‹ Des diverses réformes du chant grégorienChapitre 7 sur 11 · ÉDITION DE MALINES · texte numérisé non relu

ÉDITION DE MALINES

Dans l'édition de Ballard, publiée en 1682 , le chant grégorien est déjà traité en pays conquis ; il est encore plus défiguré dans l'édition de Malines de 1848, 1854, 1855.

Elle est, à peu de chose près, la reproduction des livres publiés à Anvers par Moreti et Plantin , quoique M. l'abbé Bogaerts et M. Edmond Duval déclarent qu'ils ont prispourbase deleurtravail le Graduel publié à Rome par ordre de Paul V, en 1614, 1615 , et l'Antiphonaire romain imprimé à Venise, chez Lichtenstein, en 1579, 1580. L'édition de Malines ne nous a pas paru en découler directement, tout en étant l'application du même principe de suppression et d'abréviation. L'abbé Baïni parle avec éloges du travail de RuggieroGiovanelli, en y mêlant une légère restriction, selon son habitude. Après avoir loué l'habileté que le successeur de Palestrina à la chapelle du Vatican avait déployée dans l'élimination des notes qui surchargaient les Répons et les Graduels, il se plaint de l'arbitraire qu'on remarque dans les transitions des phrases ainsi réduites à leur plus simple expression, et du goût moderne qui s'y substitue à l'antique tonalité. Le reproche est grave, quoiqu'il n'apparaisse qu'après une appréciation assez favorable. « Se non che talvolta vi apparisce troppo chiara Parte, e sentesi subito il sapor del moderno. » C'est ce qui ne pouvait manquer d'arriver dans une révision qui parait avoir été faite plutôt dans le but d'abréger le chant que de le ramener à la rigueur de ses principes théoriques. Les éditeurs de Malines ont pris pour point de départ des livres choraux de seconde et de troisième main, et plusieurs d'entre eux sont trop instruits des règles du chant grégorien pour ne pas s'être aperçus des inconvénients de ce système. En effet ils ont dû corriger le Graduel de Paul V et l'Antiphonaire de Venise en une foule d'endroits , tantôt supprimant le bémol, tantôt le rétablissant , d'autres fois supprimant la relation de quinte mineure, et enfin remaniant l'accentuation sans compter la correction des fautes typographiques.

Puisque dans leurs méthodes, leurs préfaces et leurs mémoires, les éditeurs Belges préconisent si chaudement l'opportunité de la révision faite au xvi e siècle, tout en admettant quelle a laissé à désirer , ils auraient dû la refaire eux-mêmes , et il n'est pas douteux qu'ils ne fussent arrivés à un résultat beaucoup plus satisfaisant que la reproduction intelligente et défiante , mais encore trop exacte, de livres sans autorité dans le passé et sans succès à espérer dans l'avenir.

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