‹ Des diverses réformes du chant grégorienChapitre 6 sur 11 · EDITION DE RENNES · texte numérisé non relu

EDITION DE RENNES

Nivers, maître de chapelle de Louis XIV, et chargé par

(I) Dans un autre chapitre de son ouvrage, l'auteur examine avec impartialité les litres du R. P. Lambillotte comme compositeur. {Note de l'éditeur.)

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privilège royal de publier une nouvelle édition du chant romain, eut la funeste idée de supprimer toutes les brèves, sous prétexte de donner plus de majesté au chant , et cet exemple fut suivi quelques années plus tard par les inventeurs et les éditeurs du chant parisien.

Cette forme donnée aux mélodies du plain-chant n'a pas une autre origine , et on chercherait vainement un livre de chœur , antérieur à Tannée 1682, qui offrit une notation uniforme. Quant au fond, le chant de Nivers reproduisait une version déjà répandue en France depuis plus de soixante et dix ans , et imprimée à Toul, en 1624-, par les frères Le Belgrands. Aussi n'est-on pas peu surpris en lisant dans le texte du privilège donné à Ballard , que Guillaume Gabriel Nivers a collutionné les plus fidèles impressions avec les manuscrits des plus célèbres églises, ayant corrige ce qui manquait dans une impression par ce qui ne manquait pas dans une autre, ayant corrigé ce qui manquait dans cette autre, par ce qui ne manquait pas dans celle-cy, et ce qui manquait dans toutes les deux, l'ayant corrigé par les règles, et les manuscrits les plus anciens et les plus authentiques. Dé toutes les versions de chant, celle de Nivers , connue maintenant sous le nom d'édition de Rennes, est assurément celle qui s'éloigne le plus des manuscrits les plus anciens et les plus authentiques ,• puisque non-seulement tout le travail d'abréviation opéré par Giovannelli y est reproduit, mais qu'en outre l'organiste de Louis XIV a renchéri sur cette réforme presque radicale, en supprimant partout les brèves, si nombreusesdanstousles manuscrits. L'approbation donnée à ce travail par Henri Dumont ne ratifie pas cette prétention; l'honnête musicien se borne à déclarer que les livres de Nivers renferment la sm£stance du chant grégorien. Cette formule, dont plusieurs éditeurs récents ont cherché à se prévaloir, a paru de tout temps suffisante à celui qui la reçoit et peu compromettante à celui qui la donne. a Antiphonarium et Gradnale... vere substantiam cantus gregoriani decenter ac rite modulatam omnino continere. »

Le chant de Rennes n'est ni plus ni moins grégorien que ceux de Dijon, de Digne et deMalines , seulement c'est le chant grégorien momifié.

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