‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 194 sur 225 · Avesta^ Irad, par Spiegel, I. I, p. lî>, 10 et · texte numérisé non relu

Avesta^ Irad, par Spiegel, I. I, p. lî>, 10 et

On ne peut pas, par conséquent, repousser, au nom d’une impossibilité historique , Thypotlièse qui place dans les croyances mazdéennes l’origine de la doctrine juive de la résurrection des corps.

Il ne suffît pas cependant de prouver que cet emprunt a été possible ; les partisans de cette hypothèse ont encore à montrer qu’il a eu lieu. Voici sur quelles considérations ils s’appuient.

La doctrine de la résurrection des corps ne sc produit, au milieu des Juifs de la Palestine, que depuis qu’ils ont pu la connaître chez les Perses, ■ parmi lesquels elle était généralement reçue et avec lesquels ils avaient des relations suivies. Elle reste étrangère aux Juifs alexandrins, qui n’ont

aucun commerce avec les mazdéens. Ces deux

faits constituent une forte présomption en faveur de l’hypothèse que nous examinons. Il faut en ajouter un troisième qui vient les corroborer : c’est que cette croyance est exposée pour la première fois dans un écrit dont l’auteur ne connaît, en dehors de son propre pays, que la Babylonie et l’Assyrie, et qui se donne lui-mème pour un disciple des sages de la Chaldéc '•

i. Daniel, i, 4.

370 ÜKS ÜUCTHiNES KELIGIEUSES DES JUIFS

Ces considérations ont leur valeur, nous ne voulons pas le nier, mais elles ne vont pas jusqu’à donner le droit de conclure que la croyance juive de la résurrection soit tout simplement un emprunt fait à la religion des Perses. Elles indiquent seulement qu’il y a eu quelque action du mazdéisme sur le judaïsme dans la formation de cette . doctrine au sein du peuple juif.

Sans faire de nouveau remarquer ici que les idées ne passent pas toutes faites et arrêtées d’une nation à une autre, comme les produits de l’industrie que transportent les caravanes, il nous suffira, pour établir que l’hypothèse d’un emprunt est insoutenable, d’attirer l’attention sur deux faits.

La croyance juive de la résurrection des corps n’est pas identiquement la même que celle des Perses. Tous les hommes doivent ressusciter, d’après ceux-ci ; quelques-uns seulement, sans aucun doute les descendants d’Israël, selon le livre de Daniel, et à ce qu’il paraît, les justes seuls, d’après le second livre des Maccabées L Dans la

1. ir est iPSlé dans les traditions rabbimcjues que la résurreclion n’aura lieu que dans la Judée. Otlio, Lexicou rabbin., |). K13.

religion inazdcenne, la résurrection doit être suivie de la conversion et du salut des inéchanls. Cette idée d’un rétablissement final resta étrangère aux Juifs, nous l’avons déjà indiqué aillëiirs; S’il y avait eu un emprunt pur et simple, ori aurait pris

lâ doctrine avec tous ses accessoires ; il n’en fut

rien. Ori ne peut donc soutenir que cette idée ait passé tout d’une pièce du mazdéisme dans le judaïsme.

2“ La doclriné juive ne S’est formée que peu à’

peu ; on peut en suivre les principales phases du

développement. Elle est plus précise dans le se- *

cond livre des Maccabées que dans le livre de

Daniel. Judas Maccabée y associe, par forme dc; complément, la prière pour les morts f Enfin, à la résurrection partielle qui doit avoir lieu au commencement du règne du Messie, on ajouta plus tard une résurrection générale qui doit s’accomplir à la fin de ce règne 11 y a là un travail de formation qui exclut toute idée d’emprunt, dans le sens exact du mot.

11 ne reste ainsi qu’une influence assez générale

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