une lanière de sparadrap. La plaie fui alors réunie de manière à obtenir une ligne d'adhésion transversale, et des points de suture entrecoupée, placés à 2 centimètres de dislance, servirent à assujettir les lèvres de la plaie dans un contact d'autant plus exact, qu'aucune ligature n'ayant été ramenée dans leui intervalle, rien ne s'opposait au travail régulier d'adliésicu des bandelettes agglulinalivcs ; des plumasseaux et quelques tours

d'un bandage ooplentif complétèrent le pansement. L'ensemble de l'opération n'avait occasionné aucune douleur.

Aucun phénomène particulier, si ce n'est un peu de céphalalgie et d'agilaliou, ne se manifesta dans les premiers jours de l'opération. Le \ avril, l'appareil fut enlevé, et déjà la cicatrisation paraissait en bonne voie; quelques gouttes de pus existaient à peine au niveau des fils-, les pièces d'appareil n'étaient imbibées que d'une médiocre quantité de sérosité. Deux des fils à ligature qui avaient servi à élreindre des artérioles et qui correspondaient au côté exterre du moignon lurent enlevés. Dès le huitième jour; la cicatrisation était complète; elle avait eu lieu sans suppuration, et elle ne cessa de se maintenir avec ce caractère dans le moignon ; les points de suture et trois fils à ligature furent enlevés; le dernier, qui correspondait à la ligature de l'artère humérale, et qui avait été distingué des autres, ne fut détaché qne le dixième jour. A dater de ce moment, le moignon et le bras ne furent plus en cause; il était évident que la plaie d'amputation était guérie. Le séjour du malade à l'hôpital se prolongea néanmoins, parce qu'un érysipèle se déclara sur les parois de la poitrine, sans avoir pris son point de départ au moignon et sans s'étendre ultérieurement vers lui. Cette complication indépendante de l'opération, et qui fut sans influence sur les résultats, ne menaça poiutla vie du malade, qui ne (arda pas à se rétablir, et sortit bientôt apiès de l'hôpital.

Un résultat plus décisif encore que le précédent est exprimé par le récit de l'opération suivante, que nous avons pratiquée sur un soldat de l'armée d'Orient.

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