CHAPITRE Vil
Les idées morales.
Un peuple dont ia vie spirituelle tout entière reposait sur une révélation , ne pouvait pas avoir une morale indépendante de la religion. Il en était du moins ainsi dans les écoles palestiniennes, dont renseignement n’était et nè pouvait être qu’une explication de la législation mosaïque. Les Juifs hellénistes, auxquels la j)hilosopliie grecque avait ouvert des horizons plus étendus, en appelaient, il est vrai, dans la détermination des idées morales, à l’étude de l’homme et des conditions actuelles de son existence. Ils prétendaient cependant rattacher leurs théories à la révélation nationale, dans laquelle ils croyaient les trouver, quoique, à vrai dire, elle n’en fût guère pour eux que l’enve-
loppe artificielle. Comme on doit s’y attendre, nous allons rencontrer sur ce terrain la même dir vision que nous avons déjà si souvent signalée. La tendance de la morale alexandrine n’est pas celle
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de la morale palesliriieiine. Il esl cependant Un ordre de faits, celui qui se rapporte à l’état moral de l’homme, sur lequel les deux fractions dü judaïsme de cette époque paraissent en général s’entendre, quoiqu’on trouve des traces d’une discussion assez vive entre les docteurs palestiniens sur la question du libre arbitre. Mais la division éclate décidément, entre les écoles de la Judée et celles d’Alexandrie, sur la détermination de la règle morale.
Les principaux problèmes relatif à la nature de l’homme avaient préoccupé les révélateurs primitifs des enfants d’Israël. Oh en a la preuve dans les plus antiques documents mosaïques. Quand la Genèse rapporte que Dieu fit l’homme à son image, elle exprime dans une métaphore dont le sens n’est pas équivoque, la pensée des anciens sages hébreux sur la dignité iriorale de la race humaine ;
DES DOCTIUiNES HEUCIEUSES DES JUIFS 38.i ♦
el lé récit de la chute d’Adam et d’Ève a pout' but évident d’expliquer l’origine du mal. Les prophè* tes n’ajoutèrent rien à ces indications. Il s’agissait pour eux de sauver le monothéisme, sur lequel reposait la nationalité d’Israël, et non de discuter •et d’approfondir des questions de métaphysique religieuse. Mais quand, après l’extinction de la prophétie, il se forma en Israël une science théologique, ce fut à ces antiques philosophèmes qu’on rattacha toutes les doctrines relatives aux facultés * morales. ,
Dieu fit l’homme à son image, dit la Genèse ’• Ces paroles sont le thème que développent les docteurs juifs, pour établir la dignité morale de l’homme ; mais ils ne s’entendent pas tous sur le sens précis qu’il convient de leur donner. La Sapience fait consister la ressemblance de l’homme avec Dieu tantôt dans le fait qu’il est créé pour l’immortalité tantôt dans sa destination à la domination sur le reste des créatures et à la direction morale'des choses de ce monde Fidèle à son