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juive ; on la trouve du moins très-nettement formulée dans des écrits postérieurs, il est vrai, à Tère chrétienne, mais qui ne sont certainement que les échos d'une opinion depuis longtemps établie. « Toutes les choses, dit Hochaja, disciple de Juda le saint, ont été créées parfaites ;mais elles sont tombées dans la corruption par suite du péché du premier homme *• » Et ce n'est pas là une idée particulière à ce rabbin ; elle revient dans les écrits de plusieurs autres docteurs juifs. Un rab- ^ bin du moyen âge la présente même en des termes presque identiques à ceux qu'emploie saint Paul. (( Le premier homme, dit R. Bêchai, a été la cause de la mort de tous ses descendants » Il n'est pas vraisemblable que le rabbin de Saragosse connût les écrits de l'apôtre, et il l'est moins encore que,
1. Bcrcschith Habba, Scder Bcreachilh, pars 12, fol. 13, col. 4. Comparez Bom., v, 19; Rretli., Thcologiœ dogmaticœ Judœorum hrevis expositio, p. 36, note 33.
2. R. Becliai, Comm. ad Pentat., t. ii; Pars Vaethchanan, fol. 29, col. 2. Comp. Rom., v, 12; 1 Corinthl^ xv, 21; Rœtli., ibid., p. 36 et 37, note 24. Si Basnapfc a été bien informé, on lisait dans plusieurs exemplaires du Targum de l’EccIésiasle, que le serpent qui séduisit Ève fut cause que la mort vint fondre sur Adam et sur tous les habitants de la terre. Basnage, Histoire des Juifs, t. IV, p. 319.
dans le cas où il les aurait connus, il se fût décidé à reproduire la pensée de saint Paul presque dans les mêmes termes. On est bien plutôt tenté d’admettre que les paroles dont il se sert appartiennent à quelque tradition dérivant des anciennes écoles de la Palestine
Celte doctrine est plus fortement accentuée dans les écrits judéo-alexandrins que dans TEcclésiaslique. (c Dieu, dit Tauteur de la Sapience, avait créé rhomme pour l’immortalité ; il l’avait fait à son image. L’envie du diable introduisit dans le monde la mort, qui est devenue l’héritage de tous » Comme on le voit, celle doctrine se fonde encore sur le récit de la chute d’Adam et d’Ève. Philon le prend aussi pour point de départ ; mais il l’explique dans un sens allégorique. Le premier homme avait été créé parfait, aussi bien quant à son corps que quant à son âme Il siiivit d’abord la loi du .Verbe divin, loi qui domine la nature entière. Il vivait alors dans une sainte communion
1. Celle opinion a disparu ccpendanl depuis longtemps de renseignement de la Synagogue. Basnage, Histoire des Juifs. l. IV, p. 322-325.