Psaume lxxi, 13; xxxviii, 21 ; cix, i
prêlre Josué, est puni de la malédiction divine, et le premier livre des Chroniques (xxi, 1 ), lui attribue d’avoir poussé David à faire le dénombrement du peuple , acte qui, dans le second livre de Samuel (xxiv, 1), est rapporté à un mauvais conseil donné au roi.
Il est évident que le Satan de Zacharie et des Chroniques se rapproche plus que celui de Job de l’idée que l’on se fait d’un esprit du mal, sans avoir cependant encore tous les caractères qui appartiennent à un véritable démon. Mais aussi les temps ont changé, et déjà à l’époque où vivait Zacharie, et plus encore à celle où furent rédigés les livres des Chroniques, la déraonologie était en voie de formation parmi les Juifs de la Babylonic et de la Palestine. Ce n’est cependant ici que le premier moment de cette doctrine, un moment de transition. Satan, dont le nom ne parait dans aucun livre apocryphe de l’Ancien Testament est comme un compromis entre l’ange qui, dans
I. Il est assez étrange que Satan, flont le nom parait oublié chez les Juifs depuis le moment de la rédaction des chroniques, reparaisse dans le Nouveai Testament cornme le représentant rlu mal. Nous signalons ce fait sans prétendre l’expliquer.
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l’hébraïsme, exécute les jugements du Très-Haut, et le démon (4ui, dans le judaïsme, est un esprit mauvais par nature et tourmente les hommes pour sa propre satisfaction, après les avoir poussés lui-meine au mal. . ■ , 2 ■
On ne peut se dissimuler que la démonologie ne répugne fortement à l’esprit sémitique. Une doctrine qui suppose un dualisme bien prononcé est en opposition manifeste ' avec le monothéisme hébraïque , comme d^ailleurs avec tout monothéisme- conséquent avec lui-méme. On ne peut s’étonner qu’elle n’ait pas de racines dans l’Ancien •Testament. Elle se fit plus tard une certaine place dans la littérature juive; mais elle n’a jamais ^ eu ce caractère sérieux t[ui distingue les grands enseignements de la synagogue. Elle ne se présente au milieu des croyances juives que sous la forme d’une superstition populaire , et encore,
dans ces étroites limites, elle n’est pas sortie d’un travail intérieur de la nation. Apportée du dehors, la démonologie ne pénétra jamais bien profondément la conscience religieuse des Juifs et n’alla guère au delà du cercle. des jeux plus ou moins frivoles de l’imagination.
La croyance juive aux mauvais esprits se forma sous l’influence du mazdéisme. Mais cette influence, arrêtée par la résistance que lui opposait l’esprit sémitique, ne produisit que des effets peu sensibles. Le dualisme de la religion des Perses ne put vaincre ni même altérer le monothéisme hébraïque. Il ne réussit tout au plus qu’à donner un peu plus de consistance aux antiques imaginations populaires sur les mauvais esprits.
C’est dans le livre de Tobit que se trouvent les traces les mieux marquées de la démonologie des Juifs de la Palestine et de la Babylonie. Un démon nommé Asmodée épris de Sara, fille de Raguel, étrangle les sept jeunes hommes qui ont l’impru-
1. Asmodée est mentionné dans le Talmud, qui le donne parfois pour le démon de la volupté et le plus souvent pour le prince des mauvais esprits. Lightfoot, Horœ hebraicœ^ p. 805.
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dence de l’épouser successivement Par les conseils de l’ange Raphaël qui accompagne le fils de Tohit, ce démon est mis en fuite par la fumée ^du cœur et du foie d’un poisson jetés sur des charhons ardents ^ et court se réfugier dans les déserts de l’Égypte , où l’ange le charge de chaîrjes
■ On n’est pas encore d’accord sur le lieu où a élé composé le livre de ïobit \ mais on est unanime à reconnaître dans son auteur une connaissance assez exacte de la Mésopotamie. Il y haWtait peut-être ; il y avait du moins voyagé. Il connaissait par conséquent la démonologie persane. Il en fit entrer dans son ouvrage tout ce que le monothéisme pouvait en supporter, sans pousser jusqu’au dualisme mazdéen, qui ne figure dans aucun livi e juif, et sans faire du démon une puissance rivale de celle de Dieu.
De la nature de cet écrit on peut tirer une in-