République, tin du ii* livre cl commencement du ni
Philon. Le mouvement commence avec eux; U est loin d’être arrivé à son parfait développement. Ce n’est encore qu’un sentiment vague, une sorte d’instinct, éveillé en eux par une éducation qui s’est faite en grande partie sous rinfluence de la philosophie grecque . Mais ce premier éveil de la réflexion leur fait trouver inconvenant de donner à Dieu les traits et les passions des hommes.
Les Juifs de la Palestine ne virent pas dans les anthropomorphismes, et même dans les anthropopathies, d’aussi graves difficultés que leurs coreligionnaires d’Alexandrie. Ils n’apportèrent pas les mêmes soins que ceux-ci à les expliquer; ils ne les bannirent pas même de leurs discours soit que leur langue plus figurée eût besoin de ces expressions qui représentent Dieu sous des formes humaines ou qui lui prêtent les opérations de l’esprit humain, soit que ces locutions leur parussent
1. Ecclésiastiq.^Uy i8; xlvi, 17; xxxii, 18; xxxiii, 7-10; liaruch, ii, 16 el 17; iii, 5. Les expressions anthropomorphiques sont frtV|uentcs dans la Kabbale, Franck, la Kabbale. p. 187.
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assez transparentes pour ne pas voiler entièrement la notion d’un Dieu spirituel et invisible. Les théophanies présentaient un autre caractère. Dieu y est dépeint sous une forme corporelle; il y est mis en rapport direct avec les hommes. Ici il vient visiter Abraham dans la forêt de Mamré ^ ; là il lutte avec Jacob ailleurs il parle à Moïse face à face®. Ces passages étaient des écueils contre lesquels la science juive devait craindre de voir se briser la doctrine naissante de la spiritualité et de l’invisibilité de Dieu. Ce fut une nécessité pour elle de leur trouver un sens en harmonie avec celte doctrine, comme aussi avec de nombreuses déclarations bibliques qui donnent de l’Éternel des idées plus spiritualistes.
Une exégèse plus savante que celle des docteurs juifs n’aurait pas éprouvé d’embarras en face de ces théophanies. Les considérant comme des conceptions propres aux premiers développements de la conscience religieuse, elle aurait fait
{. Genèse xviii, \ et suiv.