‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 114 sur 225 · Id., ihid., col. 2*36 et · texte numérisé non relu

Id., ihid., col. 2*36 et

de Tère chrétienne. On en trouve des traces dans

les écrits de plusieurs Pères de l’Église ». A quelle

époque remonte cette superstition? Très-haut, s’il «

faut s’en rapporter aux traditions juives. On peut croire, en effet, que du moment que se répandit

parmi les Juifs l’opinion que le nom de Jéhovah

est un niot exceptionnel, trop pur pour les lèvres du commun des mortels, il se trouva des hommes disposés à exploiter la crédulité publique et qui, se décorant du litre imposant de Baal schem les maîtres du nom divin), ou de toute autre dénomination semblable, se donnèrent pour des initiés à une science secrète et toute-puissante. Il est certain du moins que l’usage des amulettes et des talismans n’était pas inconnu des Juifs. S’ils le tenaient des Perses, comme on le suppose avec quelque vraisemblance, il remontait à une époque de beaucoup antérieure à l’ère chrétienne, et il est probable que des combinaisons des lettres du nom divin constituaient le principal ornement, comme aussi la vertu capitale de ces pierres gravées

\. Orig'hio, Contra Celsum^ lib. i, cnp. 24; lib. v, cap. 4ü. 2. La Biblo do C;dion, l. xi. Intrüd., p. 07.

190 DES DOCTÏUNEvS BEhlGIEUvSES DES JUIFS

Serait-il téméraire de supposer que, tandis que les superstitions sur la puissance magique du nom de Jéhovah envahissaient la foule et servaient d’aliment à la crédulité populaire, elles prenaient dans l’esprit mystique de quelques docteurs d’Israël une forme philosophique et donnaient naissance à ces rêveries spéculatives dont la kabbale fut plus tard l’expression la plus parfaite? Nous savons du moins qu’il se passa un fait analo^e chez les Juifs alexandrins. Un fond commun défraya les superstitions populaires et la Ihéosophie de Philon. 11 paraît impossible qu’il en ail été autrement dans la Palestine. Le Talmud fait mention de dissertations sur le Maassé Merkaba et sur le Maassé Bereschil Ces indications sont trop vagues, sans doute, pour qu’on puisse en conclure l’existence de livres sur celte matière. Mais on sait d’autre part que les esséniens possédaient des écrits pleins de spéculations sur la genèse du monde Les termes mômes dont se sert Philon, en parlant des spéculations esséniennes.

I. Ziinz, î6/r/., p. IB4; Uible de Cahen, l. xi, p. 76 cl 77. i. Josi'plie, Guerre des Juifs, ii, 8, 9; Philon, Qiwd outnis ^robus, § 12.

1>KS DOCTUINKS UE LMi IKUSICS DES JUIFS m

indiquent clairement qu’elles perlaient sur le môme sujet que le Maassé Bereschit et le Maassé Merkaba *. On accorderait même que les rêveries métaphysiques sur l’essence de Dieu et sur la production des choses, qui formèrent plus tard la kabbale, n’avaient pas été mises par écri*favanl l’ère chrétienne, qu’il n’en resterait pas moins tout à fait vraisemblable que leurs premiers linéaments remontent à une époque bien antérieure. N’eu est-il pas ainsi de la Mischna, dont les diverses parties, recueillies par Juda le Saint dans la seconde moitié du ii® siècle de l’ère chrétienne, sont l’œuvre des docteurs de la loi des trois ou quatre siècles précédents? M. Zunz, qui n’accorde pas à la kabbale la haute antiquité que quelques autres savants Israélites, M. Franck entre autres, ont cru pouvoir lui assigner, reconnaît lui-même que, deux siècles avant la naissance du christianisme, Jésus, fils de Sirach, faisait allusion à des spéculations

1. L(îs IcrniPs par Icapicls Philon dési{(no les sp<Vnlalîoua ess^ninnnes (iztpt OeoO ttj; tou navrô; ^tXo-

oo^ertai) correspondent in's-bieii \ nwjng Aclc '

la OctH‘sc, hisfoire de la cre'ation.

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104 DKS DOCTRINKS HKLIG IliUSE S DES JLIFS

mystiques de ce genre *, quand il recommandait à ses lecteurs de ne pas rechercher avec trop de curiosité les choses cachées, inutiles à la bonne direction de la vie, et de s’attacher principalement aux révélations bibliques, qui sont déjà assez difficiles et au-dessus de Tintelligence du commun des hommes

C’est un fait qu’avant l’ère chrétienne les savants juifs de la Palestine, de la Bahylonie et d’Alexandrie s’occupèrent de l’interprétation mystique du premier chapitre de la Genèse. Les Alexandrins paraissent avoir ignoré les mystères de la vision d’Ézéchiel ^ ; du moins il n’y en a de traces ni dans les fragments qui nous restent d’Aristobule, ni dans les écrits de Philon. Ce dernier ne cite pas même une seule fois le prophète Ézéchiel. Mais les docteurs de la Palestine et ceux de la Baby Ionie portèrent leurs méditations aussi bien sur le Maassé Merkaba que sur le Maassé Bereschit Ils ne laissèrent pas sortir, il est vrai.

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