‹ Des Diverticules des 5e et 4e Portions du DuodénumChapitre 12 sur 16 · ESSAI CLINIQUE · texte numérisé non relu

ESSAI CLINIQUE

À première vue, il semblerait que les diverticules duodénaux devraient être la cause fréquente de symptômes graves el, qu'à côté de l’appendicite, nous aurions à classer la diverticulite reconnaissant la même cause et produisantles mêmes effets. Iln’en est rien et un bref aperçu physiologique permettra d'expliquer la rareté de cette dernière affection.

Au niveau du cœcum, la masse alimentaire complètement transformée par son passage dans les divers segments du tube digestif, subit un ralentissement qui peut aller jusqu’à la stagnation. Au contraire, dans le duodénum, le chyme, masse fluide, passe très rapidement.

Enfin, les diverticules duodénaux ont généralement une large ouverture et une petite profondeur, leur permettant un drainage facile quiempêche leur transformation en cavité close,

Des différents cas de diverticules reconnus à ce jour sur les 3° et 4e portions du duodénum, il s’en suit que l’on ne peut établir une symptomatologie unique, en raison de la variété des troubles produits

pat chacun d'eux,

er

I] nous a semblé pouvoir les classer en deux groupes principaux :

1° Les diverticules latents ;

2° Les diverticules douloureux.

Les diverticules latents, ainsi que leur nom l'indique, ne donnent lieu à aucun symptôme, ils provoquent parfois quelques petites douleurs passagères auxquelles il n’est attaché aucune importance, et la découverte du sac diverticulaire est une trouvaille d’autopsie (Gandy, obs. 1).

A ce point de vue, la statistique de Davis (1913) est concluante. Sur 6: cas de diverticules duodénaux lrouvés à l’autopsie, il a relevé les affeetions suivantes ayant produit la mort:

Causes inconnues............... 33 cas Vieillesser, Hope MAR RITES. LEE Affections cardiaques............ 4 »

Néphrite.chronique est ÉD Tuberculose pulmonaire......... T9 Günter HER RARE I »

Occlusion intestinale............ Sy Fracture du cerines "2 = RSS Hémorragie cérébrale........... LE Déxénérescence amyloïde des vis-

CLOS Ua ve LR al Eee Re ge

-Dans le même groupe, nous situerons également les diverticules qui se révèlent parfois par une symptomatologie gastro-intestinale assez vague et dont les troubles digestifs sont rapidement masqués par un élal psychique très accentué (Bauer, Ritchie

et Whorter). Ces malades accusent un peu de pesan-

teur au niveau du creux épigastrique, mais ils ne souffrent pas et conservent un excellent appétit. Peu à peu leur caractère se modifie, ils deviennent susceptibles, hargneux, grognons, leur esprit est accaparé par des idées fixes, ils ont la peur du cancer, ils restreignent leur alimentation et maigrissent, rentrant dans la grande catégorie des dyspeptiques inanitiés.

Les diverticules à phénomènes douloureux sont les plus importants à connaître au point de vue clinique. Je les diviserai én deux sous-groupes :

1° Les diverticules à phénomènes douloureux périodiques ;

2° Les diverticules à phénomènes douloureux aigus,

Le cas observé par M. Harvier (obs. VIT répond à noire premier groupe. C’est un homme de 65 ans qui a ressenti, voici une dizaine d'années, une crise très douloureuse l’obligeant à cesser tout travail. Cette crise qui eut lieu en 1910 et ne se reproduisit

pour la seconde fois qu’en 1914 dure une demi-heure environ et ne s’accompagne d'aucun vomissement, mais la douleur est si forte que le malade s° tient courbé en deux, les deux mains comprimant fortement le creux épigastrique. Dans ces dernières années, les crises reviennent tous les deux ou trois mois, mais entre temps le malade ne ressent que des douleurs vagues sans localisation précise. La palpation et la pression ne relèvent aucun point

douloureux abdominal.

IL semble donc qu'ici, nous n’avons affaire qu’à des troubles mécaniques diverticulaires sans trouble des organes voisins, sans phénomènes inflammatoires marqués. Ces malades ont sans doule des diverticules se vidant mal, ayantune paroi musculaire faible ou nulle, un collet étroit.et leur réplétion par le chyme est la cause des accidents produits.

Les diverticules à phénomènes douloureux aigus sont ceux qui présentent des troubles inflammatoires. Ils sont rares, mais peuvent présenter à peu près intégralement le tableau de l’appendicite. Ce sont des sacs profonds, à collet très étroit, dont la paroi ne contient pas de tunique musculaire. Si le cours des matières est ralenti,le chyme plus consistant, le diverticule se videra plus difficilement. Que le divertieule se coude ou se torde au niveau de son orifice, nous avons la cavité close avec ses douleurs aiguës, violentes pouvant se terminer par péritonite due à la perforation du sac diverticulaire.

La forme ulcéreuse dont l'observation de Robineau (obs. IV) est le type peut également rentrer dans ce groupe. Dans ces cas, il y a ulcération de la paroi du diverticule, généralement au niveau de l’orifice. Le malade souffre de violentes douleurs, sans irradiations, siégeant au niveau de la région épigastrique. Ces douleurs s’accompagnent sde vomissements et sont accrues par les repas. Le signe le plus important est l’hématémèse accompagnée de mélæœna qui fait poser le diagnostic de lésion ulcéreuse du

tube duodénal ou de la cavité gastrique. Si le saigne-

ment est abondant, il amène un état d’anémie grave : hématies : 950.000, avec présence d’hématise nucléées ; hémoglobine, 25 0/0 (Robineau, obs. IV).

Ces inflammations aiguës des diverticules où diverticulites peuvent être localisées, mais étant donnés les rapports des 3° et 4° portions duodénales avec la petite courbure et la face postérieure de l’estomac, leur diagnostic est rarement établi. Les poussées de diverticulite, en se prolongeant, pourront amener un œdème inflammatoire obstruant complètement l’orifice diverticulaire et transformant le diverticule en cavité close, d’où perforation donnant lieu à une péritonile généralisée.

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