Jhid., hyinu
DES DOCTRINES KELIGIEt’SES DES JUIFS
nèbres entraînant les Dævas et les nations impures contre le prince de la lumière et ses adorateurs. Le règne de mille ans du Messie rappelle les haxare des deux précurseurs du libérateur mazdéen. Enfin, dans les apocalypses juives comme dans reschalologie mazdéenne, il est question d’une résurrection des morts au commencement du règne du libérateur et de la proclamation d’une loi nouvelle ^
Si maintenant on considère qu’à la fin de la . captivité de Babylone, c’est-à-dire avant que les enfants d’Israël eussent eu des relations suivies avec les Perses, ils n’admettaient rien encore au delà des espérances messianiques, et que ce fut .après un long commerce avec le peuple chez lequel ces croyances eschatologiques étaient répandues, que des croyances apocalyptiques analogues se montrèrent pour la première fois parmi eux, H faudra bien reconnaître qu’il y a eu ici une action des croyances mazdéennes sur celles des juifs.
J. Nous avons négligé lous les traits communs à l’eschaiologic mazdéenne ct'aux espérances messianiques, tels que l’attente du libénileur, les calamités qui précéderont son règne, le bonheur qui en marcpiera le cours, etc., pour nous en tenir à ce qui fait le caractère spécûd des apocalypses.
Mais quelle a été celle action? Dans quelles limites s’est-elle exercée ?
Les docteurs de la synagogue, séduits par l’eschatologie des mazdéens, façonnèrent-ils sur elle, de propos délibéré, les espérances messianiques de leur peuple ?
Cette opinion est généralement reçue ; nous ne saurions l’admettre. On ne saurait trop le répéter, les idées ne passent pas en bloc et toutes faites . d’une nation à une autre nation ; et dans le cas particulier dont il s’agit ici, il n’est pas difficile de voir que les Juifs n’ont pas pris tout simplement les croyances escbalologiques des Perses pour les joindre telles quelles à leurs espérances messianiques. Quelque ressemblance qu’il y ait entre , l’apocalypse mazdéenne et l’apocalypse juive, elles sont loin d’élre identiques. La comparaison la plus rapide suffit pour le prouver.
Le règne de mille ans est transporté des précurseurs de Çaoshyanç au Messie ; la résurrection des morts, qui doit avoir lieu après le triomphe d’Ormuzd, est générale pour les mazdéens et seulement partielle chez les Juifs ; le rétablissement final, doctrine capitale du mazdéisme, est repoussé
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par les descendants de Jacob, qui ne pouvaient, sans être inconséquents à leur point de vue religieux, le faire entrer dans l’ensemble de leurs croyances Ma proclamation d’une nouvelle loi, qui est attribuée par les livres zends aux précurseurs du libérateur, est le fait de ce libérateur lui-même, dans les apocalypses juives. En voilà puisqu'il n’en faut pour établir que, si les docteurs juifs ont tenu compte, dans une certaine mesuré, de l’eschatologie mazdéenne dans les développements qu’ils ont donnés aux espérances messiani-
I. La doctrine du rétablissement fiml pénétra cependant peu à peu, niais postérieurement à l’époque que nous considérons ici, dans les croyances juives. Elle est décidément admise par le Zohar qui enseigne que l’archange du mal finira par retrouver sa nature d’ange. Son nom mystique, perdra sa pre-
mière moitié, DD qui signifie poison, cl gardera le second, qui est le nom commun de tous les anges. Dans d’autres écrits cabalistiques, la même idée est * présentée sous une forme qui rappelle assez bien la doctrine mazdéenne. La partie septentrionale du monde, qui est réservée aux méchants comme un. lieu d’expiation, rentrera, à la fin des temps, dans le nom ineffable qui comprend déjà les autres parties. L’enfer disparaîtra; il n'y aura plus ni châtiments, ni épreuves, ni coupables: la vie sera une fêle éternelle, un sabbat sans fin. Franck, la Kabbale, p. 217, la note 2. Theologiœ dogrnaticœ Judœorum brevis expoêitio, E.-M. Roeth, p. 73.
ques de leurs pères, ce n’a pas été du moins en serviles copistes.
Il est un autre fait qui montre que l’apocalypse juive n’est pas simplemenf un emprunt de l’apocalypse mazdéenne : c’est qu’elle ne s’est formée que peu à peu, par une suite de développements successifs, dont il est possible, jusqu’à un certain point, de suivre la marche et les progrès, et dont chacun n’est venu s’ajouter aux précédents qu’à mesure que quelque événement d’un intérêt national l’a, pour ainsi dire, réclamé. Il n’en aurait pas été certainement ainsi, si cette apocalypse n’avait été qu’une reproduction plus ou moins fidèle des opinions reçues par les Perses sur la fin des choses.
Ce fut une cause intérieure, résultant de la vie même du peuple d’Israël , et non une impulsion venue du dehors, qui amena la transformation des espérances messianiques en croyances apocalypli- •ques, nous l’avons déjà prouvé. Il se serait formé
une apocalypse parmi les juifs, indépendamment
de toute action étrangère. Elle était une conséquence inévitable du besoin qu’eut ce peuple d’interpréter lés anciennes prophéties et de les appli-
DUS bOCTRINKS RELlGIKbSKS ÜES JUIFS iXi
quer aux différents événements dans lesquels il se trouva engagé depuis le retour de la captivité de Babyloiie. S’il y introduisit des éléments mazdéens, c’est que sous l’impression d’une eschatologie qui lui présentait un tableau complet et achevé des idées esquissées à grands traits dans ses espérance messianiques, il dut être entraîné plus d’une fois, sans le vouloir, sans même s’en rendre compte, à expliquer et à développer ses propres croyances par le souvenir des traits analogues, mais plus prononcés, de l’apocalypse des adorateurs d’Ormuzd. ^
Telle a été, selon nous, l’action de l’eschatologie, mazdéenne sur la formation de l’apocalypse juive. Ce n’est que dans ces limites qu’on peut regarder celle-ci comme une imitation de celle-là.
L’apocalypse juive s’est formée sous l’action de deux causes, l’une générale et l’autre particulière. La cause générale, c’est-à-dire celle qui poussa les Juifs à se faire un ensemble de doctrines précises sur la fin des choses, ce fut le besoin de trouver, dans les promesses des prophètes sur leur rétablissement par la venue et le triomphe du Messie, des applications consolantes aux diffé-