‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 204 sur 225 · Gciger, Urschrift und Uebersetzungen der Bibel, p · texte numérisé non relu

Gciger, Urschrift und Uebersetzungen der Bibel, p

m DES DOCTRINES RELIGIEUSES DES JUIFS

rhistoire du débat dont Jésus, fils de Sirac, est un irrécusable témoin , le passage dont il est ici question nous fournit du moins une nouvelle preuve que, de bonne heure, les questions théologiques les plus ardues furent agitées dans les écoles de la Palestine avec plus d’éclat et d’ampleur qu’on ne l’a admis jusqu’à ce moment.

Il est une troisième doctrine morale, appelée à

jouer plus tard un rôle considérable dans les

croyances religieuses, qui, sans prendre une place

bien décidée dans la théologie juive, antérieure-

ment à l’ère chrétienne, ne lui fut pas cependant étrangère ; nous voulons parler du dogme du péché originel. C’était, à ce qu’il paraît, une opinion reçue parmi les Juifs palestiniens, deux siècles avant l’avénement du christianisme, qu’une femme, Ève, a introduit dans le monde le péché et la mort'» Il ne pouvait se faire qu’à une époque où l’élude de la Loi était l’occupation exclusive des écoles juives, le récit de la chute de nos premiers parents auquel les prophètes ne font pas une seule

i. Ecclésiastiq.f xxv, 23.

2 Genèse^ lii.

allu^on, ne devînt lë thème d’iine théorie sur l’origine du mal. Il est même étonnant que ce passage de la Genèse» du moment qu’il eut fixé l’attention des docteurs, n’ait pas donné naissance aussitôt à la doctrine bien arrêtée du péché originel. Ce qui est certain, c’est que cette doctrine est encore très-vague dans l’Ecclésiastique. Jésus, fils de Sirac, en est si peu préoccupé, malgré la déclaration que nous venons de citer, qu’il cherche au péché bien d’autres causes que la transgression de nos premiers parents et dans tous les cas il ne semble pas lui attribuer une influence décisive et universelle. Sans doute il reconnaît qu’il n’est point d’homme qui, au point de vue moral, ne mérite des reproches-; mais si la race humaine est une race flétrie, en tant qn’il est des hommes qui violent les commandements de Dieu, elle est aussi une race respectable, en tant qu’il en est d’autres qui craignent le Seigneur

doctrine du péché originel prit cependant peu à peu une plus grande place dans la théologie

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