‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 102 sur 225 · Exode, XXXIII, 11; Deutér. xxxiv, lO; v · texte numérisé non relu

Exode, XXXIII, 11; Deutér. xxxiv, lO; v

ITi DES DOCTRINES RELIGIEUSES DES JUIFS

ressortir l’idée morale qu’elles coiilienneiil, et elle en aurait expliqué la forme par la manière de sentir et de penser de l’antiquité. Mais telle n’était pas, telle ne pouvait pas être l’exégèse juive. Le caractère général de toute interprétation encore imparfaite, c’est de moderniser, qu’on nous permette cette expression, les documents antiques, d’y transporter les conceptions des âges récents , tout à fait étrangères aux anciens , de prêter à leurs auteurs les sentiments, les vues, les finesses des hommes habiles qui les commen- . lent. Les docteurs juifs firent tout simplement à leur image les écrivains de l’antiquité hébraïque; ils leur supposèrent les pensées et les subtilités d’un chef d’école de leur temps, et ils interprétèrent les livres sacrés comme s’ils étaient les écrits contemporains d’un savant de la Palestine. Ils traitèrent leurs antiques documents à peu près comme, à la même époque, Zénodote et Aristarque traitaient les poésies d’Homère. Jugeant l’ancien poète grec d’après les goûts et les sentiments de leur temps, ces critiques crurent rétablir le texte de ses écrits dans sa pureté primitive, en le corrigeant d’après le ton général des mœurs

publiques et le goût de leur temps *. Les Juifs, à la vérité, ne retranchèrent rien de leurs livres sacrés, ils n’y ajoutèrent rien; mais, en attendant que leurs critiques inscrivissent à la marge des manuscrits de la Bible des corrections à des mots qui blessaient la pudeur de leur époque plus raffinée, ils s’abstenaient de traduire, dans le culte public, les passages dans lesquels se trouvaient des récits dont la naïveté les blessait*, et, dans les écoles, ils interprétaient Moïse et les prophètes dans le même esprit que Zénodote et Aristarque commentaient Homère en leur prêtant les vues et les idées de leur temps.

Comment, sous l’action combinée de ces procédés arbitraires d’interprétation et de leur doc* trine de la spiritualité et de l’invisibilité de Dieu, les docteurs juifs pouvaient-ils traiter les théoplianies? Nier la réalité du fait, c’était ébranler l’autorité des livres saints ; l’admettre tel qu’il était raconté, c’était porter atteinte à leur doctrine de

1. Aristarchus Homeri veruvm netjat qucm non probat, dit Cicéron.

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