‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 190 sur 225 · Antiquités, xvm · texte numérisé non relu

Antiquités, xvm

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leurs rangs cl conslituèreiit cette secte qui se trouva naturellement opposée à tous ceux qui, moins décidés ou moins enthousiastes, balancèrent à prendre les armes contre un maître puissant. Depuis le retour de la captivité, il s’était fait sans aucun doute un travail parmi les docteurs d’Israël, touchant les choses religieuses. 11 éclata tout d’un coup au dehors au moment que les plus

fidèles d’entre les Juifs se levèrent pour reconquérir l’indépendance du peuple et sauver la religion nationale. C’est du moins alors que se montre pour la première fois la croyance à la résurrection des 'corps. Elle ne prit pas naissalice tout d’un coup à cette occasion ; ses racines doivent naturellement s’enfoncer dans le passé. Mais ce qui n’avait été jusqu’à ce moment qu’un objet de spéculation pour les docteurâ de la Loi, prit une nouvelle vie, en Revenant une espérance pour les opprimés et un encouragement pour ceux qui combattaient pour la cause de Dieu.

Telle fut la première manifestation de cette doctrine. Comment s’était-elle formée dans les écoles de la Palestine?

L’origine en est bien autrement diflicile à dé-

l)i:s ÜOCTIUNES HELICIEUSES DES JUIFS

terminer que relie de l’idée alexandrine de l’immorlalité de Tâme. Pour arriver à un résultat satisfaisant , nous procéderons par élimination , c’est-à-dire que nous examinerons successivement les hypothèses qui ont été avancées ou que l’on peut . faire encore à ce sujet, et, recueillant ensuite les données qui nous paraîtront les plus positives, nous essaierons d’établir une opinion qui nous semble plus conforme à la marche naturelle des choses et plus propre à satisfaire à toutes les difficultés.

La doctrine de la n^surrection des corps ne peut * pas être regardée comme le produit de la pure spéculation dans les écoles juives de la Palestine. Que le principe pensant soit distingué dans Thomnae du principe matériel ; que le premier, considéré comme simple par rapport au second, qui se.

montre à nous comme composé, soit déclaré par cela même inaccessible à la dissolution et par conséquent à la mort, qui ne nous apparaît que comme une dissolution, c’est ce que la raison peut assez facilement décider, et c’est ce qu’elle a fait presque dans tous les lieux et dans tous les temps,

DKS bOCTKliNKS hELIGlKlISKS DES JUIFS .H57

d’une manière plus ou moins exacte. Mais la destruction des corps est un lait trop liianifesle, la dissémination de ses molécules les plus ténues est trop évidente, la transformation de ses éléments en une foule d’autres composés qui les absorbent à leur profit, trop bien démontrée à l’observateur le plus superficiel, pour que l’esprit humain ait pu concevoir par lui-même la possibilité d’une résurrection future de corps réduits en poussière et dispersés en mille corps nouveaux *. Il y a sans doute dans Phomme non-seulement un invincible désir de la vie, mais encore un aveugle attachement à tout ce qui le constitue, âme et corps. Mais tout ce que la raison peut faire, c’est de le consoler de sa fin prochaine par l’espérance qu’il ne périra pas tout entier, et que la noble partie de luimême, ce qui en réalité le constitue en propre, est au-dessus des atteintes de la destruction. La

philosophie n’est jamais allée plus loin. S’il s’était

fait un travail philosophique sur ce point parmi les docteurs juifs de la Palestine, c’est à l’idée de l’im-

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